AFRIQUE AUSTRALE
ZIMBABWE : Robert Mugabe sommé de démissionner avant demain midi.
Demain lundi 20 novembre 2017, jusqu’à midi, Robert Mugabe devra démissionner de la présidence du Zimbabwe, pays qu’il dirige depuis son indépendance, le 18 avril 1980. C’est en tout cas ce qu’exige son parti, le Zanu-Pf.
Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion d’urgence de sa formation politique, tenue ce dimanche 19 novembre. Le seul président qu’ait connu le Zimbabwe depuis son indépendance a donc jusqu’au lundi midi pour démissionner. Le président du Parlement menace d’enclencher la procédure de destitution, dans le cas contraire. La ligue des jeunes du même parti a également appelé, dimanche, dans un communiqué, le président à quitter le pouvoir. Et exigé « l’expulsion à tout jamais de Madame Mugabe de la Zanu-PF ». Grâce Mugabe, âgée de 52 ans, qui justement, ambitionnait de succéder à son mari. Rêve réduit en morceaux depuis que l’armée et la rue s’en sont mêlées.
Le président Robert Mugabe s’est adressé ce soir à la nation en direct depuis le palais présidentiel, sans mentionner cette démission attendue. Il affirme plutôt qu’il présiderait le mois prochain le congrès de son parti. Ce qui s’apparente à un défi.
AFRIQUE
ZAMBIE – Des files d’attente massives avant un dépouillement décisif
À Lusaka, les électeurs zambiens se sont mobilisés dès les premières heures de la matinée pour participer à une présidentielle particulièrement suivie. Plusieurs files d’attente s’étaient formées avant même l’ouverture officielle des bureaux, fixée à 6 heures. Malgré cette forte affluence, la capitale est restée globalement calme, avec un dispositif policier renforcé aux abords des centres de vote.
Selon les données électorales disponibles, 8 786 300 électeurs étaient appelés aux urnes dans 13 529 bureaux de vote à travers le pays. La jeunesse occupe une place centrale dans ce scrutin : près de la moitié des électeurs inscrits sont âgés de 18 à 35 ans. En parallèle de l’élection présidentielle, les Zambiens étaient également invités à renouveler leurs représentants à l’Assemblée nationale ainsi que leurs responsables locaux.
La journée électorale n’a toutefois pas été exempte de difficultés. Dans plusieurs centres, des retards à l’ouverture ont été signalés, tandis que certains électeurs ont rencontré des problèmes liés à l’organisation des files, à l’orientation ou à la vérification des listes. Dans la province du Nord, Brian Mundubile, figure majeure de l’opposition, a notamment dénoncé l’ouverture tardive de certains bureaux.
Ces dysfonctionnements n’ont cependant pas entraîné, à ce stade, de violences ou d’incidents de grande ampleur. Le climat est demeuré relativement serein dans les principales zones de vote, malgré les tensions qui avaient marqué les derniers jours de la campagne électorale.
Le président sortant, Hakainde Hichilema, s’est lui-même rendu aux urnes à Lusaka en début d’après-midi. Candidat à sa réélection, le chef de l’État défend son bilan depuis son arrivée au pouvoir en 2021, notamment les mesures prises pour restructurer la dette du pays et relancer l’économie. Tout en mettant en avant ces avancées, il reconnaît que plusieurs défis restent à relever.
Face à lui, Brian Mundubile cherche à transformer le mécontentement social en dynamique électorale. La hausse du coût de la vie, le chômage et la persistance de la pauvreté constituent les principales préoccupations d’une partie importante de l’électorat.
L’économie zambienne affiche pourtant des signes d’amélioration. Après les difficultés liées à la dette et aux déséquilibres économiques, la croissance devrait atteindre environ 4,3 % cette année. Mais pour de nombreux ménages, cette amélioration des indicateurs macroéconomiques ne s’est pas encore traduite par une amélioration suffisamment perceptible des conditions de vie.
Dans ce contexte, Hichilema partait avec le statut de favori. Son avantage institutionnel et la fragmentation de l’opposition constituent deux facteurs susceptibles de jouer en sa faveur. Mais l’importance de la participation et le comportement de l’électorat jeune pourraient également peser lourd dans le résultat final.
À 18 heures, les bureaux de vote ont fermé leurs portes, laissant place aux opérations de dépouillement. Les bulletins sont désormais comptabilisés avant la transmission des procès-verbaux aux structures compétentes de la Commission électorale.
La règle électorale est claire : pour éviter un second tour, le candidat arrivé en tête doit recueillir plus de 50 % des suffrages exprimés. Dans le cas contraire, les deux prétendants ayant obtenu les meilleurs scores devront se retrouver lors d’un nouveau scrutin.
La Commission électorale est attendue pour la publication des résultats nationaux lundi. En attendant cette échéance, l’attention se concentre sur la transparence du dépouillement, la remontée des procès-verbaux et la gestion des éventuelles contestations. Après une journée marquée par une mobilisation importante et un calme globalement maintenu, la Zambie entre désormais dans la phase la plus sensible du processus électoral.
AFRIQUE
ZAMBIE – Brian Mundubile dénonce une campagne présidentielle déséquilibrée
À quelques heures du scrutin présidentiel en Zambie, la campagne électorale s’achève dans un climat tendu. Brian Mundubile, candidat de la Tonse Alliance et principal adversaire du président sortant Hakainde Hichilema, accuse les autorités d’avoir imposé à son camp des conditions qui auraient considérablement limité ses possibilités de mener campagne.
Le candidat de l’opposition affirme notamment avoir rencontré d’importantes difficultés pour se déplacer à travers le pays. Des autorisations de vols lui auraient été refusées, le contraignant à privilégier les déplacements routiers. Une contrainte qu’il oppose aux moyens dont aurait bénéficié le chef de l’État, notamment l’utilisation de plusieurs hélicoptères pour multiplier les rassemblements électoraux.
Brian Mundubile affirme également avoir subi des mesures qu’il considère comme particulièrement préoccupantes. Il assure que son passeport aurait été retenu pendant plusieurs mois et que ses téléphones ainsi que ses cartes SIM auraient été confisqués. À ses yeux, ces incidents ne constituent pas des faits isolés, mais témoigneraient d’un environnement électoral dans lequel l’opposition n’aurait pas bénéficié des mêmes conditions que le camp présidentiel.
Le candidat de la Tonse Alliance met également en cause l’action des forces de sécurité et de la Commission électorale de Zambie. Il affirme que les interventions policières ont régulièrement perturbé les activités de son mouvement et accuse des militants de l’United Party for National Development, formation du président Hichilema, d’avoir participé à des violences contre des membres de son camp. Il reproche en outre à l’autorité électorale de ne pas avoir suffisamment réagi à ces incidents.
Ces accusations sont rejetées par les autorités, alors que la campagne a été ponctuée de tensions entre militants rivaux, d’interventions policières et de dispersion de rassemblements à l’aide de gaz lacrymogènes. Le climat entourant le scrutin fait ainsi peser une pression supplémentaire sur les institutions chargées de garantir la régularité de l’élection.
À 55 ans, Brian Mundubile tente de fédérer une opposition encore marquée par des divisions internes. Ancien ministre et avocat, il connaît bien les rouages du pouvoir pour avoir été associé à l’ancien régime d’Edgar Lungu. Sa candidature représente toutefois un exercice délicat : il doit à la fois défendre son expérience politique et convaincre les électeurs qui souhaitent tourner la page de l’ancienne gouvernance.
Son principal rival, Hakainde Hichilema, entend pour sa part obtenir un deuxième mandat après son accession à la présidence en 2021. Le chef de l’État met en avant les réformes économiques engagées depuis son arrivée au pouvoir, notamment la restructuration de la dette publique et la coopération avec le Fonds monétaire international.
Mais le bilan économique du gouvernement reste confronté à une réalité sociale difficile. La hausse du coût de la vie, le chômage et la pauvreté continuent de peser lourdement sur les ménages. La jeunesse, particulièrement nombreuse dans le corps électoral, pourrait jouer un rôle déterminant dans l’issue du scrutin.
Au total, quatorze candidats briguent la présidence, même si la confrontation entre Hichilema et Mundubile apparaît comme la plus suivie. Les électeurs sont également appelés à renouveler l’Assemblée nationale, dont le nombre de circonscriptions a été porté à 226.
Le dépouillement devrait permettre de connaître les premiers rapports de force dans les jours suivant le vote. Une seconde manche sera nécessaire si aucun candidat ne recueille plus de la moitié des suffrages exprimés.
Pour Brian Mundubile, cependant, la véritable question dépasse le résultat du scrutin. Le candidat de l’opposition appelle à examiner l’ensemble du processus électoral, depuis les conditions de campagne jusqu’à la proclamation des résultats. La présidentielle zambienne apparaît ainsi comme un test majeur pour la crédibilité des institutions et la solidité démocratique du pays.
AFRIQUE
COMORES – Survivre sans eau, le quotidien difficile des habitants de Moroni
À Moroni, la pénurie d’eau potable s’installe durablement et bouleverse le quotidien des habitants. Dans cette ville d’environ 150 000 habitants, l’accès à l’eau courante est devenu aléatoire, contraignant les populations à s’organiser autour de rares points d’approvisionnement encore fonctionnels.
Dès les premières heures de la journée, de longues files se forment devant les bornes publiques. Comme de nombreux habitants, Kaouthara Bouchrane, mère de famille, consacre une partie importante de son temps à tenter de remplir quelques jerricans, devenus indispensables pour couvrir les besoins domestiques. Malgré son abonnement auprès de SONEDE, elle ne bénéficie que très rarement d’un accès direct à l’eau à domicile, une situation qui accentue les dépenses des ménages contraints d’acheter cette ressource devenue rare.
La distribution d’eau par le réseau public est désormais sporadique, parfois limitée à une brève fenêtre nocturne tous les quinze à vingt jours. Dans ces conditions, les habitants développent des stratégies de survie, laissant les robinets ouverts en permanence pour capter les rares arrivées d’eau et s’alerter mutuellement dès que le service reprend.
Les autorités expliquent cette crise par l’obsolescence des infrastructures hydrauliques, combinée à une forte croissance démographique. Les installations actuelles, conçues il y a plusieurs décennies, ne sont plus adaptées aux besoins d’une capitale en expansion, où la demande en eau ne cesse d’augmenter.
Face à la pression croissante, les responsables du secteur de l’eau évoquent des mesures correctives. Des ajustements techniques à court terme sont engagés pour optimiser la distribution existante, tandis que des projets de modernisation du réseau sont annoncés à moyen terme, avec pour objectif d’améliorer durablement l’accès à l’eau potable dans la capitale.
Un programme d’envergure, soutenu par des partenaires internationaux, prévoit notamment la réhabilitation complète du système de distribution. En attendant la concrétisation de ces initiatives, les habitants de Moroni continuent de composer avec une pénurie persistante, symbole des défis structurels auxquels sont confrontées de nombreuses villes africaines en matière d’accès aux services essentiels.
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