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AFRIQUE DE L’EST

SOUDAN : Abolition de la loi qui condamne les femmes pour « actes indécents » .

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Le calvaire des femmes au Soudan devrait désormais prendre fin avec la décision du nouveau gouvernement d’Abdallah Hamdak d’abroger la loi qui punissait les femmes. Elles étaient fouettées, châtiées et même condamnées pour des actes jugés « indécents ».

Sous l’ancien président Omar El-Béchir dont l’accession au pouvoir par coup d’État à été facilitée par les islamistes en 1989, les femmes étaient les victimes directes de la rigueur imposée par la loi. Elles étaient obligées de payer des amendes soit pour une tenue indécente soit pour avoir bu de l’alcool ou pour tout autre acte contraire aux principes de la loi canonique islamique, la charia.

Les femmes accueillent l’abolition de cette loi comme une vraie victoire car la plupart estiment qu’elles n’avaient pratiquement aucun droit dans le pays, encore moins une liberté de choix. D’ailleurs, lors de la journée internationale de l’élimination des violences contre les femmes, les femmes soudanaises étaient sorties en masse pour manifester et réclamer plus de considération, une première depuis maintenant plusieurs décennies.

À l’annonce de l’abrogation de cette disposition, elles sont encore ressorties dans les rues de la capitale Khartoum pour exprimer leur joie.

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AFRIQUE

SOUDAN DU SUD – Joseph Lagu, héros de l’indépendance, s’éteint à 94 ans

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Le Soudan du Sud a décrété un deuil national après la disparition de Joseph Lagu, survenue mardi à l’âge de 94 ans. Figure historique de la lutte pour l’émancipation du pays, cet ancien chef rebelle a consacré une grande partie de sa vie au combat contre le pouvoir central soudanais. Il restera notamment connu pour avoir affirmé avoir commencé cette lutte avec une simple machette pour seule arme.

Devenu indépendant en 2011, après plusieurs décennies de conflit avec le Soudan, le plus jeune État du monde rend hommage à l’un des hommes qui ont marqué les premières heures de sa résistance armée. Joseph Lagu fut, en 1963, l’un des fondateurs du mouvement Anyanya, première organisation armée à s’opposer au gouvernement soudanais. Parmi les combattants placés sous son commandement figurait notamment Salva Kiir, aujourd’hui président du Soudan du Sud.

À l’annonce de son décès, le chef de l’État a appelé la population à honorer non seulement la mémoire du disparu, mais aussi l’ensemble de son parcours. Salva Kiir a souligné que Joseph Lagu avait vécu suffisamment longtemps pour assister à la naissance du pays pour lequel il s’était battu.

Le rôle de l’ancien chef rebelle ne s’est pas limité au terrain militaire. En 1972, il participa aux négociations qui mirent fin à la première guerre civile soudanaise, un conflit meurtrier auquel sont attribuées environ 500 000 victimes. Cet accord avait permis au Sud d’obtenir un statut d’autonomie régionale au sein du Soudan.

Joseph Lagu poursuivit ensuite sa carrière dans les institutions politiques et diplomatiques. Il occupa notamment le poste de deuxième vice-président du Soudan avant de représenter ce pays auprès des Nations unies en qualité de représentant permanent. Salva Kiir a salué la mémoire d’un militaire, diplomate et homme d’État dont l’engagement a profondément marqué l’histoire sud-soudanaise.

Le deuil national restera en vigueur jusqu’aux funérailles, dont la date n’a pas encore été annoncée.

Dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse en 2011, peu avant le référendum qui devait conduire à l’indépendance du Soudan du Sud, Joseph Lagu était revenu sur les débuts difficiles de la rébellion. Il racontait que les premiers combattants disposaient de moyens extrêmement limités, avec seulement quelques fusils pour lancer leur mouvement. Lui-même, disait-il, n’avait qu’une machette.

Malgré cette faiblesse matérielle, les insurgés étaient convaincus de la légitimité de leur cause. Joseph Lagu avait expliqué avoir reçu une première livraison d’armes en provenance du Congo, avant de bénéficier du soutien d’Israël. Cette coopération s’inscrivait notamment dans le contexte des tensions régionales consécutives à la guerre des Six Jours de 1967, au cours de laquelle le Soudan avait soutenu l’Égypte.

L’ancien dirigeant avait également raconté comment il avait sollicité l’aide du gouvernement israélien dans une lettre adressée au Premier ministre de l’époque. Il avait alors présenté la lutte des rebelles sud-soudanais comme un moyen d’affaiblir les forces soudanaises susceptibles de soutenir l’Égypte.

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AFRIQUE

TANZANIE – Tundu Lissu entame une grève de la faim pour obtenir le droit de voir ses avocats en privé

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Le principal opposant tanzanien, Tundu Lissu, a entamé une grève de la faim lundi afin de contraindre les autorités pénitentiaires à respecter son droit de s’entretenir confidentiellement avec ses avocats. Le dirigeant du parti Chadema, actuellement détenu dans l’attente du verdict de son procès pour trahison, dénonce le refus des autorités de lui garantir ces échanges, selon sa formation politique.

Dans un communiqué, Chadema affirme que la Haute Cour de Tanzanie a reconnu, la semaine dernière, une violation du droit constitutionnel de son chef à consulter ses conseils juridiques en privé. Le parti accuse toutefois les autorités pénitentiaires de ne pas appliquer cette décision. Samedi, il avait déjà dénoncé ce qu’il considère comme un refus de se conformer à la décision judiciaire.

Figure majeure de l’opposition, Tundu Lissu critique depuis de nombreuses années le Chama Cha Mapinduzi (CCM), parti au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1961. Son incarcération intervient dans le cadre d’une procédure pour trahison, une accusation passible de la peine capitale en Tanzanie.

Le responsable politique, âgé de 58 ans, a été arrêté en avril 2025. Les autorités lui reprochent d’avoir encouragé la population à boycotter les élections organisées cette année-là. Depuis son arrestation, il demeure en détention dans l’attente de la décision de justice.

Son procès suscite de vives critiques de la part de l’opposition et de plusieurs organisations de défense des droits humains. Ces acteurs contestent les conditions dans lesquelles la procédure se déroule et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une affaire à caractère politique. Les accusations portées contre l’opposant restent toutefois soumises à l’appréciation de la justice.

Le parcours de Tundu Lissu est également marqué par une tentative d’assassinat à laquelle il a survécu en 2017. Après plusieurs années passées en exil, il était rentré en Tanzanie en 2023 pour reprendre son engagement politique.

Le verdict de son procès pour trahison est attendu le 6 novembre. D’ici là, la grève de la faim engagée par le dirigeant de Chadema ajoute une nouvelle dimension à une affaire qui concentre les inquiétudes sur les droits de la défense, les libertés politiques et le traitement réservé à l’opposition en Tanzanie.

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AFRIQUE

SOMALIE – Inondations : Près de 874 000 personnes menacées de déplacement

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Près de 874 000 personnes pourraient être contraintes de quitter leur domicile en Somalie au cours des trois prochains mois en raison de fortes précipitations et de la montée des eaux. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte sur les risques de déplacements massifs alors que le pays se prépare à une saison des pluies qui pourrait être particulièrement intense.

Selon Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations unies, les prévisions du Conseil danois pour les réfugiés et de l’OIM indiquent que les inondations pourraient être responsables de 92 % des déplacements anticipés. Cette situation serait aggravée par des précipitations supérieures aux normales saisonnières, dans un contexte marqué par le renforcement du phénomène climatique El Niño.

Face à cette menace, l’OIM travaille avec les autorités somaliennes pour améliorer les dispositifs d’alerte précoce et renforcer les préparatifs en vue d’éventuelles interventions d’urgence. L’objectif est de permettre aux populations exposées d’être averties à temps et de limiter les conséquences humaines des crues.

Cependant, les ressources financières disponibles restent largement insuffisantes. À ce stade, seulement 14 % des 16,6 millions de dollars nécessaires pour anticiper et gérer les conséquences des phénomènes liés à El Niño ont été mobilisés, selon les informations communiquées par les Nations unies.

Les organisations humanitaires intensifient leurs préparatifs et s’appuient notamment sur les enseignements tirés des inondations dévastatrices de 2023. Malgré ces efforts, leur capacité d’intervention est fragilisée par d’importantes réductions budgétaires qui ont entraîné une diminution significative des opérations humanitaires.

Alors que la saison des pluies approche, le manque de financement constitue un obstacle majeur à la prévention des risques et à l’assistance aux populations vulnérables. Les prochains mois seront déterminants pour limiter les déplacements forcés et répondre aux besoins des communautés susceptibles d’être touchées.

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