AFRIQUE
ALGÉRIE – Une nouvelle loi pour organiser le passage à l’état de guerre
L’Algérie est désormais sur le pied de guerre. Une nouvelle loi sur la mobilisation générale vient d’entrer en vigueur, définissant le processus de passage d’une situation de paix à un état de guerre. Mais à qui s’adresse ce régime d’Abdelmadjid Tebboune ?
Une entrée en vigueur pour faire face à un « péril imminent »
Selon Jeune Afrique, le texte est entré en vigueur ce dimanche 27 juillet, après son adoption par le Parlement et sa publication au Journal officiel. Bien que ses formulations soient technocratiques, il esquisse un potentiel virage sécuritaire pour l’Algérie. La loi définit l’ensemble des dispositions à prendre pour assurer, en cas de décret présidentiel et « conformément aux dispositions énoncées par la Constitution », la « plus grande efficacité du passage des forces armées, des organismes de l’État, des structures et des institutions nationales ainsi que de l’économie nationale […] à l’état de guerre et la mise des capacités nationales à la disposition de l’effort de guerre ».
Ce processus serait enclenché en cas de « péril imminent » menaçant les institutions constitutionnelles, l’indépendance ou l’intégrité territoriale du pays.
Une mobilisation de toutes les ressources nationales
L’article 33 de ce texte brasse tout ce qui concourrait à inscrire le concept de « mobilisation générale » dans le concret, selon Jeune Afrique. Il s’agit d’une « concentration de tout ou d’une partie des capacités, des ressources humaines et des moyens matériels, économiques et financiers de l’État », ainsi que de l’ »adaptation de la production industrielle aux besoins des forces armées ».
La société civile et la diaspora également impliquées
La loi prévoit également d’impliquer « la société civile et les citoyens ». Cette implication pourra se faire par de la « sensibilisation », y compris auprès de la diaspora via le ministère des Affaires étrangères, ou par la « réquisition des personnes, des biens et des services » en soutien à l’effort de guerre.
Source : Dakaractu
AFRIQUE
MADAGASCAR – Un référendum en 2027 avant la présidentielle
À Madagascar, la transition politique entre dans une phase décisive avec l’annonce du calendrier électoral par la commission électorale nationale indépendante. L’institution prévoit l’organisation d’un référendum constitutionnel en juin 2027, suivi d’une élection présidentielle en octobre de la même année.
Ce calendrier s’inscrit dans le processus de transition engagé après la chute de Andry Rajoelina en octobre dernier, à la suite d’une mutinerie militaire appuyée par une mobilisation du mouvement GenZ.
Depuis, le pouvoir est exercé par le colonel Michael Randrianirina, à la tête d’un gouvernement de Refondation chargé de conduire une transition de 24 mois, reconnue par la communauté internationale.
Dans ce contexte, la commission électorale s’est fixé un délai d’environ onze mois pour reconstituer entièrement le fichier électoral, après avoir supprimé l’ensemble des bases de données existantes — une décision lourde de conséquences pour la crédibilité du futur processus électoral.
Cette annonce intervient également après le renouvellement du bureau permanent de la Commission électorale nationale indépendante de Madagascar, signe d’une volonté affichée de relancer sur de nouvelles bases l’organisation des scrutins à venir.
AFRIQUE
KENYA – Le président français Emmanuel Macron prône un nouveau modèle basé sur l’investissement
À Nairobi, le ton est donné : l’Afrique doit désormais miser sur l’investissement plutôt que sur l’aide. À l’ouverture du sommet Africa Forward, le président français Emmanuel Macron a plaidé pour un changement de paradigme dans les relations entre l’Europe et le continent africain.
Reconnaissant les limites budgétaires des pays européens, il a défendu un modèle fondé sur les capitaux privés et les projets structurants. En marge du sommet, aux côtés du président William Ruto, plus d’un milliard d’euros d’accords ont été annoncés entre entreprises françaises et kényanes.
Parmi les projets phares, le groupe CMA CGM s’engage à hauteur de 700 millions d’euros pour la modernisation de terminaux du port de port de Mombasa. De son côté, Meridiam prévoit 225 millions de dollars pour l’extension d’un parc éolien au Kenya.
Dans une approche plus équilibrée, William Ruto a insisté sur la nécessité d’un partenariat « gagnant-gagnant », rappelant que le continent africain doit aussi assumer sa part de responsabilité dans son développement.
Les deux dirigeants ont également mis en avant un enjeu stratégique central : l’accès à l’énergie comme condition préalable au développement de l’intelligence artificielle. Cette position intervient dans un contexte marqué par la signature récente d’un accord franco-kényan dans le domaine du nucléaire civil.
À travers cette initiative, la France cherche à redéfinir sa présence en Afrique en privilégiant l’économie réelle, l’innovation et des partenariats durables, dans un environnement géopolitique de plus en plus concurrentiel.
AFRIQUE
TCHAD – Huit opposants condamnés, la tension politique monte
Au Tchad, la pression judiciaire contre l’opposition franchit un nouveau cap. Huit figures de l’opposition ont été condamnées à huit ans de prison, selon leur avocat, à l’issue d’un procès dénoncé comme politique par leurs soutiens.
Arrêtés à N’Djamena quelques jours avant une marche de protestation interdite, les accusés — membres d’un mouvement ayant contesté l’élection du président Mahamat Idriss Déby — étaient poursuivis pour « association de malfaiteurs, rébellion et détention illégale d’armes de guerre ». Leur avocat, Moussa Adoum, a rejeté en bloc ces accusations, évoquant des « infractions inexistantes » et annonçant un recours en appel.
Ces condamnations s’inscrivent dans un contexte politique tendu depuis l’arrivée au pouvoir de Mahamat Déby en 2021, après la mort de son père Idriss Déby Itno. Depuis, plusieurs figures de l’opposition ont été poursuivies ou emprisonnées.
Le cas de Succès Masra illustre cette dynamique. Ancien Premier ministre et principal opposant, il a été condamné en mai 2025 à 20 ans de prison pour « incitation à la haine », un verdict critiqué par Human Rights Watch qui y voit un procès à motivation politique.
La situation s’est encore tendue avec la dissolution du GCAP, décidée par la Cour suprême. Cette coalition, qui regroupait plusieurs partis et acteurs de la société civile, appelait au boycott de l’élection présidentielle de 2024 et dénonçait un « climat de terreur » marqué par intimidations et restrictions des libertés publiques.
En toile de fond, une réforme constitutionnelle adoptée récemment permet désormais au président d’exercer des mandats illimités de sept ans. Une mesure vivement critiquée par l’opposition, qui y voit une dérive autoritaire susceptible d’ancrer durablement le pouvoir en place.
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