AFRIQUE DU NORD
TUNISIE: Kaïs Saïed et Nabil Karoui vers un second tour selon Sigma conseil et Emrhod.
Les électeurs tunisiens étaient appelés aux urnes ce dimanche 15 septembre 2019 pour élire un nouveau président. Les candidats Saïed et Karoui parmi les vingt-six sont en pôle position pour un second tour quasiment inévitable.
Appelés aux urnes après la mort du défunt président Essebsi survenu le 25 juillet 2019, les élections présidentielles, initialement prévues pour novembre 2019 ont été avancées pour le dimanche 15 septembre 2019.
Quelques sept millions de tunisiens ont répondu favorablement soit un taux de 45,02%. En effet, selon plusieurs instituts de sondage, Kaïs Saïed candidat conservateur et anti-système serait arrivé en tête avec 19,5% des suffrages exprimés contre 15,5% pour son concurrent direct Nabil Karoui un homme d’affaires. D’autres candidats auraient obtenu tels que Abdelfattah Mourou(11%), Abdelkrim Zbidi(9,4%),Youssef Shahed(7,5%) ou encore Safi Saïd(7,4%).
Toutefois, les résultats officiels sont encore attendus dans les prochaines heures avec L’instance Supérieure Indépendante des Élections (ISIE). À rappeler que Nabil Karoui, malgré son score avantageux est encore maintenu en prison pour blanchiment de capitaux.
AFRIQUE
MAROC – Le PAM s’impose aux législatives, le paysage politique se redessine
Le paysage politique marocain se redessine à l’issue des élections législatives du 23 septembre. Selon les résultats provisoires annoncés par le ministère de l’Intérieur, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) arrive en première position avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants.
Le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui dirigeait la coalition gouvernementale sortante, obtient 66 sièges et se classe deuxième. Le Parti de l’Istiqlal suit de très près avec 65 élus, tandis que le Parti de la justice et du développement (PJD), principale formation d’opposition, décroche 54 sièges.
Ce résultat place le PAM au centre des prochaines discussions sur la formation du gouvernement. En vertu de la Constitution marocaine, le chef du gouvernement est nommé par le roi au sein du parti arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants. Avec 97 députés, le PAM devra toutefois composer avec d’autres formations pour disposer d’une majorité parlementaire, fixée à 198 sièges.
La configuration issue des urnes laisse ainsi ouverte la question des futures alliances. Le PAM, le RNI et l’Istiqlal disposent ensemble de 228 sièges, ce qui leur permettrait théoriquement de conserver une majorité à trois. Mais le nouvel équilibre entre ces formations modifie sensiblement le rapport de forces au sein de l’ancienne coalition gouvernementale.
Le scrutin a surtout été marqué par une participation particulièrement faible. Le taux national s’établit autour de 38 %, contre 50,86 % lors des législatives de 2021. Il s’agit du niveau le plus bas depuis 2007, selon les données communiquées après le vote.
Cette faible mobilisation intervient dans un contexte social marqué par les préoccupations liées à l’emploi, au coût de la vie, aux services publics et aux inégalités. Les questions concernant l’accès aux soins et à l’éducation ont également occupé une place importante dans les débats précédant le scrutin.
Le rapport à la politique demeure particulièrement délicat chez les jeunes. Les moins de 25 ans représentent une faible proportion du corps électoral effectivement inscrit, tandis que le pays avait déjà connu, en 2025, des mobilisations portées par une partie de la jeunesse autour des conditions d’accès à la santé et à l’éducation.
Autre enseignement du scrutin, le PJD effectue un retour marqué dans la nouvelle Chambre. Après avoir obtenu seulement 13 sièges en 2021, la formation islamiste d’opposition en décroche cette fois 54. Ce résultat la replace parmi les principales forces parlementaires du pays, même si elle reste derrière le PAM, le RNI et l’Istiqlal.
Les résultats annoncés restent provisoires et devront encore être consolidés. Pour le PAM, l’enjeu est désormais de transformer sa première place électorale en majorité parlementaire et de participer à la constitution du prochain gouvernement. Les négociations entre les différentes formations devraient donc constituer la prochaine étape majeure de la séquence politique marocaine.
AFRIQUE
MAROC – Législatives : le coût de la vie et l’emploi au cœur d’un scrutin sous tension
Les électeurs marocains se sont rendus aux urnes mercredi pour renouveler la Chambre des représentants, dans un contexte marqué par de fortes préoccupations liées au coût de la vie, à l’emploi et aux inégalités sociales. Le scrutin intervient également alors que la confiance envers les formations politiques apparaît comme un enjeu important de cette élection.
Près de 16 millions d’électeurs étaient inscrits pour choisir les 395 membres de la Chambre des représentants. Les opérations de vote ont débuté à 8 heures et devaient s’achever à 19 heures, avec les premières tendances attendues dans la soirée.
À Rabat, plusieurs électeurs se sont présentés dès l’ouverture des bureaux. Parmi eux, un homme âgé de 42 ans a expliqué être venu voter avec l’espoir de voir les conditions de vie s’améliorer.
La participation électorale constitue l’un des principaux enjeux du scrutin, notamment chez les jeunes. Les électeurs âgés de 18 à 24 ans ne représentent qu’environ 4 % des inscrits, un chiffre qui alimente les interrogations sur leur mobilisation.
La campagne a principalement porté sur les questions économiques et sociales. Le chômage, la progression des prix, le pouvoir d’achat, les inégalités et la perception de l’action des responsables politiques ont occupé une place centrale dans les programmes et les discours des formations en lice.
Le Rassemblement national des indépendants, qui dirige actuellement la coalition gouvernementale, figure parmi les formations susceptibles de recueillir un nombre important de sièges selon plusieurs observateurs. Les sondages d’opinion étant interdits par la législation électorale marocaine, aucune mesure publique de l’état des intentions de vote n’est disponible.
Aziz Akhannouch, qui a conduit la campagne du RNI, a défendu le bilan de son gouvernement, en mettant notamment en avant l’extension de la couverture sociale ainsi que les réformes engagées dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Il a également mis en avant les augmentations salariales intervenues sous son gouvernement et promis de poursuivre cette politique en cas de reconduction de son parti.
Le chef du gouvernement sortant fait cependant face à des critiques récurrentes, notamment autour de possibles conflits d’intérêts liés à ses activités dans le secteur des hydrocarbures. Son nom a également été associé aux revendications d’un mouvement de jeunes réclamant notamment une amélioration des services publics dans la santé et l’éducation.
Face au RNI, le Parti authenticité et modernité constitue l’une des principales forces politiques en présence. Les deux formations, généralement situées au centre droit, participent actuellement à la coalition gouvernementale et entretiennent des positions relativement proches sur plusieurs questions politiques.
Le PAM a notamment misé sur la notoriété de Fouzi Lekjaa, ministre du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football. Celui-ci a placé la jeunesse et l’amélioration du pouvoir d’achat parmi les thèmes de sa campagne, en défendant une plus grande participation des jeunes à la vie économique et sociale.
Le parti compte également parmi ses figures importantes Fatima Ezzahra Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech. Son nom a été évoqué parmi les personnalités susceptibles d’occuper de hautes responsabilités gouvernementales.
Le PAM doit toutefois composer avec les conséquences d’une importante affaire judiciaire ayant touché certains de ses responsables. Deux cadres du parti ont été condamnés en juin à des peines de dix et douze ans de prison dans une affaire de trafic de drogue connue sous le nom de « l’Escobar du Sahara ».
Le parti de l’Istiqlal participe également à la compétition électorale. Dirigée par le ministre de l’Équipement Nizar Baraka, cette formation de droite a orienté sa campagne vers les questions sociales et économiques.
Dans l’opposition, le Parti de la justice et du développement, formation islamiste dirigée par l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, a notamment fait de la lutte contre la corruption un axe majeur de sa campagne. Le parti défend également des positions conservatrices sur certaines questions sociétales, notamment en matière de droit successoral et de relations sexuelles hors mariage.
Le résultat des élections déterminera la composition de la prochaine Chambre des représentants et constituera une étape importante dans la formation du prochain gouvernement. Au Maroc, le roi désigne le chef du gouvernement parmi les membres du parti arrivé en tête du scrutin. Le Premier ministre ainsi nommé constitue ensuite son équipe gouvernementale pour un mandat de cinq ans, tandis que le souverain conserve des prérogatives importantes dans les grandes orientations de l’État.
AFRIQUE
ALGÉRIE – Alger frappe fort : L’ambassadeur Emirati sommé de quitter le pays sous 48 heures
Les relations entre Alger et Abou Dhabi franchissent un nouveau seuil de tension. L’Algérie a annoncé, jeudi 10 septembre, la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, après plusieurs années de désaccords et d’accusations réciproques sur des questions nationales et régionales.
La décision, annoncée par la télévision publique algérienne, intervient après l’échec des démarches engagées pour préserver les liens entre les deux pays. Alger estime avoir épuisé les différents moyens permettant d’éviter une rupture et a accordé un délai de 48 heures à l’ambassadeur émirati pour se conformer à cette décision.
Depuis plusieurs années, les rapports entre les deux capitales se sont progressivement détériorés. Les autorités algériennes accusent notamment les Émirats d’interférer dans les affaires intérieures du pays et de mener une politique jugée déstabilisatrice dans plusieurs crises régionales.
Le président Abdelmadjid Tebboune avait déjà exprimé publiquement ses critiques à l’égard de la politique menée par Abou Dhabi. En juillet, lors d’une interview télévisée, il avait estimé que l’action des Émirats avait eu un impact particulièrement négatif sur la région, allant jusqu’à leur reprocher d’être associés à des situations de conflit et de violence au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Le chef de l’État algérien avait également appelé les autorités émiraties à ne pas intervenir dans des dossiers susceptibles d’affecter directement la stabilité de l’Algérie. À cette occasion, il avait laissé entendre qu’une rupture des relations pouvait déjà être envisagée, mais qu’Alger avait privilégié jusque-là la préservation des équilibres au sein du monde arabe.
Avec cette annonce, la crise diplomatique entre les deux pays entre désormais dans une nouvelle phase. La rupture officielle marque l’aboutissement de tensions accumulées au fil des dernières années et pourrait avoir des répercussions sur les relations politiques et régionales entre Alger et les États du Golfe.
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