Connect with us

AFRIQUE

RD CONGO – Des migrants latino-américains bloqués dans l’incertitude

Publie

le

Un groupe de migrants latino-américains, expulsés des États-Unis, se retrouve aujourd’hui bloqué à Kinshasa, dans une situation qu’ils décrivent comme « inhumaine et injuste ». Leur transfert s’inscrit dans un programme controversé d’externalisation des expulsions vers des pays tiers, dont la République démocratique du Congo.

Un exil imposé vers un pays inconnu

Après un vol de 27 heures effectué menottés, ces migrants affirment n’avoir découvert leur destination qu’à la veille de leur expulsion. Parmi eux, Gabriela, une Colombienne de 30 ans, résume leur détresse :

« Je ne voulais pas aller au Congo. J’ai peur, je ne connais pas la langue. »

Arrivés à Kinshasa, ils sont hébergés dans un complexe proche de l’aéroport, sans possibilité de sortir, sous surveillance sécuritaire.

Un programme migratoire sous tension

Ce transfert s’inscrit dans une politique migratoire mise en place sous l’administration de Donald Trump, visant à renvoyer certains migrants vers des pays tiers. Plusieurs États africains ont accepté de participer à ce dispositif, notamment le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Rwanda ou encore le Soudan du Sud. Ces accords incluent généralement un appui financier ou logistique de Washington, mais restent opaques quant aux conditions d’accueil et au devenir des migrants.

Entre assistance limitée et incertitude totale

Sur place, la prise en charge est assurée par l’Organisation internationale pour les migrations, qui propose une aide ponctuelle ainsi qu’un programme de « retour volontaire assisté ». Les migrants affirment avoir reçu environ 100 dollars, ainsi qu’un visa de courte durée — sept jours, potentiellement renouvelable. Mais passé ce délai, l’incertitude est totale.

« Si vous n’acceptez pas le rapatriement, vous serez coincés ici », déplore Gabriela.

Conditions sanitaires préoccupantes

Plusieurs migrants rapportent des problèmes de santé : fièvre, vomissements et troubles digestifs. Malgré la distribution de médicaments, ils dénoncent l’absence de suivi médical réel. Isolés, sans maîtrise du français — langue officielle du pays — et sans possibilité de travailler, ils passent leurs journées à tenter de joindre leurs familles.

Une situation qui interroge localement

L’arrivée de ces migrants dans une ville comme Kinshasa, qui compte plus de 17 millions d’habitants et fait face à d’importants défis socio-économiques, suscite des réactions au sein de la société civile. Selon la Banque mondiale, près des trois quarts de la population congolaise vivent sous le seuil de pauvreté, ce qui alimente les interrogations sur la capacité du pays à absorber de nouveaux arrivants dans ces conditions.

Entre peur et impasse

Malgré un hébergement jugé correct par certains, l’angoisse domine. Hugo Palencia Ropero, un Colombien de 25 ans, confie :

« J’ai plus peur d’être ici qu’en Colombie. »

Sans perspective claire, plusieurs migrants se disent prêts à accepter n’importe quel document de voyage pour quitter la République démocratique du Congo.

Continuer la lecture
Cliquez ici pour commenter

Laisser un commentaire

AFRIQUE

NIGÉRIA – L’armée frappe au cœur du commandement des jihadistes de l’ISWAP

Publie

le

Dans le nord-est du Nigeria, la pression militaire exercée contre les groupes jihadistes franchit un nouveau cap. Les forces armées nigérianes ont annoncé, mardi, la neutralisation de trois cadres clés de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), dans le cadre d’opérations coordonnées avec le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM).

D’après l’état-major nigérian, ces frappes ciblées s’inscrivent dans une offensive plus large visant à désorganiser les structures de commandement du groupe. Depuis le lancement de cette campagne, environ 175 combattants auraient été éliminés, traduisant une intensification notable des opérations sur le terrain.

Parmi les figures visées figurent Abd-al Wahhab, décrit comme un rouage central dans la planification des attaques et la diffusion de la propagande, ainsi qu’Abu Musa al-Mangawi, présenté comme un cadre influent du dispositif jihadiste. Un troisième responsable, Abu al-Muthanna al-Muhajir, aurait également été tué. Ce dernier jouait un rôle stratégique dans la production médiatique du groupe, un levier essentiel pour son recrutement et son rayonnement.

Au-delà des pertes humaines, l’armée nigériane affirme avoir porté des coups significatifs à l’infrastructure opérationnelle de l’ISWAP. Des positions logistiques, des dépôts d’armes et des circuits de financement auraient été démantelés, fragilisant la capacité du groupe à maintenir ses activités dans la région.

Cette séquence militaire traduit une volonté claire d’affaiblir durablement l’organisation en ciblant ses centres névralgiques, notamment ses relais de communication et de coordination. Toutefois, malgré ces avancées tactiques, le nord-est du Nigeria reste marqué par une insurrection persistante depuis plus d’une décennie, dans laquelle l’ISWAP continue de jouer un rôle dominant.

Les autorités militaires assurent vouloir maintenir la cadence des opérations afin de contenir toute tentative de reconstitution du groupe, dans un contexte régional où la menace jihadiste demeure évolutive et transfrontalière.

Continuer la lecture

AFRIQUE

MALI – L’exode silencieux face aux violences contre les civils

Publie

le

Entre récits de violence extrême et exil contraint, la situation sécuritaire au Mali continue de provoquer un afflux massif de réfugiés vers la Mauritanie voisine, où les témoignages recueillis dressent un tableau alarmant des exactions subies par les civils.

Dans les camps précaires de la région du Hodh Chargui, des déplacés décrivent des scènes de brutalité attribuées à des opérations conjointes menées par les forces armées maliennes et des paramilitaires russes affiliés à l’« Africa Corps », structure liée à Russie. Les communautés nomades, notamment peules et touarègues, apparaissent parmi les plus exposées, souvent soupçonnées de liens avec des groupes armés. Plusieurs témoignages font état d’exécutions sommaires, de destructions de biens et de violences ciblant indistinctement combattants présumés et civils. Des réfugiés évoquent également des actes de torture, des détentions arbitraires et des rançons exigées pour obtenir une libération.

Depuis la crise déclenchée en 2012, le Mali est plongé dans un conflit complexe mêlant groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, milices locales et mouvements indépendantistes. La prise de pouvoir par la junte en 2020 a marqué un tournant, avec un renforcement de la coopération sécuritaire avec des acteurs russes. Selon des organisations de défense des droits humains et des données issues de l’ACLED, les opérations militaires ont causé des milliers de morts, dont une proportion significative de civils. Les ONG alertent sur une intensification des abus dans certaines zones rurales difficilement accessibles.

Dans la ville frontalière de Fassala, les équipes de Médecins Sans Frontières prennent en charge des victimes présentant des traumatismes lourds, incluant des cas de torture et de violences sexuelles. L’organisation fait état de récits particulièrement préoccupants, certains évoquant même des pratiques extrêmes comme des tentatives d’ensevelissement de victimes encore vivantes. Face à la dégradation de la situation, environ 300 000 personnes ont fui vers l’est de la Mauritanie, souvent après avoir reçu des menaces directes de groupes armés leur imposant de quitter leurs localités sous peine de représailles.

Dans ce contexte, plusieurs organisations ont saisi l’Union africaine afin de réclamer l’ouverture d’enquêtes et la poursuite des responsables présumés d’exactions. Alors que les combats se poursuivent, notamment dans le nord du pays autour de zones stratégiques comme Kidal, de nombreux réfugiés expriment un espoir fragile : celui de pouvoir regagner leurs terres, à condition d’un retour durable à la sécurité.

Continuer la lecture

AFRIQUE

SÉNÉGAL – Dialogue national : Le président Diomaye Faye change de méthode

Publie

le

Lors de sa communication en Conseil des ministres de ce mercredi 20 mai, le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, est revenu sur l’organisation de la Journée du Dialogue national, prévue le 28 mai prochain, en annonçant un changement significatif dans son format.

Une nouvelle approche du Dialogue national
Traditionnellement marquée par de grandes rencontres publiques, la Journée du Dialogue national adoptera cette année une formule plus restreinte et ciblée. Le Chef de l’État a en effet décidé de privilégier des audiences individuelles, qui se tiendront du 21 au 31 mai 2026.
Ce choix s’explique notamment par le contexte religieux particulier, qui appelle à une organisation plus sobre et adaptée. À travers cette démarche, le Président entend maintenir le cadre du dialogue tout en ajustant ses modalités.

Des consultations axées sur les priorités nationales
Ces audiences permettront d’engager des échanges approfondis sur les grandes problématiques du pays :la situation économique;les enjeux sociaux;les questions sécuritaires.
la stabilité politique;L’objectif affiché est de favoriser des discussions plus directes et potentiellement plus productives avec des acteurs clés de la vie nationale.

Une volonté de consensus durable
À cette occasion, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son ambition de consolider des consensus solides autour de solutions concrètes. Il a insisté sur la nécessité de bâtir des réponses opérationnelles capables d’améliorer durablement les conditions de vie des populations, tout en renforçant le rayonnement international du Sénégal.

Des profils ciblés pour les premières audiences
Dans le cadre de ces consultations, le Chef de l’État entamera dès le lendemain une série de rencontres avec d’anciens Premiers ministres ainsi que d’anciens ministres ayant occupé des portefeuilles stratégiques, notamment dans les domaines des finances et de la sécurité intérieure.
Dans un second temps, d’autres composantes de la société seront associées au processus, notamment :des personnalités publiques;des notabilités;des représentants des forces vives de la Nation;Une méthode plus resserrée, mais stratégique.
Ce changement de format traduit une volonté de passer d’un dialogue de masse à un dialogue plus ciblé, potentiellement plus efficace dans la production de recommandations concrètes. Reste à observer si cette approche permettra d’aboutir à des résultats tangibles dans un contexte national marqué par des attentes fortes sur les plans économique et social.

Continuer la lecture
Advertisement
Advertisement

DERNIERS ARTICLES

FACEBOOK

PUB

NEWS +