CULTURE
MAURITANIE – Authentique BD, plus qu’un phénomène de chiffres
Du 18 au 20 juillet 2025, Blois accueille la 9e édition du FIGAS – le Festival International de la Gastronomie, des Arts et de la Scène. Pour ce festival porté par l’association Afrik’Consult, il y a Authentique BD, le jeune rappeur mauritanien le plus doué de sa génération.
La Mauritanie est un ensemble de villes rares et dépeuplées, des dromadaires, des minerais, un désert à perte de vue et une température moyenne de 40 degrés. Mais, ce pays n’est pas que ça : elle regorge d’artistes talentueux au nombre desquelles on peut citer un rappeur hors-pair, authentique. Il s’agit d’Authentique BD. Authentique BD, en plus d’être un phénomène de chiffres (plusieurs millions de streams), c’est une belle voix. Né Nouakchott, Authentique BD porte en lui l’énergie et la force d’un peuple. Aujourd’hui, il est parvenu à transformer la poussière chaude de la Mauritanie en or sonore. Avec Authentique BD, c’est le passage du rêve à la réalité sans jamais rompre le lien avec sa communauté. Il raconte sans fard, micro tendu comme un stéthoscope sur les battements de son époque. Depuis ses débuts, il avait promis : sortir le rap mauritanien de l’ordinaire. Promesse tenue. Et même, dépassée. Comme quand on écoute son dernier EP.
Un EP qui adoucit la chaleur de Nouakchott
Son dernier EP, sorti le 16 février 2025, semble avoir tenu toutes ses promesses. Ce sont six titres, tous des coups de cœur. Sur plusieurs de ses chansons, on peut entendre des voix comme celles de Roi Hems, Nino OG, Albert King Einstein… Autant de voix montantes d’une génération africaine qui ne veut plus baisser la voix. Les beats, eux, sont signés par Monzbeat, Baze FG, ou encore 808 Ghost. Ils alternent entre nappes atmosphériques et percussions sèches, entre introspection et appel à la révolte. Sur le titre “YEED”, Authentique BD mord, raille, dénonce. Il ne s’épargne pas. Autant dire qu’il ne ménage pas les autres.
Une parole politique, une plume sociale
Les actions d’Authentique BD ne se limitent pas qu’à la musique. Tout doucement, il se bâtit une certaine notoriété. En février 2025, il est nommé ambassadeur de l’ONG World Vision International. Quelques jours plus tard, il sort “Mi Wawa”, une véritable attaque en règle contre le système des castes qui gangrène la société mauritanienne. Le clip, réalisé comme un documentaire, met en scène l’histoire d’un amour interdit, sabordé par les carcans sociaux. On y retrouve Djame et Tyfa Guissè, stars de la série populaire Djame et Fatoumata, qui incarnent avec justesse la détresse de cette jeunesse piégée entre traditions et aspirations. “Mi Wawa” dénonce, interroge, bouscule, mais surtout bouleverse.
CULTURE
SÉNÉGAL – PBS célèbre 37 ans de carrière avec un concert exceptionnel à Dakar
Le groupe emblématique du hip-hop sénégalais Positive Black Soul (PBS), formé par Didier Awadi et Duggy Tee, a célébré ses 37 ans de carrière lors d’une conférence de presse organisée le mercredi 22 juillet au Grand Théâtre national de Dakar.
Cette rencontre avec les médias a été l’occasion pour les deux artistes de revenir sur leur parcours, mais aussi de présenter le programme des festivités prévues pour marquer cet anniversaire symbolique.
Point central de cette célébration : un concert exceptionnel annoncé pour le samedi 8 août 2026 dans la grande salle du Grand Théâtre. Cet événement inédit promet de retracer l’histoire du groupe, considéré comme un pionnier du rap africain, et de réunir plusieurs générations de fans autour de leur répertoire engagé.
CINÉMA
RD CONGO – Kinshasa célèbre le cinéma africain avec la 13e édition du FICKIN
Le Festival international du film de Kinshasa (FICKIN) a lancé sa 13e édition dans la capitale de la République démocratique du Congo, confirmant son ambition de promouvoir le cinéma africain et de valoriser les récits portés par les créateurs du continent.
Pendant cinq jours, près d’une cinquantaine de films — longs, moyens et courts métrages — issus d’une dizaine de pays sont projetés, offrant au public une diversité d’œuvres et de regards. Au-delà des projections, le festival propose également des ateliers, des master classes et des espaces de débat.
Pour son fondateur et directeur, Tshoper Kabambi, l’essence même de l’événement reste inchangée : favoriser les échanges entre professionnels du cinéma et passionnés. Il souligne que le festival se veut avant tout un lieu de rencontre, de partage et de transmission.
Parmi les œuvres présentées figure Simon et Amos, un long métrage réalisé par Riphin Kalala. Inspiré de l’histoire biblique de Joseph, le film aborde des thématiques universelles telles que l’esclavage, le pardon et le vivre-ensemble. Le réalisateur évoque avec émotion l’accueil réservé à son œuvre, comparant cette expérience à celle d’un parent voyant son enfant grandir et être reconnu.
Le FICKIN représente également une source d’inspiration pour les artistes locaux. L’actrice Précieuse Lumengo, habituée de l’événement, souligne l’impact des projections sur sa motivation et son engagement artistique. Selon elle, découvrir les créations d’autres cinéastes renforce l’envie de progresser et d’atteindre de nouveaux sommets.
Au fil des éditions, le festival s’impose ainsi comme une plateforme incontournable du paysage culturel congolais, alliant diffusion d’œuvres, formation et réflexion autour des enjeux du cinéma africain.
CULTURE
TUNISIE – Le Festival de jazz de Tabarka renaît après six ans d’absence
Après plusieurs années d’interruption, le Festival de jazz de Tabarka signe son grand retour en Tunisie. Suspendu pendant six ans en raison de difficultés économiques, cet événement emblématique retrouve sa place dans le paysage culturel et touristique du pays.
Parmi les artistes présents, Dee Dee Bridgewater s’est dite particulièrement enthousiaste de participer à cette nouvelle édition, saluant la relance d’un festival historique qui a marqué des générations de mélomanes.
Située entre mer et montagne, la ville de Tabarka espère tirer profit de ce renouveau. Le festival constitue en effet un levier stratégique pour relancer l’attractivité touristique de la région, attirant des visiteurs venus de divers horizons.
Les autorités tunisiennes du tourisme se félicitent de cette reprise. Pour elles, la renaissance du festival représente une opportunité de dynamiser l’économie locale et de redonner de la visibilité à une destination reconnue pour son patrimoine culturel et naturel.
Au-delà des concerts, l’événement sert également de vitrine pour les activités économiques locales. Expositions, artisanat et commerces bénéficient de l’afflux de visiteurs, offrant un souffle nouveau à une ville affectée par la conjoncture économique.
Les acteurs locaux espèrent désormais inscrire ce retour dans la durée. Lancé il y a plus d’un demi-siècle, le Festival de jazz de Tabarka demeure un symbole fort de la scène culturelle tunisienne et un moteur essentiel pour l’économie régionale.
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