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AFRIQUE

SÉNÉGAL – Dissensions au sommet de l’État : l’activiste mauritanien met en garde les dirigeants sénégalais

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Lettre ouverte aux champions du réveil Africain, dirigeants du Sénégal. Par Biram Ould Dah Ould Abeid, Député Mauritanien, Président de la Coalition de l’Opposition Anti-Système et de l’Initiative de Résurgence Abolitionniste (IRA), Prix des Droits de l’Homme des Nations-Unies(2013).

Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, chers guides et frères, après plusieurs nuits de stress et d’insomnie, à Bruxelles, capitale de l’Europe, je me résous à vous écrire, espérant que vous lisiez mon message, malgré la priorité des impératifs que vous dicte l’exercice du pouvoir d’Etat.

L’Afrique est nostalgique des pionniers de ses luttes pour la dignité, la vraie, presque tous partis en martyrs, sans avoir assisté à votre exploit. Le recouvrement de leur rêve de leaders bâtisseurs vous échoit. Il vous appartient de confirmer la revanche, sur la malédiction du sort et la nuisance des forces rétrogrades, soient-elles endogènes ou d’appoint aux appétits extérieurs. Des générations d’Africains n’ont cessé, depuis des décennies, de scruter l’horizon – obstinément vide – du lendemain qui répare et rassure. Avant vous, les multitudes vivaient l’espérance, quasi messianique d’une relève, sur la voie du redressement moral, pour qu’enfin prenne corps, la promesse de l’émancipation. Patrice Lumumba, Ruben Um Nyobè, Ahmed Ben Bella, Mehdi Ben Barka, Alioune Blondin Diop et bien d’autres, attendent, avec la patience du monde des esprits, que nous exhaussions leurs vœux par le parachèvement de l’entreprise de libération du Continent.

Vous avez jeté les jalons du Pastef, en tête de pont de renaissance et de reconquête d’une destinée trop longtemps tenue sous l’éteignoir de la corruption, de la brutalité et des égoïsmes. En arrachant les instruments de la légitimité populaire, grâce aux atouts exclusifs de la persuasion, vous avez érigé un modèle de vertu, là où la plupart de vos prédécesseurs échouaient, sans répit. Croyez-en un aîné, vous n’avez droit à l’erreur. Après tant de sacrifices, la négligence ne vous est permise.

Or, les informations et échos de votre dissensus nous parviennent du Sénégal. La rumeur nous afflige et nous plonge dans une anxiété qu’agitent l’appréhension de l’échec et la crainte d’un cinglant désaveu par l’histoire dont nous ne saurions nous relever, de sitôt.

Pourtant, en Afrique, les populations vulnérables, les jeunes, les patriotes et surtout les cadets sociaux, au-delà de votre pays, commençaient à entrevoir la délivrance car vos victoires, réitérées dans les urnes, validaient leur aspiration à vaincre la fatalité. Un tel affranchissement ne peut devenir objet d’aventure. C’est un bien précieux et sa perte, ô combien onéreuse, déclencherait l’onde de choc de la régression et baliserait la pente de l’impuissance.

Aussi, vous invitons-nous au sursaut de la lucidité, afin d’éviter que se rompt l’élan de la locomotive salutaire. Pastef-Sénégal, porte notre foi commune en l’avenir d’une Afrique des peuples, de la démocratie et de la souveraineté restaurée.

Vous n’êtes pas seuls.

Biram Ould Dah Ould Abeid, Député Mauritanien, Président de la Coalition de l’opposition Anti-Système et de l’Initiative de résurgence abolitionniste (Ira), Prix des droits de l’Homme de l’Organisation des nations unies (2013). Bruxelles, 18 novembre 2025.

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AFRIQUE

MAROC – Les avocats reprennent le travail après quatre mois de contestation

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Après près de quatre mois de mobilisation contre la réforme régissant leur profession, les avocats marocains ont décidé de suspendre leur mouvement de grève. L’Association du barreau marocain (ABAM) a annoncé cette décision à l’issue d’une session ordinaire organisée le 20 septembre à Rabat, prévoyant la reprise des activités professionnelles dans les différentes juridictions du royaume à partir du 7 octobre.

Cette suspension vise notamment à accorder un délai au nouveau gouvernement pour examiner les revendications de la profession. L’organisation met également en avant l’accumulation des dossiers judiciaires durant les mois d’août et de septembre, qui a contribué à accentuer les retards dans le traitement des affaires devant les tribunaux.

Pour autant, la reprise du travail ne signifie pas que le différend est réglé. Les avocats continuent de contester plusieurs dispositions de la loi n° 66.23, estimant que la réforme risque de porter atteinte à l’indépendance de leur profession. Ils critiquent également les modalités d’élaboration et d’adoption du texte, qu’ils jugent insatisfaisantes.

Malgré plusieurs mois de protestation, le projet a poursuivi son parcours législatif jusqu’à son adoption en août dernier. Le précédent gouvernement avait pourtant engagé des discussions avec les représentants des avocats afin de parvenir à des ajustements. Ces échanges n’ont cependant pas permis de dégager un compromis jugé acceptable par la profession.

En choisissant de suspendre la grève, l’ABAM entend ainsi donner une nouvelle possibilité au dialogue sans renoncer à ses principales revendications. L’organisation maintient ses réserves sur le contenu de la réforme et sur la procédure ayant conduit à son adoption.

La reprise des audiences et des activités des cabinets marque donc un retour au fonctionnement habituel des services judiciaires, mais laisse entier le débat sur l’avenir de la profession d’avocat au Maroc. L’évolution du dossier dépendra notamment de la réponse que les nouvelles autorités apporteront aux préoccupations exprimées par les représentants du barreau.

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AFRIQUE

AFRIQUE DU SUD – Le numéro deux de la police démissionne en pleine tempête judiciaire

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Le numéro deux de la police sud-africaine, Shadrack Sibiya, a démissionné lundi alors qu’il était suspendu de ses fonctions et confronté à plusieurs procédures portant notamment sur des soupçons de corruption et des accusations d’infractions sexuelles. Son départ a été annoncé au moment où devait s’ouvrir une audience disciplinaire le concernant.

Selon Athlenda Mathe, porte-parole de la police, les avocats de l’ancien haut responsable ont remis sa lettre de démission dès le début de la procédure. Elle a précisé que, compte tenu de l’existence d’une procédure disciplinaire au moment de son départ, celui-ci serait assimilé à une révocation pour conduite déshonorante.

Cette démission intervient alors que Shadrack Sibiya est détenu depuis son arrestation le mois dernier. Il est notamment accusé de viol et d’incitation à la prostitution d’un mineur, des faits qu’il conteste. L’examen de sa demande de mise en liberté sous caution a été reporté au 13 octobre.

En parallèle, l’ancien responsable policier est cité dans les travaux d’une commission d’enquête judiciaire chargée d’examiner des allégations de corruption au sein des forces de l’ordre sud-africaines et d’éventuelles connexions entre certains responsables et des réseaux criminels.

Présidée par le juge à la retraite Mbuyiseni Madlanga, cette commission a recueilli plusieurs témoignages mettant en cause Shadrack Sibiya. Des accusations portent notamment sur la réception présumée de sommes d’argent importantes et de cadeaux qui auraient été fournis par des personnes soupçonnées d’activités criminelles.

Lors de son propre témoignage devant la commission, Sibiya a rejeté les accusations formulées contre lui. Il était suspendu de ses fonctions depuis septembre 2025, alors que les investigations se poursuivaient sur les soupçons pesant sur lui.

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AFRIQUE

CÔTE D’IVOIRE – Affaire Sébastien Dano Djédjé : L’opposant placé sous contrôle judiciaire

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Sébastien Dano Djédjé, président du Conseil stratégique et politique du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), fondé par l’ancien chef de l’État Laurent Gbagbo, fait désormais l’objet d’une procédure judiciaire portant sur plusieurs chefs d’accusation. Entendu le lundi 12 octobre 2026 par les autorités judiciaires à Abidjan, l’opposant a été mis en examen pour environ 17 infractions présumées, parmi lesquelles figurent notamment le meurtre et l’atteinte à la sûreté de l’État. À l’issue de son audition, il a été placé sous contrôle judiciaire.

L’information a été communiquée par son avocate, Me Roselyne Serikpa, à l’Agence France-Presse (AFP). Selon la défense, l’ancien ministre avait été convoqué devant les autorités judiciaires dans le cadre d’une procédure conduite par la section antiterroriste. Les charges évoquées comprennent également le vol, la destruction de biens publics et la participation à une manifestation interdite.

D’après son conseil, une partie des faits reprochés serait liée aux violences survenues pendant la période de l’élection présidentielle d’octobre 2025. L’avocate a toutefois indiqué ne pas disposer de précisions supplémentaires sur l’ensemble des éléments retenus contre son client.

Le contrôle judiciaire auquel Sébastien Dano Djédjé est soumis comporte notamment des restrictions concernant ses déplacements à l’étranger. Il ne peut quitter le territoire ivoirien sans l’autorisation des autorités compétentes. Son avocate conteste les conditions de la procédure et dénonce ce qu’elle considère comme une violation des règles applicables aux anciens membres du gouvernement.

Sollicité par l’AFP, le procureur de la République, Oumar Braman Koné, n’avait pas réagi dans l’immédiat aux déclarations de la défense.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de procédures judiciaires visant plusieurs responsables du PPA-CI. À la mi-septembre, Justin Koné Katinan, vice-président du parti, avait été placé en détention provisoire après l’ouverture d’une information judiciaire portant notamment sur des accusations liées aux troubles de la période électorale de 2025. Damana Pickass, autre cadre important de la formation politique, est également détenu depuis novembre dans un dossier comportant des accusations d’actes terroristes.

Au cours des derniers mois, plusieurs dizaines de militants et de responsables de l’opposition ont été arrêtés ou placés en détention, certains ayant depuis recouvré la liberté. Les autorités ivoiriennes soutiennent, pour leur part, que les procédures engagées ne sont pas motivées par l’appartenance politique des personnes concernées.

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