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AFRIQUE DE L’EST

SOUDAN : La rue exige un gouvernement civil.

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Les Soudanais continuent de manifester massivement pour exiger, entre autres, une passation rapide du pouvoir à un gouvernement civil. Malgré le fait que le samedi 13 avril, le nouvel homme fort du pays, le général Burhane, se soit engagé à «éliminer les racines » du régime d’Omar el-Béchir.

Au nombre des demandes présentées aux militaires par une délégation de dix représentants des protestataires figure également la restructuration du puissant service de renseignement (NISS), acteur ces quatre derniers mois de la répression de la contestation, qui a fait des dizaines de morts.

Rappelons qu’après plusieurs mois de contestation populaire, le président du Soudan Omar el Béchir, au pouvoir depuis 19899, a été destitué le 11 avril dernier par un coup d’Etat de l’armée et remplacé par un « conseil militaire de transition » pour deux ans. Des milliers de manifestants ont défié le couvre-feu, jeudi soir, et réclamé « un conseil civil ».

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AFRIQUE

ÉTHIOPIE – À Addis-Abeba, les forces Soudanaises rejettent l’initiative de dialogue de Burhan

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La recherche d’une issue politique à la guerre au Soudan continue de se heurter à de profondes divergences. Réunis ce week-end à Addis-Abeba, en Éthiopie, plusieurs partis politiques, mouvements d’opposition et organisations de la société civile soudanaise ont affiché leur opposition à la proposition de dialogue national portée par le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhan.

Les participants à cette rencontre ont notamment rassemblé des représentants du parti du Congrès national, du mouvement Umma, de la coalition civile Summud ainsi que plusieurs acteurs de la société civile engagés contre la poursuite du conflit. Dans une déclaration commune, ils ont estimé que le processus proposé par le pouvoir militaire ne constituait pas une véritable voie vers une résolution durable de la crise.

Selon les signataires, l’initiative défendue par Abdel Fattah al-Burhan risquerait surtout de renforcer la légitimité politique du chef de l’armée, arrivé au pouvoir à la faveur du coup d’État de 2021. Ils redoutent également que cette démarche ne contribue à installer durablement une division du territoire soudanais, alors que le pays est ravagé par les affrontements entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) dirigées par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ».

L’absence des FSR lors de la réunion d’Addis-Abeba illustre toutefois la difficulté de réunir l’ensemble des protagonistes autour d’une même table. Malgré cette configuration, les participants ont voulu présenter leur initiative comme une alternative politique au processus défendu par les autorités militaires.

À l’issue de leurs discussions, les acteurs soudanais ont adopté une feuille de route articulée autour de trois priorités. La première consiste à instaurer rapidement un corridor humanitaire afin de faciliter l’acheminement de l’aide aux populations prises au piège du conflit. La deuxième vise l’obtention d’un cessez-le-feu permanent permettant de mettre un terme aux combats. La troisième prévoit la mise en place d’une gouvernance issue de la société civile, avec l’objectif de redonner aux acteurs civils un rôle central dans la transition politique.

Alors que la guerre continue de provoquer une crise humanitaire majeure et de fragiliser davantage l’unité du Soudan, les participants à la rencontre d’Addis-Abeba veulent ainsi replacer la question d’une transition civile au cœur des efforts de paix. Reste désormais à savoir si cette initiative pourra trouver un écho auprès des principaux acteurs militaires et contribuer à rapprocher des positions profondément antagonistes.

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AFRIQUE

TANZANIE – Un journal suspendu six mois après un article sur les tensions au sommet de l’État

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Le gouvernement tanzanien a décidé de suspendre pour six mois les activités de Mwanahalisi, un hebdomadaire connu pour ses positions critiques à l’égard du pouvoir. La décision, prise par le ministère de l’Information, s’applique immédiatement à la fois à la version imprimée et aux contenus numériques du journal.

Les autorités reprochent à la publication plusieurs violations présumées de la législation encadrant les médias. La sanction intervient notamment après la parution d’un article consacré à de supposées tensions au sein du sommet de l’État.

Dans cette publication, Mwanahalisi affirmait, en s’appuyant sur des sources anonymes, que le vice-président Emmanuel Nchimbi aurait refusé de quitter ses fonctions malgré des pressions provenant du parti au pouvoir. Le journal faisait également état de désaccords présumés entre le vice-président et la présidente Samia Suluhu Hassan.

Les autorités tanzaniennes considèrent ces informations comme suffisamment graves pour justifier une suspension de six mois. Le Département des services d’information a confirmé la mesure dans un communiqué diffusé en swahili, sans que les autorités ne fournissent davantage de précisions sur les éventuelles autres infractions reprochées au média.

Cette décision intervient dans un contexte politique particulièrement sensible en Tanzanie. Le pays reste marqué par les violences qui ont accompagné les troubles électoraux de l’année précédente, au cours desquels plusieurs centaines de personnes auraient été tuées.

La suspension de Mwanahalisi ravive ainsi les inquiétudes concernant l’espace accordé aux médias indépendants et aux voix critiques. Le journal figure depuis longtemps parmi les publications tanzaniennes les plus critiques envers le gouvernement, ce qui en fait une cible particulièrement surveillée par les autorités.

Des observateurs internationaux ont parallèlement exprimé ces derniers mois leurs préoccupations concernant l’évolution des libertés civiles et politiques en Tanzanie. La nouvelle sanction pourrait donc relancer le débat sur les conditions dans lesquelles les médias peuvent exercer leur mission dans le pays.

Pour ses défenseurs, Mwanahalisi joue un rôle important dans le débat public en relayant des informations et des analyses parfois absentes des canaux officiels. Pour le gouvernement, en revanche, les médias restent tenus de respecter strictement les dispositions légales encadrant leur activité.

La suspension de l’hebdomadaire marque en tout cas un nouveau bras de fer entre les autorités et un média régulièrement critique. Pendant six mois, Mwanahalisi devra cesser ses publications, laissant planer de nouvelles interrogations sur l’avenir de la liberté de la presse et du pluralisme médiatique en Tanzanie.

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AFRIQUE

SOUDAN – À Khartoum, le retour à l’école comme premier signe d’un nouveau départ

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À Khartoum, le retour progressif des élèves dans les établissements scolaires donne un premier aperçu d’une capitale qui tente de renouer avec une vie normale après des années de conflit. Dans certaines zones où la situation sécuritaire s’est améliorée, des familles déplacées commencent à regagner leurs quartiers et à inscrire de nouveau leurs enfants à l’école.

Mais derrière cette reprise se profile un immense chantier. Le système éducatif soudanais a été profondément déstabilisé par la guerre. De nombreux établissements de la capitale ont été endommagés ou détruits, tandis que les écoles encore opérationnelles doivent composer avec des effectifs importants, des équipements insuffisants et un déficit d’enseignants.

Dans les salles de classe, les conséquences du conflit sont également visibles sur les élèves. Une partie d’entre eux a été déplacée pendant plusieurs années, certains ayant trouvé refuge dans d’autres régions du pays ou dans les États voisins. Les enseignants doivent ainsi rattraper les retards scolaires tout en accompagnant des enfants confrontés aux traumatismes liés à la guerre.

Pour les responsables d’établissements, l’enjeu dépasse largement la simple reprise des cours. Il s’agit de reconstruire progressivement les conditions permettant aux élèves de retrouver leurs repères, leur capacité de concentration et leur confiance dans l’avenir.

Les familles, elles aussi, doivent relever d’importants défis. Après plusieurs déplacements successifs, de nombreux parents disposent de ressources limitées pour financer les frais de transport, les uniformes, les fournitures et les manuels scolaires. Le retour à l’école représente donc une nouvelle charge financière pour des foyers qui peinent encore à se remettre des conséquences économiques du conflit.

Pourtant, cette rentrée conserve une forte dimension symbolique. Pour les familles revenues à Khartoum, permettre aux enfants de retrouver leurs camarades et leurs enseignants constitue une manière de reconstruire un quotidien bouleversé par la guerre et de préparer l’après-conflit.

Depuis avril 2023, les combats opposant les Forces armées soudanaises aux Forces de soutien rapide ont provoqué une catastrophe humanitaire majeure. Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et des millions d’autres contraintes de quitter leur domicile, à l’intérieur du pays ou au-delà des frontières.

Le secteur de l’éducation figure parmi les principales victimes de cette crise. Près de huit millions d’enfants ont été privés d’accès à l’école depuis le début des hostilités. Dans plusieurs régions, des établissements restent fermés, ont été détruits ou sont utilisés comme lieux d’accueil pour les populations déplacées.

La réouverture progressive des écoles de Khartoum ne marque donc qu’une première étape. Pour reconstruire durablement le système éducatif, les autorités devront réhabiliter les infrastructures, renforcer les effectifs enseignants, fournir du matériel scolaire et surtout mettre en place un accompagnement psychosocial adapté aux enfants ayant vécu plusieurs années de conflit.

Dans une capitale encore profondément marquée par la guerre, le retour des élèves en classe apparaît ainsi comme un fragile mais important signal d’espoir. Pour les enfants de Khartoum, reprendre le chemin de l’école signifie aussi tenter de retrouver un avenir.

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