AFRIQUE DE L’EST
SOUDAN : Omar El Béchir risque-t-il la peine de mort ?
C’est ce mardi 21 juillet 2020 que l’ancien président soudanais va comparaître devant la justice à Khartoum la capitale. Il a été éjecté du pouvoir suite à un soulèvement populaire soldé d’un coup d’Etat en avril 2019.
Omar El Béchir a été déjà condamné en décembre 2019 à deux ans de détention pour corruption. Aujourd’hui, il est dans le boxe des accusés pour un coup d’Etat qu’il avait lui même fomenté en 1989, un putsch qui l’avait amené au pouvoir.
Trente-et-un après l’ancien président doit répondre de ses actes devant la Cour spéciale formée du président de la Cour suprême et de deux juges d’appel. Il est accusé d’avoir violé l’ordre constitutionnel. Il risque la peine de mort. L’ancien chef d’Etat est jugé avec 27 autres personnes civils et militaires. L’ancien vice-président Ali Osmane Taha ainsi que le général Bakri Hassan Saleh sont sur la liste des accusés.
Cet affaire de coup d’Etat est une des quatre procédures qui visent Omar el-Béchir. La première chefs d’accusations est liée à la corruption, la troisième à la répression sanglante de la révolution des manifestants qui avait provoqué sa chute en 2019. Le quatrième dossier est celui de la Cour pénale internationale qui le poursuit pour génocide depuis 2009. Lorsqu’il était au pouvoir, El Béchir a échappé au mandat d’arrêt international qui avait été lancé à en encontre. Aujourd’hui la question de sa livraison se pose. Depuis son éviction du pouvoir, l’idée est de savoir s’il sera extradé par le pouvoir central de Khartoum ?
AFRIQUE
ÉTHIOPIE – Le Premier ministre poursuit son mandat dans un climat sécuritaire explosif
Abiy Ahmed entame une nouvelle étape à la tête du gouvernement éthiopien après la victoire de son Parti de la prospérité aux élections législatives de juin. Le Premier ministre conserve ainsi les commandes de l’exécutif alors que le pays est confronté à une nouvelle montée des tensions dans plusieurs régions du nord.
Âgé de 50 ans, Abiy Ahmed dirige l’Éthiopie depuis 2018. Sa reconduction intervient dans une période particulièrement délicate, marquée par la reprise des affrontements depuis le 23 septembre dans les régions du Tigré, de l’Afar et de l’Amhara.
Ces nouvelles violences ravivent le spectre du conflit qui avait opposé, entre 2020 et 2022, les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés aux combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). La reprise des tensions fait craindre une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire dans le nord du pays.
Dans ce contexte, les forces armées éthiopiennes ont repris le contrôle de Mékélé, capitale du Tigré, sans affrontements majeurs, avec l’appui de la Force de paix du Tigré, une faction dissidente du TPLF.
La reconduction d’Abiy Ahmed intervient donc alors que son gouvernement doit simultanément consolider son pouvoir politique et gérer une situation sécuritaire particulièrement fragile. La stabilisation du nord du pays devrait figurer parmi les principaux défis de son nouveau mandat.
AFRIQUE
KENYA – Dangote annonce une raffinerie géante et vise l’autosuffisance africaine d’ici 2030
Aliko Dangote veut accélérer la transformation industrielle du continent africain. Le milliardaire nigérian estime que la majorité des pays africains pourraient parvenir à couvrir leurs besoins en produits pétroliers raffinés à l’horizon 2030, à condition de renforcer les capacités de transformation sur le continent.
Cette ambition accompagne le lancement d’un important projet industriel au Kenya. Le groupe Dangote prévoit de construire une raffinerie à Lamu, sur la côte kényane, pour un investissement annoncé de 16 milliards de dollars. La future installation devrait disposer d’une capacité de traitement de 700 000 barils de pétrole par jour et sa construction est annoncée sur une période d’environ 30 mois.
Présent à Nairobi mardi, Aliko Dangote a défendu une stratégie visant à réduire la dépendance de l’Afrique aux importations de carburants raffinés. Pour l’homme d’affaires, la priorité n’est pas nécessairement que chaque pays dispose de sa propre raffinerie, mais que la transformation du pétrole puisse davantage être réalisée sur le sol africain.
« D’ici 2030, la majorité des pays africains seront autosuffisants », a-t-il déclaré, estimant que l’origine géographique du raffinage importe moins que le développement de capacités industrielles à l’échelle du continent.
Le patron nigérian plaide plus largement pour une rupture avec un modèle économique reposant essentiellement sur l’exportation de matières premières. Il considère que l’Afrique doit davantage transformer ses ressources localement afin de capter une plus grande part de la valeur créée avant la commercialisation des produits finis.
Le secteur pétrolier illustre particulièrement cette situation. Alors que le continent produit plusieurs millions de barils de brut chaque jour, ses capacités de raffinage restent insuffisantes pour répondre à l’ensemble de la demande intérieure. Une partie importante des carburants consommés en Afrique doit ainsi encore être importée.
La future raffinerie de Lamu est présentée comme l’un des projets susceptibles de contribuer à réduire cette dépendance. Son implantation fait toutefois l’objet de contestations. Des organisations environnementales, dont Greenpeace, s’inquiètent notamment de l’impact potentiel du projet dans une région connue pour ses écosystèmes et son patrimoine. Des procédures portant sur les questions foncières sont également évoquées.
Aliko Dangote minimise ces oppositions et défend la nécessité de poursuivre les investissements industriels. Il estime que certains obstacles ne doivent pas empêcher le développement de capacités énergétiques dont l’Afrique a besoin pour accompagner sa croissance.
Reste également la question de l’approvisionnement en pétrole brut. Les réserves d’hydrocarbures de l’Afrique de l’Est commencent progressivement à être développées, mais les productions locales du Kenya, de la Tanzanie ou encore du Mozambique ne suffiraient pas, à court terme, à alimenter une installation de cette capacité.
Le groupe Dangote envisage donc de diversifier ses sources d’approvisionnement, notamment en se tournant vers le Moyen-Orient et les États-Unis. Pour le milliardaire nigérian, il serait contre-productif d’attendre que tous les producteurs africains aient atteint leur plein potentiel avant d’investir dans les infrastructures de transformation.
À travers ce projet, Dangote défend ainsi une vision plus large de l’industrialisation africaine, fondée sur la transformation locale des ressources, la sécurisation des approvisionnements énergétiques et la réduction de la dépendance aux importations. L’objectif affiché est de faire progressivement de l’Afrique non seulement un producteur de matières premières, mais aussi un acteur capable de transformer et de commercialiser davantage ses propres ressources.
AFRIQUE
SOUDAN DU SUD – Salva Kiir Mayardit fixe le cap : Priorité aux élections de décembre
Au Soudan du Sud, le président Salva Kiir Mayardit appelle les formations politiques et les différentes parties prenantes à consacrer le dialogue interpartis de Juba aux préparatifs des prochaines élections générales, prévues le 22 décembre 2026.
À l’ouverture officielle de cette rencontre, programmée sur deux semaines, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de préserver le calendrier électoral et d’éviter que les discussions ne se transforment en nouvelles négociations politiques.
Placée sous le thème « Vers des élections pacifiques, inclusives, transparentes et crédibles », la concertation doit permettre aux acteurs concernés d’examiner les principales difficultés liées au scrutin et de rechercher des accords sur les conditions nécessaires à son organisation.
Salva Kiir a notamment appelé les participants à ne pas remettre en cause la trajectoire déjà définie vers les élections. Il souhaite que le dialogue débouche plutôt sur une feuille de route permettant d’achever les différentes étapes du processus électoral dans le respect du cadre juridique en vigueur.
Le président sud-soudanais a rappelé que l’organisation du scrutin repose sur plusieurs dimensions, allant des aspects juridiques et administratifs aux questions logistiques, sécuritaires et politiques. Pour lui, les discussions doivent permettre d’identifier les points de convergence entre les différentes forces politiques et de dégager les mesures susceptibles de favoriser un scrutin pacifique et ordonné.
Le rapporteur du dialogue interpartis, Dr Martin Elia Lomuro, a également défendu l’importance de cette plateforme. Selon lui, elle doit offrir aux acteurs politiques un espace pour examiner les principales préoccupations liées aux élections et rechercher des compromis avant le rendez-vous électoral.
Les participants sont ainsi appelés à travailler sur les questions stratégiques qui pourraient influencer le déroulement du scrutin et à identifier les domaines dans lesquels un consensus est possible.
-
A LA UNE2 semaines .SÉNÉGAL – De Pikine à Londres, SOLMA veut faire défiler le Sénégal sur la scène internationale
-
AFRIQUE3 mois .SOUDAN – Amnesty International alerte sur des crimes de masse et un risque d’escalade au Darfour
-
AFRIQUE3 mois .CAMEROUN – L’absence prolongée de Paul Biya alimente interrogations et tensions politiques
-
AFRIQUE3 mois .KENYA – La montée inquiétante des « goons » à l’approche des élections
-
EUROPE3 mois .FRANCE – Paris : Lancement du Haut conseil de la diplomatie africaine et appel à l’unité des Africains
-
AFRIQUE3 mois .NIGÉRIA – Fortes inondations à Lagos après des pluies torrentielles
-
AFRIQUE3 mois .SOMALIE – AUSSOM fragilisée : Les États-Unis se retirent du financement logistique
-
CULTURE3 mois .CAMEROUN /FRANCE – Fashion Week Haute Couture : Imane Ayissi célèbre l’Afrique dans une collection où tradition et modernité prennent leur envol


