CULTURE
Échange Inspirant à la Librairie Plume du Monde – Magazine Sénégal Njaay – Senegal-njaay.com
Dans l’atmosphère chaleureuse de la Librairie Plume du Monde malgré le ramadan, une discussion entre Zoubida, auteure du livre « Conversations Féminines », et Ramatoulaye, animatrice de la rencontre, a révélé la profonde influence de la lecture sur la vie et la pensée des individus.
Zoubida Fall, non seulement auteure mais également fervente lectrice, a partagé ses réflexions sur la façon dont la lecture a façonné son identité et élargi ses horizons. Pour elle, la lecture va bien au-delà d’une simple activité ; c’est une fenêtre vers l’inconnu, une invitation à rêver et à explorer des réalités alternatives.
En tant que femme née dans un environnement où les aspirations sont souvent limitées par des normes restrictives, Zoubida a souligné l’importance vitale de la lecture dans son parcours. « On ne nous apprend pas à rêver, à nous projeter, à oser autre chose, à sortir du moule », a-t-elle expliqué. La lecture lui a offert une échappatoire, lui permettant d’imaginer des possibilités au-delà des conventions sociales.
Son propre livre, « Conversations Féminines », est le fruit de cette exploration personnelle et intellectuelle. À travers ces discussions, Zoubida offre aux lecteurs une invitation à repenser les normes de genre et à envisager de nouvelles perspectives sur la féminité.
Malgré son propre amour pour la lecture, Zoubida a humblement admis ne pas être une experte en citation d’auteurs ou de titres de livres. Pour elle, ce qui compte avant tout, c’est le voyage intérieur que procure la lecture, cette sensation unique d’être transportée dans un autre univers, de vivre aux côtés des personnages, et de revenir à la réalité.

Photo : Pape Michel Mendy
Ramatoulaye : Tu es reconnue pour être une grande lectrice. Comment la lecture a-t-elle contribué à façonner ta personnalité ?
Zoubida : La lecture m’a permis de rêver, surtout dans un pays comme le nôtre où l’on ne nous encourage pas à imaginer, à aspirer à autre chose, à briser les conventions. Dès que l’on découvre le monde de la lecture, on réalise qu’il existe d’autres possibilités. Personnellement, mon histoire est un peu particulière car, du fait de mes origines, j’ai toujours su que l’ailleurs était envisageable.
Voyager, changer de point de vue, explorer d’autres horizons… mais tout cela ne nous est pas enseigné. Les livres, en réalité, nous ouvrent les yeux sur le fait que d’autres voies sont envisageables. On nous dit qu’il faut suivre un chemin précis, alors qu’en réalité, il existe des milliers d’autres chemins empruntés par d’autres personnes. Ce n’est ni bon ni mauvais en soi, c’est simplement une autre perspective, une autre manière d’aborder les choses.
Cependant, je n’ai jamais lu dans le but d’acquérir des connaissances. Je lis avant tout par plaisir. Je ne suis pas du genre à citer des auteurs ou des titres de livres. J’admire toujours ceux qui peuvent le faire facilement. Pour moi, l’essentiel est de m’immerger dans un livre et de ressentir ce plaisir intense lorsque je suis plongée dans son univers, lorsque je vis aux côtés de ses personnages. C’est un moment où le monde extérieur disparaît, où je suis complètement absorbée par l’histoire. Et lorsque je referme le livre, je reviens à la réalité avec une sensation de satisfaction. La lecture m’a appris à rêver, et cela n’a pas de prix.
Cette conversation entre Zoubida et Ramatoulaye illustre parfaitement la puissance de la lecture à façonner nos pensées et nos perceptions du monde qui nous entoure. Dans un monde en perpétuelle évolution, les livres demeurent des alliés précieux, des compagnons fidèles sur le chemin de la découverte de soi et de la compréhension du monde qui nous entoure. Et c’est dans des échanges comme celui-ci que l’on réalise pleinement la magie et la richesse de l’univers littéraire.
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CULTURE
SÉNÉGAL – PBS célèbre 37 ans de carrière avec un concert exceptionnel à Dakar
Le groupe emblématique du hip-hop sénégalais Positive Black Soul (PBS), formé par Didier Awadi et Duggy Tee, a célébré ses 37 ans de carrière lors d’une conférence de presse organisée le mercredi 22 juillet au Grand Théâtre national de Dakar.
Cette rencontre avec les médias a été l’occasion pour les deux artistes de revenir sur leur parcours, mais aussi de présenter le programme des festivités prévues pour marquer cet anniversaire symbolique.
Point central de cette célébration : un concert exceptionnel annoncé pour le samedi 8 août 2026 dans la grande salle du Grand Théâtre. Cet événement inédit promet de retracer l’histoire du groupe, considéré comme un pionnier du rap africain, et de réunir plusieurs générations de fans autour de leur répertoire engagé.
CINÉMA
RD CONGO – Kinshasa célèbre le cinéma africain avec la 13e édition du FICKIN
Le Festival international du film de Kinshasa (FICKIN) a lancé sa 13e édition dans la capitale de la République démocratique du Congo, confirmant son ambition de promouvoir le cinéma africain et de valoriser les récits portés par les créateurs du continent.
Pendant cinq jours, près d’une cinquantaine de films — longs, moyens et courts métrages — issus d’une dizaine de pays sont projetés, offrant au public une diversité d’œuvres et de regards. Au-delà des projections, le festival propose également des ateliers, des master classes et des espaces de débat.
Pour son fondateur et directeur, Tshoper Kabambi, l’essence même de l’événement reste inchangée : favoriser les échanges entre professionnels du cinéma et passionnés. Il souligne que le festival se veut avant tout un lieu de rencontre, de partage et de transmission.
Parmi les œuvres présentées figure Simon et Amos, un long métrage réalisé par Riphin Kalala. Inspiré de l’histoire biblique de Joseph, le film aborde des thématiques universelles telles que l’esclavage, le pardon et le vivre-ensemble. Le réalisateur évoque avec émotion l’accueil réservé à son œuvre, comparant cette expérience à celle d’un parent voyant son enfant grandir et être reconnu.
Le FICKIN représente également une source d’inspiration pour les artistes locaux. L’actrice Précieuse Lumengo, habituée de l’événement, souligne l’impact des projections sur sa motivation et son engagement artistique. Selon elle, découvrir les créations d’autres cinéastes renforce l’envie de progresser et d’atteindre de nouveaux sommets.
Au fil des éditions, le festival s’impose ainsi comme une plateforme incontournable du paysage culturel congolais, alliant diffusion d’œuvres, formation et réflexion autour des enjeux du cinéma africain.
CULTURE
TUNISIE – Le Festival de jazz de Tabarka renaît après six ans d’absence
Après plusieurs années d’interruption, le Festival de jazz de Tabarka signe son grand retour en Tunisie. Suspendu pendant six ans en raison de difficultés économiques, cet événement emblématique retrouve sa place dans le paysage culturel et touristique du pays.
Parmi les artistes présents, Dee Dee Bridgewater s’est dite particulièrement enthousiaste de participer à cette nouvelle édition, saluant la relance d’un festival historique qui a marqué des générations de mélomanes.
Située entre mer et montagne, la ville de Tabarka espère tirer profit de ce renouveau. Le festival constitue en effet un levier stratégique pour relancer l’attractivité touristique de la région, attirant des visiteurs venus de divers horizons.
Les autorités tunisiennes du tourisme se félicitent de cette reprise. Pour elles, la renaissance du festival représente une opportunité de dynamiser l’économie locale et de redonner de la visibilité à une destination reconnue pour son patrimoine culturel et naturel.
Au-delà des concerts, l’événement sert également de vitrine pour les activités économiques locales. Expositions, artisanat et commerces bénéficient de l’afflux de visiteurs, offrant un souffle nouveau à une ville affectée par la conjoncture économique.
Les acteurs locaux espèrent désormais inscrire ce retour dans la durée. Lancé il y a plus d’un demi-siècle, le Festival de jazz de Tabarka demeure un symbole fort de la scène culturelle tunisienne et un moteur essentiel pour l’économie régionale.
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