AFRIQUE
SÉNÉGAL – La coalition Diomaye Président tient son assemblée générale à Dakar
Dakar, 7 mars 2026 – La coalition Diomaye Président a tenu ce samedi son assemblée générale à l’hôtel King Fahd Palace de Dakar, dans un contexte politique marqué par la consolidation de la majorité présidentielle autour du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye. Cette rencontre a réuni responsables politiques, militants et sympathisants venus faire le point sur l’organisation de la coalition et sur les perspectives politiques à venir.
Une coalition au cœur de la majorité présidentielle
Près de deux ans après l’élection présidentielle de 2024, qui a porté Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême, la coalition qui a soutenu sa candidature cherche désormais à renforcer sa structuration et à consolider son ancrage politique. L’assemblée générale organisée à Dakar a permis aux responsables de la coalition de discuter des orientations stratégiques, notamment en matière de coordination entre les différentes composantes politiques et de mobilisation des militants sur le terrain. Plusieurs intervenants ont souligné l’importance de maintenir l’unité de la coalition afin d’accompagner les réformes engagées par le président de la République et de renforcer la dynamique politique initiée depuis l’alternance.
Appel à la discipline et à l’élargissement
Lors de son intervention, Aminata Touré, figure importante de la coalition et ancienne Première ministre, a appelé les membres à privilégier la cohésion et la discipline politique. Elle a notamment insisté sur la nécessité d’élargir la coalition afin de consolider la majorité et d’accompagner efficacement les actions du gouvernement.De son côté, Abdourahmane Diouf, leader du parti Awalé, a rappelé le rôle déterminant de la coalition dans l’accession au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, soulignant que cette alliance politique reste un pilier essentiel de la majorité actuelle.
Un rendez-vous stratégique
Au-delà des échanges politiques, cette assemblée générale visait également à renforcer la structuration interne de la coalition et à définir les prochaines étapes de son organisation. Dans un paysage politique sénégalais en pleine recomposition depuis l’élection présidentielle de 2024, la coalition Diomaye Président entend ainsi consolider sa position et maintenir la dynamique qui a permis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye.
Principaux leaders présents à l’assemblée générale
Aminata Touré (Mimi Touré) – ancienne Première ministre
Abdourahmane Diouf – leader du parti Awalé et ministre
Responsables et coordonnateurs de la coalition Diomaye Président
Cadres politiques, militants et représentants de partis alliés
Cette assemblée générale marque une nouvelle étape dans la consolidation de la majorité présidentielle et dans l’organisation politique de la coalition Diomaye Président.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Centenaire de Wade : Le président Diomaye Faye prône l’unité dans un climat tendu
Le président Bassirou Diomaye Faye a présidé la cérémonie marquant le centenaire de Abdoulaye Wade, dans un contexte politique particulièrement sensible. Derrière l’hommage rendu à une figure majeure de l’ héritage politique nationale, le discours du chef de l’État a pris des allures de réponse indirecte aux critiques émanant de Pastef, qui l’accuse de « trahison » après son refus d’intégrer le nouveau gouvernement.
Devant une délégation du Parti démocratique sénégalais (PDS), reçue en amont de la cérémonie, le président a salué l’héritage politique de Wade, tout en insistant sur les valeurs de coexistence démocratique. « On peut s’opposer sans se déchirer et se succéder sans se détruire », a-t-il déclaré, appelant à dépasser les clivages politiques au nom de la stabilité nationale.
Dans un contexte marqué par la recomposition du paysage politique, consécutive à la formation d’un nouveau gouvernement boycotté par Ousmane Sonko et ses partisans, le chef de l’État a également défendu une posture de retenue et de responsabilité. « La patience est une forme de courage », a-t-il affirmé, dans une déclaration interprétée comme un message à ses opposants.
En évoquant la figure de Abdoulaye Wade, décrit comme « un homme de combat, sans rancune et jamais prisonnier du pouvoir », Bassirou Diomaye Faye a tenté de projeter une vision de la politique fondée sur le dépassement des intérêts partisans. Il a notamment insisté sur la nécessité de ne pas sacrifier « la primauté de la patrie » au profit des fidélités politiques, une position qui fait écho au choix de certains responsables de rester au sein de l’exécutif.
AFRIQUE
KENYA – Tensions autour d’un centre de quarantaine controversé lié à Ebola
Le gouvernement du Kenya maintient son projet de centre de quarantaine destiné à accueillir des ressortissants américains exposés au virus Ebola, malgré une contestation populaire grandissante et une décision de justice suspendant son ouverture.
Devant le Parlement, le ministre de la Santé, Aden Duale, a défendu ce dispositif en précisant qu’il s’inscrit dans un réseau national de 23 structures de quarantaine et d’isolement. Situé sur la base aérienne de Laikipia, le centre, selon lui, n’est pas exclusivement destiné aux étrangers, mais fait partie d’une stratégie globale de prévention sanitaire.
Cependant, cette position n’a pas apaisé les inquiétudes. Selon Reuters, une vingtaine de vols transportant du matériel médical américain ainsi que du personnel spécialisé ont atterri au Kenya entre le 23 et le 31 mai, alimentant les soupçons d’une implication étrangère plus importante que celle officiellement présentée.
Sur le plan judiciaire, la Haute Cour kényane, saisie par une organisation de défense des droits constitutionnels, a ordonné la suspension de l’ouverture du centre dans l’attente d’un examen approfondi du dossier. Une décision qui met en évidence les tensions entre impératifs de santé publique et respect du cadre légal.
Sur le terrain, la contestation a pris une tournure dramatique. À Nanyuki, près du site concerné, des manifestations ont éclaté, entraînant la mort de deux personnes par balles, selon des organisations de défense des droits humains.
Au cœur de la colère populaire : la crainte d’une introduction du virus dans un pays qui n’a enregistré aucun cas d’Ebola, alors que l’épidémie progresse dans la région. En République démocratique du Congo et en Ouganda, l’Organisation mondiale de la santé a recensé 330 cas confirmés, 116 cas suspects et 49 décès.
AFRIQUE
ZIMBABWÉ – Vers une révision constitutionnelle pour prolonger le pouvoir de Emmerson Mnangagwa
Le gouvernement du Zimbabwe a franchi une étape décisive en présentant au Parlement un projet de loi visant à prolonger le mandat du président Emmerson Mnangagwa jusqu’en 2030. Une initiative qui relance le débat sur l’équilibre des pouvoirs et l’avenir démocratique du pays.
Actuellement limité à deux mandats de cinq ans, le chef de l’État, âgé de 83 ans, devrait quitter ses fonctions en 2028. Mais ses partisans proposent une modification de la Constitution afin de porter la durée du mandat présidentiel à sept ans, ce qui permettrait de prolonger son maintien au pouvoir.
Le texte, présenté par le ministre de la Justice Ziyambi Ziyambi, prévoit également un changement majeur du mode de désignation du président, qui ne serait plus élu au suffrage universel direct, mais par le Parlement.
Selon plusieurs analystes, l’adoption du projet de loi ne fait guère de doute. Le parti au pouvoir, ZANU-PF, dispose d’une majorité des deux tiers à la chambre basse et exerce une influence dominante au Sénat, notamment via les chefs traditionnels et des membres alignés sur le pouvoir exécutif. Cette configuration lui donne la capacité de modifier la Constitution sans blocage institutionnel.
Au pouvoir sans interruption depuis l’indépendance en 1980, le ZANU-PF a d’abord été dirigé par Robert Mugabe, avant que Emmerson Mnangagwa ne prenne les rênes du pays à la suite du coup d’État de 2017.
Cependant, le projet de réforme suscite des résistances. Des généraux à la retraite et d’anciens hauts fonctionnaires ont publiquement exprimé leur opposition, affirmant avoir alerté le président sur les risques politiques d’une telle initiative. Selon eux, Emmerson Mnangagwa aurait répondu que « le gagnant l’emporte », laissant entendre que la majorité parlementaire tranchera.
Parallèlement, des anciens combattants et des militants ont saisi la Cour constitutionnelle pour contester la légalité du projet. La juridiction a réservé sa décision, le temps d’examiner les arguments présentés.
Dans un contexte d’opposition fragmentée, cette réforme pourrait redéfinir durablement les règles du jeu politique au Zimbabwe, en renforçant davantage la concentration du pouvoir entre les mains de l’exécutif et de sa majorité parlementaire.
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