AFRIQUE
GUINÉE – Mamadi Doumbouya se déclare candidat à la présidentielle du 28 décembre 2025
Le président de la transition guinéenne, Mamadi Doumbouya, a officiellement déposé sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025, marquant ainsi la fin de deux années de spéculations sur ses intentions politiques. L’annonce a été confirmée ce lundi 3 novembre à minuit, mettant un terme au suspense qui animait la scène politique guinéenne.
Dès les premières heures de la journée, une foule de partisans s’est massée devant la Cour suprême de Guinée, à Conakry, pour assister à l’arrivée de leur leader. Un important dispositif sécuritaire avait été déployé pour encadrer cet événement jugé hautement symbolique. Le général Doumbouya est finalement apparu vers 16 heures, déclinant officiellement sa candidature devant la juridiction compétente.
L’annonce a provoqué des réactions contrastées. Les soutiens du chef de la junte ont salué une décision « courageuse » et « porteuse d’espoir » pour l’avenir du pays. « Il vient de répondre à notre appel », s’est réjoui un militant, convaincu que « seul Doumbouya peut faire bouger la Guinée ».
En revanche, l’opposition et les forces vives dénoncent une rupture de promesse. Lors de son accession au pouvoir le 5 septembre 2021, le général Doumbouya avait assuré qu’il ne briguerait pas la magistrature suprême. Pour ses détracteurs, cette candidature traduit un reniement politique et une volonté de « confisquer la transition ».
Âgé de 40 ans, le chef de la junte, visiblement confiant, promet de transformer la Guinée d’ici 2030, notamment à travers un meilleur accès à l’eau, à l’électricité et à l’emploi. À sa sortie de la Cour suprême, il n’a fait aucune déclaration publique, laissant planer le mystère sur le ton et le contenu de sa future campagne.
AFRIQUE
ALGERIE – Le pape Léon XIV lance une tournée africaine stratégique
Le pape Léon XIV a entamé ce lundi une visite historique en Algérie, marquant le tout premier déplacement d’un souverain pontife dans ce pays. Au-delà de la portée symbolique, ce voyage s’inscrit dans une stratégie plus large de promotion du dialogue interreligieux, dans un contexte international traversé par de fortes tensions.
Accueilli à Alger par le président Abdelmadjid Tebboune, le pape a immédiatement donné le ton d’une visite axée sur la coexistence entre chrétiens et musulmans. Son agenda prévoit notamment une visite à la Grande Mosquée d’Alger ainsi qu’un rassemblement à la basilique Notre-Dame d’Afrique, haut lieu du christianisme local.
Ce déplacement de deux jours constitue la première étape d’une tournée africaine de onze jours qui mènera le pontife au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale, dans un continent où l’Église catholique connaît une croissance significative. Mais cette visite se déroule dans un climat international tendu. La confrontation entre États-Unis, Israël et Iran pèse sur l’agenda diplomatique du Vatican. Le président Donald Trump a vivement critiqué le pape, l’accusant de positions idéologiques, après que ce dernier a dénoncé « l’illusion de toute-puissance » à l’origine des conflits. Depuis son avion, Léon XIV a réaffirmé son attachement à la paix, assurant ne pas redouter les pressions politiques.
Sur le terrain algérien, le message du pape s’adresse à une réalité particulière : une minorité catholique d’environ 9 000 fidèles vivant au sein d’une population majoritairement musulmane. L’archevêque d’Alger, Jean-Paul Vesco, souligne d’ailleurs la dimension quotidienne de ce vivre-ensemble, notamment autour de la basilique, fréquentée en grande partie par des musulmans. La visite comporte également une forte charge mémorielle. Le pape doit rendre hommage aux 19 religieux catholiques assassinés durant la guerre civile algérienne des années 1990, parmi lesquels les moines de Tibhirine. Ce conflit, connu sous le nom de « décennie noire », a profondément marqué le pays avec des centaines de milliers de victimes.
Au-delà des symboles, certaines interrogations persistent au sein de la société algérienne, notamment sur la liberté religieuse et la place des minorités. Si la Constitution reconnaît la pratique des autres cultes, des restrictions subsistent, en particulier concernant le prosélytisme. Dans ce contexte, la visite de Léon XIV apparaît comme un test diplomatique et spirituel : celui de savoir si le dialogue interreligieux peut s’imposer comme un levier de stabilité dans une région et un monde traversés par les fractures.
AFRIQUE
NIGÉRIA – Une frappe antiterroriste tourne au drame sur un marché
Une nouvelle opération militaire suscite une vive controverse au Nigeria. Dans l’État de Yobe, au nord-est du pays, une frappe aérienne menée par l’armée contre des positions présumées du groupe djihadiste Boko Haram fait l’objet d’une enquête après des allégations de lourdes pertes civiles.
Le bombardement a visé le village de Jilli, situé dans la zone de Geidam, un territoire régulièrement présenté comme un bastion insurgé. Selon les autorités militaires, l’intervention reposait sur des renseignements signalant des mouvements suspects attribués à des combattants terroristes. Toutefois, ces informations sont désormais remises en question.
Sur le terrain, plusieurs témoins décrivent une scène bien différente. D’après leurs récits, les frappes auraient atteint un marché local en pleine activité, touchant des civils. L’ONG Amnesty International évoque un bilan particulièrement lourd : une centaine de morts et plusieurs dizaines de blessés graves.
Face à ces accusations, l’armée de l’air nigériane a annoncé l’ouverture d’une enquête interne, reconnaissant que les renseignements ayant conduit à l’opération pourraient avoir été insuffisamment fiables. Une déclaration qui traduit une certaine prudence, alors que la pression internationale et locale s’intensifie.
Cet incident ravive un débat récurrent sur les méthodes employées dans la lutte contre l’insurrection jihadiste dans le nord-est du Nigeria. Depuis son allégeance à l’organisation État islamique en 2015, Boko Haram a intensifié ses attaques, poussant les forces armées à multiplier les opérations aériennes. Mais ces interventions, souvent menées dans des zones densément peuplées, exposent les civils à des risques élevés.
Selon plusieurs sources médiatiques, des frappes similaires auraient causé la mort d’au moins 500 civils depuis 2017, alimentant les critiques sur la gestion du conflit et la fiabilité du renseignement militaire.
AFRIQUE
DJIBOUTI – Vers un sixième mandat pour le président Ismail Omar Guelleh
Le dépouillement est en cours à Djibouti après l’élection présidentielle, un scrutin dont l’issue devrait, sauf surprise, reconduire Ismail Omar Guelleh pour un sixième mandat.
Au pouvoir depuis 1999, le chef de l’État, âgé de 78 ans, faisait face à un seul adversaire, Mohamed Farah Samatar, resté discret tout au long de la campagne. Dans la capitale, le vote s’est déroulé sous haute sécurité, avec une participation jugée variable selon les bureaux.
Un scrutin sans véritable suspense
Figure dominante de la vie politique djiboutienne, Ismail Omar Guelleh a consolidé son maintien au pouvoir à la faveur d’une révision constitutionnelle ayant supprimé la limite d’âge pour briguer la magistrature suprême. Favori, il a appelé les électeurs à se mobiliser autour des valeurs de « fraternité » et de « solidarité », tout en affichant sa confiance dans le résultat.
Dans les urnes, certains électeurs ont souligné l’importance de participer au vote, malgré une opposition peu visible et un rapport de force largement déséquilibré.
Un carrefour géostratégique sous pression
Situé à un point clé des routes maritimes mondiales, Djibouti occupe une position stratégique majeure. Le pays accueille plusieurs bases militaires étrangères, notamment de la France, des États-Unis et de la Chine, ce qui constitue une source importante de revenus. Malgré cet avantage, les défis économiques et sociaux persistent. Le chômage, particulièrement élevé chez les jeunes, ainsi qu’un niveau d’endettement important, pèsent sur les perspectives de développement.
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