AFRIQUE
RD CONGO – Un prêtre révolutionne l’évangélisation avec le rap
À Kinshasa, une initiative singulière redéfinit les contours de l’évangélisation urbaine. Jean-Pierre Mongambi, prêtre catholique, a choisi le rap comme vecteur pour porter un message spirituel auprès des jeunes des quartiers populaires.
Dans un contexte marqué par la précarité et le désœuvrement d’une partie de la jeunesse, ce religieux de 47 ans mise sur un langage culturellement accessible pour recréer du lien. À travers ses textes, inspirés des psaumes et des prières, il propose une approche où la forme moderne sert un fond résolument religieux.
Pour Mongambi, l’essentiel ne réside pas dans le style musical, mais dans la portée du message. Son objectif est clair : recentrer l’attention des jeunes sur les valeurs spirituelles, loin des jugements liés aux apparences ou aux codes traditionnels de la pratique religieuse.
Cette stratégie semble porter ses fruits. Ses prestations attirent un public nombreux et trouvent un écho particulier sur les réseaux sociaux, où ses concerts circulent largement. Au-delà du spectacle, c’est une véritable dynamique de reconnection qui s’opère pour certains fidèles.
Des témoignages viennent appuyer cet impact. Certains jeunes expliquent avoir retrouvé le chemin de l’Église grâce à cette approche innovante, notamment dans des moments de fragilité personnelle. Le rap devient alors un canal d’accompagnement et de résilience.
Du côté des autorités religieuses locales, l’initiative est perçue comme une réponse adaptée aux défis contemporains. En multipliant les formats d’engagement, l’Église tente de répondre aux réalités sociales d’une jeunesse souvent exposée à l’oisiveté, aux addictions ou à la marginalisation.
La démarche de Mongambi s’inscrit ainsi dans une logique d’ouverture, où tradition et modernité cohabitent pour mieux atteindre les fidèles. Sa reconnaissance a d’ailleurs dépassé les frontières locales, notamment lorsqu’il s’est produit devant Pope Francis lors de sa visite en République démocratique du Congo en 2023.
AFRIQUE
GUINÉE-BISSAU – Les militaires bloquent le retour d’Umaro Sissoco Embaló
Le retour d’Umaro Sissoco Embaló en Guinée-Bissau est désormais compromis. Le haut commandement militaire, qui dirige la transition depuis le renversement de l’ancien président en novembre 2025, a annoncé que les conditions de sécurité nécessaires n’étaient pas réunies pour permettre son retour dans le pays.
Exilé au Maroc depuis son départ du pouvoir, Embaló avait annoncé son intention de rentrer à Bissau le dimanche 4 octobre. Il avait également fait savoir qu’il comptait se présenter à l’élection présidentielle fixée au 6 décembre prochain. Le dirigeant déchu avait appelé à ce que son retour se déroule dans un climat pacifique et dans le respect de la stabilité du pays.
Dans un communiqué, les autorités militaires justifient leur décision par des considérations liées à la sécurité nationale, à la préservation de l’ordre public et à la prévention de toute situation susceptible de compromettre la stabilité sociale. Les autorités maintiennent par ailleurs les restrictions imposées aux manifestations et aux rassemblements politiques pendant la période de transition.
Umaro Sissoco Embaló avait été renversé le 26 novembre 2025, quelques jours après l’élection présidentielle et législative dont le processus avait été interrompu avant l’annonce des résultats. L’armée avait alors pris le contrôle du pays et installé le général Horta Inta-A à la tête de la transition.
Depuis son exil, l’ancien président affirme vouloir participer au prochain scrutin pour tenter de retrouver la direction du pays. Il a également demandé que sa candidature soit examinée de manière impartiale et indépendante par les autorités compétentes.
Le calendrier électoral prévoit désormais des élections présidentielle et législatives le 6 décembre, avec l’objectif affiché par les autorités de transition de restaurer un pouvoir civil. Mais le contexte reste particulièrement tendu. La décision concernant Embaló intervient après plusieurs jours de crispation politique à Bissau et alors que les autorités militaires continuent de limiter les activités politiques publiques.
La situation est d’autant plus sensible que la Guinée-Bissau connaît une longue histoire d’instabilité politique depuis son indépendance en 1974. Le pays a été marqué par plusieurs coups d’État et tentatives de renversement du pouvoir. La nouvelle interdiction visant l’ancien président ouvre ainsi une nouvelle séquence de tensions à l’approche du scrutin de décembre.
AFRIQUE
GUINÉE – Sidya Touré sera finalement inhumé à Abidjan
L’ancien Premier ministre guinéen Sidya Touré sera inhumé en Côte d’Ivoire, pays où il avait trouvé refuge après son départ de Guinée et où il a passé les dernières années de sa vie. Décédé le 25 septembre 2026 à Paris, à l’âge de 81 ans, l’ancien chef du gouvernement doit voir sa dépouille rapatriée à Abidjan ce vendredi 2 octobre.
La famille du défunt a choisi la capitale économique ivoirienne pour organiser ses obsèques, après plusieurs années d’exil. Sidya Touré vivait en Côte d’Ivoire depuis son départ de Guinée, en 2022, dans le contexte politique consécutif au coup d’État de septembre 2021. Son choix d’y être inhumé s’inscrit également dans l’histoire personnelle et professionnelle qu’il entretenait avec ce pays.
Le programme communiqué par plusieurs sources prévoit des journées de condoléances à Abidjan avant les cérémonies religieuses. L’inhumation est annoncée pour le vendredi 9 octobre au cimetière de Williamsville, après une levée du corps et une prière mortuaire à la Grande Mosquée de la Riviera Golf.
Le choix d’Abidjan intervient alors que les relations entre Sidya Touré et les autorités guinéennes s’étaient fortement dégradées au cours de ses dernières années. Un responsable de son ancienne formation politique, l’Union des forces républicaines (UFR), parti dissous en mars 2026, a estimé qu’un retour de la dépouille en Guinée était difficilement envisageable, en évoquant les tensions accumulées avec le pouvoir.
Sidya Touré avait notamment quitté la Guinée après l’arrivée des militaires au pouvoir en septembre 2021. Il n’était plus retourné dans son pays depuis son installation en Côte d’Ivoire. Des sources proches de la famille ont également évoqué l’absence de domicile familial à Conakry parmi les éléments ayant pesé dans le choix d’Abidjan.
Né en Côte d’Ivoire, Sidya Touré y avait également construit une partie importante de sa carrière administrative. Avant de devenir une figure centrale de la politique guinéenne, il avait notamment été directeur de cabinet d’Alassane Ouattara lorsque celui-ci occupait les fonctions de Premier ministre ivoirien. Les deux hommes avaient ainsi noué des liens professionnels et politiques de longue date.
En Guinée, Sidya Touré avait dirigé le gouvernement de 1996 à 1999 sous la présidence de Lansana Conté. Après son passage à la Primature, il s’était imposé comme l’un des principaux responsables de l’opposition. Il avait participé aux élections présidentielles de 2010 et de 2015 et dirigé pendant plusieurs années l’Union des forces républicaines.
Sa disparition à Paris met fin à plusieurs décennies d’engagement dans la vie publique guinéenne. Ses obsèques se dérouleront entre la France, où un premier hommage a été organisé, et la Côte d’Ivoire, où il doit désormais reposer.
AFRIQUE
ÉGYPTE – Le Caire expulse un diplomate éthiopien après une mesure similaire d’Addis-Abeba
L’Égypte et l’Éthiopie connaissent une nouvelle escalade diplomatique. Le Caire a déclaré persona non grata un conseiller de l’ambassade d’Éthiopie et lui a accordé un délai de 48 heures pour quitter le territoire égyptien. Cette décision intervient en réponse à l’expulsion, la veille, d’un membre du personnel diplomatique égyptien par Addis-Abeba.
Une source égyptienne citée par la presse officielle a qualifié la décision éthiopienne de « regrettable et injustifiée ». Le Caire affirme rejeter toute ingérence dans les affaires intérieures des autres États et considère que les autorités éthiopiennes cherchent à attribuer leurs crises internes à des acteurs extérieurs.
Cette nouvelle confrontation intervient dans un contexte de tensions croissantes dans la Corne de l’Afrique. Addis-Abeba accuse notamment l’Égypte, le Soudan et l’Érythrée de soutenir une coalition d’opposition dirigée par le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), engagée dans de nouveaux combats contre les forces gouvernementales éthiopiennes. Les trois pays concernés rejettent ces accusations.
La reprise des affrontements dans le nord de l’Éthiopie fait craindre une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire, après la guerre du Tigré de 2020 à 2022, qui avait fait des centaines de milliers de victimes selon différentes estimations. Les combats actuels interviennent alors que les relations entre Addis-Abeba et Asmara se sont également fortement détériorées.
Jeudi, l’Éthiopie a annoncé la fermeture de son ambassade en Érythrée et déclaré dix diplomates érythréens persona non grata, leur donnant 48 heures pour quitter le pays. Asmara a réagi en annonçant la rupture de ses relations diplomatiques avec son voisin.
La crise éthiopienne intervient également sur fond de différend ancien entre Addis-Abeba et Le Caire autour du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), construit sur le Nil Bleu. L’Égypte estime que la gestion des eaux du barrage pourrait affecter ses ressources hydriques, tandis que l’Éthiopie considère le projet comme essentiel à son développement énergétique.
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