AFRIQUE
SÉNÉGAL – Le président Diomaye Faye rencontre Karim Wade en marge d’une visite officielle à Doha
En déplacement officiel à Doha, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a eu un entretien discret avec Karim Wade. Cette rencontre s’est tenue en marge d’une visite diplomatique marquée par un contexte de deuil au Qatar.
Le chef de l’État sénégalais s’était en effet rendu dans l’émirat pour présenter les condoléances officielles du Sénégal après la disparition de Hamad bin Khalifa Al Thani. À cette occasion, il a été reçu au Palais de l’Émir par Tamim bin Hamad Al Thani.
Au nom du peuple sénégalais, Bassirou Diomaye Faye a exprimé sa solidarité envers la famille régnante ainsi qu’au peuple qatari. Il a salué la mémoire du défunt, mettant en avant son rôle déterminant dans le renforcement des relations bilatérales entre Dakar et Doha.
Le président sénégalais a notamment rendu hommage à « un grand visionnaire », qu’il considère comme l’un des principaux artisans du partenariat stratégique entre le Sénégal et le Qatar.
AFRIQUE
RD CONGO – Delly Sesanga presse Félix Tshisekedi de renoncer à toute réforme ouvrant la voie à un troisième mandat
À deux ans de la prochaine présidentielle en République démocratique du Congo, le débat autour de l’avenir institutionnel du pays prend une nouvelle tournure. Delly Sesanga, l’une des voix importantes de l’opposition congolaise, a appelé lundi le président Félix Tshisekedi à abandonner les initiatives de réforme constitutionnelle susceptibles de modifier les règles encadrant l’exercice du pouvoir présidentiel.
Le président du parti ENVOL et membre de la coalition C64 estime que les priorités nationales devraient se concentrer sur la sécurité et la situation sociale plutôt que sur une éventuelle modification de la Loi fondamentale. « Une nation en guerre ne devrait pas faire de la modification de la Constitution une priorité », a-t-il déclaré, dénonçant une démarche qu’il considère comme inopportune au regard de la situation du pays.
Élu en 2019 puis reconduit à la tête de l’État en 2023, Félix Tshisekedi est actuellement engagé dans son deuxième mandat. Selon les dispositions actuelles, celui-ci doit s’achever en 2028. Toute modification des règles constitutionnelles pourrait donc avoir d’importantes conséquences sur le calendrier politique et alimenter les inquiétudes de l’opposition quant à une éventuelle candidature supplémentaire du chef de l’État.
Le débat s’est intensifié après l’examen par le Parlement, dominé par la majorité présidentielle, de plusieurs initiatives touchant aux règles institutionnelles. Le chef de l’État a notamment renvoyé à l’Assemblée nationale, pour une nouvelle lecture, un texte destiné à modifier les conditions d’organisation des référendums. Le projet avait été validé auparavant par la Cour constitutionnelle, mais il fait l’objet de nombreuses critiques dans les rangs de l’opposition.
Pour Delly Sesanga, ce renvoi constitue certes un signal, mais ne suffit pas à dissiper les inquiétudes. L’opposant demande au président et à la majorité parlementaire de mettre définitivement un terme à cette démarche.
Affaiblie lors de la présidentielle de 2023, l’opposition congolaise cherche parallèlement à retrouver une capacité de mobilisation. La coalition C64 a ainsi annoncé une manifestation pour le 15 septembre, après avoir repoussé une première mobilisation prévue à la mi-août. Sesanga assure néanmoins que les différentes composantes de l’opposition restent unies autour des principales préoccupations de la population.
Pour l’opposant, les enjeux dépassent largement la seule question institutionnelle. Il cite notamment la pauvreté, l’insécurité et le chômage des jeunes comme les véritables urgences auxquelles les dirigeants doivent répondre.
La question constitutionnelle intervient surtout dans un contexte sécuritaire particulièrement lourd. Dans l’est du pays, les affrontements liés au M23 ont profondément bouleversé la situation politique et humanitaire. Le mouvement armé, soutenu par le Rwanda selon Kinshasa, contrôle d’importantes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, deux provinces dont les capitales sont tombées sous son contrôle en janvier 2025.
Cette situation soulève déjà des interrogations sur la présidentielle de 2028. Une partie importante de l’électorat pourrait être privée de participation si les conditions de sécurité ne permettent pas l’organisation du scrutin dans ces territoires. Pour Sesanga, une présidentielle sans les électeurs du Nord-Kivu et du Sud-Kivu serait difficilement acceptable.
L’opposant souhaite également que le M23 soit associé à un dialogue national destiné à favoriser la paix et la réunification du territoire. Une proposition jusqu’ici rejetée par les autorités congolaises.
Dans le même temps, les efforts diplomatiques se poursuivent pour tenter de mettre fin au conflit. La Suisse a annoncé dimanche que Kinshasa et le M23 étaient parvenus à un accord sur une nouvelle feuille de route pour les négociations de paix. Cette initiative intervient alors que plusieurs précédentes tentatives de cessez-le-feu n’ont pas permis de mettre durablement fin aux affrontements.
À Kinshasa, le gouvernement avait par ailleurs annoncé à la mi-juillet la tenue d’un dialogue national, une revendication ancienne de l’opposition. Les modalités de ce rendez-vous restent toutefois à préciser. Entre crise sécuritaire, incertitudes électorales et débat constitutionnel, la RDC entre ainsi dans une période politique particulièrement sensible à l’approche de 2028.
AFRIQUE
ÉTHIOPIE – À Addis-Abeba, les forces Soudanaises rejettent l’initiative de dialogue de Burhan
La recherche d’une issue politique à la guerre au Soudan continue de se heurter à de profondes divergences. Réunis ce week-end à Addis-Abeba, en Éthiopie, plusieurs partis politiques, mouvements d’opposition et organisations de la société civile soudanaise ont affiché leur opposition à la proposition de dialogue national portée par le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhan.
Les participants à cette rencontre ont notamment rassemblé des représentants du parti du Congrès national, du mouvement Umma, de la coalition civile Summud ainsi que plusieurs acteurs de la société civile engagés contre la poursuite du conflit. Dans une déclaration commune, ils ont estimé que le processus proposé par le pouvoir militaire ne constituait pas une véritable voie vers une résolution durable de la crise.
Selon les signataires, l’initiative défendue par Abdel Fattah al-Burhan risquerait surtout de renforcer la légitimité politique du chef de l’armée, arrivé au pouvoir à la faveur du coup d’État de 2021. Ils redoutent également que cette démarche ne contribue à installer durablement une division du territoire soudanais, alors que le pays est ravagé par les affrontements entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) dirigées par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ».
L’absence des FSR lors de la réunion d’Addis-Abeba illustre toutefois la difficulté de réunir l’ensemble des protagonistes autour d’une même table. Malgré cette configuration, les participants ont voulu présenter leur initiative comme une alternative politique au processus défendu par les autorités militaires.
À l’issue de leurs discussions, les acteurs soudanais ont adopté une feuille de route articulée autour de trois priorités. La première consiste à instaurer rapidement un corridor humanitaire afin de faciliter l’acheminement de l’aide aux populations prises au piège du conflit. La deuxième vise l’obtention d’un cessez-le-feu permanent permettant de mettre un terme aux combats. La troisième prévoit la mise en place d’une gouvernance issue de la société civile, avec l’objectif de redonner aux acteurs civils un rôle central dans la transition politique.
Alors que la guerre continue de provoquer une crise humanitaire majeure et de fragiliser davantage l’unité du Soudan, les participants à la rencontre d’Addis-Abeba veulent ainsi replacer la question d’une transition civile au cœur des efforts de paix. Reste désormais à savoir si cette initiative pourra trouver un écho auprès des principaux acteurs militaires et contribuer à rapprocher des positions profondément antagonistes.
AFRIQUE
RD CONGO – Une mission déployée pour surveiller le fragile cessez-le-feu avec le M23
Une mission régionale chargée de surveiller le fragile cessez-le-feu entre l’armée congolaise et le mouvement rebelle du M23 a été déployée lundi dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette initiative intervient alors que Kinshasa et le groupe armé continuent de s’accuser mutuellement de violations et d’exactions.
Le mécanisme de vérification a été déployé dans la province du Sud-Kivu, notamment à Minembwe, une zone fortement touchée par les affrontements ces derniers mois. Des hélicoptères des Nations unies ont assuré le transport des membres de la mission, selon des sources onusiennes et gouvernementales. Le dispositif associe des représentants du gouvernement congolais et du M23, ainsi que des observateurs issus des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Il doit notamment contribuer à établir les faits en cas de signalement d’une violation du cessez-le-feu.
Un mécanisme attendu sur le terrain
La mission doit également se rendre à Uvira, dans le Sud-Kivu, ainsi que dans le territoire de Kalehe, où de nouveaux combats ont été signalés ces dernières semaines. Son déploiement intervient après de nouvelles discussions internationales visant à relancer le processus de paix. La RDC et le M23 avaient conclu en juillet 2025 à Doha un engagement en faveur d’un cessez-le-feu. Kinshasa et Kigali avaient ensuite signé, en décembre, un accord de paix négocié sous l’égide des États-Unis. Malgré ces engagements, les affrontements n’ont pas cessé dans plusieurs secteurs de l’est congolais. Les dernières négociations, organisées en Suisse du 17 au 21 août, ont permis aux parties de s’accorder sur une méthode commune pour documenter les éventuelles violations du cessez-le-feu. Elles ont également convenu de créer un mécanisme destiné à suivre la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de l’accord de Doha.
Kinshasa et le M23 s’accusent mutuellement
La mise en place de ce dispositif intervient dans un climat particulièrement tendu. Le gouvernement congolais accuse le M23 d’avoir commis de graves violations des droits humains dans les zones sous son contrôle. Kinshasa affirme notamment que le groupe armé aurait tué plus de 300 personnes en juin et juillet. De son côté, le M23 accuse les forces gouvernementales d’avoir mené une attaque à l’artillerie contre un village situé près de Minembwe.Ces accusations croisées restent difficiles à vérifier de manière indépendante, notamment en raison de l’accès limité à plusieurs zones de conflit.
Un processus de paix encore fragile
L’est de la RDC demeure confronté à une succession de crises sécuritaires impliquant plusieurs groupes armés. La région, riche en ressources minières, est plongée dans les conflits depuis plusieurs décennies. Plusieurs initiatives diplomatiques ont tenté ces dernières années de mettre fin aux combats. Des discussions soutenues notamment par le Qatar, les États-Unis, la Suisse et l’Union africaine ont permis certaines avancées, notamment sur l’aide humanitaire et la libération de prisonniers.
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