AFRIQUE DE L’OUEST
NIGER – Berlin veut des « sanctions » de l’UE contre les auteurs du coup d’Etat
Berlin souhaite des « sanctions » de l’UE contre les auteurs du coup d’Etat au Niger, a affirmé jeudi le ministère allemand des Affaires étrangères sur X (anciennement Twitter).
« Après la suspension de la coopération en matière de développement et de sécurité, nous voulons mettre en place dans l’UE des sanctions contre les putschistes », écrit la diplomatie allemande, dans un tweet, ce jeudi 17 aout 2023.
Ces derniers jours, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, s’est entretenue notamment avec son homologue française Catherine Colonna et le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, à propos du Niger, précise le ministère.
Actuellement en visite au Nigeria, la ministre allemande de la Coopération, Svenja Schulze, a mené « des discussions à Abuja pour voir comment soutenir, le mieux possible, les efforts de Cedeao » (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), écrit-il encore.
« L’Allemagne soutient les efforts africains pour résoudre la crise au Niger », ajoute-t-il.
Les responsables militaires des pays de la Cedeao ont commencé leur réunion jeudi à Accra, au Ghana, pour discuter d’une éventuelle intervention militaire après le coup d’Etat au Niger.
AFRIQUE
TOGO – RSF exige la libération immédiate de deux réalisateurs français détenus à Lomé
La détention de deux réalisateurs français au Togo suscite une vive réaction de Reporters sans frontières (RSF). L’organisation de défense de la liberté de la presse demande leur libération immédiate, estimant que leur arrestation constitue une atteinte aux conditions normales d’exercice du métier de journaliste.
Gaël Mocaër et Sebastian Perez-Pezzani ont été interpellés fin juillet dans le nord du Togo alors qu’ils travaillaient à la réalisation d’un documentaire destiné à une émission de France Télévisions. Les deux professionnels sont depuis détenus à Lomé.
Pour RSF, les deux hommes étaient engagés dans une activité journalistique consistant à recueillir des images et des témoignages sur la vie quotidienne des populations togolaises. L’organisation considère que leur maintien en détention est injustifié et disproportionné au regard de la nature de leur travail. La version des autorités togolaises diffère toutefois. Celles-ci indiquent que l’arrestation s’inscrit dans le cadre d’une procédure judiciaire portant sur les conditions dans lesquelles les deux Français exerçaient leur activité sur le territoire national.
La Haute Autorité de la communication (HAC) a notamment indiqué ne pas avoir été saisie d’une demande d’accréditation pour le tournage. Cette absence d’autorisation constitue l’un des éléments avancés par les autorités dans cette affaire. Le dossier intervient dans un environnement déjà sensible pour les médias étrangers au Togo. Plusieurs difficultés ont récemment affecté les conditions de travail de journalistes et de médias internationaux, tandis que les autorités ont également suspendu les programmes de RFI et de France 24.
Pour RSF, l’affaire Mocaër-Perez-Pezzani dépasse donc le seul sort des deux réalisateurs. Elle pose plus largement la question de l’accès des journalistes étrangers au territoire togolais, de leurs conditions de travail et de la liberté dont ils disposent pour documenter l’actualité. L’organisation appelle ainsi les autorités togolaises à mettre fin rapidement à leur détention et à garantir aux professionnels des médias les conditions nécessaires à l’exercice libre de leur mission d’information.
AFRIQUE
LIBÉRIA – Politique anti-immigration de Trump : Monrovia ouvre ses portes à 1 200 expulsés
Le Liberia s’apprête à accueillir jusqu’à 1 200 personnes expulsées des États-Unis dans le cadre d’un nouvel accord conclu avec Washington. Annoncée mardi par les autorités libériennes, cette mesure s’inscrit dans la stratégie de l’administration de Donald Trump visant à renforcer les expulsions et à lutter contre l’immigration irrégulière.
Le programme doit être déployé progressivement au cours de l’année. Un premier contingent, composé d’une vingtaine de personnes, est attendu jeudi à Monrovia, selon le ministre libérien de l’Information, Jerolinmek Piah.
Les personnes transférées ne seront pas nécessairement originaires du Liberia. Le gouvernement précise que le dispositif pourra concerner des ressortissants de différents pays d’Afrique ainsi que de l’hémisphère occidental, sous réserve notamment qu’ils soient jugés aptes à voyager sur le plan médical.
Cet accord intervient alors que Washington multiplie les arrangements avec des pays étrangers afin de faciliter le transfert de personnes expulsées vers des territoires qui ne sont pas leurs pays d’origine. Plusieurs États africains ont déjà été sollicités dans le cadre de cette politique, dont les modalités ont parfois suscité des interrogations et des critiques de la part des organisations de défense des droits humains.
Le principal sujet de préoccupation concerne le statut juridique de certaines personnes concernées par ces transferts. Des migrants peuvent en effet faire l’objet de décisions judiciaires américaines leur accordant une protection contre un retour dans leur pays d’origine lorsqu’ils risquent d’y être persécutés ou exposés à des menaces graves.
Les autorités libériennes n’ont pas indiqué si certaines des personnes attendues à Monrovia bénéficiaient de telles protections. Le ministre de l’Information a toutefois assuré que les personnes transférées pourraient, si elles le souhaitent, déposer une demande d’asile au Liberia. Elles auraient également la possibilité de quitter le territoire lorsqu’elles le désirent.
Pour Monrovia, l’accord ne se limite pas à l’accueil des personnes expulsées. Les États-Unis doivent également apporter une assistance au Liberia afin de faciliter la mise en œuvre du programme et de renforcer les capacités du pays en matière de gestion des migrations.
Cette coopération intervient dans un contexte où l’administration Trump cherche à durcir considérablement sa politique migratoire. Les expulsions vers des pays tiers constituent l’un des volets de cette stratégie, mais leur mise en œuvre soulève des questions sur les garanties accordées aux personnes concernées et sur la responsabilité des États qui acceptent de les accueillir.
Avec cet accord, le Liberia devient ainsi un nouvel acteur de cette politique américaine d’externalisation des expulsions. Reste désormais à déterminer les conditions précises d’accueil, le statut juridique des personnes transférées et les mécanismes prévus pour garantir leurs droits une fois arrivées sur le territoire libérien.
AFRIQUE
NIGÉRIA – Bola Tinubu lance sa campagne pour un second mandat sous haute tension
La course à la présidence du Nigeria entre officiellement dans une nouvelle phase. La campagne électorale en vue du scrutin du 16 janvier s’ouvre dans un climat particulièrement tendu, marqué par les difficultés économiques, l’insécurité persistante et une opposition qui peine à présenter un front uni face au président sortant Bola Tinubu.
Candidat à sa propre succession, le chef de l’État doit affronter 18 concurrents. Dans les faits, la bataille devrait surtout se concentrer autour de trois figures : Bola Tinubu, l’ancien vice-président Atiku Abubakar et Peter Obi, ex-gouverneur et candidat particulièrement suivi par une partie de la jeunesse nigériane.
Depuis son accession à la présidence en 2023, Tinubu a engagé une série de réformes économiques destinées à redresser les finances du pays. La suppression des subventions sur les carburants et la réforme du régime de change du naira figurent parmi les mesures les plus emblématiques de son mandat.
Ces décisions ont été favorablement accueillies par une partie des milieux économiques et des investisseurs, mais leur coût social pèse lourdement sur la population. La dépréciation de la monnaie nationale et l’augmentation du coût de la vie ont accentué les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux Nigérians. Inflation, chômage, pauvreté et insécurité constituent désormais les principaux sujets de préoccupation à l’approche du scrutin.
Le président sortant peut toutefois compter sur un avantage politique majeur : l’éparpillement de ses adversaires. La coalition constituée en 2025 dans le but de construire une alternative à Tinubu n’a pas résisté aux rivalités internes et s’est désintégrée avant même le lancement officiel de la campagne.
Cette fragmentation réduit les possibilités d’une candidature unique capable de concentrer le vote anti-Tinubu. Atiku Abubakar et Peter Obi devront donc chacun mobiliser leurs propres bases électorales dans une compétition où le président sortant dispose déjà d’un appareil politique particulièrement puissant.
Depuis son arrivée au pouvoir, Bola Tinubu a en effet renforcé son influence sur la scène politique nationale. Plusieurs responsables issus de l’opposition ont rejoint son camp, tandis que son parti, le Congrès des progressistes, contrôle désormais 31 des 36 États du pays à travers leurs gouverneurs.
Cette domination territoriale nourrit les interrogations sur l’évolution du paysage politique nigérian. Pour ses détracteurs, la concentration progressive du pouvoir autour du camp présidentiel risque d’affaiblir davantage le pluralisme politique et de rapprocher le Nigeria d’un système dominé par une seule formation.
Le scrutin s’annonce donc comme un test majeur pour la démocratie nigériane. Au-delà de la personnalité du prochain président, les électeurs devront se prononcer sur le bilan économique de Bola Tinubu, l’impact de ses réformes et sa capacité à répondre aux préoccupations sociales et sécuritaires d’un pays de plus de 200 millions d’habitants.
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