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AFRIQUE

AFRIQUE DU SUD – Mémoire coloniale : Pretoria réinhume ses ancêtres rapatriés d’Europe

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L’Afrique du Sud a franchi une nouvelle étape dans son processus de réappropriation historique avec la réinhumation de restes humains issus des communautés Khoï et San, longtemps conservés en Europe à des fins scientifiques. Cette cérémonie, organisée à Steinkopf, s’inscrit dans une dynamique continentale de restitution du patrimoine humain et culturel. Au total, 63 dépouilles ont été rapatriées après avoir été exhumées entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, à une période marquée par les pratiques coloniales d’appropriation des corps africains. Une partie de ces restes était conservée au Musée Hunterian de l’université de Glasgow, tandis que d’autres se trouvaient au Musée Iziko.

La cérémonie de réinhumation, empreinte de solennité, a réuni autorités publiques, représentants culturels et chefs traditionnels. Elle marque l’aboutissement d’un processus diplomatique engagé en 2022 entre les autorités sud-africaines et les institutions détentrices de ces restes. Présent lors de l’événement, Cyril Ramaphosa a inscrit cette restitution dans une logique de réparation historique. Il a dénoncé les pratiques scientifiques du passé qui avaient réduit des êtres humains à de simples objets d’étude, appelant à une reconnaissance plus large des injustices subies durant la période coloniale.

Au-delà du geste symbolique, cette initiative relance le débat sur la responsabilité des anciennes puissances coloniales. Le chef de l’État sud-africain a exhorté les pays européens à aller plus loin, en reconnaissant les violences historiques et en ouvrant la voie à des mécanismes de réparation, y compris financiers. Considérés comme les premiers habitants d’Afrique australe, les Khoï et les San ont longtemps subi marginalisation et violences, notamment lors de la colonisation européenne. Leur réinhumation sur leurs terres d’origine apparaît ainsi comme un acte de justice mémorielle, mais aussi comme une affirmation de la dignité et de la souveraineté culturelle africaine.

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AFRIQUE

GUINÉE – Colère des victimes après un acquittement inattendu

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Un verdict controversé a été rendu par la justice guinéenne dans une affaire emblématique des violences politiques survenues en 2009. Un tribunal de Conakry a prononcé l’acquittement du colonel Bienvenu Lamah, poursuivi pour son implication présumée dans la répression sanglante d’un rassemblement de l’opposition.

Les faits remontent au Massacre du 28 septembre 2009 en Guinée, lorsqu’une manifestation organisée dans un stade de la capitale avait dégénéré en tragédie. Selon une enquête internationale mandatée par les Nations unies, au moins 156 personnes avaient été tuées dans des conditions particulièrement violentes, mêlant tirs à balles réelles et attaques à l’arme blanche. Le bilan fait également état de centaines de blessés, d’actes de torture et de violences sexuelles massives, dont au moins une centaine de femmes victimes de viols.

Malgré la gravité des accusations, la juridiction a estimé que les charges retenues contre l’officier, notamment complicité de meurtre, enlèvement et détention illégale, n’étaient pas suffisamment établies. Le ministère public avait pourtant requis une peine de dix ans d’emprisonnement, dont une partie ferme sans possibilité d’aménagement.

Cette décision suscite une vive réaction du côté des parties civiles. Les avocats des victimes, engagés depuis plus de quinze ans dans une quête de justice, ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel, dénonçant un revers judiciaire dans un dossier hautement symbolique.

L’affaire s’inscrit dans un processus judiciaire plus large visant à faire la lumière sur ces événements. En 2024, l’ancien dirigeant Moussa Dadis Camara avait été reconnu coupable de crimes contre l’humanité et condamné à une peine de vingt ans de réclusion, avant d’être gracié en 2025 par le chef de la transition, Mamady Doumbouya. Plusieurs autres accusés ont également été condamnés, certains à la perpétuité, tandis que d’autres restent en fuite.

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AFRIQUE

COMORES – Survivre sans eau, le quotidien difficile des habitants de Moroni

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À Moroni, la pénurie d’eau potable s’installe durablement et bouleverse le quotidien des habitants. Dans cette ville d’environ 150 000 habitants, l’accès à l’eau courante est devenu aléatoire, contraignant les populations à s’organiser autour de rares points d’approvisionnement encore fonctionnels.

Dès les premières heures de la journée, de longues files se forment devant les bornes publiques. Comme de nombreux habitants, Kaouthara Bouchrane, mère de famille, consacre une partie importante de son temps à tenter de remplir quelques jerricans, devenus indispensables pour couvrir les besoins domestiques. Malgré son abonnement auprès de SONEDE, elle ne bénéficie que très rarement d’un accès direct à l’eau à domicile, une situation qui accentue les dépenses des ménages contraints d’acheter cette ressource devenue rare.

La distribution d’eau par le réseau public est désormais sporadique, parfois limitée à une brève fenêtre nocturne tous les quinze à vingt jours. Dans ces conditions, les habitants développent des stratégies de survie, laissant les robinets ouverts en permanence pour capter les rares arrivées d’eau et s’alerter mutuellement dès que le service reprend.

Les autorités expliquent cette crise par l’obsolescence des infrastructures hydrauliques, combinée à une forte croissance démographique. Les installations actuelles, conçues il y a plusieurs décennies, ne sont plus adaptées aux besoins d’une capitale en expansion, où la demande en eau ne cesse d’augmenter.

Face à la pression croissante, les responsables du secteur de l’eau évoquent des mesures correctives. Des ajustements techniques à court terme sont engagés pour optimiser la distribution existante, tandis que des projets de modernisation du réseau sont annoncés à moyen terme, avec pour objectif d’améliorer durablement l’accès à l’eau potable dans la capitale.

Un programme d’envergure, soutenu par des partenaires internationaux, prévoit notamment la réhabilitation complète du système de distribution. En attendant la concrétisation de ces initiatives, les habitants de Moroni continuent de composer avec une pénurie persistante, symbole des défis structurels auxquels sont confrontées de nombreuses villes africaines en matière d’accès aux services essentiels.

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AFRIQUE

SÉNÉGAL – Le président Diomaye Faye à Bamako : une visite stratégique sous haute tension régionale

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Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a effectué une visite officielle à Bamako, marquant une étape importante dans le renforcement des relations bilatérales avec le Mali. Accueilli par le président de la transition, Assimi Goïta, le chef de l’État sénégalais entame une mission diplomatique placée sous le signe de la coopération et de la solidarité régionale.

Au cœur des échanges figurent plusieurs dossiers stratégiques visant à consolider les liens entre Dakar et Bamako. Les discussions portent notamment sur la relance des mécanismes de coopération au sein de Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal et de Union monétaire ouest-africaine, deux cadres essentiels pour l’intégration économique et le développement sous-régional.

La visite intervient dans un contexte logistique délicat pour le Mali, pays enclavé fortement dépendant des infrastructures sénégalaises, en particulier du corridor reliant Bamako au port de Dakar. Depuis plusieurs mois, cette route stratégique est perturbée par des attaques attribuées à des groupes jihadistes, notamment sur l’axe reliant Kayes à la capitale malienne, compromettant ainsi l’acheminement des marchandises.

Au-delà des enjeux économiques, cette rencontre de haut niveau illustre une volonté commune de coordonner les réponses face aux défis sécuritaires et commerciaux qui affectent la région. Elle pourrait également ouvrir la voie à de nouvelles initiatives conjointes visant à sécuriser les corridors d’échanges et à fluidifier le transport des biens entre les deux pays.

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