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AFRIQUE DE L’EST

SOUDAN : Omar el-Béchir en prison.

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Le président déchu Omar el-Béchir, 75 ans, a été transféré à la prison de Kober à Khartoum. Ce, après avoir été détenu depuis sa destitution dans un lieu secret.

Les manifestants soudanais, mobilisés depuis décembre 2018 contre le régime, réclament le jugement de l’ancien président, resté 30 ans au pouvoir. Tandis qu’Amnesty International appelle l’armée à le remettre à la Cour pénale internationale (CPI). Rappelons que la CPI avait émis contre lui il y a près de 10 ans des mandats d’arrêt pour «  crimes de guerre  » et «  crimes contre l’humanité  » puis pour «  génocide  » au Darfour.

À noter aussi que l’Ouganda a lui fait savoir qu’il pourrait «  examiner  » une demande d’asile de M. Béchir s’il était «  approché  » à ce sujet. 

Pendant ce temps les manifestations se poursuivent et leurs dirigeants disent que les troubles ne cesseront pas tant que le Conseil militaire de transition (CMT) au pouvoir n’aura pas transféré le pouvoir à une autorité dirigée par des civils avant les élections.

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AFRIQUE

KENYA – Tensions autour d’un centre de quarantaine controversé lié à Ebola

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Le gouvernement du Kenya maintient son projet de centre de quarantaine destiné à accueillir des ressortissants américains exposés au virus Ebola, malgré une contestation populaire grandissante et une décision de justice suspendant son ouverture.

Devant le Parlement, le ministre de la Santé, Aden Duale, a défendu ce dispositif en précisant qu’il s’inscrit dans un réseau national de 23 structures de quarantaine et d’isolement. Situé sur la base aérienne de Laikipia, le centre, selon lui, n’est pas exclusivement destiné aux étrangers, mais fait partie d’une stratégie globale de prévention sanitaire.

Cependant, cette position n’a pas apaisé les inquiétudes. Selon Reuters, une vingtaine de vols transportant du matériel médical américain ainsi que du personnel spécialisé ont atterri au Kenya entre le 23 et le 31 mai, alimentant les soupçons d’une implication étrangère plus importante que celle officiellement présentée.

Sur le plan judiciaire, la Haute Cour kényane, saisie par une organisation de défense des droits constitutionnels, a ordonné la suspension de l’ouverture du centre dans l’attente d’un examen approfondi du dossier. Une décision qui met en évidence les tensions entre impératifs de santé publique et respect du cadre légal.

Sur le terrain, la contestation a pris une tournure dramatique. À Nanyuki, près du site concerné, des manifestations ont éclaté, entraînant la mort de deux personnes par balles, selon des organisations de défense des droits humains.

Au cœur de la colère populaire : la crainte d’une introduction du virus dans un pays qui n’a enregistré aucun cas d’Ebola, alors que l’épidémie progresse dans la région. En République démocratique du Congo et en Ouganda, l’Organisation mondiale de la santé a recensé 330 cas confirmés, 116 cas suspects et 49 décès.

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AFRIQUE

OUGANDA – Le président Yoweri Museveni promulgue une loi controversée contre l’influence étrangère

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Le président ougandais Yoweri Museveni a promulgué une loi controversée sur la « protection de la souveraineté », marquant une nouvelle étape dans sa volonté affichée de limiter l’influence étrangère en Ouganda.

Adopté par le Parlement le 5 mai, le texte érige en infraction pénale la promotion des « intérêts d’un étranger au détriment des intérêts de l’Ouganda ». Il interdit également à toute personne ou organisation agissant pour le compte d’intérêts étrangers d’élaborer ou de mettre en œuvre des politiques sans l’autorisation préalable du gouvernement. Les contrevenants s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à dix ans de prison, assorties de lourdes amendes.

Une loi aux contours jugés flous

Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une formulation jugée vague et potentiellement dangereuse. Selon elles, ce cadre juridique pourrait permettre de criminaliser une large palette d’activités, y compris certaines formes d’opposition politique ou de plaidoyer citoyen.

Le gouvernement, de son côté, rejette ces critiques et accuse ses détracteurs d’exagérer l’impact du texte. Le président Museveni, au pouvoir depuis 1986, dénonce régulièrement ce qu’il considère comme des ingérences étrangères, accusant notamment certains opposants de bénéficier de financements extérieurs.

Pressions économiques et ajustements

Face aux inquiétudes exprimées par les partenaires économiques et financiers, plusieurs dispositions initiales ont été assouplies avant la promulgation. La version originale prévoyait notamment d’obliger tout citoyen ougandais recevant des fonds de l’étranger à s’enregistrer comme « agent étranger » et à déclarer systématiquement les montants perçus.

Cette mesure a été revue : elle ne s’applique désormais qu’aux individus recevant des financements à des fins politiques liées à des intérêts étrangers. Un ajustement visant à préserver les flux financiers essentiels pour l’économie nationale. Les transferts d’argent de la diaspora constituent en effet une source majeure de devises pour l’Ouganda. Une restriction trop stricte aurait pu fragiliser cet équilibre.

Inquiétudes des institutions internationales

Le gouverneur de la Banque centrale, Michael Atingi-Ego, avait tiré la sonnette d’alarme, estimant que la loi pourrait réduire significativement les entrées de capitaux et mettre en péril les réserves de change, évoquant même une « catastrophe économique ».

De son côté, la Banque mondiale avait également exprimé ses réserves concernant la version initiale du texte, soulignant le risque de voir criminalisées des activités de développement pourtant courantes. À ce stade, ni la Banque centrale ni la Banque mondiale ne se sont exprimées publiquement sur la version finale adoptée, laissant planer des incertitudes sur les conséquences réelles de cette réforme.

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AFRIQUE

KENYA – Morts et tensions lors des manifestations contre la hausse du carburant

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Au moins quatre personnes ont perdu la vie et plus de trente autres ont été blessées lundi au Kenya, lors de violentes manifestations sur fond de grève des transports publics et de contestation contre la hausse des prix du carburant.

L’information a été confirmée par le ministre de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, qui n’a toutefois pas précisé les circonstances exactes des décès ni les lieux où ils se sont produits. Une enquête a été ouverte pour déterminer si les victimes étaient des civils ou impliquées dans des actes de violence. Le ministre a également dénoncé la présence d’« éléments criminels » ayant profité des troubles pour s’attaquer à des biens publics et privés.
Au total, 348 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre, tandis que les principales routes bloquées ont été progressivement dégagées par la police.

Paralysie à Nairobi
Dans la capitale Nairobi, la situation a été particulièrement tendue. Dès les premières heures de la journée, des manifestants ont érigé des barricades et allumé des feux de pneus dans plusieurs quartiers périphériques. Certains ont tenté d’empêcher la circulation des véhicules, y compris les motos-taxis « boda boda ».
La grève des « matatu » — ces minibus privés qui assurent l’essentiel du transport urbain — a fortement perturbé la mobilité. Des milliers de travailleurs ont été contraints de parcourir à pied plusieurs kilomètres pour rejoindre leur lieu de travail, illustrant l’ampleur de la paralysie.

Une colère liée à la hausse des carburants
À l’origine de cette mobilisation : une nouvelle augmentation des prix du carburant annoncée le 14 mai par le gouvernement. Selon les dernières révisions, le prix du diesel a bondi de 23,5 %, tandis que celui de l’essence a augmenté de 8 %.
Cette hausse intervient dans un contexte international tendu, marqué notamment par les perturbations dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle des hydrocarbures mondiaux. Fortement dépendant des importations en provenance du Golfe, le Kenya subit directement les répercussions de cette situation.
Depuis le début des tensions au Moyen-Orient, les prix à la pompe ont connu une hausse cumulée significative : +20 % pour l’essence et +45,8 % pour le diesel.

Impact économique redouté
La Chambre nationale de commerce et d’industrie du Kenya met en garde contre des effets en cascade sur l’ensemble de l’économie. Le diesel, en particulier, est un pilier des secteurs du transport, de l’agriculture, de la logistique et de la construction. Une augmentation de son coût pourrait entraîner une hausse généralisée des prix des biens et services.
Malgré la colère sociale, le gouvernement défend sa position. Le ministre du Trésor et de la Planification économique, John Mbadi, a qualifié la grève d’« injustifiée », tout en reconnaissant la pression liée à la conjoncture internationale. « C’est une guerre que nous n’avons pas provoquée », a-t-il déclaré, pointant les facteurs externes à l’origine de la flambée des prix.

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