AFRIQUE
SÉNÉGAL – Fin d’une ère : la France restitue sa dernière base militaire le 18 juillet
Le 18 juillet prochain, la France remettra officiellement au Sénégal la dernière base militaire des Éléments français au Sénégal (EFS), marquant ainsi la fin d’une présence militaire continue depuis l’indépendance du pays. Cette restitution symbolique et stratégique s’inscrit dans une reconfiguration plus large de la coopération de défense entre Dakar et Paris, désormais axée sur la formation, l’interopérabilité et le respect mutuel.
L’annonce a été faite par l’ambassadrice de France à Dakar et Banjul, Christine Fages, lors de la célébration de la fête nationale française, en présence de personnalités sénégalaises, dont le ministre directeur de cabinet du président sénégalais, Mary Teuw Niane. « Conformément aux orientations établies dès 2022 par le président Macron, la France va restituer au Sénégal les emprises militaires des Éléments français au Sénégal, dans quatre jours », a-t-elle déclaré.
Bien qu’elle ne l’ait pas nommée explicitement, la dernière base concernée est celle de Ouakam, un site stratégique qui incarnait la présence militaire française post-indépendance. Ce retrait parachève un processus amorcé depuis plusieurs mois. Le 1er juillet dernier, la station d’émission interarmées de Rufisque, utilisée depuis 1960 pour les communications sur la façade atlantique sud, avait été remise aux autorités sénégalaises.
Ce désengagement progressif, mené en accord avec les autorités sénégalaises dans le cadre du traité de coopération militaire signé en 2012, traduit une volonté politique clairement affirmée des deux États. En marge de la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, les présidents Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron avaient réaffirmé à Séville leur ambition commune d’un partenariat basé sur les intérêts mutuels et le respect de la souveraineté nationale.
Depuis mars, plusieurs autres emprises militaires, telles que Maréchal, Saint-Exupéry et Contre-Amiral Protet, ont également été restituées. La totalité des sites occupés par les EFS devrait être transférée d’ici fin juillet, conformément au calendrier convenu.
Pour l’ambassadrice Fages, cette reconfiguration n’est pas une rupture mais une évolution vers une relation « franche, équilibrée et assumée », recentrée sur les besoins actuels. Le nouveau partenariat militaire s’articulera autour de la formation et de l’interopérabilité entre les forces françaises et sénégalaises, avec une ambition de coopération plus technique et respectueuse des souverainetés.
Un séminaire intergouvernemental est prévu à Dakar avant la fin de l’année pour redéfinir les axes de cette nouvelle alliance stratégique, dans le sillage de la doctrine de transformation de la présence militaire française en Afrique, lancée par Emmanuel Macron en 2022.
Cette transition marque une page importante dans l’histoire des relations franco-sénégalaises, et plus largement dans le repositionnement de la France sur le continent africain.
Source : RTS
AFRIQUE
RD CONGO – L’OMS face à une épidémie d’Ebola parmi les plus rapides de l’histoire
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme face à l’évolution de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. En déplacement dans les zones affectées, le responsable des situations d’urgence de l’OMS, Chikwe Ihekweazu, a dressé un constat contrasté, mêlant avancées et fortes inquiétudes.
De retour d’une mission à Bunia, dans l’est du pays, il a évoqué une situation « encourageante à certains égards, mais profondément préoccupante à d’autres ». Malgré les efforts déployés pour contenir la propagation du virus, l’épidémie continue de progresser à un rythme alarmant, devenant l’une des plus rapides jamais observées.
Selon les données communiquées, près de 2 000 cas ont été confirmés, avec plus de 700 décès recensés à la mi-juillet, plaçant cette flambée parmi les plus importantes de l’histoire de la maladie. Un élément particulièrement inquiétant réside dans le fait que de nombreux patients décèdent à domicile, sans avoir eu accès à une prise en charge médicale. Autre défi majeur : la traçabilité des contaminations. Environ 80 % des nouveaux cas ne sont pas liés à des chaînes de transmission identifiées, compliquant considérablement les efforts de riposte sanitaire.
Sur le terrain, les équipes médicales doivent également faire face à des incidents sécuritaires ponctuels visant des structures de santé. Pour y remédier, l’OMS insiste sur la nécessité de renforcer la transparence et la communication avec les populations locales afin de restaurer la confiance. Cette épidémie est liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’est actuellement disponible, même si des recherches sont en cours.
Le virus Ebola, hautement contagieux, se transmet initialement à l’homme par contact avec des animaux infectés, puis se propage entre individus via les fluides corporels, notamment le sang, les vomissures ou d’autres sécrétions, ainsi que par contact avec des objets contaminés. Dans ce contexte, l’OMS appelle à une mobilisation accrue pour freiner la propagation de la maladie, alors que de nouveaux défis sanitaires et logistiques continuent d’émerger.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Macky Sall face à Diomaye Faye : une rencontre aux enjeux multiples
L’ancien président sénégalais Macky Sall est attendu à Dakar ce vendredi, marquant ainsi son retour dans la capitale près de deux ans après avoir quitté le pouvoir. Cette visite, présentée comme brève, devrait être marquée par une rencontre avec l’actuel chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.
Ce déplacement intervient dans un contexte particulier, alors que Macky Sall s’est porté candidat à la succession de António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations unies. Engagé dans une campagne diplomatique, il cherche notamment à obtenir le soutien officiel du Sénégal, un appui qui tarde toutefois à se concrétiser.
Depuis l’introduction de sa demande en février, les autorités sénégalaises restent prudentes. En mars dernier, Dakar avait d’ailleurs précisé ne pas être à l’origine de cette candidature ni l’avoir officiellement soutenue, laissant planer une certaine ambiguïté autour de la position de l’État.
Le contexte politique interne pourrait également influencer l’évolution du dossier. Les tensions apparues entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko redessinent les équilibres au sommet de l’État.
Par ailleurs, des voix s’élèvent au sein de l’opinion publique pour réclamer des comptes sur les violences survenues durant le mandat de Macky Sall (2012-2024), ajoutant une dimension sensible à son retour sur la scène nationale.
AFRIQUE
AFRIQUE DU SUD – Affaire Kemi Seba : nouveau délai avant une décision sur son extradition
L’activiste béninois Kemi Seba, de son vrai nom Gilles Robert Capo Chichi, reste en détention en Afrique du Sud après le report de l’examen de sa demande d’extradition. Initialement attendue ce mardi, la décision de la justice sud-africaine a été renvoyée au 11 août 2026.
Ce délai supplémentaire doit permettre aux juges d’approfondir l’analyse d’un dossier sensible, au cœur d’enjeux judiciaires et politiques entre Pretoria et Bénin.
Les autorités béninoises réclament l’extradition de l’activiste, l’accusant notamment d’incitation à la violence et de blanchiment d’argent, dans un contexte marqué par sa prise de position en faveur du coup d’État manqué de décembre 2025. Des accusations fermement rejetées par l’intéressé.
De leur côté, ses avocats contestent la procédure d’extradition, invoquant les risques que leur client pourrait encourir s’il était renvoyé au Bénin, notamment en matière de sécurité et de garanties judiciaires.
Pour rappel, Kemi Seba et son fils avaient été interpellés le 13 avril dernier alors qu’ils tentaient de quitter l’Afrique du Sud via le Zimbabwe, avec des visas arrivés à expiration. Depuis, l’activiste est maintenu en détention dans l’attente de l’issue de la procédure.
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