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CULTURE

SÉNÉGAL – “Mémoires mélancoliques” ou de la tragique nécessité de la poésie de Mansor Diop

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Écrit en français et en wolof, “Mémoires mélancoliques” est un recueil poétique signé Mansor Diop, instituteur de métier. Paru aux Éditions Téranga Sénégal, ce livre refuse la résignation et entend transmettre aux générations futures une manière de résister à la fatigue du temps. Avec Mansor Diop, nous réapprenons que les déceptions amoureuses, loin d’être des échecs, sont des phares qui illuminent nos consciences mélancoliques.

La langue : outil de l’école et souffle du terroir
Il y a quelque chose qui, avant toute autre considération, rend ce livre particulier : le geste. Lequel ? Publier un recueil de poésie en wolof et en français. Vous me direz que cela n’a rien de nouveau, qu’il existe des milliers de livres bilingues. J’ai envie de répondre : « Erreur ! » Car dans ce cas précis, il y a d’un côté le français, langue coloniale, et de l’autre le wolof, langue matricielle longtemps classée dans la catégorie de « l’oralité ». Ici, il ne s’agit pas d’une simple juxtaposition de deux idiomes. Dans ce recueil de Mansor Diop, Mémoires mélancoliques, quelque chose naît de l’entre-deux. Et cette chose, même mélancolique, parle aussi à la mémoire. Ce choix, loin d’être un artifice éditorial, possède au contraire une véritable force novatrice.

Mémoires mélancoliques : une surcharge lyrique
Le lyrisme de Diop, que certains qualifieraient de « franco-africain », n’a rien d’ornemental. Le poète ne cherche pas à faire joli. Non : il secoue, il écorche pour montrer les blessures sans fioritures, et tant mieux. Sa poésie n’est pas victimaire. Nulle complaisance dans le malheur. Ses vers refusent l’apitoiement : ils interrogent plutôt cette zone obscure où l’amour se fait blessure, et où la blessure devient paradoxalement le lieu d’une conscience accrue, vibrante comme une plaie à vif. Dans une langue qui nous est si proche, Diop dit la désillusion, la nécessité de se relever, les blessures de l’amour.

La poésie comme épreuve initiatique
Tout n’est pas lisse dans ce recueil : il a ses aspérités. Parfois, lorsqu’il veut tout dire en un seul vers, il manque de concision. Mais cela importe peu. Ce qui retient, c’est surtout cette auto-psychanalyse, cette liberté d’esprit qui accepte d’être travaillée par ses propres failles. Voilà ce qui rend ce livre exigeant. Mémoires mélancoliques n’est pas une lecture facile. Diop parle d’amour, certes, mais comme on évoque une guerre perdue et sans cesse recommencée. La passion, chez lui, n’est pas une exaltation : c’est une épreuve initiatique. La poésie, finalement, n’advient que lorsque le mot cesse d’être un simple outil pour devenir un corps. Ici, le français et le wolof deviennent deux corps qui semblent ne pouvoir exister l’un sans l’autre.

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CULTURE

SÉNÉGAL – PBS célèbre 37 ans de carrière avec un concert exceptionnel à Dakar

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Le groupe emblématique du hip-hop sénégalais Positive Black Soul (PBS), formé par Didier Awadi et Duggy Tee, a célébré ses 37 ans de carrière lors d’une conférence de presse organisée le mercredi 22 juillet au Grand Théâtre national de Dakar.

Cette rencontre avec les médias a été l’occasion pour les deux artistes de revenir sur leur parcours, mais aussi de présenter le programme des festivités prévues pour marquer cet anniversaire symbolique.

Point central de cette célébration : un concert exceptionnel annoncé pour le samedi 8 août 2026 dans la grande salle du Grand Théâtre. Cet événement inédit promet de retracer l’histoire du groupe, considéré comme un pionnier du rap africain, et de réunir plusieurs générations de fans autour de leur répertoire engagé.

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CINÉMA

RD CONGO – Kinshasa célèbre le cinéma africain avec la 13e édition du FICKIN

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Le Festival international du film de Kinshasa (FICKIN) a lancé sa 13e édition dans la capitale de la République démocratique du Congo, confirmant son ambition de promouvoir le cinéma africain et de valoriser les récits portés par les créateurs du continent.

Pendant cinq jours, près d’une cinquantaine de films — longs, moyens et courts métrages — issus d’une dizaine de pays sont projetés, offrant au public une diversité d’œuvres et de regards. Au-delà des projections, le festival propose également des ateliers, des master classes et des espaces de débat.

Pour son fondateur et directeur, Tshoper Kabambi, l’essence même de l’événement reste inchangée : favoriser les échanges entre professionnels du cinéma et passionnés. Il souligne que le festival se veut avant tout un lieu de rencontre, de partage et de transmission.

Parmi les œuvres présentées figure Simon et Amos, un long métrage réalisé par Riphin Kalala. Inspiré de l’histoire biblique de Joseph, le film aborde des thématiques universelles telles que l’esclavage, le pardon et le vivre-ensemble. Le réalisateur évoque avec émotion l’accueil réservé à son œuvre, comparant cette expérience à celle d’un parent voyant son enfant grandir et être reconnu.

Le FICKIN représente également une source d’inspiration pour les artistes locaux. L’actrice Précieuse Lumengo, habituée de l’événement, souligne l’impact des projections sur sa motivation et son engagement artistique. Selon elle, découvrir les créations d’autres cinéastes renforce l’envie de progresser et d’atteindre de nouveaux sommets.

Au fil des éditions, le festival s’impose ainsi comme une plateforme incontournable du paysage culturel congolais, alliant diffusion d’œuvres, formation et réflexion autour des enjeux du cinéma africain.

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CULTURE

TUNISIE – Le Festival de jazz de Tabarka renaît après six ans d’absence

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Après plusieurs années d’interruption, le Festival de jazz de Tabarka signe son grand retour en Tunisie. Suspendu pendant six ans en raison de difficultés économiques, cet événement emblématique retrouve sa place dans le paysage culturel et touristique du pays.

Parmi les artistes présents, Dee Dee Bridgewater s’est dite particulièrement enthousiaste de participer à cette nouvelle édition, saluant la relance d’un festival historique qui a marqué des générations de mélomanes.

Située entre mer et montagne, la ville de Tabarka espère tirer profit de ce renouveau. Le festival constitue en effet un levier stratégique pour relancer l’attractivité touristique de la région, attirant des visiteurs venus de divers horizons.

Les autorités tunisiennes du tourisme se félicitent de cette reprise. Pour elles, la renaissance du festival représente une opportunité de dynamiser l’économie locale et de redonner de la visibilité à une destination reconnue pour son patrimoine culturel et naturel.

Au-delà des concerts, l’événement sert également de vitrine pour les activités économiques locales. Expositions, artisanat et commerces bénéficient de l’afflux de visiteurs, offrant un souffle nouveau à une ville affectée par la conjoncture économique.

Les acteurs locaux espèrent désormais inscrire ce retour dans la durée. Lancé il y a plus d’un demi-siècle, le Festival de jazz de Tabarka demeure un symbole fort de la scène culturelle tunisienne et un moteur essentiel pour l’économie régionale.

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