AFRIQUE DE L’OUEST
PAYS ÉMERGENTS – Le Sénégal veut intégrer les Brics
La primeur accordée à l’actualité politique relègue très souvent des questions économiques et stratégiques qui méritent débat. C’est le cas de la candidature du Sénégal aux Brics, le regroupement des pays émergents composés du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud. Si du côté de Dakar, c’est le silence total, à Pretoria par contre, l’information est sur la place publique depuis ce lundi 21 août 2023.
Lors d’un point de presse le lundi 7 août 2023, Naledi Pandor, le ministre sud-africain des affaires étrangères et des relations internationales a donné la liste d’une vingtaine de pays candidats à l’intégration des Brics. Parmi ces pays, il y a le Sénégal à côté d’autres africains comme le Nigéria, l’Algérie, l’Egypte ou le Maroc (démenti officiel de la part du Royaume), mais aussi des puissances de l’Asie comme l’Arabie Saoudite et l’Iran. Cette question de l’intégration sera débattue par les 4 pays (Poutine étant absent), lors du sommet des Brics prévu en Afrique du Sud à partir de demain (du 22 au 25 août).
« Les Brics représentent environ 42% de la population mondiale, près de 30% du territoire mondial, 27% du Pib mondial et 20% du commerce international », précise Media24. Ces pays veulent surtout sortir de leur dépendance vis-à-vis du dollar américain pour plus de marge. A cet effet, une banque dénommée Nouvelle banque de développement (NDB) a été créée en 2015.
Selon Financial Afrik, la banque a annoncé, le 15 août dernier, l’émission obligations libellées en rands sud-africains sur le marché du pays.
Reste à savoir quelle est la place du Sénégal au milieu de ces puissances économiques. En effet, malgré le mot émergence répété partout, le Sénégal a été classé en 2022 par l’Onu parmi les 46 pays les moins avancés au monde, autrement dit, les plus pauvres. Dakar affirme avoir déjà enclenché le processus de sortie de cette catégorie et espère gagner un autre statut sous peu. « Notre volonté, c’est de démarrer la stratégie de sortie, tout en tirant profit de notre statut de PMA », disait le ministère de l’Economie. Mais d’ici là, le Sénégal reste un pays modeste sur le plan économique.
Il pourrait toutefois avoir un rôle stratégique notamment pour la Chine et la Russie qui cherchent à étendre leur influence en Afrique face au bloc occidental. De par sa position géographique, le Sénégal pourrait être un atout pour les Brics.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Colère des familles de victimes après l’ annonce de la visite de Macky Sall
La candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies suscite de vives tensions au Sénégal. Quelques jours après l’officialisation de sa participation à la course, l’ancien chef de l’État s’est rendu à Dakar pour rencontrer le président Bassirou Diomaye Faye, une initiative qui a ravivé les critiques au sein de l’opinion publique.
Soutenu par le Burundi, actuel président de l’Union africaine, Macky Sall met en avant son expérience diplomatique, notamment son passage à la tête de l’organisation continentale entre 2022 et 2023. Son entourage souligne une ambition de représenter le continent africain au plus haut niveau des institutions internationales.
Cependant, cette candidature se heurte à une contestation grandissante sur le plan national. Des collectifs de familles de victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024 dénoncent une démarche jugée inappropriée, rappelant le lourd bilan humain des manifestations de cette période.
Pour Mouhamed Fadel Bodian, la rencontre entre les deux hommes constitue un signal préoccupant, estimant que Macky Sall ne devrait pas bénéficier du soutien officiel du Sénégal dans cette course internationale.
Même tonalité du côté de Boubacar Sèye, qui évoque une période marquée par de nombreuses pertes humaines. La contestation s’étend également à la sphère politique, notamment avec Guy Marius Sagna, qui critique ouvertement la visite de l’ancien président.
Sur la scène internationale, la compétition pour succéder à António Guterres, dont le mandat s’achève en décembre 2026, s’intensifie. Plusieurs candidatures sont déjà déclarées, dont celles de Michelle Bachelet et de Rafael Grossi. La candidature de Rebeca Grynspan est également évoquée, bien qu’elle n’ait pas encore été officiellement déposée.
Le processus de sélection doit entrer dans sa phase décisive avec l’examen des candidatures par le Conseil de sécurité, avant un vote final de l’Assemblée générale. Dans ce contexte, la candidature de Macky Sall apparaît comme un enjeu à la fois diplomatique et politique, étroitement lié aux débats internes sur la mémoire et la réconciliation nationale au Sénégal.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Le président Diomaye Faye rencontre Karim Wade en marge d’une visite officielle à Doha
En déplacement officiel à Doha, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a eu un entretien discret avec Karim Wade. Cette rencontre s’est tenue en marge d’une visite diplomatique marquée par un contexte de deuil au Qatar.
Le chef de l’État sénégalais s’était en effet rendu dans l’émirat pour présenter les condoléances officielles du Sénégal après la disparition de Hamad bin Khalifa Al Thani. À cette occasion, il a été reçu au Palais de l’Émir par Tamim bin Hamad Al Thani.
Au nom du peuple sénégalais, Bassirou Diomaye Faye a exprimé sa solidarité envers la famille régnante ainsi qu’au peuple qatari. Il a salué la mémoire du défunt, mettant en avant son rôle déterminant dans le renforcement des relations bilatérales entre Dakar et Doha.
Le président sénégalais a notamment rendu hommage à « un grand visionnaire », qu’il considère comme l’un des principaux artisans du partenariat stratégique entre le Sénégal et le Qatar.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Macky Sall face à Diomaye Faye : une rencontre aux enjeux multiples
L’ancien président sénégalais Macky Sall est attendu à Dakar ce vendredi, marquant ainsi son retour dans la capitale près de deux ans après avoir quitté le pouvoir. Cette visite, présentée comme brève, devrait être marquée par une rencontre avec l’actuel chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.
Ce déplacement intervient dans un contexte particulier, alors que Macky Sall s’est porté candidat à la succession de António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations unies. Engagé dans une campagne diplomatique, il cherche notamment à obtenir le soutien officiel du Sénégal, un appui qui tarde toutefois à se concrétiser.
Depuis l’introduction de sa demande en février, les autorités sénégalaises restent prudentes. En mars dernier, Dakar avait d’ailleurs précisé ne pas être à l’origine de cette candidature ni l’avoir officiellement soutenue, laissant planer une certaine ambiguïté autour de la position de l’État.
Le contexte politique interne pourrait également influencer l’évolution du dossier. Les tensions apparues entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko redessinent les équilibres au sommet de l’État.
Par ailleurs, des voix s’élèvent au sein de l’opinion publique pour réclamer des comptes sur les violences survenues durant le mandat de Macky Sall (2012-2024), ajoutant une dimension sensible à son retour sur la scène nationale.
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