AFRIQUE DE L’EST
SOUDAN : Le gouvernement veut un retour de la paix.
L’espoir semble renaître pour la population soudanaise. Les pourparlers vont reprendre ce lundi 14 octobre 2019 entre les autorités de Khartoum et les groupes armés à Juba, capitale du Soudan du sud. Une paix qu’attendent des milliers de déplacés soudanais victimes de la furie des groupes armés.
Le chef rebelle Abdulaziz Al-Hilu, à la tête du mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM-N), actif dans les régions du Nil Bleu et du Kordofan-Sud, va assister à cette rencontre. De la même manière, des autorités étrangères influentes à l’instar du premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, récompensé du Prix Nobel de la Paix ce mois d’octobre, du président de l’Ouganda Yoweri Museveni et du chef d’État kenyan Uhuru Kenyatta seront présentes à ce rendez-vous important visant le retour de la paix au Soudan du Sud.
Le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, qui a pris fonction depuis le 21 août 2019, compte mettre un terme à ce conflit entre Khartoum et les groupes armés dans son pays, conflit responsable de la mort de plus d’une centaine de milliers de soudanais.
AFRIQUE
TANZANIE – Le vice-président Emmanuel Nchimbi exclu du parti au pouvoir après sa démission
La crise au sommet du pouvoir tanzanien prend une nouvelle dimension. Le Chama cha Mapinduzi (CCM), parti au pouvoir, a annoncé mercredi soir l’exclusion de son vice-président Emmanuel Nchimbi, quelques jours après l’annonce de sa démission de ses fonctions gouvernementales.
La décision a été prise au nom de la discipline interne du parti. La secrétaire générale du CCM, Asha-Rose Migiro, a expliqué devant la presse qu’Emmanuel Nchimbi avait été sanctionné pour « indiscipline ». Cette exclusion intervient alors que le responsable doit officiellement quitter son poste de vice-président le 4 septembre.
Lors de la même réunion, la formation au pouvoir a désigné Deogratius Ndejembi, actuel ministre de l’Énergie, pour occuper la fonction de vice-président aux côtés de la présidente Samia Suluhu Hassan. Cette nomination marque donc une recomposition rapide de l’exécutif tanzanien.
Emmanuel Nchimbi avait annoncé sa démission en affirmant vouloir rester un « bon citoyen » de la Tanzanie. Son départ a toutefois suscité de nombreuses interrogations dans un pays où la stabilité politique constitue depuis longtemps un élément central du discours du CCM, formation qui a dominé la vie politique nationale pendant des décennies.
Plusieurs analystes considèrent que cette démission pourrait traduire l’existence de divergences au sein du pouvoir. Selon ces analyses, les désaccords pourraient notamment concerner certaines orientations de gouvernance ainsi que la réponse des autorités aux violences ayant accompagné et suivi les dernières élections.
Le contexte politique reste particulièrement sensible depuis le scrutin du 29 octobre. La présidentielle avait été fortement contestée, notamment après l’exclusion de plusieurs figures majeures de l’opposition. Des manifestations avaient éclaté dans plusieurs régions du pays, entraînant une intervention massive des forces de sécurité.
La répression qui a suivi continue de faire l’objet de controverses. Une commission d’enquête mise en place par le gouvernement avait évalué à au moins 518 le nombre de personnes tuées lors des violences, selon un rapport publié en avril. L’opposition avance pour sa part un bilan largement supérieur, dépassant les 2 000 morts.
AFRIQUE
ÉTHIOPIE – À Addis-Abeba, les forces Soudanaises rejettent l’initiative de dialogue de Burhan
La recherche d’une issue politique à la guerre au Soudan continue de se heurter à de profondes divergences. Réunis ce week-end à Addis-Abeba, en Éthiopie, plusieurs partis politiques, mouvements d’opposition et organisations de la société civile soudanaise ont affiché leur opposition à la proposition de dialogue national portée par le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhan.
Les participants à cette rencontre ont notamment rassemblé des représentants du parti du Congrès national, du mouvement Umma, de la coalition civile Summud ainsi que plusieurs acteurs de la société civile engagés contre la poursuite du conflit. Dans une déclaration commune, ils ont estimé que le processus proposé par le pouvoir militaire ne constituait pas une véritable voie vers une résolution durable de la crise.
Selon les signataires, l’initiative défendue par Abdel Fattah al-Burhan risquerait surtout de renforcer la légitimité politique du chef de l’armée, arrivé au pouvoir à la faveur du coup d’État de 2021. Ils redoutent également que cette démarche ne contribue à installer durablement une division du territoire soudanais, alors que le pays est ravagé par les affrontements entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) dirigées par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ».
L’absence des FSR lors de la réunion d’Addis-Abeba illustre toutefois la difficulté de réunir l’ensemble des protagonistes autour d’une même table. Malgré cette configuration, les participants ont voulu présenter leur initiative comme une alternative politique au processus défendu par les autorités militaires.
À l’issue de leurs discussions, les acteurs soudanais ont adopté une feuille de route articulée autour de trois priorités. La première consiste à instaurer rapidement un corridor humanitaire afin de faciliter l’acheminement de l’aide aux populations prises au piège du conflit. La deuxième vise l’obtention d’un cessez-le-feu permanent permettant de mettre un terme aux combats. La troisième prévoit la mise en place d’une gouvernance issue de la société civile, avec l’objectif de redonner aux acteurs civils un rôle central dans la transition politique.
Alors que la guerre continue de provoquer une crise humanitaire majeure et de fragiliser davantage l’unité du Soudan, les participants à la rencontre d’Addis-Abeba veulent ainsi replacer la question d’une transition civile au cœur des efforts de paix. Reste désormais à savoir si cette initiative pourra trouver un écho auprès des principaux acteurs militaires et contribuer à rapprocher des positions profondément antagonistes.
AFRIQUE
TANZANIE – Un journal suspendu six mois après un article sur les tensions au sommet de l’État
Le gouvernement tanzanien a décidé de suspendre pour six mois les activités de Mwanahalisi, un hebdomadaire connu pour ses positions critiques à l’égard du pouvoir. La décision, prise par le ministère de l’Information, s’applique immédiatement à la fois à la version imprimée et aux contenus numériques du journal.
Les autorités reprochent à la publication plusieurs violations présumées de la législation encadrant les médias. La sanction intervient notamment après la parution d’un article consacré à de supposées tensions au sein du sommet de l’État.
Dans cette publication, Mwanahalisi affirmait, en s’appuyant sur des sources anonymes, que le vice-président Emmanuel Nchimbi aurait refusé de quitter ses fonctions malgré des pressions provenant du parti au pouvoir. Le journal faisait également état de désaccords présumés entre le vice-président et la présidente Samia Suluhu Hassan.
Les autorités tanzaniennes considèrent ces informations comme suffisamment graves pour justifier une suspension de six mois. Le Département des services d’information a confirmé la mesure dans un communiqué diffusé en swahili, sans que les autorités ne fournissent davantage de précisions sur les éventuelles autres infractions reprochées au média.
Cette décision intervient dans un contexte politique particulièrement sensible en Tanzanie. Le pays reste marqué par les violences qui ont accompagné les troubles électoraux de l’année précédente, au cours desquels plusieurs centaines de personnes auraient été tuées.
La suspension de Mwanahalisi ravive ainsi les inquiétudes concernant l’espace accordé aux médias indépendants et aux voix critiques. Le journal figure depuis longtemps parmi les publications tanzaniennes les plus critiques envers le gouvernement, ce qui en fait une cible particulièrement surveillée par les autorités.
Des observateurs internationaux ont parallèlement exprimé ces derniers mois leurs préoccupations concernant l’évolution des libertés civiles et politiques en Tanzanie. La nouvelle sanction pourrait donc relancer le débat sur les conditions dans lesquelles les médias peuvent exercer leur mission dans le pays.
Pour ses défenseurs, Mwanahalisi joue un rôle important dans le débat public en relayant des informations et des analyses parfois absentes des canaux officiels. Pour le gouvernement, en revanche, les médias restent tenus de respecter strictement les dispositions légales encadrant leur activité.
La suspension de l’hebdomadaire marque en tout cas un nouveau bras de fer entre les autorités et un média régulièrement critique. Pendant six mois, Mwanahalisi devra cesser ses publications, laissant planer de nouvelles interrogations sur l’avenir de la liberté de la presse et du pluralisme médiatique en Tanzanie.
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