AFRIQUE CENTRALE
GABON : Rose Christiane Ossouka Raponda première ministre
Rose Christiane Ossouka Raponda a été nommée à la tête du gouvernement le 16 juillet 2020. C’est une première dans l’histoire politique du Gabon, un évènement inédit. DďUne femme cheffe du gouvernement n’a jamais eu lieu dans le pays.
Le président de la République Ali Bongo Ondimba l’a annoncé : « J’ai nommé, ce jour, au poste de Premier ministre Mme Rose Christiane Ossouka Raponda. Pour la première fois dans l’Histoire du Gabon, une femme occupera cette fonction. Je remercie son prédécesseur, Julien Nkoghe Bekalé, qui a rempli avec loyauté et efficacité sa mission ».
Rose Christiane Ossouka Raponda est une technocrate âgée de 56 ans, elle est également proche du président. Economiste de formation, elle a débuté sa carrière comme directrice générale de l’Economie et directrice générale adjointe de la Banque de l’Habitat du Gabon dans les années 2000.
De nombreuses dossiers l’attendent sur la table. Rose Christiane Ossouka Raponda a une grande priorité : relancer l’économie nationale, une économie qui a subi les impacts de la pandémie de covid-19.
AFRIQUE
CAMEROUN – La suspension du parti d’Issa Tchiroma provoque une levée de boucliers dans l’opposition
La décision des autorités camerounaises de suspendre pour trois mois le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), formation politique dirigée par l’opposant en exil Issa Tchiroma Bakary, suscite une vague de protestations au sein de l’opposition et de la société civile. Annoncée le 27 octobre, cette mesure est dénoncée par plusieurs partis, qui redoutent une restriction du pluralisme politique à l’approche des prochaines élections législatives et municipales.
Le gouvernement justifie cette suspension par cinq griefs, parmi lesquels des appels présumés à l’insurrection, l’incitation à la violence et de graves troubles à l’ordre public survenus dans le contexte de la présidentielle du 12 octobre 2025. À l’issue de ce scrutin, Paul Biya avait été déclaré vainqueur, dans un climat politique particulièrement tendu.
Mais pour plusieurs formations politiques, le calendrier de cette décision soulève des interrogations. Elles craignent que la suspension du FSNC ne compromette la préparation des prochaines échéances électorales et ne réduise les possibilités de participation de ses éventuels candidats.
L’Union démocratique du Cameroun (UDC), dirigée par Tomaino Ndam Njoya, s’inquiète ainsi d’une mesure qu’elle considère comme susceptible d’exclure certains acteurs du jeu politique. Le parti appelle à l’organisation d’élections aussi inclusives que possible, estimant que toutes les formations devraient pouvoir participer à la compétition dans des conditions équitables.
Le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), qui avait soutenu Issa Tchiroma lors de la présidentielle, critique également la décision gouvernementale. Il y voit une manœuvre destinée, selon lui, à affaiblir les adversaires du pouvoir plutôt qu’à les affronter dans les urnes.
Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), conduit par le député Cabral Libii, déplore pour sa part une nouvelle atteinte au pluralisme politique. La formation appelle directement le président Paul Biya à revenir sur cette mesure, au nom de l’apaisement et de la préservation de la diversité politique au Cameroun.
Après deux jours d’attente, le FSNC a finalement réagi le 29 octobre. Le parti a minimisé la portée de sa suspension, la qualifiant de « non-événement » et de « grossière mise en scène ». Il rappelle par ailleurs avoir déjà annoncé son boycott des prochaines élections, estimant que les conditions nécessaires à un scrutin libre, démocratique et transparent ne sont pas réunies.
Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, n’a pas souhaité commenter la polémique lorsqu’il a été sollicité.
AFRIQUE
RD CONGO – Félix Tshisekedi accuse Joseph Kabila d’agir pour le compte du Rwanda
Les tensions entre le président congolais Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila prennent une nouvelle dimension. Lors d’une intervention devant les députés, dont des extraits ont été diffusés mardi sur le réseau social X par la présidence congolaise, le chef de l’État a qualifié l’ancien président de « pantin du Rwanda », l’accusant de servir les intérêts de Kigali dans le conflit qui secoue l’est de la République démocratique du Congo.
Le 12 octobre, Joseph Kabila a pris la tête du Front pour la refondation de la nation, un nouveau mouvement politico-militaire qui englobe notamment l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le Mouvement du 23 mars (M23). Cette évolution a ravivé les accusations de Félix Tshisekedi, qui estime que l’ancien chef de l’État est désormais impliqué directement dans une offensive soutenue, selon lui, par le président rwandais Paul Kagame.
Face aux députés nationaux et aux sénateurs de l’Union sacrée de la Nation, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a évoqué la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC et les efforts pour défendre l’intégrité territoriale du pays. Voici l’essentiel de son message. https://t.co/vz3WDZfn3q
— Présidence RDC 🇨🇩 (@Presidence_RDC) October 27, 2026
Devant les parlementaires, le président congolais a affirmé que Joseph Kabila aurait été encouragé à sortir de sa réserve pour donner une apparence congolaise à une initiative qu’il attribue au Rwanda. Félix Tshisekedi a notamment soutenu que cette stratégie viserait à présenter le conflit comme une affaire intérieure à la RDC, alors que Kigali fait face à des sanctions et à de nouvelles menaces de sanctions.
Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de relations particulièrement tendues entre Kinshasa et Kigali, les autorités congolaises reprochant régulièrement au Rwanda son implication dans les violences qui touchent l’est du pays. Les allégations formulées par Félix Tshisekedi à l’encontre de Joseph Kabila restent toutefois à distinguer des faits établis indépendamment.
De son côté, le Front pour la refondation de la nation affiche ouvertement son opposition au pouvoir en place. Le mouvement entend mettre fin au régime de Kinshasa, qu’il décrit comme tyrannique. Cette orientation marque une nouvelle étape dans la confrontation politique et sécuritaire autour de l’avenir de la RDC.
Dans un entretien accordé à une chaîne en ligne proche de la rébellion, Joseph Kabila a, pour sa part, soulevé une question qui résume sa position sur la crise congolaise : le pays a-t-il besoin d’une élection ou d’une révolution ? Cette interrogation intervient alors que les affrontements dans l’est du territoire et les rivalités politiques continuent de peser sur les perspectives de stabilité du pays.
AFRIQUE
RD CONGO – Matata Ponyo temporise face à la prise d’armes annoncée par Joseph Kabila
Dix jours après l’annonce de Joseph Kabila de prendre la tête de la rébellion armée dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), l’opposition non armée n’a toujours pas affiché de position officielle commune. Matata Ponyo Mapon, ancien Premier ministre sous la présidence de Kabila, explique que la coalition C64 entend harmoniser sa réponse lors d’une réunion prévue à Rome, en Italie, au début de la semaine prochaine.
Dans un entretien accordé à RFI depuis Londres, l’ancien chef du gouvernement affirme que son parti, Leadership et gouvernance pour le développement (LGD), respectera la décision collective de la coalition. Il rejette toutefois l’idée selon laquelle les membres du regroupement seraient embarrassés par l’initiative de l’ancien président. À ses yeux, la cohésion du groupe impose de se concerter avant toute prise de parole officielle.
Matata Ponyo rappelle que la C64 a été constituée pour défendre l’ordre constitutionnel et les principes démocratiques en RDC. Il estime que le débat politique doit également porter sur la gouvernance du pays, les conditions dans lesquelles se sont déroulées les élections de 2023 et les difficultés liées au respect de l’État de droit. Il affirme avoir lui-même été victime d’un système judiciaire qu’il juge inéquitable, après sa condamnation à dix ans de prison, qui l’a conduit à vivre en exil.
Interrogé sur une éventuelle contradiction entre les objectifs de la coalition et la décision de Joseph Kabila de s’engager dans une lutte armée, l’ancien Premier ministre appelle à examiner les causes profondes de la crise congolaise. Il replace la création de la C64 dans le contexte des inquiétudes de l’opposition face à une éventuelle révision de la Constitution voulue, selon lui, par le pouvoir en place. Il évoque également la condamnation à mort de Joseph Kabila, qu’il considère comme contraire aux principes constitutionnels.
Concernant le dialogue national réclamé depuis plusieurs mois par la coalition, Matata Ponyo affirme que la position de la C64 reste celle d’une concertation globale et inclusive. Il estime que toutes les parties concernées doivent pouvoir participer aux discussions, y compris celles impliquées dans les tensions politiques et sécuritaires. Il rappelle que cette approche est également défendue, selon lui, par les Églises catholique et protestante, choisies comme médiatrices, ainsi que par plusieurs dirigeants africains, notamment le président angolais João Lourenço.
L’ancien chef du gouvernement critique par ailleurs la décision du ministère congolais de l’Intérieur, datée du 15 octobre, qui interdit les activités politiques de treize partis, dont le LGD et le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), associé à Joseph Kabila. Matata Ponyo affirme que son parti a saisi formellement le ministre de la Justice pour contester cette mesure. Il la considère comme une décision politique plutôt que juridique et demande son réexamen.
Selon lui, ces restrictions risquent d’aggraver les tensions au moment où les acteurs politiques sont appelés à privilégier le dialogue. Il estime qu’il est contradictoire de réclamer une désescalade tout en adoptant des mesures susceptibles de renforcer les divisions.
Enfin, Matata Ponyo exclut pour l’instant un retour en RDC tant qu’il estime que les conditions de sécurité et l’État de droit ne sont pas garantis. Il affirme que son exil répond à des préoccupations liées à sa sécurité personnelle et dit vouloir préserver sa vie afin de pouvoir, à terme, contribuer au développement du pays.
La réunion de Rome des cinq principaux dirigeants de la C64 devrait permettre de préciser la position du regroupement face à l’initiative de Joseph Kabila et aux tensions politiques qui traversent la RDC.
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