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SÉNÉGAL : Akon pose la première pierre d’« Akon City »

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L’artiste américain d’origine sénégalaise, Akon a posé la première pierre d’« Akon City ». Cette ville verte sera le premier projet de cette envergure au Sénégal. Futuriste, elle sera construite dans le village de Mbodiène, à une centaine de kilomètres au sud de Dakar.

Akon City est d’inspiration du Wakanda. Selon l’artiste, 20 % de ce financement a déjà été mobilisé. La ville dont les bâtiments respecteront des standards de haute qualité environnementale, a un coût de 6 milliards $ soit environ 80 % du budget sénégalais pour le compte de l’année 2020. Les travaux de construction de la ville écologique Akon City débuteront au 1er trimestre 2021.

Retour en images : crédit photos : Page Facebook d’Akon

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AFRIQUE

SEYCHELLES – Le Président Patrick Herminie reçu par Poutine au Kremlin

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Le Président Patrick Herminie a été reçu au Kremlin par son homologue Vladimir Poutine, dans le cadre d’une visite de travail entamée le 20 avril. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations bilatérales entre les Seychelles et la Russie.

Des axes de coopération prioritaires

Au cœur des échanges : le développement du tourisme, la promotion des investissements et la sécurité alimentaire. Trois secteurs jugés stratégiques pour consolider les liens économiques entre les deux pays, encore considérés comme modestes.

Le président russe a d’ailleurs reconnu que les relations commerciales restent en deçà de leur potentiel, tout en soulignant les perspectives de coopération.

Moscou salue le soutien diplomatique des Seychelles

Vladimir Poutine a remercié son homologue pour le soutien des Seychelles aux initiatives russes sur la scène internationale, notamment au sein de l’Organisation des Nations unies.

« Nos relations commerciales et économiques restent modestes, mais nous avons beaucoup de travail à accomplir. Votre visite tombe à point nommé. Nous coordonnons nos positions et sommes reconnaissants pour votre soutien à de nombreuses initiatives de la Fédération de Russie aux Nations unies. »

Les Seychelles reconnaissent l’appui russe

De son côté, Patrick Herminie a exprimé sa gratitude pour l’aide humanitaire récemment apportée par la Russie, dans un contexte international marqué par les tensions liées à la guerre au Moyen-Orient.

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« Nos relations sont très étroites, et nous apprécions le fait qu’en cette période difficile, la Russie ait démontré son amitié en nous venant en aide. Le peuple des Seychelles n’oubliera pas ce geste. »

Le chef d’État seychellois a également évoqué l’arrivée prochaine d’une aide supplémentaire, renforçant ainsi la coopération humanitaire entre les deux pays.

Une relation à consolider

Malgré une convergence diplomatique affirmée, les échanges économiques entre les deux nations peinent encore à atteindre leur plein potentiel. Cette visite officielle pourrait ainsi servir de catalyseur pour accélérer les partenariats, notamment dans des secteurs clés comme le tourisme et la sécurité alimentaire.

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AFRIQUE

SÉNÉGAL – Forum International de Dakar 2026 : L’Afrique face à son destin sécuritaire

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Le Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique a officiellement ouvert ses portes ce 20 avril 2026 à Dakar, marquant une 10e édition à forte portée symbolique dans un contexte géopolitique mondial en recomposition. Après deux jours d’échanges intenses, cette édition s’est achevée ce jour par une conférence de presse de clôture, venue synthétiser les principales orientations et conclusions des travaux.

Bassirou Diomaye Faye pose les bases d’une doctrine africaine
Lors de son allocution d’ouverture, le chef de l’État sénégalais a livré un message sans ambiguïté : l’Afrique doit désormais assumer pleinement sa sécurité. Dans un monde qu’il décrit comme « en perte d’équilibres », il a appelé à rompre avec les logiques de dépendance sécuritaire.

Trois priorités structurantes ont été mises en avant : renforcer la souveraineté stratégique des États africains ; mobiliser des financements endogènes pour la défense ; investir dans la jeunesse comme levier de stabilité durable. Une vision qui s’inscrit dans une dynamique plus large de redéfinition des partenariats sécuritaires sur le continent.

Un contexte international sous haute tension
Cette 10e édition s’est tenue dans un environnement global marqué par une intensification des conflits, la persistance de la menace terroriste, notamment dans la région du Sahel, et une compétition accrue entre puissances internationales. Dans ce contexte, l’Afrique se retrouve à un tournant : repenser ses alliances, renforcer ses capacités internes et affirmer sa voix sur l’échiquier mondial.

Des débats orientés vers des solutions concrètes

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Durant deux jours, les échanges se sont articulés autour de thématiques clés : la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des espaces régionaux ; la souveraineté et l’autonomie stratégique ; le financement des armées africaines ; l’innovation technologique et le rôle de la jeunesse. L’enjeu a été de dépasser le cadre du diagnostic pour proposer des réponses opérationnelles adaptées aux réalités africaines.

Dakar, épicentre de la réflexion sécuritaire africaine
En accueillant cette édition anniversaire, Dakar confirme son statut de capitale diplomatique sur les questions de paix et de sécurité. Le forum s’impose comme un espace où se construit une pensée stratégique africaine, affranchie des schémas extérieurs. Plus qu’un simple cadre d’échanges, le Forum de Dakar incarne aujourd’hui une ambition claire : celle d’une Afrique capable de définir, financer et assurer elle-même sa sécurité, une orientation réaffirmée lors de la conférence de presse finale.

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CONTRIBUTIONS

SÉNÉGAL – Le nivellement par le bas, symptôme d’une crise de civilisation par Marcel A. Monteil

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Les sociétés ne s’effondrent pas brutalement, elles glissent. Presque imperceptiblement. Progressivement, elles abandonnent l’exigence, relâchent la rigueur et finissent par préférer la facilité à la profondeur, refusant l’altérité et le débat d’idées. Ce phénomène, que l’on peut appeler le nivellement par le bas, n’est ni une simple dérive pédagogique ni une faiblesse passagère. Il constitue le symptôme d’un trouble plus profond : une crise de civilisation.


Le nivellement par le bas apparaît au moment où les communautés cessent de croire que l’intelligence est un horizon, que le savoir est une conquête et que l’effort représente une forme de dignité. Il s’installe dès lors que l’on confond l’égalité avec l’uniformité, en imaginant que, pour ne pas exclure, il faudrait simplifier sans cesse, réduire les exigences et abaisser les standards. C’est avec raison que Walter Lippmann soutient que « quand tout le monde est du même avis, c’est que personne ne réfléchit beaucoup ».


Cette dérive n’est pas théorique. Elle se manifeste dans plusieurs sphères de la vie sociale. Dans certaines écoles, notamment là où des établissements délivrent des diplômes à des soignants incapables de reconnaître un symptôme élémentaire, à des ingénieurs qui peinent à lire un plan ou à des enseignants qui ne maîtrisent plus pleinement la langue qu’ils sont censés transmettre.


Elle se révèle également quand la religion devient spectacle et que certains prédicateurs improvisés, dépourvus de formation théologique solide, se transforment en influenceurs spirituels, confondant la profondeur de la foi avec les logiques du divertissement.
Le phénomène devient particulièrement préoccupant lorsqu’il atteint la sphère politique, notamment quand des élus, pourtant chargés d’incarner la République, ignorent les bases les plus élémentaires de la Constitution qu’ils ont juré de défendre. Il se manifeste aussi au moment où l’on confond l’opinion avec le droit, l’émotion avec la loi, l’improvisation avec la gouvernance.


De ce creuset émergent également de nouveaux acteurs : des « influenceurs » et des « activistes » autoproclamés, portés par la prolifération des plateformes numériques. Certains s’aventurent sur des sujets complexes sans en maîtriser les fondements, diffusant approximations, contre-vérités et désinformation. Leur parole devient virale et prospère comme une fleur au printemps, tandis que celle des chercheurs et des analystes, porteuse de rectitude, est reléguée dans l’ombre et parfois tournée en dérision, happée par les ténèbres d’un obscurantisme grandissant.
Cependant, la véritable interrogation qui s’impose à nous est la suivante : comment en sommes-nous arrivés là ?
En partie par relâchement collectif. Peu à peu, l’idée s’est imposée que l’effort serait une violence, l’exigence une forme d’élitisme et la rigueur intellectuelle une oppression symbolique. Dans ce climat, tout semble devoir se valoir : opinions et savoirs, improvisation et compétence, popularité et vérité.

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Pourtant, notre histoire intellectuelle enseigne l’inverse.
Cheikh Anta Diop affrontait les académies européennes non pour rechercher la facilité, mais pour atteindre la vérité. Léopold Sédar Senghor, en défendant la Négritude, ne cherchait pas à flatter les consciences, mais à élever la pensée. Aujourd’hui encore, Souleymane Bachir Diagne, Maram Kairé, Mamoussé Diagne, Selly Raby Kane et Fatoumata Kébé poursuivent ce travail intellectuel, rappelant que penser est un acte de courage et que transmettre la connaissance relève d’une responsabilité.


L’expérience internationale montre à quel point les États qui investissent dans l’enseignement récoltent les fruits de cette persévérance. Dans plusieurs pays européens — notamment l’Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas —, plus de 80 % d’une cohorte achève aujourd’hui l’enseignement secondaire. Dans plusieurs pays asiatiques, comme la Corée du Sud, le Japon et Singapour, la part des jeunes accédant à l’enseignement supérieur atteint souvent 50 % à 70 %. Ces gouvernements ont compris que l’éducation n’est pas un luxe culturel, mais un investissement stratégique (Source : OCDE 2025, Regards sur l’éducation 2025).
Cette constance ne concerne pas uniquement l’université. Les formations techniques, les écoles de métiers et les filières professionnelles doivent elles aussi atteindre les plus hauts niveaux de compétence. L’excellence ne s’oppose pas à la diversité des parcours ; elle en constitue au contraire la condition.


Elle s’étend également aux sphères culturelles et sportives. Le théâtre, la littérature, le cinéma et les arts peuvent élever les consciences lorsqu’ils nourrissent la réflexion et stimulent l’esprit critique. Le sport, lorsqu’il demeure fidèle à ses principes de discipline, d’effort et de dépassement de soi, rappelle que la grandeur humaine se construit dans la détermination et non dans la facilité.
À l’inverse, dans d’autres contextes, la dynamique observée est préoccupante. Certaines dérives institutionnelles conduisent à tolérer, voire à banaliser, le retrait d’enfants du système scolaire. Dans ces environnements, se développe insidieusement une forme de valorisation implicite de la débrouillardise précoce, parfois assimilée à un « culte de l’enfant de la rue », au détriment de l’éducation structurée et de la formation académique.


Mais rien n’est irréversible.
Il devient urgent de recréer, partout où cela est possible, de véritables espaces de pensée : des échanges philosophiques, des groupes de réflexion, des cercles de lecture, des laboratoires d’idées. Il nous faut réhabiliter la lecture, redonner goût à la réflexion et rappeler que le savoir est une aventure exigeante, non une marchandise. Une population qui ne débat plus sérieusement, qui n’argumente plus avec méthode et qui n’apprend plus à penser collectivement s’éteint lentement.
Une civilisation ne décline véritablement que lorsqu’elle renonce à exiger d’elle-même le meilleur. Tant que des femmes et des hommes continueront de penser, d’enseigner, de chercher et de transmettre ; tant que l’application, la connaissance et la rigueur resteront des valeurs respectées ; tant que nos institutions et nos citoyens défendront la vérité et exigeront l’excellence, le nivellement par le bas ne pourra triompher.
La responsabilité est collective : elle incombe aux penseurs, aux enseignants, aux parents, aux éducateurs, aux citoyens, aux médias, aux institutions politiques, civiles et militaires, mais aussi aux acteurs culturels et sportifs.
Défendre la qualité, l’exactitude et la profondeur, voilà ce qui permet à une société de se tenir debout — non parce qu’elle serait parfaite, mais parce qu’elle refuse de s’abaisser.
Marcel A. Monteil

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