CULTURE
SENEGAL : Entretien exclusif avec Déthié Ndiaye : « Les secrets de mon livre sur Ndongo Lô »
Auteur de la seule biographie disponible sur la vie et la carrière de feu Ndongo Lô, Déthié Ndiaye, dans cet entretien au long protocole accordé à votre magazine préféré, revient sur son expérience d’écrivain faisant son baptême du feu. Le Pikinois a aussi détaillé le mode opératoire par lequel il a mené une enquête poussée sur la défunte star et explique les finalités assignées à l’ouvrage, qui a rencontré un énorme succès au Sénégal, notamment dans la banlieue dakaroise.
Ze Africa News : Qui est Déthié Ndiaye, par-delà l’écrivain connu des Sénégalais ?
Déthié Ndiaye : Je suis un homme politique sénégalais, né le 05 avril 1975 à Dakar. J’ai grandi à Pikine. C’est mon engagement pour la cause de la banlieue qui m’a très tôt orienté à militer dans un parti politique. Epris de justice sociale, je veux dire progressiste, j’ai longtemps accompagné l’opposant Talla Sylla en tant que membre de son parti. Je suis le président de l’Union pour un mouvement progressiste (Ump-Sénégal) ; un parti d’obédience libérale. Notre formation politique est porteuse d’une vision et d’une ambition réelle pour sortir le Sénégal de la crise, même si, pour l’heure, notre champ de focalisation demeure la banlieue. Banquier, financier, politologue et consultant international, je suis également Président du Congrès Africain pour la Démocratie et l’Ethique (C.A.D.E). J’ai été formé à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), à l’Institut Supérieur de Management (ISM) et à l’université Montesquieu de Bordeaux. Par la suite, j’ai décroché un master 2 en Politiques et Négociations Commerciales Internationales et un Master 2 spécialisé en Banque. Présentement, je suis PhD student en International Relations and Diplomacy au Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques de Paris (C.E.D.S). Je justifie, au minimum, de 15 années d’expérience dans le secteur financier et d’une bonne connaissance des métiers de la banque d’investissement, de la banque commerciale, des services financiers spécialisés et de la Microfinance. Bref, je suis entrepreneur et porteur de projets innovants, créateurs de valeur.
Comment êtes-vous devenu écrivain ?
Il y a plus important que l’écriture : c’est l’inspiration. Je vous donne un exemple : les livres les mieux lus au monde sont la Bible et le Coran. Pourtant, Jésus Christ et Mohamed (P.S.L.) n’ont jamais écrit, pas même une seule lettre. Si ces livres saints, que je ne compare pas au mien, sont assez lus, c’est grâce à leur contenu. « La face cachée de Nongo Lô », certes obéit aux standards en la matière, cependant, cette conformité aux normes que diffuse l’ouvrage tient au fait qu’en plus de notre talent, nous avons sollicité l’expertise d’un comité de lecture regroupant de grandes sommités littéraires du landernau national et de professeurs de français qui enseignant dans les plus grandes universités en France et au Sénégal. Pour répondre à votre question, je suis devenu écrivain parce que Ndongo Lô, qui incarne l’idéal de la banlieue, est un sujet qui me passionne et le seul moyen d’exprimer cette passion a été chez moi l’écriture.
Comment l’idée d’écrire ce livre vous est venue ?
On l’a expliqué dans la préface. En réalité, depuis l’an 2009, nous célébrions l’anniversaire de sa disparition à notre manière, en publiant des contributions-hommages sur ce grand artiste. A chaque fois qu’on le faisait, on s’était rendu compte que nos textes étaient très bien partagés à travers la presse et les réseaux sociaux. En outre, des compatriotes, surtout des Pikinois, nous appelaient pour nous prier d’approfondir la réflexion. C’est pour satisfaire cette demande que nous est venu le projet d’écrire sur Ndongo Lô. Ce n’est pas tout. Nous étions aussi animé du souci de laisser à la postérité un vrai témoignage sur l’homme, compte tenu des rumeurs colportées par les cancans sur cette célébrité. Il y a beaucoup de choses qui étaient racontées et qui étaient autant de contrevérités. C’est pourquoi nous avons privilégié le contact direct, physique avec les personnes qui ont joué un grand rôle décisif dans sa vie et dans sa carrière. Je vous donne un exemple, au lendemain de sa disparition en 2005, son père n’a jamais accepté de se prononcer à travers les médias. Des personnalités très influentes au Sénégal ont essayé en vain de le sortir de son silence, elles n’ont pas réussi. Par chance, le vieux Mbagnik, père de Ndongo Lô, pour les besoins de la réalisation de cet ouvrage, a accepté de nous parler. Signe du destin : il est décédé, malheureusement, quelques mois plus tard. Il y aussi beaucoup d’anonymes dont le rôle a été décisif dans la carrière de Ndongo Lô, c’est grâce à ce livre que ces deniers ont accepté de témoigner près de dix ans après. Car, nous avons commencé à écrire ce livre en avril 2015. De cette date à sa publication en avril 2017, nous avons fait le tour du Sénégal pour interviewer plus de cinquante personnes.
Qui était Ndongo Lô pour vous ?
Il était le symbole du self-made-man et du fighting-spirit banlieusards. En Ndongo Lô se retrouve une façon de grandir qui résiste aux difficiles conditions que projette la vie en banlieue. On y est souvent victime de la déperdition scolaire pour plusieurs raisons qui frisent la fatalité. Non seulement parce que les parents manquent de moyens pour subvenir aux besoins primaires, de base, mais, également, l’Etat, tous régimes politiques post-indépendance confondus, a déserté son rôle au point de susciter un environnement de crise scolaire cyclique. Même ceux qui réussissent à décrocher une maîtrise à l’université ne sont pas sortis de l’auberge. Après ses études, on peine pour avoir un métier. A force de sombrer dans le désespoir, on finit par émigrer. Or pour moi, tout comme pour Ndongo Lô, le patriote préfère changer son pays au lieu de changer de pays. C’est cette résilience face au désespoir que charrie la Pikinité. Ainsi, c’est ce refus de la fatalité et du désespoir qui a fait chanter Ndongo Lô. C’est cette débrouillardise au quotidien sa vraie source d’inspiration. Il raconte la douleur de sa mère au foyer. Chacune de ses chansons a représenté dans nos mémoires une sagesse de la vie qui nous guide pour transcender l’angoisse existentielle. Les trois albums qu’il a publiés de son vivant portent en image les trois étapes de la vie. Ndoorteel (le commencement) : produit en 2001, par Talla Diagne, et qui ressuscite, sur fond de réminiscence, le paradis perdu du premier âge. L’artiste se laisse bercer par les douceurs de la maternité à travers « Ma Yaay Booy» ; Tarxiis (trébucher) : ou les pièges de la vie qui révèlent à l’auteur la méchanceté de certains hommes qui ont du mal à se détacher de leur animalité consubstantielle ; Addùna (la vie) : sorti quelques jours avant le décès de Ndongo Lô, ce dernier album coïncide avec la prise de conscience réelle, qui est le produit d’une introspection lucide sur la nature intime des choses.
On a aussi constaté que chacun de ces trois albums comporte une chanson sur Serigne Fallou. Comment l’expliquez-vous ?
Parce que justement, sa foi, son lien affectif avec Serigne Fallou Mbacké est un ressort qui lui permet de tenir et de ne jamais douter. Pour preuve, comme c’est relaté dans le livre, à ses débuts, il a rencontré beaucoup de peaux de bananes sur son chemin, mais il n’a pas trébuché. Non pas parce qu’il était assez fort, mais parce qu’il n’avait pas peur. Ce courage devant le risque a été son facteur-clé de succès.
Qu’est-ce que vous liait à feu Ndongo Lô ?
De son vivant, on n’avait pas de relations personnelles. On n’avait pas les mêmes fréquentations, même si on se connaissait à peine. J’assistais souvent aux prestations qu’il offrait au public du Ravin Night-Club. J’ai eu la chance de le voir évoluer dans des séances de « Simb » au show-biz. Souvent, il venait à la Cité Pépinière de Pikine où j’ai grandi pour rencontrer une certaine Mounass Diadhiou, qui était son amie. Il y venait aussi pour échanger avec un de ses ex-parrains, Modou Khaly, qui est grand frère. En clair, c’était lui la star et nous étions ses fans. Combien y a-t-il au Sénégal de personnes qui aimeraient avoir des relations intimes avec Youssou Ndour. Pourtant, le fait que le roi du Mbalakh ne les connaisse pas ne veut pas dire qu’ils ne sont pas prêts à donner leur vie pour Youssou.
Treize ans après, que ressentez quand vous parlez de cet homme ?
Je profite de votre tribune pour regretter une chose : treize ans après son décès, les pouvoirs publics n’ont rien fait pour marquer son passage sur terre. Allez à Pikine, à part une salle de spectacle qui porte son nom au mythique ravin Night-Club, c’est le désert. Votre question me permet ainsi de souligner que je retiens de Ndongo Lô l’image d’un homme qui a beaucoup œuvré pour le progrès de la cité, malheureusement, celle-ci ne fait rien pour le remercier. Nous espérons que la parution de cet ouvrage sera un déclic, pour amorcer de grands changements susceptibles de fixer Ndongo pour l’éternité, par-delà sa production artistique.
CULTURE
SÉNÉGAL – Houleye Soukeina N’diaye, une candidate engagée entre héritage culturel et résilience
À 19 ans, Houleye Soukeina N’diaye, candidate n°4 à Miss Peulh Diaspora 2026, incarne une jeunesse déterminée, attachée à ses racines et engagée pour des causes essentielles comme la santé mentale et l’émancipation des femmes.
Une jeunesse ambitieuse tournée vers l’avenir
Étudiante en négociation et communication, Houleye Soukeina N’diaye se distingue par sa volonté de progresser et de repousser ses limites. À travers sa participation à l’élection de Miss Peulh Diaspora 2026, elle s’inscrit dans une démarche personnelle de dépassement de soi, tout en cherchant à porter un message plus large. À seulement 19 ans, elle affirme déjà une vision claire : celle d’une jeunesse consciente de son potentiel, prête à sortir de sa zone de confort pour construire son avenir.

Des racines culturelles comme force identitaire
Seule fille d’une fratrie de cinq enfants, entourée de quatre frères, Houleye a développé très tôt une personnalité forte. Elle puise son équilibre dans ses valeurs familiales, mais aussi dans l’influence déterminante de sa mère, qu’elle décrit comme un modèle d’indépendance et d’épanouissement. Sa culture peulh occupe une place centrale dans son parcours. À travers cette compétition, elle souhaite non seulement la représenter, mais aussi la valoriser auprès d’un public plus large, en mettant en avant ses richesses et ses traditions.
Porter la voix des femmes
Engagée et passionnée par l’expression orale, Houleye participe à des concours d’éloquence, convaincue que la parole est un levier puissant d’émancipation. Elle s’investit particulièrement sur les questions liées à la santé mentale et à la liberté des femmes, des sujets qu’elle juge essentiels.
Après des expériences dans la danse et le chant, elle voit dans les concours de beauté une nouvelle forme d’expression. Pour elle, il ne s’agit pas uniquement d’esthétique, mais d’un moyen d’affirmer sa personnalité, de renforcer sa confiance et d’inspirer d’autres jeunes femmes.

Une histoire marquée par la perte et la détermination
Le parcours de Houleye est également marqué par une épreuve personnelle forte. Le jour de son épreuve du baccalauréat, son grand-père, Demba Sy, décède brutalement. Une disparition qui l’empêche de passer cet examen qu’elle lui avait pourtant promis de réussir. Cet événement bouleversant devient alors un tournant dans sa vie. Plutôt que de renoncer, elle choisit de transformer cette douleur en moteur, en poursuivant ses ambitions avec encore plus de détermination.
Une candidature porteuse de sens
L’élection de Miss Peulh Diaspora 2026, prévue le 18 avril 2025 au Blanc-Mesnil, représente pour Houleye une opportunité unique : celle de faire entendre sa voix, de défendre ses valeurs et de donner du sens à son parcours. Si elle remporte le titre, elle souhaite le dédier à son grand-père, dans un geste à la fois symbolique et profondément personnel — comme une promesse tenue autrement.
Une candidate à suivre
À travers son engagement, son histoire et sa détermination, Houleye Soukeina N’diaye s’impose comme une candidate singulière. Bien plus qu’un concours, sa participation reflète une volonté de représenter, d’inspirer et de faire évoluer les regards.
CULTURE
SÉNÉGAL – Amadeus lance le suspense autour de « Yalla du juum »
La scène urbaine sénégalaise s’inscrit dans une dynamique de promotion digitale avec le retour annoncé de Amadeus. L’artiste amorce le lancement de son nouveau projet en dévoilant un teaser visuel, première étape d’une stratégie de communication calibrée.
Selon des informations relayées par Kawtef, le chanteur a récemment mis en ligne un extrait de son prochain clip intitulé Yalla du juum. Une courte séquence pensée pour capter l’attention et susciter l’intérêt avant la sortie officielle.
Sur le plan artistique, les premières images dévoilent une réalisation soignée, avec une direction visuelle qui mise sur une atmosphère à la fois immersive et énigmatique. Ce choix esthétique semble accompagner une orientation musicale centrée sur l’émotion et la transmission de messages, sans en dévoiler entièrement le contenu. Cette approche progressive, désormais courante dans l’industrie musicale, vise à créer une attente autour du projet et à mobiliser la communauté de l’artiste sur les plateformes numériques.Désormais, l’attention se concentre sur l’annonce de la date de sortie complète du clip, un moment clé qui devrait confirmer les ambitions artistiques d’Amadeus et mesurer l’impact de cette campagne de teasing.
CULTURE
SÉNÉGAL – Adji Diarra Niang : une voix engagée du tassou et ambassadrice de la culture sénégalaise
Artiste, chanteuse et promotrice culturelle, Adji Diarra Niang s’impose aujourd’hui comme l’une des figures engagées dans la valorisation du tassou, cet art de la parole rythmée profondément enraciné dans la tradition orale sénégalaise. À travers sa musique et ses initiatives culturelles, elle contribue activement à préserver et transmettre cet héritage artistique aux nouvelles générations.
Une artiste au service du tassou
Le tassou occupe une place particulière dans la culture sénégalaise. Entre poésie, chant et performance orale, il constitue un mode d’expression puissant qui accompagne les cérémonies, les rassemblements populaires et les moments forts de la vie sociale. Par sa voix et son talent, Adji Diarra Niang participe à faire vivre cet art ancestral tout en lui donnant une dimension contemporaine. Son travail artistique s’inscrit dans une démarche de transmission, de sensibilisation et de promotion du patrimoine culturel sénégalais.
Fondatrice du festival FESTASS
Au-delà de la scène, l’artiste s’illustre également par son engagement dans la promotion culturelle. Elle est la fondatrice et directrice du FESTASS, un festival consacré au tassou et plus largement aux arts de la parole. Ce rendez-vous culturel a pour ambition de : valoriser le tassou et les expressions artistiques traditionnelles; Offrir une plateforme d’expression aux artistes confirmés et émergents ; Favoriser la transmission du patrimoine culturel aux jeunes générations. À travers ce festival, Adji Diarra Niang œuvre pour donner une visibilité nationale et internationale à cet art souvent méconnu.
Une présence remarquée à Paris
Récemment, l’artiste s’est rendue à Paris dans le cadre du Salon International de l’Agriculture, un événement majeur qui rassemble chaque année de nombreux acteurs du monde agricole et culturel. Elle y accompagnait notamment le maire de Kaolack, Serigne Mboup, présent pour promouvoir les initiatives et les richesses de sa ville. Cette participation a été l’occasion de mettre en lumière non seulement les produits et savoir-faire sénégalais, mais aussi la richesse de la culture du pays. Lors de son passage dans l’émission « Invité du Jour », Adji Diarra Niang a tenu à remercier chaleureusement le maire Serigne Mboup, saluant son soutien et son engagement en faveur de la culture et de la promotion des artistes.
Une ambassadrice de la culture sénégalaise
Par son parcours artistique et son engagement culturel, Adji Diarra Niang s’affirme aujourd’hui comme une véritable ambassadrice du tassou. Entre performances artistiques, initiatives culturelles et actions de transmission, elle poursuit un objectif clair : faire rayonner cet art traditionnel au Sénégal et au-delà des frontières. Son travail illustre la vitalité de la culture sénégalaise et rappelle combien les traditions orales restent un pilier essentiel de l’identité et de la mémoire collective.
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