AFRIQUE DE L’OUEST
SENEGAL : Le chanteur engagé Didier Awadi ecrit pour une troisième fois.
Face à la recrusdescence de la violence ces derniers jours dans un contexte politique sapé par la campagne électorale en vue des législatives du 30 juillet prochain, le chanteur Didier Awadi écrit à son frère « fictif » au nom de N’Diaye qui habite au Canada une troisième fois dans une dérision qu’il maîtrise parfaitement pour lui dresser la situation socio-politique toujours inquiétante du pays.
« Circulez y’a rien à voir !
Dakar Le 18 juillet 2017
Mon très cher Ndiaye c’est encore moi, Ndiaye depuis dakar. Comme tu peux le constater je suis persévérant. Tu sais pour moi La famille est essentielle, que dis-je, elle est sacrée. Ton silence m’alarme gravement, cela fait déjà La 3ème lettre que je t’envoie silence radio. Pourquoi ce silence? Répond moi je m’inquiète sur l’état de ta santé, mais quand à moi, je te rassures, Dieu merci tout va bien.
Est ce que tu n’aurais pas reçu mes précédents messages, missives, sms, e-mail, whatssap? as tu changé d’adresse? Moi la mienne n’a pas changé, mon numero non plus. S’il te plaît répond moi waye, mon frère. Ne penses pas que chaque fois que je t’écris c’est juste pour te demander de l’argent. Il y’a des choses plus importantes dans la vie que le materiel mon frère. Mais bref je voulais te donner juste quelques nouvelles du pays c’est tout.
Tu sais que le boy Ali passait son bac. ils ont annulé son épreuve de français il y avait trop de fuites. Les boys avaient déjà reçus les sujets par whatssap. C’est grave le directeur de l’office du bac a presque démissionné, mais il y’a des enquêtes pour savoir qui organise toutes ces fuites. le pire dans cette affaire c’est que ce n’est pas la première fois. Pire, c’est à tous les niveaux, même au palais, quand le président à une rencontre à huis clos on a le rapport exact de tout ce qui s’est dit la minute d’après. On est un pays moderne 2.0. Ici l’information est fluide et file à la vitesse de la lumière. Nioun môme, on commence à s’habituer à ce désordre institutionnel. Tout le monde triche ici. Le tout, c’est de ne pas se faire prendre, sinon faut savoir “lidjeunti”, se débrouiller quoi, et surtout avoir de bonnes relations, et le bras long, a moins de savoir l’allonger(manam le japp ci national) . On est tous des sénégalais…sawaye on se comprend … Le boy était très triste ndeysanne. Mais on a prié pour lui ca vas aller.
N’diaye les français ont élu leur nouveau président. C’est un jeune beau gosse qui a l’air intelligent. mais il y’a un truc bizarre chez ce gars, il y’a un truc qui n’a pas marché. C’est sérieux. Le gars on lui pose une question sur l’Afrique, sa seule réponse, c’est que nous autres africains, la cause de tous nos problèmes, c’est qu’on fait trop de gosses. Notre problème serait civilisationnel… La france vieillissante ose dire qu’on a un problème de démographie. Il me fait rire ce gamin, c’est pas parce que lui ne peut pas, que nous on va s’abstenir. Nos femmes sont jeunes, fraîches, belles et sexy. Et ici wallaye, personne ne doute de notre virilité, ici personne n’épouse sa grand-mère… Je me comprends… N’diaye, tu sais que je ne dis jamais du mal des gens qui ont des orientations sexuelles différentes, et que je les respecte. Mais je crois que ce monsieur a loupé une occasion de fermer sa bouche… je vais rester poli.
« Ces gens nous fatiguent. Plus de 45 listes, j’ai l’impression que tout le monde veut être député au Senegal. Je me demande comment ils vont s’organiser, c’est du grand n’importe quoi. Mais bon je suppose que c’est ça la démocratie. »
Au fait j’espère que vous avez retiré vos cartes d’électeurs au Quebec, ici môme on attend de pied ferme les nôtres, qui arrivent au compte-gouttes. C’est comme si le pouvoir avait peur des votes sanctions. Tu sais temps yi les coupures d’eau ont repris de plus belle. “Les nerfs sont tendus”, et nouveauté à dakar, quand le courant se coupe, dorénavant,ils ne parlent plus de coupure mais de délestage… ou le contraire, va comprendre. Dans tous les cas, il n’y a plus d’électricité pour nous, et quand ca revient ca bousille tout. A ce propos, pense à faire un geste pour ta cotisation à la maison , le frigo a rendu l’âme, cette fois je crois que c’est définitif mon frère. pourtant “on a tout tenté, mais l’irrécupérable s’est produit”…
« C’est très dangereux pour le pouvoir, le cas Khaf. Si il perd, c’est normal il lui ont ôté toute possibilité de battre campagne, il devient un martyr politique présidentiable, par contre, si il les bat depuis sa prison, il devient un héros populaire, et c’est la honte de leur vie. Le mec n’est toujours pas jugé il est donc présumé coupable ou présumé innocent c’est selon »
Ndiaye, l’argent ne circule plus, ou alors, pas de notre côté. C’est chaud frère. On était tous pressé que la campagne législative commence pour profiter de la redistribution de notre argent. Moi je te conseille mon frère, si les politiciens te donnent, prend et bouffe! Quand tu seras dans l’isoloir, vote selon ta conscience. Ces gens nous fatiguent. Plus de 45 listes, j’ai l’impression que tout le monde veut être député au Senegal. Je me demande comment ils vont s’organiser, c’est du grand n’importe quoi. Mais bon je suppose que c’est ça la démocratie. Il y’a même des tocards inconnus dans leurs quartiers qui veulent devenir députés. il y en a qui ne savent ni lire, ni écrire leurs noms, mais ils veulent aller à l’assemblée pour défendre des textes… Mais bon, tout le monde à le droit de s’exprimer. Même les prisonniers politiques comme Khalifa Sall le maire de Dakar depuis sa prison de Rebeuss. C’est très dangereux pour le pouvoir, le cas Khaf. Si il perd, c’est normal il lui ont ôté toute possibilité de battre campagne, il devient un martyr politique présidentiable, par contre, si il les bat depuis sa prison, il devient un héros populaire, et c’est la honte de leur vie. Le mec n’est toujours pas jugé il est donc présumé coupable ou présumé innocent c’est selon… Dans tous les cas ca vas être intéressant de voir comment ils vont se sortir de ce bourbier. C’est la démocratie du plus fort… Moi daal je ne veux pas me mêler de leurs histoires, je veux juste mes sacs de riz, mes t-shirts, mes casquettes, mes tissus, et mon argent. Le reste c’est pas mes oignons. Les gars, tu votes pour eux, ils vont dormir et applaudir à l’assemblée. Au quartier on a un comité d’accueil pour tous les partis et toutes les coalitions à deux balles qui viendront, les femmes du kogn aussi sont déterminées (mais elles, je les connais… c’est surtout pour les tissus et les sacs de riz). Nous daal, on va prendre notre part du gâteau . Rien à foutre! Quand on te prend pour un fou… Fais le fou.
Moi j’attend notre Gorgui national pour qu’il mette l’ambiance, ca vas zouker. Il va nous faire son bon vieux show notre Gorgui , comme d’habitude. Dès qu’il est arrivé rek, il a déclenché les hostilités, de vrais clashs comme un rappeur. On avait sa nostalgie je te promets, même si je crois que ses amis auraient du le préserver. Mais ils ont besoin de lui, ils n’ont pas de star, zéro buzz… À son âge quand même, notre Gorgui il mérite le repos, même si il n’en veut pas… Le pouvoir daal ca doit être nekh…
Toi qui a “fait les bancs,”pourquoi tu ne te présentes pas ? Tu as tes chances billaye . Nous ici on peut tout organiser. Tu sais que j’ai du monde avec moi. La famille de mère Adji Coumba Tacko, et ils sont nombreux, c’est des bambara, tu te rappelle on les appelait les “32 bambaras”, les boys de l’asc aussi, les lutteurs, il suffit juste de m’envoyer un peu d’argent et je les mobilise. Ils me font confiance, et tu peux être sur que je ferais un très bon usage de ton argent. N’écoute pas les jaloux qui veulent nous mélanger… L’argent de ton terrain de diamniadio je l’avais mis dans la valise rouge, j’avais même acheté un cadenas, je l’avais planqué dans la chambre, sous le lit, je te le jure! c’est sûrement les boys Ali là qui l’ont volé, ils sont toujours là à glander au quartier. Aucun ne travaille ils ne vont pas à l’école toujob
urs là: “japp-ci japp-ci” rek. C’est trop facile, en plus ils passent leur temps à boire du thé, draguer toutes les bonnes gos du quartier, de vrais inconscients.
« Ndiaye la violence et l’indiscipline ont encore fait des victimes au stade, c’est inacceptable!!! huit morts (paix à leurs âmes ) et de nombreux blessés. Chacun se rejetant la faute. »
Au fait, Ali a enceinté ta promise, elle est à trois mois de grossesse il paraît. Mais permet moi de te dire que c’est ta faute, si tu m’avais envoyé l’argent on aurait fait le nécessaire et aujourd’hui on serait tranquille, elle serait ta femme. mais tu ne me fais jamais confiance. Moi je suis ton frère, je gère tes intérêts, il faut que tu comprennes que l’erreur est humaine boy. Les cent mille francs de la tontine, j’ai du payer des “plaignants” pour nous épargner la honte à la maison, tôt ou tard je te rembourserais inch Allah. J’ai du juste payer des tissus, les tailleurs, des chaussures, le crédit de la boutique et quelques poulets pour la korite c’est tout.
Bon Ndiaye je pense avoir tout dit, vous là bas vous êtes toujours “busy”, je ne vais pas abuser de ton temps en espérant que cette fois tu feras signe de vie.
S’il te plaît fils, répond si tu reçois ces mots, et n’hésite pas à me communiquer la bonne adresse au cas où je l’aurais mal relevée et donc, que tu n’aurais pas reçu ma lettre. Si par extraordinaire, tu ne la reçois pas par contre, c’est simple, dis le moi et je te la renvoie illico de nouveau , c’est important pour moi frangin, la vie est courte et la famille c’est sacré.
PS: j’ai trouvé un portable enfin…. un nokia 3310 nouvelle édition c’est super, donc fini mes tracas de phone. Dieu merci. sauf que y’a pas whatssap, Facebook, Instagram, twitter, Snapchat donc pas de photo et video que je puisses t’envoyer pour que tu sentes l’ambiance du pays. On me propose une reprise de ce nokia pour la modique somme de 230.000fcfa pour avoir un Motorola presque neuf j’ai pas encore vu l’appareil mais je sais que c’est une bonne marque. Tout geste seras appréciable mon frère. Japp ci rek!
Je pense très fort à toi champion.
PS2 : Ndiaye oublie mon conseil sur ta candidature aux élections législatives. Toi tu es artiste, reste artiste. Même si on t’applaudit pour tes belles chansons d’amour douces, romantiques et langoureuses, très très engagées, reste à ta place. Tu as ici un de tes collègues et pas des moindres le roi du Mbalax, pour ne pas le nommer qui nous a démontré que la course effrénée au pouvoir, ca peut devenir un exercice très périlleux. Il nous a démontré qu’il n’avait pas que des talents de chanteur et qu’au besoin le Senegal pourrait faire appel à lui pour les jeux olympiques. Usain Bolt n’a qu’à bien se tenir au regard du record mondial battu par notre star nationale. Il paraît qu’il a gagné “la babouche d’or” de grand Yoff. Ca m’a fait très mal, on l’a porté, lui le “boss de dakar”, comme un bébé pour fuir les coupe-coupe “37” et éviter les bêtes de briques qu’on appelle “cabas”, Vivement qu’il revienne à la chanson le grand, l’athlétisme c’est dangereux à son âge. Moi je préfère sincèrement quand il chante, c’est le meilleur, il n’a pas besoin de ça… je dis ça, je dis rien. Mon frère cette fois je m’arrête la, je te laisse la mélodie. S’il te plaît répond moi mon frère.
PS3 : Ndiaye la violence et l’indiscipline ont encore fait des victimes au stade, c’est inacceptable!!! huit morts (paix à leurs âmes ) et de nombreux blessés. Chacun se rejetant la faute. Le président a pris la courageuse décision d’interdire toutes les manifestations culturelles et sportives sur l’étendue du territoire national. On a tous applaudi, Il a juste oublié d’ajouter les manifestations politiques. Mais ca se comprend… Il est vrai que nos hommes politiques se sont toujours illustré par la non-violence en période électorale … De vrais modèles de discipline: ils ne battent jamais, ne s’insultent jamais, ne s’invectivent jamais, ils n’ont jamais fait usage de pierres, bâtons, coupe coupe, ou d’armes à feu. Bref des saints, que dis-je des anges… Ndiaye ils sont formidables…
Je m’arrête là, je cours récupérer ma carte avant qu’ils ne ferment.
Bye.
N’diaye depuis Dakar »
Par Didier Awadi chanteur engagé, parmi les plus influents artistes en Afrique de l’Ouest.
AFRIQUE
GAMBIE – Université de Gambie : Des centaines d’étudiants manifestent contre leurs conditions de vie
Des centaines d’étudiants de l’Université de Gambie ont manifesté lundi sur le campus de Kanifing, dans la périphérie de Banjul, pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de vie et les difficultés rencontrées pour accéder aux enseignements. Au cœur de leur colère figurent les insuffisances du transport universitaire, mais aussi le manque d’équipements et les problèmes liés à la restauration.
Les manifestants dénoncent notamment les difficultés de déplacement vers le campus principal de Faraba Banta, situé à environ 56 kilomètres de la capitale gambienne. Selon eux, les trajets peuvent parfois durer plus de quatre heures, en raison d’un service de bus jugé insuffisant et peu fiable.
Pour illustrer cette situation, un étudiant brandissait une pancarte sur laquelle était inscrit : « Le camion est ma seule option ». Cette formule résume, selon les protestataires, les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux étudiants pour rejoindre leurs salles de cours.
Les longues files d’attente observées aux arrêts de bus témoignent de l’ampleur du problème. Six semaines après le début du premier semestre, plusieurs étudiants affirment avoir manqué des cours et des examens importants à cause des défaillances du transport. Ils indiquent que des centaines de leurs camarades se retrouvent régulièrement bloqués sur le campus, faute de moyens de déplacement adaptés.
Au-delà de la mobilité, les revendications concernent également la qualité de l’alimentation proposée aux étudiants et le manque d’infrastructures pédagogiques. Les étudiants en sciences déplorent notamment l’absence de laboratoires adaptés, tandis que ceux qui se forment au journalisme dénoncent le manque de locaux appropriés à leurs besoins.
Les manifestants tiennent les autorités nationales, en particulier les responsables du ministère de l’Enseignement supérieur, pour responsables de cette situation. Ils leur reprochent de ne pas avoir concrétisé les promesses d’amélioration des conditions de vie sur le campus formulées avant la rentrée universitaire.
« Ces problèmes pourraient être évités si les autorités accordaient davantage d’attention au bien-être des étudiants », a déclaré un représentant estudiantin, qui a présenté une liste de revendications destinée à obtenir des mesures concrètes. Son intervention a été accueillie par les applaudissements des manifestants.
La tension est également montée lors de la présence du ministre de l’Information, le Dr Ismaila Ceesay, ancien enseignant universitaire. Hué par les étudiants, il a été contraint de quitter les lieux dans un climat particulièrement tendu. D’autres responsables présents à proximité ont également été pris à partie verbalement, les manifestants leur lançant à plusieurs reprises : « Honte à vous ! »
Le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Pierre Gomez, a pour sa part pris connaissance des doléances exprimées. Il s’est engagé à les examiner afin d’apporter des réponses dans les meilleurs délais.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Loi de finances rectificative 2026 : Le Premier ministre appelle les députés à voter le texte malgré l’opposition de Pastef
Le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 suscite des divergences au sein de la majorité politique sénégalaise. Alors que le Premier ministre, Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo, plaide pour l’adoption du texte afin de faire face aux contraintes budgétaires de l’État, Pastef-Les Patriotes, majoritaire à l’Assemblée nationale, maintient son opposition à la version proposée par le gouvernement.
Lors d’une conférence de presse tenue le dimanche 25 octobre, le chef du gouvernement a justifié la révision budgétaire par la détérioration des finances publiques. Selon les chiffres qu’il a présentés, les recettes de l’État ont diminué de 340 milliards de FCFA, tandis que les dépenses incompressibles ont progressé de 540 milliards de FCFA. Cette augmentation concerne notamment les subventions énergétiques ainsi que les besoins supplémentaires des forces de défense et de sécurité.
Pour rééquilibrer les comptes publics, le projet prévoit une réduction de 555 milliards de FCFA des crédits consacrés aux investissements. Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo assure toutefois qu’il s’agit principalement de projets reportés à l’année suivante. Il explique que certaines opérations ne réunissent pas encore les conditions nécessaires à leur exécution et que les urgences budgétaires imposent de revoir les priorités.
Le Premier ministre a également mis en garde contre les conséquences d’un éventuel rejet du texte. Selon lui, les entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP) risqueraient de rencontrer davantage de difficultés pour reconstituer leur trésorerie, relancer les chantiers suspendus, régler leurs fournisseurs et renouveler leurs équipements. S’adressant aux parlementaires, il a lancé cet avertissement : « Ne punissez pas le peuple ! »
Cette démarche se heurte néanmoins à la position de Pastef-Les Patriotes. Quelques jours auparavant, Ousmane Sonko avait annoncé que sa formation politique ne voterait pas le projet de LFR dans sa version actuelle. Le parti précise ne pas remettre en cause le principe d’une révision budgétaire, mais conteste les arbitrages opérés par l’exécutif, les mécanismes de financement retenus et l’insuffisance des informations communiquées aux députés.
Pastef demande notamment que les investissements publics et les priorités sociales soient préservés. La formation insiste sur les secteurs de la santé, de l’éducation, de la formation professionnelle, de l’accès à l’eau, des infrastructures et de l’industrie. Elle estime également que toute diminution des subventions à l’énergie doit être accompagnée de mesures destinées à limiter les répercussions sur le pouvoir d’achat des ménages et les charges des entreprises.
Le parti réclame par ailleurs des explications détaillées sur les 120 milliards de FCFA annoncés pour le Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP). Il souhaite connaître la provenance de ces ressources, leur affectation et les conséquences du report de certains crédits d’investissement. Parmi ses autres exigences figurent la réduction des dépenses de fonctionnement de l’État, un contrôle renforcé des fonds spéciaux ainsi que la publication de données plus précises sur les déficits prévisionnels et la dette publique.
Sur le calendrier parlementaire, l’examen du projet de loi n° 40/2026, initialement programmé le vendredi 23 octobre à 10 heures, a été reporté au mardi 27 octobre à la même heure. Ce changement a été annoncé dans un communiqué de l’Assemblée nationale daté du 24 octobre et transmis à l’Agence de presse africaine (APA).
De son côté, le gouvernement défend la nécessité de cette révision pour garantir la continuité des services publics, répondre aux besoins des populations et poursuivre les investissements jugés prioritaires. L’exécutif affirme vouloir maintenir la Vision Sénégal 2050 comme référence pour la transformation économique du pays, malgré les contraintes financières.
Le désaccord autour de la LFR intervient dans un contexte de tensions politiques entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Leurs divergences, apparues au grand jour depuis 2025 autour de la conduite de l’action gouvernementale et du leadership politique, ont débouché, selon les éléments rapportés, sur la révocation de Sonko de ses fonctions de Premier ministre le 22 mai 2026. Il avait été nommé à ce poste après l’élection de Bassirou Diomaye Faye en mars 2024. Quatre jours plus tard, le 26 mai, Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale, tandis que Pastef est resté en dehors du nouvel exécutif.
À la veille de l’examen parlementaire prévu le 27 octobre, l’enjeu porte donc autant sur les choix budgétaires que sur la capacité des acteurs politiques à trouver un compromis concernant les dépenses publiques, les investissements et la protection du pouvoir d’achat.
AFRIQUE
MALI – Une frappe de drone fait 13 morts civils, dont six enfants, près de Tombouctou
Treize civils, parmi lesquels six enfants et une femme, auraient été tués dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 octobre lors d’une frappe de drone attribuée à l’armée malienne, près de Lerneb, dans la région de Tombouctou. Selon des informations recoupées par RFI auprès de plusieurs sources locales, l’attaque a également fait plusieurs blessés graves. L’état-major malien n’a, pour l’heure, publié aucune communication sur cette opération.
La frappe aurait visé un campement nomade situé à Laghlaf, dans le cercle de Goundam, à quelques kilomètres de la frontière avec la Mauritanie. D’après les informations recueillies, les tentes de deux familles appartenant à la communauté touareg Izimatene ont été détruites lors de l’attaque.
Des sources locales précisent que l’incident ne se serait pas produit au cours d’une cérémonie de mariage, contrairement à certaines rumeurs diffusées après les faits. Les informations relatives au bilan et aux circonstances de la frappe ont été recoupées auprès de notabilités civiles, de représentants du Front de libération de l’Azawad (FLA) et d’organisations de défense des droits humains, notamment Kal Akal et le Collectif pour la défense des droits du peuple de l’Azawad (CD-DPA).
Tilla Ag Zeini, secrétaire général du CD-DPA, dénonce une nouvelle attaque contre des populations civiles. Selon lui, deux familles ont été tuées alors qu’elles se trouvaient sous leurs tentes. Le responsable associatif estime que la répétition de telles opérations, conjuguée aux accusations d’exactions lors de patrouilles terrestres menées par les forces maliennes et leurs partenaires russes de l’Africa Corps, soulève de graves questions sur la protection des civils.
Le défenseur des droits humains considère que ces faits pourraient constituer de graves violations du droit international humanitaire. Son organisation réclame l’arrêt des opérations susceptibles de mettre en danger les populations civiles ainsi que l’ouverture d’une enquête indépendante pour établir les circonstances exactes de l’attaque et déterminer les responsabilités.
Au Mali, l’armée mène des opérations qu’elle présente comme des actions antiterroristes contre les groupes jihadistes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et l’organisation État islamique, ainsi que contre les rebelles indépendantistes du FLA. Toutefois, plusieurs organisations de défense des droits humains documentent des accusations de violences visant des civils au cours des opérations militaires.
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