RWANDA : Louise Mushikiwabo désignée secrétaire générale de la Francophonie.
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a nommé à sa tête la Rwandaise Louise Mushikiwabo, ce vendredi 12 octobre 2018 à Erevan, en Arménie. « Je suis venue à Erevan rwandaise, africaine, je repars francophone », a réagi la nouvelle secrétaire générale désignée de l’institution. Ci dessous son discours publié par Rwanda Today :
AFRIQUE
COMORES – Métiers interdits aux étrangers : la communauté malgache s’inquiète
Aux Comores, une nouvelle loi suscite l’inquiétude parmi les ressortissants étrangers exerçant dans le petit commerce. Adopté en juillet, le texte prévoit de réserver certaines activités professionnelles aux citoyens comoriens, une mesure qui menace notamment les commerçants malgaches installés dans les marchés de l’archipel.
À Volo Volo, principal marché de la capitale, plusieurs vendeurs étrangers redoutent désormais pour leur activité et leurs revenus. Parmi eux, Larissa Razafitiana, 37 ans, commercialise des chaussures et utilise une partie de ses revenus pour soutenir sa famille restée à Madagascar. Chaque mois, elle parvient à lui envoyer entre 50 et 100 euros.
L’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation alimente cependant son inquiétude. « J’ai vraiment très peur », confie-t-elle, expliquant être venue aux Comores dans l’espoir de travailler et d’aider ses proches. Elle dénonce également les difficultés rencontrées par certains Malgaches pour obtenir ou renouveler leur statut professionnel.
Le texte n’est pas encore appliqué, mais ses conséquences pourraient être importantes. Selon les estimations avancées dans le pays, près de 20 000 ressortissants malgaches vivent aux Comores et pourraient être concernés par les nouvelles restrictions visant certaines activités commerciales.
Les autorités et leurs soutiens défendent néanmoins une mesure destinée, selon eux, à favoriser l’activité économique des Comoriens. Hamidou Mhoma, vice-président de la Nouvelle OPACO, rejette notamment les accusations de discrimination ou de xénophobie. Il présente la réforme comme une politique de « justice sociale » et estime que les investisseurs étrangers doivent prioritairement intervenir dans des secteurs où le pays manque de capitaux ou de compétences.
AFRIQUE
ÉTHIOPIE – Le Premier ministre poursuit son mandat dans un climat sécuritaire explosif
Abiy Ahmed entame une nouvelle étape à la tête du gouvernement éthiopien après la victoire de son Parti de la prospérité aux élections législatives de juin. Le Premier ministre conserve ainsi les commandes de l’exécutif alors que le pays est confronté à une nouvelle montée des tensions dans plusieurs régions du nord.
Âgé de 50 ans, Abiy Ahmed dirige l’Éthiopie depuis 2018. Sa reconduction intervient dans une période particulièrement délicate, marquée par la reprise des affrontements depuis le 23 septembre dans les régions du Tigré, de l’Afar et de l’Amhara.
Ces nouvelles violences ravivent le spectre du conflit qui avait opposé, entre 2020 et 2022, les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés aux combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). La reprise des tensions fait craindre une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire dans le nord du pays.
Dans ce contexte, les forces armées éthiopiennes ont repris le contrôle de Mékélé, capitale du Tigré, sans affrontements majeurs, avec l’appui de la Force de paix du Tigré, une faction dissidente du TPLF.
La reconduction d’Abiy Ahmed intervient donc alors que son gouvernement doit simultanément consolider son pouvoir politique et gérer une situation sécuritaire particulièrement fragile. La stabilisation du nord du pays devrait figurer parmi les principaux défis de son nouveau mandat.
AMÉRIQUE
BRÉSIL – Flavio Bolsonaro crée la surprise et devance Luiz Inácio Lula da Silva au premier tour
Le premier tour de l’élection présidentielle brésilienne a réservé une surprise de taille. Flavio Bolsonaro, candidat conservateur et fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, est arrivé en tête devant le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva. Les deux hommes se retrouveront au second tour, prévu le 25 octobre.
Selon les résultats publiés après le dépouillement de 99,8 % des bulletins, Flavio Bolsonaro a obtenu un peu plus de 56 millions de voix, contre 53,7 millions pour Lula. Aucun candidat n’ayant franchi le seuil de la majorité absolue, le scrutin devra donc être départagé lors d’un second tour.
À Brasilia, le candidat conservateur a immédiatement présenté sa performance comme un signal de rupture. « Le Brésil veut du changement », a-t-il déclaré devant son domicile, estimant que le résultat marquait « la fin de l’ère du Parti des travailleurs », la formation politique de Lula.
Âgé de 45 ans, Flavio Bolsonaro avait été désigné candidat par son père, Jair Bolsonaro. Durant la campagne, il a cherché à apparaître comme une option plus modérée que l’ancien président d’extrême droite, tout en défendant une ligne ferme sur la sécurité et une politique davantage axée sur la maîtrise des dépenses publiques.
Pour Lula, cette première place manquée constitue un revers important. Le président sortant, revenu au pouvoir en 2023 après deux mandats exercés entre 2003 et 2010, pouvait notamment compter sur son bilan social et sur les politiques publiques ayant contribué à réduire la pauvreté. Mais son gouvernement reste confronté à la hausse du coût de la vie et aux préoccupations liées à l’insécurité.
L’abstention s’est établie autour de 21 %, un niveau comparable à celui enregistré lors de la précédente présidentielle, malgré l’obligation légale de voter pour une grande partie de la population.
Le rapport de force apparaît également favorable au camp conservateur au Parlement. Le Parti libéral de Jair Bolsonaro a remporté 19 des 54 sièges du Sénat remis en jeu et compte désormais 28 élus sur les 81 membres de la chambre haute. Il est également devenu la première force politique à la Chambre des députés. Michelle Bolsonaro, ancienne épouse de Jair Bolsonaro, ainsi que Carlos Bolsonaro, frère de Flavio, ont également décroché un siège au Sénat.
Cette progression parlementaire pourrait donner à Flavio Bolsonaro une base politique solide s’il remportait le second tour. Elle pourrait aussi faciliter la mise en œuvre d’une éventuelle mesure d’amnistie en faveur de Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison après avoir été reconnu coupable d’avoir tenté de renverser l’ordre constitutionnel à la suite de sa défaite électorale de 2022.
Dans les États fédérés, la droite a également consolidé ses positions. À São Paulo, le gouverneur Tarcisio de Freitas, proche de Jair Bolsonaro, a été reconduit dès le premier tour avec plus de 60 % des suffrages. Il a ainsi nettement devancé Fernando Haddad, ancien ministre de Lula.
Le duel du second tour dépassera toutefois les seules questions de politique intérieure. Une victoire de Flavio Bolsonaro pourrait entraîner un rapprochement plus marqué entre Brasilia et Washington, notamment avec l’administration de Donald Trump. Lula défend pour sa part une diplomatie davantage fondée sur l’autonomie stratégique et le renforcement des relations avec la Chine.
Les deux candidats disposent désormais de quelques semaines pour élargir leur base électorale. Flavio Bolsonaro cherchera à rassembler les différentes composantes de la droite, tandis que Lula devra convaincre les électeurs des candidats éliminés et mobiliser son électorat traditionnel. Le vainqueur prendra ses fonctions le 5 janvier 2027 et dirigera un pays de près de 214 millions d’habitants, première puissance économique d’Amérique latine.
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