AFRIQUE DE L’EST
SOUDAN : L’Union africaine suspend le pays jusqu’à l’établissement d’une autorité civile de transition.
Le Soudan est suspendu de L’Union africaine (UA) l’organisation panafricaine, jusqu’à la création d’une autorité civile de transition dans ce pays confronté à une escalade de la violence. L’organisation panafricaine qui plaide pour un transfert rapide du pouvoir des militaires aux civils depuis le coup d’Etat qui a mis fin au règne de Omar Al-Bachir le 11 avril a fait l’annonce le jeudi 6 juin 2019.
Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a annoncé sur son compte avoir « suspendu avec effet immédiat la participation de la République du Soudan à toutes les activités de l’UA jusqu’à l’établissement effectif d’une autorité civile de transition, ceci étant le seul moyen de permettre au Soudan de sortir de la crise actuelle ». Le Sierra-Léonais Patrick Kapuwa, président en exercice du PSC a précisé lors d’une conférence de presse que « Le Conseil imposera automatiquement des mesures punitives sur les individus et les entités qui ont empêché l’établissement d’une autorité civile ».
Le 15 avril, après le renversement quatre jours plus tôt du président soudanais Omar Al-Bachir, l’UA avait donné quinze jours pour que le pouvoir soit transféré aux civils. Début mai, elle avait réitéré cet ultimatum en donnant un nouveau délai de soixante jours aux militaires pour remettre le pouvoir aux civils. Ce qui n’a pas été le cas.
Un comité de médecins proches de la contestation, déclare qu’au moins 108 personnes ont été tuées et plus de 500 blessées en trois jours, pour la plupart dans la dispersion brutale d’un sit-in devant le siège de l’armée lundi dans la capitale soudanaise. Alors que le Conseil militaire dément tout usage de la « force », évoquant une « opération de nettoyage » à proximité du rassemblement qui aurait mal tourné. Selon les autorités, elle n’aurait pas fait « plus de 46 morts ».
AFRIQUE
OUGANDA – L’opposant Kizza Besigye dans un état critique après un malaise en audience
En Ouganda, l’état de santé de l’opposant historique Kizza Besigye suscite une vive inquiétude. L’ancien candidat à la présidentielle s’est effondré mercredi en pleine audience, alors qu’il comparaissait pour des accusations de haute trahison, passibles de la peine de mort.
D’après son épouse, Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’ONUSIDA, il a été transféré en soins intensifs dans un hôpital de Kampala. Elle affirme qu’il se trouve dans un état critique et inconscient. L’établissement hospitalier a confirmé son admission sans fournir de détails supplémentaires.
Âgé de 70 ans, Kizza Besigye est détenu depuis plusieurs mois. Ancien médecin personnel du président Yoweri Museveni, il s’est imposé au fil des années comme l’une des principales figures de l’opposition, dénonçant régulièrement les dérives autoritaires du régime.
Ses proches pointent du doigt des conditions de détention qu’ils jugent inhumaines et appellent à sa libération pour raisons médicales.
Cette situation intervient dans un contexte de durcissement du climat politique en Ouganda, marqué par une pression accrue sur les opposants, les avocats et les médias indépendants.
AFRIQUE
SOUDAN DU SUD – Salva Kiir limoge le gouverneur de la Banque centrale
Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a limogé le gouverneur de la Banque centrale du pays Johnny Ohisa, le dernier épisode d’une série de limogeages et de remaniements au sein des hautes sphères de son gouvernement, selon Reuters.
Salva Kiir, qui n’a pas donné de raison pour ce limogeage dans le décret lu à la radio nationale mercredi, a remplacé M. Ohisa par Addis Ababa Othow, qui avait occupé ce même poste entre juin et novembre de l’année dernière.
Ces derniers mois, Salva Kiir a procédé à une série de remaniements en profondeur au sein des hautes sphères de son gouvernement, ce qui, selon les analystes, témoigne d’une volonté de consolider son pouvoir dans un contexte d’incertitude quant à la succession. M. Ohisa, économiste ayant occupé à plusieurs reprises le poste de gouverneur de la banque centrale par le passé, a été reconduit dans ses fonctions en début d’année, après avoir déjà occupé ce poste à deux reprises. L’économie du Soudan du Sud est confrontée à des pressions croissantes dues à la baisse des recettes pétrolières, à des pénuries de liquidités récurrentes, à une inflation élevée et à la dépréciation de la monnaie.
AFRIQUE
OUGANDA – Victoire sanitaire : Kampala met fin à la flambée d’Ebola
L’Ouganda a officiellement déclaré, mardi, la fin de son épidémie d’Ebola, après 42 jours consécutifs sans nouveau cas, conformément aux protocoles établis par l’Organisation mondiale de la santé. Cette annonce intervient un mois après la guérison du dernier patient, sorti d’hôpital le 16 juin.
Déclarée le 15 mai, l’épidémie avait enregistré 20 cas confirmés et deux décès. Selon le ministère ougandais de la Santé, la majorité des cas étaient importés de la République démocratique du Congo, quinze patients ayant traversé la frontière pour se faire soigner avant que leur infection ne soit détectée. Cinq professionnels de santé ougandais avaient ensuite été contaminés.
Les autorités sanitaires assurent avoir retracé l’ensemble des chaînes de transmission. Les personnes contacts ont été suivies jusqu’à la fin de leur période d’incubation, sans qu’aucun cas inexpliqué de transmission communautaire ne soit identifié.
Les analyses génomiques ont confirmé que cette flambée était liée à la souche Bundibugyo, une variante du virus Ebola pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’est actuellement disponible.
Malgré cette déclaration officielle, Kampala insiste sur le maintien d’un niveau d’alerte élevé. Le risque de réintroduction du virus demeure important en raison de la progression de l’épidémie dans l’est de la RDC, notamment dans les zones frontalières.
Les autorités ont annoncé le renforcement de la surveillance dans les districts frontaliers, avec le déploiement d’équipes d’intervention rapide et de dispositifs de dépistage.
L’Ouganda met également en avant sa coopération avec la RDC pour contenir la propagation du virus. Les deux pays ont conclu un accord visant à coordonner leur réponse sanitaire. Kampala a notamment installé des laboratoires mobiles et des unités de traitement d’une capacité de 80 lits dans les localités d’Aru et de Kasenyi, dans le nord-est congolais.
Cette mobilisation s’explique par l’ampleur de la crise en RDC, où l’épidémie a déjà atteint des proportions majeures, avec plusieurs milliers de cas et plus d’un millier de décès recensés en quelques mois.
Face à la menace, l’Ouganda avait rapidement pris des mesures strictes : limitation des contacts physiques, report de grands rassemblements et suspension temporaire des liaisons avec la RDC.
Désormais, l’objectif affiché par Kampala est clair : empêcher toute nouvelle importation du virus tout en soutenant les efforts régionaux de riposte.
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