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AFRIQUE

SOUDAN – 75 morts dans une frappe de drone sur une mosquée de déplacés à El-Facher

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Au moins 75 personnes ont été tuées vendredi dans une frappe de drone menée par les Forces de soutien rapide (FSR) contre une mosquée dans le camp de déplacés d’Abou Chouk, près d’El-Facher, capitale du Darfour-Nord. Selon la Cellule d’urgence du camp, le drone explosif a frappé un lieu de prière bondé, provoquant l’effondrement du bâtiment.

El-Facher, dernier bastion stratégique de l’armée

Depuis plus de deux ans, les FSR mènent une offensive pour chasser l’armée régulière du Darfour. El-Facher est la dernière grande ville de la région encore sous contrôle de l’armée soudanaise. Si elle tombe, les paramilitaires contrôleront entièrement le Darfour, où des exactions massives ont déjà été dénoncées par l’ONU et plusieurs ONG.

Le camp d’Abou Chouk, surpeuplé et ravagé par la famine, se trouve à seulement trois kilomètres de l’ancienne base de la mission de paix ONU-UA (Minuad), désormais quartier général des Forces conjointes, alliées à l’armée. Les FSR revendiquent avoir pris ce site stratégique, une information jugée « probable » par l’Université Yale à partir d’images satellites récentes.

Craintes d’exactions de masse

L’aéroport d’El-Facher et le QG de la 6e division de l’armée sont désormais à portée des tirs des FSR. Les organisations humanitaires redoutent des massacres contre les populations non arabes, en particulier la communauté zaghawa.

« Les quartiers d’El-Facher seront maculés du sang de ces massacres bien avant que la communauté internationale ne réagisse », a alerté Shayna Lewis, de l’ONG Avaaz.

Assiégée depuis plus de 500 jours, la ville compte 260.000 civils, dont la moitié sont des enfants, selon l’ONU. L’aide humanitaire y est presque inexistante.

Une guerre aux conséquences catastrophiques

Le conflit, déclenché en avril 2023 entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane et les FSR de son ex-allié Mohamed Hamdan Daglo, est entré dans sa troisième année. Il a déjà fait des dizaines de milliers de morts et plusieurs millions de déplacés, constituant ce que l’ONU décrit comme « la plus grave crise humanitaire actuelle ».

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AFRIQUE

AFRIQUE DU SUD – Le Ghana accélère le rapatriement de ses citoyens

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Le Ghana intensifie son opération de rapatriement de ressortissants installés en Afrique du Sud, dans un contexte de tensions persistantes visant les communautés étrangères. Selon les autorités, un millier de travailleurs migrants supplémentaires doivent être évacués entre dimanche et lundi à bord de vols spécialement affrétés.

Cette nouvelle phase s’inscrit dans la continuité d’une vaste opération engagée après une série de violences xénophobes ayant secoué la première économie du continent. Près de 930 citoyens ghanéens ont déjà regagné leur pays au cours des derniers jours, dans un climat d’inquiétude croissante.

Le ministère ghanéen des Affaires étrangères précise que ces rotations aériennes devraient marquer l’ultime étape du dispositif de rapatriement, destiné à sécuriser les ressortissants exposés. L’opération témoigne de la volonté d’Accra de réagir rapidement face à une dégradation de la situation sécuritaire.

Sur le plan diplomatique, le président John Mahama a interpellé Union africaine, appelant à une prise en charge collective de la problématique des attaques ciblant les étrangers. Il a également exprimé des réserves quant à la réponse des autorités sud-africaines, jugée insuffisante pour garantir la protection des populations migrantes.

Depuis le mois de mai, les conséquences de cette vague de violences sont significatives : plus de 160 000 étrangers, majoritairement originaires d’autres pays africains, auraient quitté le territoire sud-africain, illustrant l’ampleur d’une crise aux répercussions régionales.

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AFRIQUE

CAMEROUN – L’absence prolongée de Paul Biya relance la polémique

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L’absence prolongée du président Paul Biya suscite une vive controverse au Cameroun, où le chef de l’État, âgé de 93 ans et au pouvoir depuis plus de quatre décennies, séjourne en Suisse depuis le début du mois de juin. Initialement présentée comme une visite privée de courte durée, cette absence qui s’étire désormais sur plusieurs semaines alimente les interrogations au sein de la classe politique et de l’opinion publique.

Les formations d’opposition dénoncent un fonctionnement institutionnel fragilisé, évoquant une gouvernance à distance et un déficit de visibilité au sommet de l’État. Certaines voix critiques parlent d’un appareil exécutif tournant au ralenti, dans un contexte politique déjà marqué par des tensions et une demande croissante de réformes.

Face à ces accusations, les autorités maintiennent une ligne de défense ferme. Le gouvernement assure que le président continue d’exercer pleinement ses prérogatives depuis l’étranger, affirmant que les décisions stratégiques et le suivi des dossiers nationaux restent assurés sans interruption.

Cette situation ravive par ailleurs les débats autour de la succession présidentielle. La récente révision constitutionnelle ayant introduit la fonction de vice-président n’a, à ce jour, pas été suivie d’une nomination, laissant persister une incertitude institutionnelle.

Dans un climat politique caractérisé par des élections contestées, des annonces de remaniement en suspens et des échéances électorales régulièrement repoussées, une partie de la population exprime ouvertement son aspiration à un renouvellement de la gouvernance. Les spéculations sur l’ère post-Biya continuent ainsi de prendre de l’ampleur, au cœur du débat national.

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AFRIQUE

NIGÉRIA – Une attaque sanglante fait au moins 30 morts dans un village

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Une attaque d’une extrême violence a frappé le nord-ouest du Nigeria, où un groupe d’hommes armés a pris pour cible une localité de l’État de Kaduna. Le bilan provisoire fait état d’au moins une trentaine de victimes, parmi lesquelles plusieurs enfants, illustrant une nouvelle escalade de l’insécurité dans cette région déjà fragilisée.

Selon des sources locales concordantes, les assaillants ont mené une offensive brutale en ouvrant le feu de manière indiscriminée avant de mettre le feu à de nombreuses habitations. L’attaque s’est produite dans le village de Naridon, situé dans la zone administrative de Kauru. À ce stade, aucun groupe n’a officiellement revendiqué l’opération.

Cet épisode meurtrier s’inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé dans le nord-ouest et le centre du pays. Ces territoires sont régulièrement le théâtre d’attaques menées par des bandes armées, mais également par des organisations jihadistes telles que Boko Haram et ISWAP, actives dans plusieurs zones du nord nigérian.

Les autorités sont confrontées à une multiplication des violences, alimentées notamment par des enlèvements contre rançon, qui constituent une source de financement majeure pour ces groupes. Cette nouvelle attaque relance les inquiétudes quant à la capacité de l’État à endiguer durablement l’insécurité dans ces régions stratégiques.

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