AFRIQUE
SOUDAN – Une attaque de drone meurtrière frappe des civils au Darfour
Au moins dix personnes ont été tuées samedi 20 décembre 2025 lors d’une frappe de drone ayant visé un marché dans la région du Darfour, à l’ouest du Soudan. L’attaque, survenue dans un contexte sécuritaire extrêmement dégradé, a été confirmée dimanche par des secouristes locaux. À ce stade, les auteurs de la frappe n’ont pas été formellement identifiés, alimentant les inquiétudes quant à l’intensification et à la complexité du conflit en cours.
Le bombardement a touché la ville d’Al-Malha, située dans une zone désertique proche de la frontière libyenne. Cette localité est passée sous le contrôle des Forces de soutien rapide (FSR) en mars dernier. Dirigées par le général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemetti », les FSR dominent aujourd’hui l’ensemble de la région du Darfour, théâtre de violences récurrentes depuis le déclenchement du conflit avec l’armée régulière soudanaise.
Les victimes de cette frappe se trouvaient sur un marché, un lieu vital pour l’approvisionnement des populations locales déjà confrontées à des pénuries alimentaires, à l’insécurité et à l’effondrement des services de base. Les secouristes évoquent un bilan provisoire susceptible de s’alourdir, certaines personnes ayant été grièvement blessées.
Depuis le début des affrontements entre les Forces de soutien rapide et l’armée soudanaise, le pays est plongé dans une crise humanitaire d’une ampleur alarmante. Les combats ont causé la mort de plusieurs milliers de personnes et contraint des millions de civils à l’exil, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières nationales. Le Darfour, en particulier, reste l’une des régions les plus durement touchées par les violences et les déplacements forcés.
Fin octobre, après la chute du dernier bastion de l’armée régulière dans le Darfour, les FSR ont redéployé une partie de leurs opérations vers la région du Kordofan. Ce mouvement stratégique nourrit les craintes d’un élargissement du conflit à d’autres zones déjà fragilisées, aggravant encore une situation humanitaire jugée catastrophique par les organisations internationales.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Ousmane Sonko appelle Bassirou Diomaye Faye à promulguer la réforme constitutionnelle et défend « une avancée majeure pour la démocratie »
Dakar – À la clôture de son intervention devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a lancé un appel direct au président Bassirou Diomaye Faye, l’invitant à promulguer sans délai la loi constitutionnelle adoptée par les députés. Il a également tenu à rassurer les Sénégalais sur la stabilité des institutions, tout en revenant sur plusieurs dispositions qu’il juge essentielles pour la transparence de la vie publique.
« Il n’est jamais trop tard pour revenir à l’essentiel »
S’adressant au ministre de la Justice afin que son message soit transmis au chef de l’État, Ousmane Sonko a déclaré garder l’espoir de voir Bassirou Diomaye Faye revenir sur sa position. « Il n’est jamais trop tard pour revenir à l’essentiel », a-t-il affirmé, avant de rappeler que plusieurs engagements aujourd’hui contestés avaient été publiquement défendus par l’actuel président de la République lorsqu’il était candidat. Le Premier ministre s’est notamment interrogé sur les raisons qui expliqueraient le changement de position du chef de l’État concernant la déclaration de patrimoine à la fin de son mandat ou encore le non-cumul entre les fonctions de président de la République et de président de parti politique. « Qu’est-ce qui a changé ? Quel est le problème ? », a-t-il lancé devant les députés.
Une réforme pour renforcer la transparence
Selon Ousmane Sonko, la réforme constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale constitue l’une des plus importantes avancées institutionnelles de ces dernières années. Il a insisté sur plusieurs dispositions destinées, selon lui, à renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques, notamment l’obligation de déclaration de patrimoine des plus hautes autorités de l’État. Le chef du Gouvernement a rappelé qu’il avait lui-même déclaré son patrimoine lors de son entrée en fonction et qu’il le ferait également à son départ. « Pourquoi le président de la République ne déclarerait-il pas son patrimoine à l’entrée comme à la sortie de ses fonctions ? », s’est-il interrogé.
« Les Sénégalais doivent connaître la vérité »
Revenant sur les travaux préparatoires ayant conduit à cette réforme, Ousmane Sonko a affirmé que le texte adopté était le fruit de plusieurs mois de concertation entre juristes, parlementaires et membres du comité technique mis en place à cet effet. Selon lui, les dispositions finalement retenues correspondent aux conclusions des travaux menés avant les modifications opérées par le président de la République. Le Premier ministre a également expliqué le fonctionnement de la procédure de révision constitutionnelle, rappelant que la Constitution sénégalaise prévoit deux voies : le référendum ou le vote de l’Assemblée nationale à la majorité qualifiée. S’appuyant sur la jurisprudence du Conseil constitutionnel, il a soutenu que le vote obtenu au Parlement suffisait juridiquement à valider la réforme.
« Rien ne bougera dans ce pays »
Face aux tensions suscitées par cette révision constitutionnelle, Ousmane Sonko a voulu rassurer les citoyens sur la stabilité du pays. Il a appelé les Sénégalais à éviter les manifestations violentes et à privilégier les voies de recours prévues par les institutions. « Rien ne bougera dans ce pays », a-t-il affirmé à plusieurs reprises. Selon lui, les désaccords politiques doivent continuer à être tranchés dans le respect des règles démocratiques et des institutions de la République. Il a également rappelé que toute personne contestant la réforme conserve la possibilité de saisir les juridictions compétentes.
Une demande officielle de promulgation
En conclusion, le Premier ministre a annoncé qu’il transmettrait officiellement au président de la République le texte adopté par l’Assemblée nationale. Estimant que la procédure constitutionnelle est désormais achevée, il a demandé au chef de l’État de promulguer la loi conformément à la jurisprudence constante du Conseil constitutionnel. « Le vote à la majorité qualifiée des trois cinquièmes réalise à la fois l’adoption et l’approbation de la révision constitutionnelle », a-t-il déclaré. Pour Ousmane Sonko, cette réforme marque une étape importante dans le renforcement de la démocratie sénégalaise, de la transparence de la vie publique et de la consolidation des institutions de la République.
AFRIQUE
GUINÉE – Le Premier ministre Amadou Oury Bah recadre le débat sur la Chine
Le Premier ministre de la Guinée, Amadou Oury Bah, a pris position contre les discours accusant la Chine d’imposer un « piège de la dette » aux pays africains, plaidant plutôt pour une remise en question des pratiques de gouvernance sur le continent.
S’exprimant en marge du Forum économique mondial organisé à Dalian, le chef du gouvernement a estimé que les difficultés d’endettement rencontrées par certains États africains ne peuvent être imputées uniquement aux partenaires extérieurs.
Selon lui, l’enjeu central réside dans la capacité des gouvernements à transformer les opportunités de coopération en bénéfices tangibles pour leurs populations. Il a notamment mis en garde contre une vision passive du développement, fondée sur l’idée que des partenaires étrangers pourraient, à eux seuls, impulser la croissance économique.
Le Premier ministre guinéen a insisté sur la nécessité d’une gouvernance rigoureuse, soulignant que l’efficacité des investissements dépend avant tout des choix stratégiques opérés au niveau national. Il a également rappelé que les partenariats internationaux, y compris avec la Chine, doivent s’inscrire dans une logique de responsabilité partagée.
Cette déclaration intervient dans un contexte où les relations entre la Chine et l’Afrique font l’objet de débats récurrents, notamment autour des questions de financement des infrastructures et de soutenabilité de la dette.
En appelant à davantage de lucidité et de responsabilité, Amadou Oury Bah repositionne le débat sur les enjeux internes de gestion publique, tout en défendant une approche pragmatique de la coopération internationale.
AFRIQUE
AFRIQUE DU SUD – Crise xénophobe : Des milliers de Malawites fuient avant le 30 juin
L’Afrique du Sud est confrontée à une montée critique des tensions xénophobes, entraînant un départ massif de migrants étrangers à l’approche d’une échéance fixée unilatéralement par des groupes citoyens.
Déjà, plus de 15 000 ressortissants du Malawi ont quitté le territoire sud-africain. Des milliers d’autres restent bloqués dans des camps de fortune, notamment dans les villes de Durban et Pietermaritzburg, dans l’attente d’une évacuation organisée dans des conditions particulièrement précaires.
Cette vague de départs intervient dans un climat marqué par plusieurs semaines de violences : manifestations anti-immigrés, attaques ciblées contre des commerces étrangers et menaces répétées. Le bilan humain s’alourdit avec au moins trois morts, dont deux ressortissants du Mozambique et un Malawite.
Au cœur du dispositif de rapatriement, des convois routiers sont organisés pour acheminer les migrants sur près de 2 000 kilomètres vers leurs pays d’origine. L’Autorité sud-africaine de gestion des frontières indique avoir déjà coordonné le retour de plus de 8 200 personnes entre le 12 et le 24 juin, via le poste frontalier de Beitbridge, à la frontière avec le Zimbabwe.
Dans ce contexte, la date du 30 juin, fixée sans base légale par certains groupes, agit comme un facteur d’accélération de la crise. Elle alimente la peur parmi les migrants et accentue les tensions sur le terrain.
Face à une situation jugée explosive, les autorités sud-africaines sont désormais sous pression pour contenir les violences, sécuriser les populations et éviter un embrasement généralisé susceptible d’aggraver une crise déjà à la fois humanitaire et sécuritaire.
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