AFRIQUE DU NORD
TUNISIE : Mort de la blogueuse Lina Ben Mhenni.
La blogueuse et professeure d’arabe, très influente et surtout réputée lors du fameux « printemps arabe » en Tunisie en 2011, Lina Ben Mhenni est morte ce lundi 27 janvier 2020, à l’âge de 36 ans. On l’appelait généralement la « militante de toutes les causes ».
Dans la nuit de dimanche à lundi, Lina Ben Mhenni a posté un dernier message sur son blog, avant de s’éteindre à l’âge de 36 ans.
Elle est née le 22 mai 1983 à Tunis, elle était la principale inspiratrice d’une génération de militants et blogueurs qui ont pu se servir des nouvelles technologies de l’information pour mener un combat politique contre la privation de liberté et la dictature.
Au mois de janvier 2011, lors du soulèvement populaire contre la dictature de Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir pendant 24 ans, Lina Ben Mhenni est l’une des premières à se rendre à Sidi Bouzid, une ville au centre de la Tunisie et berceau de la contestation.
Elle avait retransmis, via les réseaux sociaux, les premières manifestations de colère des habitants contre les autorités. Après l’immolation par le feu du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010.
Elle était estimée pour ses prises de positions régulières pour des causes nobles. Elle s’est faite la voix du peuple tunisien, c’est pourquoi on l’a surnommée avec affection « la militante de toutes les causes ». Les hommages n’ont d’ailleurs pas tardé pour cette révolutionnaire que l’on pressentait gagner le Prix Nobel de la Paix.
AFRIQUE
LIBYE – Les opérations de récupération se poursuivent après un naufrage
Un nouveau naufrage au large des côtes libyennes rappelle la dangerosité persistante de la route migratoire en Méditerranée centrale. Le Croissant-Rouge libyen a annoncé avoir récupéré deux corps de migrants sur une plage de Qasr Al-Akhyar, à l’est de Tripoli, portant à douze le nombre total de dépouilles retrouvées récemment dans les zones de Qasr Al-Akhyar et de Ghanima.
Selon les équipes locales, l’embarcation aurait chaviré dans la zone maritime comprise entre Al-Tamimi et Umm Al-Razm, près de Derna. Les opérations de recherche se poursuivent, mobilisant des volontaires et des services d’urgence afin de localiser d’éventuelles autres victimes.
Les corps repêchés ont été transférés aux autorités compétentes pour identification et procédures légales. Les circonstances précises du naufrage restent à déterminer, mais les conditions météorologiques et la fragilité des embarcations utilisées par les passeurs figurent parmi les causes récurrentes de ces drames.
Une route parmi les plus meurtrières au monde
D’après les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 2 100 migrants ont péri ou disparu l’an dernier en tentant de traverser la Méditerranée vers l’Europe. La route dite « centrale », reliant la Libye aux côtes italiennes et grecques, demeure l’un des corridors migratoires les plus dangereux.
Régulièrement, des corps s’échouent sur les rivages méditerranéens, notamment en Crète ou le long du littoral italien, illustrant la dimension transnationale de ces tragédies.
Pression humanitaire persistante
La Libye reste un point de départ majeur pour des milliers de candidats à l’exil fuyant conflits, instabilité économique ou persécutions en Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient. Malgré les dispositifs de surveillance renforcés et les accords de coopération maritime, les départs clandestins se poursuivent.
AFRIQUE
LIBYE – Mort de Seif Al-Islam Kadhafi : une enquête ouverte après des tirs mortels
La mort de Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, continue de soulever de nombreuses interrogations. Le parquet général de Tripoli a annoncé, mercredi, l’ouverture d’une enquête officielle après la découverte de son corps la veille à Zenten, dans l’ouest de la Libye. Les autorités judiciaires ont confirmé qu’il a été tué par balle.
Dans un communiqué publié sur Facebook, le bureau du procureur précise qu’une équipe composée de magistrats, de médecins légistes et d’experts s’est rendue sur place pour examiner la dépouille. Les premières constatations médico-légales ont établi que la victime avait succombé à des tirs d’arme à feu. Une procédure pénale a été engagée afin d’identifier les auteurs et de déterminer les circonstances exactes du meurtre.
Aucune information n’a, pour l’instant, été communiquée concernant les funérailles de Seif al-Islam Kadhafi. Jusqu’à l’annonce de son décès, sa localisation demeurait inconnue, alimentant de nombreuses spéculations sur son sort.
Figure centrale de l’ancien régime, Seif al-Islam était poursuivi par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Arrêté en 2011 dans le sud du pays, il avait été détenu pendant plusieurs années à Zenten avant d’être condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès controversé, puis libéré dans le cadre d’une loi d’amnistie.
Selon son avocat français, Marcel Ceccaldi, l’ancien héritier présumé du régime aurait été abattu à son domicile par un commando de quatre hommes non identifiés. Cette version n’a, pour l’heure, pas été confirmée par les autorités libyennes.
Ce décès intervient dans un contexte politique toujours marqué par l’instabilité. Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye reste divisée entre deux centres de pouvoir rivaux : le gouvernement d’unité nationale basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, et une administration parallèle à Benghazi, soutenue par le maréchal Khalifa Haftar et ses forces.
À ce stade, ni les autorités de l’ouest ni celles de l’est du pays n’ont officiellement réagi à l’annonce de la mort de Seif al-Islam Kadhafi, laissant planer de nombreuses incertitudes sur les conséquences politiques et sécuritaires de cette affaire.
AFRIQUE
TUNISIE – Démission de Noureddine Taboubi, l’UGTT face à ses divisions
En Tunisie, la scène syndicale est secouée par l’annonce de la démission de Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), rendue publique le 23 décembre 2025. Si cette décision était largement anticipée en interne, son calendrier soulève de nombreuses interrogations. Elle intervient en effet à moins d’un mois d’une grève générale décrétée par la centrale pour le 21 janvier, sur fond de rupture prolongée du dialogue social avec le gouvernement.
Âgé de 64 ans, Noureddine Taboubi dirigeait l’UGTT depuis 2017. À ce stade, il n’a pas officiellement expliqué les raisons de son départ. Toutefois, plusieurs facteurs politiques et internes permettent d’éclairer ce choix. Ces derniers mois, la centrale syndicale a fait face à une pression politique croissante. Des attaques contre son siège, survenues en août dernier, ainsi que des campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux ont contribué à fragiliser son image et son influence.
Parallèlement, l’UGTT connaît un affaiblissement sur le plan institutionnel. Le dialogue social avec les autorités est rompu depuis plusieurs mois, réduisant la capacité de la centrale à peser sur les décisions économiques et sociales. Cette marginalisation progressive intervient dans un contexte national déjà tendu, marqué par des difficultés économiques et sociales persistantes.
Mais selon plusieurs observateurs, la principale explication de cette démission réside dans les luttes internes au sein de l’UGTT. Une véritable guerre de clans et de succession oppose aujourd’hui différentes tendances. Deux camps se font face : l’un plaide pour l’organisation rapide d’un congrès électif en mars 2026, tandis que l’autre souhaite en repousser la tenue à 2027. Les partisans d’un congrès anticipé critiquent la gouvernance de Noureddine Taboubi, jugée clivante au sein du bureau exécutif et contestée dans certaines structures régionales.
Cette démission, annoncée à la veille d’une mobilisation nationale majeure, risque d’accentuer les divisions internes et de fragiliser davantage la centrale syndicale. Elle pourrait également affecter la capacité de l’UGTT à mobiliser ses bases pour la grève générale prévue le 21 janvier. Une situation qui, selon le politologue Mohamed Dhia Hammami, profite indirectement au pouvoir en place.
Conformément aux statuts de l’UGTT, la démission de Noureddine Taboubi n’est toutefois pas immédiate. Elle doit être examinée et validée par les instances dirigeantes dans un délai de quinze jours, période durant laquelle le secrétaire général peut encore revenir sur sa décision.
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