AFRIQUE DE L’OUEST
SÉNÉGAL – Le CRD dénonce la réduction de la démocratie à sa plus nulle expression
Le Congrès de la Renaissance Démocratique (CRD) s’est réuni, ce vendredi 05 mars 2021, pour s’exprimer sur la situation explosive dans laquelle est actuellement le Sénégal. L’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye et ses camarades ont dénoncé la restriction des libertés et le recul démocratique sous le régime de Macky Sall.
Le CRD, réuni ce vendredi au siège de Tekki, déplore l’escalade de violence qui a coûté la vie à deux personnes le jeudi 04 mars. Le Congrès regrette profondément les premières pertes en vies humaines et présente ses condoléances les plus attristées aux familles des disparus. « Après avoir fait l’étonnant et le décevant serment politicien de réduire l’opposition à sa plus simple expression, le président de la République a réduit la démocratie , les libertés publiques, citoyennes et l’Etat de droit à leur plus nulle expression, a déclaré Abdoul Mbaye dans une déclaration face à la presse..
Non content de surveiller, de contenir et de punir, indique-t-il, il s’acharne dans son entreprise machiavélique de neutralisations tous azimuts, outrepassant les limites constitutionnelles de son pouvoir, dépossédant les citoyens de leurs droits fondamentaux et trahissant une fois de plus la volonté et la souveraineté populaire.
Selon leader de l’Alliance pour la citoyenneté et le travail, les Sénégalais découvrent au quotidien, les ruses par lesquelles le Président Macky Sall excelle terriblement dans la neutralisation de l’élection dont il cherche à accaparer le calendrier pour en faire sa propriété exclusive, étalant ainsi son mépris des règles élémentaires de la démocratie représentative, participative et délibérative.
Les organisations qui constituent le CRD sont le mouvement Tekki, dont le président est l’honorable député Mamadou Lamine Diallo. Il y a la LD/Debout qui est représentée par Pape Sarr, la République des Valeurs, présidée par Thierno Alassane Sall ancien ministre. Il y a Taxaw Temm représenté par son président, le professeur Babacar Diop, le mouvement Ensemble du juge Ibrahima Dème, le mouvement Leneen ak Neneen du professeur Ibrahima Sylla, Label Sénégal présidé par Alassane Kitane et le parti Alliance pour la citoyenneté et le travail (ACT) présidé par l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye.
AFRIQUE
GUINÉE – Colère des victimes après un acquittement inattendu
Un verdict controversé a été rendu par la justice guinéenne dans une affaire emblématique des violences politiques survenues en 2009. Un tribunal de Conakry a prononcé l’acquittement du colonel Bienvenu Lamah, poursuivi pour son implication présumée dans la répression sanglante d’un rassemblement de l’opposition.
Les faits remontent au Massacre du 28 septembre 2009 en Guinée, lorsqu’une manifestation organisée dans un stade de la capitale avait dégénéré en tragédie. Selon une enquête internationale mandatée par les Nations unies, au moins 156 personnes avaient été tuées dans des conditions particulièrement violentes, mêlant tirs à balles réelles et attaques à l’arme blanche. Le bilan fait également état de centaines de blessés, d’actes de torture et de violences sexuelles massives, dont au moins une centaine de femmes victimes de viols.
Malgré la gravité des accusations, la juridiction a estimé que les charges retenues contre l’officier, notamment complicité de meurtre, enlèvement et détention illégale, n’étaient pas suffisamment établies. Le ministère public avait pourtant requis une peine de dix ans d’emprisonnement, dont une partie ferme sans possibilité d’aménagement.
Cette décision suscite une vive réaction du côté des parties civiles. Les avocats des victimes, engagés depuis plus de quinze ans dans une quête de justice, ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel, dénonçant un revers judiciaire dans un dossier hautement symbolique.
L’affaire s’inscrit dans un processus judiciaire plus large visant à faire la lumière sur ces événements. En 2024, l’ancien dirigeant Moussa Dadis Camara avait été reconnu coupable de crimes contre l’humanité et condamné à une peine de vingt ans de réclusion, avant d’être gracié en 2025 par le chef de la transition, Mamady Doumbouya. Plusieurs autres accusés ont également été condamnés, certains à la perpétuité, tandis que d’autres restent en fuite.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Le président Diomaye Faye à Bamako : une visite stratégique sous haute tension régionale
Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a effectué une visite officielle à Bamako, marquant une étape importante dans le renforcement des relations bilatérales avec le Mali. Accueilli par le président de la transition, Assimi Goïta, le chef de l’État sénégalais entame une mission diplomatique placée sous le signe de la coopération et de la solidarité régionale.
Au cœur des échanges figurent plusieurs dossiers stratégiques visant à consolider les liens entre Dakar et Bamako. Les discussions portent notamment sur la relance des mécanismes de coopération au sein de Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal et de Union monétaire ouest-africaine, deux cadres essentiels pour l’intégration économique et le développement sous-régional.
La visite intervient dans un contexte logistique délicat pour le Mali, pays enclavé fortement dépendant des infrastructures sénégalaises, en particulier du corridor reliant Bamako au port de Dakar. Depuis plusieurs mois, cette route stratégique est perturbée par des attaques attribuées à des groupes jihadistes, notamment sur l’axe reliant Kayes à la capitale malienne, compromettant ainsi l’acheminement des marchandises.
Au-delà des enjeux économiques, cette rencontre de haut niveau illustre une volonté commune de coordonner les réponses face aux défis sécuritaires et commerciaux qui affectent la région. Elle pourrait également ouvrir la voie à de nouvelles initiatives conjointes visant à sécuriser les corridors d’échanges et à fluidifier le transport des biens entre les deux pays.
AFRIQUE
NIGÉRIA – Une attaque sanglante fait au moins 30 morts dans un village
Une attaque d’une extrême violence a frappé le nord-ouest du Nigeria, où un groupe d’hommes armés a pris pour cible une localité de l’État de Kaduna. Le bilan provisoire fait état d’au moins une trentaine de victimes, parmi lesquelles plusieurs enfants, illustrant une nouvelle escalade de l’insécurité dans cette région déjà fragilisée.
Selon des sources locales concordantes, les assaillants ont mené une offensive brutale en ouvrant le feu de manière indiscriminée avant de mettre le feu à de nombreuses habitations. L’attaque s’est produite dans le village de Naridon, situé dans la zone administrative de Kauru. À ce stade, aucun groupe n’a officiellement revendiqué l’opération.
Cet épisode meurtrier s’inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé dans le nord-ouest et le centre du pays. Ces territoires sont régulièrement le théâtre d’attaques menées par des bandes armées, mais également par des organisations jihadistes telles que Boko Haram et ISWAP, actives dans plusieurs zones du nord nigérian.
Les autorités sont confrontées à une multiplication des violences, alimentées notamment par des enlèvements contre rançon, qui constituent une source de financement majeure pour ces groupes. Cette nouvelle attaque relance les inquiétudes quant à la capacité de l’État à endiguer durablement l’insécurité dans ces régions stratégiques.
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