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SÉNÉGAL – Une voix, une vision, une conviction : les clés du discours de Bassirou Diomaye Faye par Pape Sadio Thiam

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Le personnage de Bassirou Diomaye Faye est sans aucun doute représentatif de ce succès médiatique de Pastef. L’assurance qui se dégage de ses propos semble traduire une foi solide en la validité du projet qu’il défend : il le défend bien parce qu’il y croit fermement. La foi en sa capacité à avoir raison autour d’une table de discussion est visible dans sa tendance irrépressible à présenter ses arguments ou points de vue comme des évidences ou des certitudes empiriques.

La particularité de la communication de BDF n’est pas son discours technique ; au lieu d’un tel discours, il fait le pari de s’exprimer dans la simplicité la plus totale. Comme un compétiteur qui va à une compétition sans avoir la foi qu’il peut gagner, un homme politique qui n’a pas foi en ses idées et en son projet ne peut communiquer que laborieusement. En revanche, l’homme politique qui porte au cœur l’idéologie et les idées qu’il expose (seraient les plus étranges et même absurdes) a toujours les moyens de réussir sa communication.

Il y a une sorte de vocation dans la communication de BDF, s’il n’a pas besoin de faire beaucoup d’effort pour transmettre son message, c’est parce qu’il le vit. La politique est d’abord une affaire de conviction et il faut beaucoup d’abnégation pour faire passer une conviction pour un argument ou une vérité. Les hommes politiques ont tous ce rêve de faire passer leurs convictions pour des vérités indubitables. Le travail du communicant, tout l’art de la communication, est dans cette astuce : faire en sorte que les choses douteuses deviennent des certitudes, les problèmes des solutions, les difficultés des opportunités.

La façon de présenter des idées, des difficultés et des projets est aussi essentiel que le contenu de ceux-ci. Si un homme comme Hitler a pu mobiliser enthousiasmer et haranguer des foules d’hommes aussi cultivés que les Allemands, c’est parce qu’il savait, avec ses propagandistes, comment présenter des idées et les faire partager aux foules.

On peut concéder à Oscar Wilde que la valeur d’une idées n’a rien à voir avec la conviction de celui qui l’exprime, mais en politique les idées ne valent que parce qu’elles sont efficientes, opérationnelles. La valeur d’une idée politique ne réside ni dans sa scientificité ni dans sa véracité, mais dans sa percussion. Il importe plus à une idée politique d’être percutante que d’être vraie. C’est précisément dans ce domaine qu’excelle Bassirou Diomaye Faye : il met toutes les forces de son âme dans les idées qu’il défend. Il ne faut pas sous-estimer la force des convictions, des idées lorsqu’elles deviennent des convictions.

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Paul Valery rappelle à ce propos qu’on « dit qu’une conviction est solide quand elle résiste à la conscience qu’elle est fausse ». Qui peut expliquer comment les idées communistes ont pu s’imposer à des millions d’esprits en Europe de l’Est ? On est prompt aujourd’hui à qualifier le marxisme-léninisme d’utopie politico-économique, et pourtant c’est l’une des idéologies qui ont mobilisé le plus d’énergie populaire. S’il en est ainsi c’est que parce que cette idéologie avait le don de faire rêver, de séduire toutes les couches de la populations.

La prouesse de Bassirou Diomaye Faye est dans le fait qu’il est capable de parler aux plus doctes comme aux moins informés dans la société. Si l’on part du principe qu’en politique le fait d’avoir des convictions n’est ni une faiblesse ni une faute, la question est désormais comment faire de ces convictions une rampe de lancement d’une vision ou d’un projet politique ? La réponse est à chercher dans la ferveur et la générosité avec lesquelles on défend ces idées. Mais la condition, c’est de porter ces idées avec fierté : la plus grande entrave dans la communication politique, c’est de ne pas être fière de ses convictions. La plus belle femme écrase sa beauté si elle n’est pas assurée de son charme, le meilleur artiste perd une partie de ses moyens s’il est inhibé par la peur de ne pas convenir à son public.

La chance de Bassirou Diomaye Faye, c’est qu’il communique de façon complètement décomplexée. En l’écoutant parlant on a tout de suite la certitude qu’on a affaire à quelqu’un qui est prêt à mourir pour les idées qu’il défend. Son accent sérère, sa voix un peu grave et sa mine toujours sérieuse ajoutent du piquant et du charme à sa façon de communiquer. Si aujourd’hui les Sénégalais apprécient BDF, c’est aussi surtout pour sa grande humilité : ni pédant ni arrogant, il a toujours l’intelligence d’imposer l’agenda de sa communication même dans les cas où le plateau semble dégager une atmosphère délétère.

Pape Sadio Thiam

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SÉNÉGAL – NON merci et bon ndogou…(par Fatou Cissé Goudiaby)

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t si vous posiez d’abord les actes concrets qui montrent que vous n’avez jamais quitté votre famille politique, Pastef ?

Monsieur le frère de parti, je ne souhaite pas d’une troisième rencontre politique pour en ressortir en disant « Alhamdoulilah » ou en étant obligée de confirmer mon ancrage dans Pastef, alors même que le sentiment dominant est que ce frère de combat d’hier est tout sauf avec nous à bord du navire politique.

Un ndogu est un moment de convivialité. Lorsqu’on s’invite, c’est que cette pause chaleureuse appelle un instant de partage et de complicité.

Monsieur le Président et militant Bassirou Diomaye Faye, votre invitation n’étant pas institutionnelle — ce qui m’obligerait à y prendre part dans le cadre de mes fonctions de parlementaire — mais plutôt politique, il me plairait d’y participer à la condition que vous ayez d’abord posé les actes qui me permettent d’affirmer que vous êtes toujours ce frère de parti dont vous vous réclamez.

Vous ne pouvez pas me convier : sous prétexte que je vous serve de tribune pour des plaintes telles que : « Sonko me critique publiquement, il fait des sorties sans me prévenir, il ne s’aligne pas avec moi sur certaines décisions » ;

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ou pour me dire que cette coalition qui a participé à votre élection, vous ne pouvez pas vous en séparer ou que vous souhaitez plus tard la fusionner avec Pastef.

Je rappelle que cette coalition, née autour de Pastef Les Patriotes pour porter la candidature choisie par son leader Ousmane Sonko, n’a plus lieu d’exister depuis la prestation de serment du Président élu. Pastef n’a pas besoin d’elle pour exister politiquement.

Ou encore me rappeler ce que vous avez fait dans le parti, comme chacun d’entre nous, à des degrés de responsabilité différents.

Cet inconfort politique ne saurait durer. Ce qui est attendu de vous est clair. Ce n’est pas une rencontre, quel que soit le temps de parole accordé aux hôtes, avec des réponses triées et une version des faits éditée, qui réglera le problème.

De deux choses l’une : soit vous avez suffisamment entendu ce qu’attend votre parti politique et vous l’adoptez : demeurer militant de Pastef et balayer tout ce qui cherche à nuire au parti et à son leader ;

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soit vous assumez être un opposant à Pastef. Dans ce cas, nous nous retrouverons sur le terrain politique, tout en poursuivant le mandat qui nous lie jusqu’en 2029, si Dieu le veut.

Nous, militants de Pastef : avons un seul leader, guide de la révolution : PROS ;

avons une seule option : mener à terme le projet qui nous a valu la confiance des Sénégalais les 24 mars et 17 novembre 2024.

Toute autre activité ne fait que nous éloigner de notre sacerdoce.

Bien patriotiquement,
Fatou Cissé Goudiaby
Militante et députée du Groupe parlementaire Pastef Les Patriotes
Garde-fou du gardien de la révolution

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AFRIQUE

SÉNÉGAL – Diomaye–Sonko : le rêve, la foi et le poids du pouvoir(Par Thione Seck)

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Le tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko continue de susciter fascination et questionnement. Né dans la lutte, forgé dans la fidélité et nourri par l’espérance, ce duo incarne pour de nombreux Sénégalais la promesse d’un renouveau politique et moral. Mais à l’heure où le pouvoir dévoile ses exigences et ses contraintes, une interrogation persiste : le rêve peut-il survivre à l’épreuve du réel ? Dans une contribution publiée sur sa page Facebook, Thione Seck revient sur cette alliance singulière, symbole d’un espoir collectif et d’une fraternité politique rare au sommet de l’État.

Je me souviens quand le PM SONKO disais dans la campagne présidentielle de Mars 2024 : Bassirou diomaye SONKO et Ousmane Faye . Oooh que ça m’avait plu.

Pour moi, le duo Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, c’est d’abord une histoire de confiance, de fraternité et d’espoir partagé. Deux hommes liés par la même douleur, la même couleur (PASTEF), la même foi et le même rêve pour notre pays. Leur complicité a donné au peuple sénégalais le sentiment qu’un nouveau départ était possible, qu’enfin le pouvoir pouvait rimer avec honnêteté et courage. Mais entre le feu de l’idéalisme et le poids des responsabilités, la ligne est fine.

Diomaye, aujourd’hui président, doit composer avec la réalité du monde : les pressions économiques, les équilibres diplomatiques, les attentes immenses.

Sonko, lui, reste cette voix libre, celle du combat et de la fidélité aux principes de départ.

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Si leurs chemins venaient à diverger, ce ne serait pas forcément par trahison, mais peut-être par usure du pouvoir, par la difficulté de faire cohabiter le rêve et la réalité.

Une telle rupture ne serait pas seulement politique, elle toucherait profondément le cœur du pays.

Beaucoup de jeunes se sentiraient blessés, déçus, peut-être même trahis, eux qui avaient cru à une alliance sincère et désintéressée. Certains se tourneraient vers la colère, d’autres vers le silence.

Partout dans le pays, la ferveur pourrait se transformer en amertume et on chercherait à comprendre comment tout cela a pu s’effriter.

Le Sénégal est un pays de foi et de dignité : il pardonne, mais il n’oublie pas.

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Si ce tandem venait à se briser, ce serait plus qu’un échec politique ce serait une blessure morale, celle d’un peuple qui avait cru, pour une fois, que la loyauté et la sincérité pouvaient triompher du pouvoir.

Rendez le Sénégal beau waay !

Dieu vous a confié un pays tellement magnifique que même si vous le vouliez, vous n’avez pas le choix de construire ensemble et dans la sincérité.

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SÉNÉGAL – Le pouvoir, ce miroir déformant par Maky Madiba Sylla

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Le pouvoir est un labyrinthe où même les esprits les plus purs finissent par s’y perdre.
Mais les hommes qui l’incarnent sont souvent plus complexes que le pouvoir lui-même.


Il faut l’admettre : le Diomaye candidat du Pastef n’est plus le Diomaye président. Entre les deux, il y a eu la traversée des couloirs sombres de l’État, les lobbys tapis dans l’ombre, et les vautours qui rôdent autour du trône. Ils l’ont approché, lui ont fait humer l’odeur âcre des restes de cadavres politiques, en lui soufflant à l’oreille que cette chair en décomposition valait mieux que l’entrecôte fraternelle que Sonko lui avait servie sur un plateau d’or.


Ce qui se trame aujourd’hui, c’est un scénario bien connu : isoler Sonko, l’étouffer politiquement, avant de le crucifier médiatiquement.


Un plan froid, calculé, écrit à plusieurs mains par ceux qui ont toujours vécu du mensonge et de la compromission.


Et Diomaye, en se laissant happer par le confort du pouvoir, endosse la responsabilité de replonger le Sénégal dans la nuit des incertitudes, là où tout le monde finira perdant.
Le Sénégal tenait une occasion historique : rompre avec la vieille garde, briser le cercle vicieux de la politique politicienne, et offrir au peuple un souffle nouveau.

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Mais voilà que l’histoire semble déjà se répéter, avec ses mêmes relents de trahison, ses mêmes masques repeints en patriotes de circonstance.


Le Diomaye d’aujourd’hui n’écoute plus le murmure du peuple ; il écoute les chuchotements des salons dorés et les promesses mielleuses des nouveaux amis, de ces fréquentations dont la loyauté se mesure à la taille du gâteau.


Pendant ce temps, Sonko, l’homme des tempêtes, observe.
Il sait.
Il se tait.
Mais le silence des justes est souvent plus assourdissant que le vacarme des imposteurs.
Le pouvoir rend sourd à la mémoire et aveugle à la loyauté.
Demandez à Macky Sall : il vous racontera comment les murmures flatteurs se transforment tôt ou tard en sifflements de trahison.


Mais les hommes politiques n’apprennent jamais. Ils croient toujours que le pouvoir les rend invincibles, alors qu’il ne fait que les dévorer lentement.
Le peuple, lui, attend.


Et quand il décidera de siffler la fin de la récréation, ce sera sans appel.
Aléa jacta est. Le sort en est jeté.

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