AFRIQUE DE L’OUEST
SÉNÉGAL – « Je comprends vos inquiétudes et vos préoccupations. » Macky Sall
Le président de la République Macky Sall s’est adressé à la nation sénégalaise ce lundi 8 mars 2021 à 20h. Une déclaration qui intervient dans un contexte tendu dans le pays marqué par une série de manifestations suite à l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko le jeudi 5 mars 2021. Après la sortie mal appréciée par les sénégalais du ministre de l’intérieur Antoine Félix Diome le vendredi 5 mars, le président de la République a reconnu les difficultés quotidiennes des sénégalais dans ce contexte de crise sanitaire ayant conduit à une crise économique profonde. Voici le message à la nation du chef de l’Etat sénégalais Macky Sall ce lundi 8 mars.
Mes chers compatriotes,
J’ai souhaité m’adresser à vous ce soir pour vous entretenir de la situation qui prévaut dans notre pays.
Nous sommes tous témoins des manifestations d’une rare violence qui ont éclaté ces derniers jours à Dakar et dans d’autres localités, causant des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels.
Ce soir, mes pensées vont d’abord aux victimes de ces malheureux événements et à toutes les personnes, physiques et morales, impactées par les manifestations.
Je salue la mémoire des défunts et présente mes condoléances à leurs familles. Je souhaite prompt rétablissement aux blessés.
Nous sommes une seule famille, unie par une histoire qui nous assigne un destin commun. Chaque vie perdue est un deuil pour la Nation. C’est pourquoi l’Etat viendra en aide aux familles endeuillées et facilitera l’accès aux soins des blessés.
Devant tant de violence inouïe, où des enfants et des femmes ont été mis, de façon organisée, en première ligne dans les scènes de casses et de pillages, nos Forces de défense et de sécurité ont, fort heureusement, fait preuve de professionnalisme, de discernement et de retenue. Autrement, le bilan aurait été plus lourd.
Nous avons vu des édifices publics et des symboles de l’Etat attaqués ; des commerces et autres biens privés, pillés et réduits en cendre. Ce sont des années d’investissement et de dure labeur qui ont été anéantis. Rien, ni aucune cause ne saurait justifier ces actes regrettables.
Chacun, avec ses choix et ses opinions, dans le respect des autres, nous pouvons et devons régler nos divergences autrement que par la violence destructrice ; parce que, quels que soient nos choix politiques et nos ambitions, nous sommes une seule famille, et nul d’entre nous ne peut avoir un destin séparé de celui la nation sénégalaise.
Voyageurs dans le temps, nous sommes dans une barque dont nous descendrons pour laisser la place à d’autres.
Notre salut individuel et collectif nous commande de voyager ensemble en consolidant les fondements de la barque et non en les détruisant. Il y va aussi de l’avenir de nos enfants et des générations après eux.
Rien ne m’importe plus que la préservation de ce qui forme l’âme de la nation sénégalaise, son cœur battant, sa source de vie et d’épanouissement : c’est à dire l’attachement aux valeurs du vivre ensemble dans la paix, la sécurité, la liberté, la démocratie, la tolérance et le respect de nos diversités.
C’est pourquoi j’invite au calme et à la sérénité. Tous, ensemble, taisons nos rancœurs et évitions la logique de l’affrontement qui mène au pire.
Dans cet esprit, j’ai reçu pendant ces deux derniers jours les Envoyés des Khalifes généraux, des autorités coutumières, ainsi que des personnes de bonne volonté, membres de la classe politique, y compris de l’opposition, de la société civile, des syndicats et du patronat.
J’ai également échangé avec des membres du clergé catholique.
J’ai écouté et entendu leurs messages. Je leur exprime toute ma gratitude et les remercie pour leurs sages conseils, ainsi que leurs suggestions et recommandations constructives.
Toute cette synergie positive montre que dans des moments de doute, d’inquiétude et de turbulence, nos régulateurs sociaux fonctionnent, et les ressorts de notre nation restent solides.
Sur l’aspect judiciaire de cette crise, laissons la justice suivre son cours en toute indépendance.
En ce qui me concerne, j’userai de tous les pouvoirs que me confère ma charge pour consolider le retour au calme et à la sérénité, dans l’intérêt supérieur de la Nation, la sécurité des personnes et des biens, la défense de la République et la préservation de nos institutions démocratiques.
Sur le dialogue et la concertation, ma main reste tendue et mes portes ouvertes. Du reste, dès après mon élection, allant au-delà du fait majoritaire, j’ai lancé le dialogue national pour conforter les bases de notre démocratie et de notre système politique.
Ce dialogue est fécond. A ce jour, sur les 27 points inscrits au dialogue, 25 ont fait l’objet de consensus. Je reste et demeure attaché au dialogue pour la mise en œuvre des points de convergence déjà acquis.
Je comprends, également, mes chers concitoyens, que la colère qui s’est exprimée ces derniers jours est aussi liée à l’impact d’une crise économique aggravée par la pandémie COVID-19.
Personne ne peut nier que le monde entier, notre pays y compris, traverse une profonde crise économique, occasionnant des millions de pertes d’emplois et d’activités génératrices de revenus. Des familles entières sont plongées dans la pauvreté, l’angoisse et la frustration.
Je mesure les difficultés quotidiennes dans nos villes et nos campagnes. Je sais ce qu’est la vie dure dans nos quartiers. Je comprends la colère de nos banlieues.
Avec le Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la COVID-19, l’Etat a financé pour 1000 milliards de fcfa le soutien aux ménages, aux entreprises, aux travailleurs et à différents corps de métiers, y compris le secteur des arts et de la culture.
Nous n’avons pas oublié notre diaspora, que nous avons appuyée pour plus de 12 milliards de fcfa. Ce soutien à la diaspora illustre d’ailleurs l’étendue de la crise que nous vivons ; parce que d’habitude, c’est bien la diaspora qui vient en aide au pays, et non l’inverse.
Tout cela pour montrer que la solidarité, l’équité et la justice sociale restent au cœur de mes préoccupations, et bien avant la pandémie COVID-19.
Mais je constate que tous les efforts jusque-là consentis, en matière de formation, d’emploi et de financement dédiés aux jeunes, à hauteur de 60 milliards de fcfa, pour la Délégation générale à l’Entreprenariat rapide des Femmes et des Jeunes, et de 40 milliards par an du Fonds de Financement de la Formation professionnelle et technique, restent encore insuffisants.
C’est pourquoi, m’adressant à vous, les jeunes, je voudrais vous dire que je comprends vos inquiétudes et vos préoccupations.
J’ai vu nombre d’entre vous sortir dans la rue pour exprimer la colère de votre mal-vivre ; parce que vous n’avez pas d’emploi ; parce que vous aspirez à un avenir meilleur ; parce que depuis un an de lutte anti pandémie COVID-19, votre quotidien reste marqué par la morosité économique, les restrictions sociales et la limitation des espaces de loisirs et de détente.
Qu’une jeunesse confrontée à autant de privations exprime son mal-vivre me parait tout à fait compréhensible.
En même temps, évitons de participer à tout ce qui nous retarde dans la quête d’un avenir meilleur. Quand on saccage un commerce, quand on s’attaque au bien d’autrui, on ne crée pas de l’emploi, on en détruit ; on ne fait pas reculer la pauvreté, on l’aggrave.
J’engagerai dans les meilleurs délais une réorientation des allocations budgétaires pour améliorer de façon substantielle et urgente les réponses aux besoins des jeunes en termes de formation, d’emploi, de financement de projets et de soutien à l’entreprenariat et au secteur informel.
Dans l’immédiat, à la faveur de la campagne de vaccination en cours et de l’amélioration de la situation COVID-19, j’ai décidé d’alléger le couvre-feu lié à l’état de catastrophe sanitaire dans les régions de Dakar et de Thiès, qui sera désormais fixé de minuit à cinq heures du matin.
Cette mesure contribuera à élargir le champ des activités productives et aider au retour progressif à une vie normale dans ces deux régions qui concentrent l’essentiel des activités économiques du pays.
Pour autant, continuons à respecter les recommandations sanitaires que requiert la situation.
Mes chers compatriotes,
L’histoire et l’actualité de tous les jours nous enseignent que c’est dans l’épreuve qu’une nation fait son test de grandeur.
Et la grandeur d’âme d’une nation, se mesure surtout par les valeurs et la force de caractère qui sous-tendent son existence.
Ce sont ces valeurs et cette force de caractère qui cimentent toutes les composantes de la nation sénégalaise, pour en faire un bloc solide et sans fissures qui nous aide à traverser les épreuves en recourant à nos propres dynamiques de régulation.
Ce faisant, nous réaffirmons ensemble que la nation sénégalaise n’est pas un assemblage hétéroclite de composantes socio culturelles sans lien les unes avec les autres.
Nous sommes une nation de sang mêlé ; une nation faite de tous ces brassages qui nous rassemblent, de toutes ces religions qui cohabitent en paix, de tous ces regards qui se croisent et fraternisent, de toutes ces forces qui se conjuguent et s’harmonisent pour soutenir notre élan commun vers notre destin commun.
En cette journée du 8 mars, j’invite toutes les forces vives de la nation à l’apaisement pour honorer ainsi la femme sénégalaise. Bonsoir.
AFRIQUE
GUINÉE – Nouvelles disparitions liées à des proches de l’opposition
En Guinée, deux nouveaux cas d’enlèvements présumés visant des proches de figures critiques du pouvoir ont été signalés, selon des informations recueillies par l’AFP auprès de familles et de cercles politiques.
Un adolescent et un opposant portés disparus
Le blogueur vidéo Ansou Damaro Camara, connu sous le pseudonyme de « Général 5 étoiles », a affirmé que son fils ainsi que l’un de ses proches avaient été enlevés. Le mouvement citoyen Tournons la page précise que l’adolescent, Mohamed Camara, âgé de 15 ans, a été enlevé à Kissosso, dans la banlieue de Conakry. Le collectif dénonce une pratique « illégale » et « moralement indéfendable », pointant l’utilisation de proches comme moyens de pression.
Un climat politique sous tension
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Mamady Doumbouya à la suite du coup d’État en Guinée de 2021, les enlèvements visant des figures de l’opposition ou leur entourage seraient en hausse. Les disparitions de proches d’opposants en exil sont devenues particulièrement fréquentes ces derniers mois, alimentant les inquiétudes sur l’état des libertés publiques.
Un responsable politique également porté disparu
De son côté, l’opposant Cellou Dalein Diallo a annoncé la disparition d’un responsable de son parti, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Il s’agit de Thierno Sadou Bah, membre du bureau fédéral du parti au Liberia, porté disparu à Conakry depuis le 21 avril. Selon Diallo, le mode opératoire laisse penser à une implication de la junte, une accusation à laquelle les autorités guinéennes n’ont pas répondu.
Une série de cas préoccupants
Plusieurs incidents similaires ont été signalés récemment :la mère et la sœur de Tibou Camara enlevées puis relâchées;des proches du chanteur Elie Kamano kidnappés;le père du journaliste Mamoudou Babila Keita également enlevé
Ces affaires renforcent les accusations d’une stratégie visant à faire pression sur les opposants, notamment ceux installés à l’étranger.
Une situation de plus en plus préoccupante
La multiplication des disparitions forcées en Guinée soulève de vives inquiétudes au sein de la société civile et des organisations de défense des droits humains.
AFRIQUE DE L’OUEST
Baye Moctar Diop, artisan d’une diplomatie économique offensive diasporique au service du Sénégal de 2050
À l’heure où le Sénégal redéfinit ses ambitions économiques et son positionnement international, une figure se distingue par son engagement et sa vision : Baye Moctar Diop, Ambassadeur du Sénégal en France, à Monaco et en Andorre. À l’initiative du Forum sur la Promotion des Investissements et la Compétitivité Économique (PRICE 2026), organisé les 29 et 30 avril 2026 à Paris, le diplomate incarne une nouvelle génération d’acteurs publics, résolument tournés vers une diplomatie économique proactive, au service du développement national.
Une diplomatie économique au cœur de l’action
Avec PRICE 2026, Baye Moctar Diop ne se contente pas de représenter son pays : il crée un véritable pont entre le Sénégal, sa diaspora et les partenaires économiques internationaux. En réunissant décideurs publics, investisseurs, entrepreneurs et membres de la diaspora, ce forum s’inscrit dans une logique claire : mobiliser les compétences, les capitaux et les réseaux pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal. Cette démarche illustre une conviction forte : la diplomatie moderne ne se limite plus aux relations institutionnelles, elle devient un levier stratégique de croissance, d’attractivité et d’influence.
Une vision alignée avec le Sénégal de 2050
L’initiative portée par l’Ambassadeur s’inscrit pleinement dans la dynamique impulsée par le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, à travers la Vision Sénégal 2050. Une vision ambitieuse, fondée sur quatre piliers essentiels : souveraineté, innovation, justice sociale et prospérité partagée. À travers PRICE 2026, Baye Moctar Diop contribue concrètement à la mise en œuvre de cette feuille de route, en positionnant le Sénégal comme une destination économique crédible, stable et attractive sur la scène internationale.

Fédérer les énergies autour des territoires et des investissements
L’un des axes majeurs du forum réside dans la valorisation des territoires comme moteurs de compétitivité. Sous l’impulsion de l’Ambassadeur, les échanges ont mis en lumière la nécessité de développer des pôles économiques territoriaux, capables d’intégrer infrastructures, tourisme, industries culturelles et innovation. Cette approche traduit une volonté de dépasser les modèles classiques pour construire des écosystèmes économiques intégrés, durables et créateurs de valeur.
La diaspora, levier stratégique de transformation
Au cœur de cette initiative, la diaspora sénégalaise occupe une place centrale. Considérée non plus comme un simple relais, mais comme un acteur stratégique, elle est appelée à jouer un rôle clé dans le financement, l’innovation et le transfert de compétences.
En mobilisant cette force transnationale, Baye Moctar Diop participe à redéfinir les contours d’un développement endogène, fondé sur l’intelligence collective et la co-construction.

Un positionnement affirmé sur la scène internationale
Avec PRICE 2026, le Sénégal affirme sa volonté de renforcer son attractivité et de consolider sa place dans les chaînes de valeur mondiales. À travers une diplomatie économique structurée, proactive et orientée résultats, Baye Moctar Diop s’inscrit dans une dynamique de transformation qui dépasse les frontières.
Une ambition claire : faire du Sénégal un hub économique de référence
En initiant ce forum d’envergure, l’Ambassadeur pose les bases d’un nouveau modèle : celui d’un Sénégal ouvert, compétitif et souverain. Un Sénégal capable de valoriser ses ressources, de mobiliser ses talents et de créer les conditions d’une croissance durable et inclusive. À travers cette initiative, Baye Moctar Diop confirme son rôle de catalyseur d’opportunités et de bâtisseur de passerelles entre les territoires, les acteurs et les ambitions.
AFRIQUE
MALI – Hommage national à Sadio Camara après un attentat meurtrier
À Bamako, des milliers de personnes ont rendu un hommage solennel au ministre de la Défense Sadio Camara, tué dans un attentat à la voiture piégée dans un contexte de violences sécuritaires accrues.
Une cérémonie sous haute sécurité
La cérémonie s’est tenue sur l’esplanade du bataillon du génie militaire, en présence du président de transition Assimi Goïta, de proches du défunt et de plusieurs délégations étrangères, notamment venues du Niger et du Burkina Faso. Des milliers de Maliens ont assisté à cet hommage, marqué par une forte émotion et un dispositif sécuritaire renforcé.
Un attentat meurtrier à Kati
Âgé de 47 ans, Sadio Camara a été tué samedi à son domicile de Kati, dans l’explosion d’un véhicule piégé. Selon les autorités, son épouse et ses deux petites-filles ont également perdu la vie dans l’attaque. Le gouvernement malien a décrété deux jours de deuil national.
Des attaques coordonnées revendiquées
Cet attentat s’inscrit dans une série d’opérations coordonnées ayant visé plusieurs positions militaires à travers le pays, notamment dans la région de Kati. Les attaques ont été revendiquées par : le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM); le Front de libération de l’Azawad (FLA). Le bilan officiel fait état d’au moins 23 morts, civils et militaires confondus.
Un coup dur pour le régime de transition
Considéré comme l’un des piliers du pouvoir en place, Sadio Camara jouait un rôle central dans la stratégie sécuritaire du Mali. Sa disparition intervient dans un contexte de recrudescence des attaques armées, mettant en lumière la fragilité persistante de la situation sécuritaire dans le pays.
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