Connect with us

CULTURE

SÉNÉGAL – Collé Ardo Sow, la reine du pagne tissé

Publie

le

Pionnière de la haute couture sénégalaise, Collé Ardo Sow est une créatrice sénégalaise dont l’élégance, l’audace et la fidélité à ses racines ont redéfini les codes de la mode en Afrique.

Parcourir les collections de Collé Ardo Sow, c’est entrer dans le monde des textures et de la patience. Elle a un but : le tissage. Un objectif : la transmission. Il n’y a, ne vous y trompez pas, rien d’ostentatoire dans sa démarche. C’est juste la précision d’une ligne, l’intelligence d’une coupe, la noblesse d’un tissu longtemps considéré comme trop rustique : le pagne tissé. C’est pourtant à partir de cette matière, rugueuse au départ, que Collé Ardo Sow a bâti un empire, dans la plus grande discrétion. Aujourd’hui, elle fait partie des femmes influentes dans le domaine de la mode, surtout de la mode africaine contemporaine. Et comme souvent chez les grandes créatrices, tout commence par une histoire de filiation.

Collé Ardo Sow, une destinée hors norme
Née à Diourbel, dans le Baol, région au cœur du Sénégal, Collé Ardo Sow est d’origine peulh. Son père décède alors qu’elle n’a que deux ans. Elle grandit dans un foyer élargi, entre oncles, tantes et surtout sa grand-mère, femme forte et aimante, qui la couve et la forme à sa manière. D’abord passée par l’école coranique, puis par un établissement tenu par des religieuses, elle y découvre la couture et le français – deux langages qui deviendront les piliers de sa carrière. Avec une mère couturière et une tante établie à Dakar, spécialisée en haute couture, Collé n’est pas dépaysée dans l’univers des étoffes et des aiguilles. Très vite, le geste devient naturel. La passion, innée. Mais la jeune femme ne rêve pas encore de podiums. À dix-sept ans, elle se marie. Et c’est justement ce mariage qui va, contre toute attente, l’amener à défiler.

Collé Ardo Sow : Mannequin par hasard, styliste par vocation
Nous sommes en 1972. Lors d’un séjour en Tunisie, un ami de son époux, séduit par sa silhouette longiligne et sa beauté, lui propose de participer à un défilé de mode. Le mari accepte, la carrière s’esquisse. Ensuite, vont s’ensuivre Paris, ses trottoirs et ses lumières, et puis les podiums, les salons du prêt-à-porter, les défilés de la capitale mondiale de la mode. Collé Ardo Sow s’inscrit à l’Alliance française, puis à l’Institut de Coupe et de Haute Couture. Elle se forme, observe et apprend. Elle défile, oui, mais elle aspire surtout à créer de nouveaux modèles. La soie, le lin, les tissus européens n’ont bientôt plus de secrets pour elle. Et pourtant, c’est dans le retour aux sources qu’elle va trouver.sa signature : le pagne tissé sénégalais, qu’elle va dompter, assouplir, magnifier. En 1983, elle présente sa première collection à Dakar. Une mode résolument ambitieuse, tournée vers le monde.

L’élégance dans son plus simple apparat
Chez Collé Ardo Sow, pas de clinquant, ni de folklore en vitrine. Elle le dit elle-même : “seul le travail paie”. Sa mode est exigeante, empreinte d’une fidélité à l’Afrique et à ses artisans. Chaque vêtement raconte une histoire. Celle d’une matière autrefois reléguée aux habits de travail, devenue symbole de distinction grâce à la main d’une femme spéciale. Elle crée pour les Sénégalaises élégantes, les hôtesses d’Air Afrique, les femmes du continent et d’ailleurs. Sa boutique trône sur l’avenue Mohammed V, à Dakar, mais ses modèles s’exportent un peu partout dans le monde : de Brazzaville, à Libreville, de New York à Abidjan. Paris et Washington sont en ligne de mire. Collé prend son temps, cultive l’allure à contre-courant des tendances, fidèle à sa ligne comme à ses valeurs.

“Sira Vision”, ou l’Afrique par les coutures
En 2003, pour les vingt ans de sa marque, Collé Ardo Sow imagine “Sira Vision”, un événement fait de défilés, de galas, de rencontres… “Sira Vision” devient un temps fort de la scène culturelle africaine. Mais plus qu’un simple rendez-vous, c’est un lieu de dialogue. Elle y convie les grands noms du continent – Alphadi, Gilles Touré, Mickaël Kra, Claire Kane – mais aussi les jeunes stylistes. “Il faut ouvrir la voie, ne pas garder son savoir pour soi”, dit-elle. Cela fait maintenant douze ans que Dakar vibre au rythme de ces rencontres où la mode devient un langage commun, un art de la résistance, un levier d’émancipation. Collé, toujours en retrait des projecteurs, continue de tisser, d’inventer et de faire de rêver.

Un héritage vivant
Aujourd’hui encore, Collé Ardo Sow reste un modèle pour les jeunes créateurs et créatrices du continent. Femme pionnière, entrepreneure rigoureuse, artiste du tissu et de la coupe, elle a su imposer une vision – celle d’une Afrique élégante, audacieuse, loin des clichés. On l’appelle “la reine du pagne tissé”. Elle mérite ce titre dans la mesure où elle réinvente, à sa manière, la mode africaine. Une élégance sans bruit, mais avec style, ça ! c’est la marque de fabrique de Collé Ardo Sow.

Continuer la lecture
Cliquez ici pour commenter

Laisser un commentaire

CULTURE

TUNISIE – Patrimoine mondial : Sidi Bou Saïd décroche la consécration de l’Unesco

Publie

le

Sidi Bou Saïd confirme son statut de joyau touristique tunisien. Depuis son inscription récente au patrimoine mondial de l’Unesco, le célèbre village perché au nord de Tunis connaît un regain d’intérêt auprès des visiteurs, venus découvrir ou redécouvrir un site dont la réputation dépasse depuis longtemps les frontières de la Tunisie.

Avec ses maisons blanchies à la chaux, ses portes et fenêtres bleues, ses passages étroits et sa vue spectaculaire sur la Méditerranée, Sidi Bou Saïd offre un décor devenu emblématique du pays. Dans les ruelles, les touristes se succèdent entre les boutiques d’artisanat, les ateliers d’artistes et les commerces proposant céramiques, tableaux et autres objets inspirés du patrimoine local.

Pour les habitants, cette reconnaissance internationale vient confirmer une évidence : leur village possède une identité exceptionnelle. Aymen Ghamrasni, passionné par l’histoire de Sidi Bou Saïd, souligne l’attachement des résidents à ce cadre unique, où le patrimoine fait partie intégrante de la vie quotidienne. Même une pause autour d’un bambalouni, célèbre beignet traditionnel tunisien, devient ici une expérience associée à l’identité du lieu.

La notoriété du village séduit également une clientèle internationale. Des visiteurs venus du Moyen-Orient notamment voient désormais Sidi Bou Saïd comme une étape incontournable lors d’un séjour en Tunisie. Son architecture caractéristique, dominée par le bleu et le blanc, ainsi que son environnement méditerranéen contribuent largement à son attractivité.

Derrière cette identité architecturale se trouve également une histoire spirituelle ancienne. La localité porte le nom d’Abou Saïd al-Baji, figure soufie du XIIIe siècle, dont le sanctuaire demeure l’un des marqueurs historiques du village. La dimension religieuse, l’architecture traditionnelle et le paysage méditerranéen se combinent ainsi pour donner au site son caractère singulier.

L’entrée sur la Liste du patrimoine mondial représente cependant bien davantage qu’un label touristique. Cette reconnaissance implique une responsabilité accrue pour les autorités tunisiennes en matière de conservation. Les sites inscrits par l’Unesco sont considérés comme présentant une valeur universelle exceptionnelle et peuvent bénéficier de dispositifs d’accompagnement, notamment dans les domaines de la préservation, de la formation et de l’expertise technique.

La décision a été prise lors de la session du Comité du patrimoine mondial organisée à Busan, en Corée du Sud. Plusieurs autres lieux remarquables ont également rejoint la Liste, parmi lesquels les anciennes capitales japonaises d’Asuka et de Fujiwara. Le paysage migratoire de Boma-Badingilo, au Soudan du Sud, a lui aussi été distingué. Cette dernière inscription constitue une première pour le pays au patrimoine mondial.

Pour la Tunisie, la consécration de Sidi Bou Saïd vient donc renforcer la visibilité internationale d’une destination déjà incontournable. Mais cette nouvelle reconnaissance s’accompagne d’un défi majeur : préserver l’authenticité du village face à l’augmentation de sa fréquentation, protéger son architecture et son environnement et permettre aux générations futures de bénéficier à leur tour de ce patrimoine exceptionnel.

Continuer la lecture

CULTURE

SÉNÉGAL – Positive Black Soul célèbre 37 ans de hip-hop au Grand Théâtre de Dakar

Publie

le

Trente-sept ans après ses débuts, Positive Black Soul (PBS) a retrouvé son public sur la scène du Grand Théâtre de Dakar pour célébrer une histoire qui dépasse largement celle d’un groupe de musique. Le duo formé par Didier Awadi et Duggy Tee, pionnier du hip-hop sénégalais, a offert une soirée anniversaire mêlant spectacle son et lumière, hommages et collaborations entre plusieurs générations d’artistes. Dès leur entrée sur scène, les deux membres de PBS donnent le ton. Le public, venu célébrer près de quatre décennies de carrière, accueille le groupe avec enthousiasme. Dans la salle, les souvenirs des premières années du rap sénégalais côtoient les sonorités de la nouvelle génération.

De la SICAP aux grandes scènes

Fondé en 1989, Positive Black Soul s’est imposé comme l’un des groupes fondateurs du hip-hop sénégalais. À une époque où le rap reste encore un mouvement émergent, Didier Awadi et Duggy Tee participent à son implantation dans le paysage culturel du pays. Le groupe ne tarde pas à dépasser les frontières sénégalaises. Avec ses textes engagés, son identité panafricaine et ses collaborations internationales, PBS contribue à faire connaître une autre voix de l’Afrique sur la scène hip-hop. Son album « New York-Paris-Dakar » participe notamment à cette ouverture internationale et accompagne l’émergence d’une génération d’artistes sénégalais qui vont à leur tour porter le rap au-delà des frontières. Mais la longévité de PBS tient aussi à sa capacité à rester connecté aux réalités de son époque. Pendant près de quatre décennies, le groupe a abordé des questions liées à la société, à la jeunesse, à l’identité, à la citoyenneté et à l’Afrique.

L’ancienne école réunie autour de PBS

Pour ses 37 ans, Positive Black Soul a choisi de revenir sur cette histoire en réunissant plusieurs figures du mouvement. Matador, Simon et Xuman, représentants de l’ancienne école, ont ainsi été honorés sur scène. Leur présence rappelle les premières années d’un mouvement qui a profondément transformé la scène musicale sénégalaise. À travers eux, PBS rend hommage à toute une génération qui a contribué à faire du hip-hop un espace d’expression, de revendication et de création. Mais la soirée n’était pas tournée uniquement vers le passé. Elle a également donné une place importante aux artistes de la nouvelle génération.

Une rencontre entre les générations

Parmi les invités, VJ a partagé la scène avec PBS autour d’une nouvelle interprétation du célèbre titre « Capsi ». Une séquence symbolique : un classique du groupe revisité par l’un des représentants de la nouvelle génération. Ngaaka Blindé a lui aussi participé à la fête dans un show partagé avec Positive Black Soul. La soirée a également réuni plusieurs grandes figures de la musique sénégalaise. Wally B. Seck a fait une apparition remarquée et rendu un hommage émouvant à sa mère, feu Diaga, donnant à la soirée une tonalité plus intime. La légende Baaba Maal a livré un show inédit, tandis qu’Ismaïla Lô, autre figure majeure de la musique sénégalaise, a retrouvé son public au Grand Théâtre. Autre moment fort : Viviane Chidid, la reine du Jolof Band, a enflammé la scène devant un public conquis. La prestation de Carlou D et Duggy Tee a, elle aussi, compté parmi les séquences marquantes de cette soirée anniversaire.

Une célébration qui dépasse le rap

Au fil des prestations, le Grand Théâtre s’est transformé en lieu de rencontre entre plusieurs générations de la musique sénégalaise. Des pionniers du hip-hop aux artistes de la scène contemporaine, chacun est venu apporter sa contribution à cette célébration. Cette diversité témoigne de l’empreinte laissée par Positive Black Soul sur la culture sénégalaise. Le groupe n’a pas seulement participé à l’histoire du rap : il a accompagné son évolution et contribué à faire de cette musique un phénomène culturel majeur. Lors de la préparation de cet anniversaire, Didier Awadi et Duggy Tee avaient d’ailleurs insisté sur l’importance de la transmission et sur la nécessité, pour les nouvelles générations, de connaître leur histoire tout en construisant leur propre identité.

Une reconnaissance nationale

Cette célébration intervient également après la reconnaissance officielle du travail des deux artistes. Didier Awadi a été élevé au grade d’Officier de l’Ordre national du Lion, tandis que Duggy Tee a été fait Chevalier de l’Ordre national du Mérite. Des distinctions qui viennent saluer plusieurs décennies de contribution à la culture sénégalaise. Pour les deux artistes, ces récompenses s’inscrivent dans une histoire collective : celle d’un mouvement porté par une génération de jeunes qui, à la fin des années 1980, a choisi le hip-hop comme moyen d’expression.

37 ans et toujours debout

Au Grand Théâtre de Dakar, Positive Black Soul n’a donc pas seulement célébré un anniversaire. Le duo a revisité 37 années de musique, d’engagement et de transmission. De Matador, Simon et Xuman à VJ et Ngaaka Blindé, de Wally B. Seck à Baaba Maal, Ismaïla Lô, Viviane Chidid et Carlou D, la soirée a surtout raconté une histoire de rencontres. Une histoire commencée en 1989 dans les quartiers de Dakar et qui, près de quatre décennies plus tard, continue de résonner sur les grandes scènes.

À 37 ans, Positive Black Soul appartient désormais à l’histoire du hip-hop africain. Mais au vu de l’énergie du public du Grand Théâtre, cette histoire est loin d’être terminée.

Continuer la lecture

CULTURE

SÉNÉGAL – Viviane Chidid annonce un concert exceptionnel pour ses 26 ans de carrière

Publie

le

La chanteuse sénégalaise Viviane Chidid a suscité un vif enthousiasme auprès de ses fans en annonçant officiellement la tenue du « Queen Celebration », un concert événement prévu le 26 septembre 2026 pour célébrer ses 26 ans de carrière.

Présenté comme le spectacle le plus ambitieux depuis ses débuts en 1999, ce rendez-vous s’annonce exceptionnel. Selon des informations relayées par Kawtef, l’artiste promet « une seule nuit pour tout raconter », invitant son public à revisiter avec elle les grandes étapes de son parcours musical.

Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement dynamique pour la star. En novembre 2025, elle avait marqué les esprits avec la sortie d’un single très remarqué. Quelques mois plus tard, en juin 2026, elle a rencontré le directeur général du Grand Théâtre national de Dakar pour préparer la « Nuit des Paillettes », confirmant son implication dans des projets d’envergure.

Le « Queen Celebration » représente une étape symbolique pour l’artiste, qui s’est imposée au fil des années comme une figure majeure de la musique sénégalaise et ouest-africaine. Le public est ainsi convié à un moment fort, célébrant plus d’un quart de siècle de succès et d’influence.

Continuer la lecture
Advertisement
Advertisement

DERNIERS ARTICLES

FACEBOOK

PUB

NEWS +