AFRIQUE
CÔTE D’IVOIRE – Laurent Gbagbo appelle ses partisans à s’opposer au quatrième mandat de Ouattara
À un peu plus de deux mois du scrutin présidentiel, la tension monte en Côte d’Ivoire. Samedi 16 août 2025, l’ancien chef de l’État Laurent Gbagbo, 80 ans, a réuni des milliers de partisans à Abidjan pour dénoncer la candidature du président sortant Alassane Ouattara à un quatrième mandat, jugée anticonstitutionnelle par l’opposition.
Bien que déclaré inéligible, Gbagbo a réaffirmé son intention de se présenter à la présidentielle prévue le 25 octobre 2026. Devant une foule rassemblée sur la place Figcayo de Yopougon, l’un de ses bastions historiques, il a lancé : « Je suis candidat contre le quatrième mandat. » L’ancien président a exhorté ses militants à organiser des marches pour s’opposer à ce qu’il considère comme un passage en force du pouvoir.
Une candidature controversée
Fin juillet, Alassane Ouattara, qui a succédé à Gbagbo en 2011 au terme d’une violente crise post-électorale, a officialisé sa candidature. Selon lui, la Constitution l’y autorise. La loi fondamentale limite pourtant le nombre de mandats à deux. Mais en 2020, le Conseil constitutionnel avait jugé que l’adoption d’une nouvelle Constitution en 2016 avait remis les compteurs à zéro, permettant au chef de l’État de briguer un troisième puis un quatrième mandat. Une interprétation que l’opposition continue de rejeter avec vigueur.
Samedi dernier déjà, des milliers de militants du PPA-CI de Gbagbo et du PDCI de Tidjane Thiam avaient défilé dans les rues de Yopougon contre ce projet de quatrième mandat, dans une ambiance restée globalement calme.
Arrestations et climat tendu
Laurent Gbagbo a également profité de son discours pour réclamer la libération de plusieurs de ses militants arrêtés ces dernières semaines. Onze d’entre eux, dont un ancien ministre, ont été inculpés pour « acte terroriste » après les incidents qui ont éclaté début août dans la commune de Yopougon.
La course à la présidentielle s’annonce donc particulièrement tendue. Outre Gbagbo, plusieurs figures majeures de l’opposition sont écartées de la compétition : son ancien allié Charles Blé Goudé et l’ex-Premier ministre en exil Guillaume Soro ont été radiés des listes électorales en raison de condamnations judiciaires. Tidjane Thiam, président du PDCI, est quant à lui déclaré inéligible pour des questions de nationalité.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Le président Bassirou Diomaye Faye en visite officielle au Congo les 2 et 3 février
Le Sénégal renforce son ancrage diplomatique en Afrique centrale. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce lundi matin en direction de Brazzaville pour une visite officielle en République du Congo, prévue les 2 et 3 février 2026.
Ce déplacement s’inscrit dans une dynamique de consolidation des relations historiques entre les deux pays. Dakar et Brazzaville entretiennent de longue date des liens fondés sur l’amitié, la solidarité et une coopération politique constante, que les autorités sénégalaises entendent aujourd’hui approfondir.

Au cours de cette visite, les échanges porteront sur plusieurs secteurs jugés stratégiques, notamment la coopération économique, les investissements, ainsi que les partenariats institutionnels. Les deux chefs d’État devraient également aborder les grands enjeux régionaux et internationaux, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, économiques et climatiques communs au continent africain.

AFRIQUE
GUINÉE – Le président Mamady Doumbouya reconduit Amadou Oury Bah au poste de Premier ministre
En Guinée, les premiers actes du nouveau président confirment une ligne de gouvernance sans rupture majeure. Moins de deux semaines après son investiture, Mamady Doumbouya a choisi de reconduire Amadou Oury Bah au poste de Premier ministre, selon un décret diffusé lundi soir à la télévision nationale.
Cette décision prolonge une collaboration déjà engagée durant la transition militaire. Amadou Oury Bah occupait la primature depuis février 2024, sous le régime de la junte, jusqu’à l’élection présidentielle de décembre dernier. Sa reconduction illustre la volonté du nouveau chef de l’État de s’appuyer sur une équipe déjà en place pour piloter l’action gouvernementale.
Ancien dirigeant de la junte arrivée au pouvoir à la suite du coup d’État de septembre 2021, Mamady Doumbouya a officiellement prêté serment le 18 janvier, ouvrant un mandat présidentiel de sept ans. Il succède ainsi à Alpha Condé, renversé après plus d’une décennie à la tête du pays, et devient le premier président issu de la transition militaire à accéder au pouvoir par les urnes.
Le décret présidentiel précise par ailleurs que le prochain gouvernement sera structuré autour de 27 ministères, épaulés par deux secrétaires généraux. La composition complète de l’équipe gouvernementale devrait être dévoilée dans les jours à venir, dans un contexte politique encore marqué par de fortes tensions.
Durant la période de transition, les autorités militaires ont gouverné d’une main ferme. Les manifestations sont interdites depuis 2022 et plusieurs figures de l’opposition ont été arrêtées, poursuivies en justice ou contraintes à l’exil. Des organisations de défense des droits humains ont également fait état de disparitions forcées et d’enlèvements, accusations rejetées par le pouvoir.
Bien qu’il ait longtemps affirmé ne pas briguer la présidence, Mamady Doumbouya s’est finalement présenté à un scrutin largement critiqué, notamment en raison de l’exclusion de plusieurs leaders de l’opposition. L’adoption, en septembre, d’une nouvelle Constitution a modifié les règles du jeu politique, en autorisant les membres de la junte à se porter candidats et en allongeant la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans, renouvelable une seule fois.
AFRIQUE
SOUDAN DU SUD – Le gouvernement affirme que le pays n’est « pas en guerre »
Le gouvernement du Soudan du Sud a assuré mardi que le pays n’était « pas en guerre », malgré plusieurs jours de violents affrontements contre des forces rebelles qui ont provoqué le déplacement de plus de 180 000 personnes.
Les combats ont débuté fin décembre dans l’État de Jonglei, au nord de la capitale Juba, dans le cadre des tensions persistantes entre les forces loyales au président Salva Kiir et celles affiliées à son rival historique, Riek Machar.
« L’opération de sécurité en cours dans le nord de Jonglei est une action légale et nécessaire pour stopper l’avancée des forces rebelles, rétablir l’ordre public et protéger les civils », a déclaré le ministre de l’Information, Ateny Wek Ateny, devant la presse à Juba. « Le pays n’est pas en guerre. Il s’agit simplement de contenir les forces d’opposition », a-t-il ajouté.
Plus jeune État du monde depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud reste fragilisé par des années de conflit, une pauvreté endémique et une corruption largement dénoncée. Salva Kiir et Riek Machar se sont affrontés dans une guerre civile meurtrière entre 2013 et 2018. L’accord de paix signé à l’issue de ce conflit s’est progressivement affaibli au cours de l’année écoulée. « L’accord de paix n’a pas échoué », a toutefois insisté M. Ateny, alors que Riek Machar a été écarté du gouvernement de coalition et fait actuellement l’objet de poursuites pour « crimes contre l’humanité ».
Depuis fin décembre, les forces de l’opposition ont pris le contrôle de certaines zones de Jonglei, entraînant une riposte militaire du gouvernement. Des témoins et plusieurs ONG, citées par l’AFP, font état de bombardements aériens menés de manière indiscriminée sur des zones civiles, notamment à l’aide de bombes barils.
Une vidéo montrant le général Johnson Olony appelant ses troupes à « n’épargner aucune vie » à Jonglei a également circulé. Le porte-parole du gouvernement a évoqué un possible « lapsus » de l’officier.
Selon l’agence humanitaire des Nations unies OCHA, plus de 180 000 personnes ont été déplacées dans l’État de Jonglei. L’accès humanitaire demeure difficile, plusieurs ONG, dont Médecins sans frontières, faisant état de graves difficultés d’approvisionnement ayant entraîné des pénuries qualifiées de « catastrophiques ».
Dans un communiqué publié la semaine dernière, Barney Afako, membre de la Commission des droits de l’homme des Nations unies au Soudan du Sud, a mis en garde contre une détérioration plus large de la situation : « Ce qui se passe à Jonglei ne relève pas d’un simple incident sécuritaire, mais d’une escalade dangereuse qui touche également d’autres régions du pays. »
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