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AFRIQUE

SÉNÉGAL – Faut-il attendre que Bamako tombe ? par Aly Ngouille Ndiaye

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Messieurs les Présidents de la CEDEAO et de la Mauritanie, n’attendez pas que Bamako tombe pour réagir.


Les communiqués de pays occidentaux invitant leurs ressortissants à quitter le Mali se poursuivent. Ces pays peuvent quitter le Mali parce que pour eux le Mali est avant tout un problème de politique extérieure alors que pour le pays frontaliers, la situation du Mali relève de la sécurité nationale parce que les jihadistes transcendent la question des frontières. Le problème qui se pose alors est relativement simple : faut-il laisser Bamako tomber et avoir un hub jihadiste comme l’Afghanistan des années 1990 à nos portes? Une prise de Bamako par les djihadistes impacterait à coup sur la sécurité nationale de tous les pays frontaliers du Mali sauf l’Algérie qui s’est donné les moyens militaires puis politiques d’éradiquer le djihadisme.


Depuis la chute du Colonel Mouammar Khadafi, le Mali, le Niger et le Burkina Faso font l’objet d’attaques très soutenues de la part des djihadistes. Au Mali la stratégie a changé. Aujourd’hui les djihadistes ont comme mot d’ordre d’étouffer la Capitale Bamako ; ceci fragilisera naturellement tous les segments de l’économie malienne y compris les Forces Armées Maliennes (FAMA).


Messieurs les Présidents et de la CEDEAO et de la Mauritanie, même si le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont quitté l’organisation sous-régionale, votre silence et celui de l’Union Africaine, naguère, si prompt à condamner des coups d’état devient assourdissant.
La Mauritanie, le Sénégal, la Guinée et la Côte d’Ivoire partagent quatre mille (4000) kilomètres de frontières avec le Mali que nos armées couvrent difficilement.


Par ailleurs, au-delà des aspects sécuritaires, les enjeux économiques avec les ports de Dakar, de Conakry et d’Abidjan constituent des motifs suffisants pour sauver le Mali.
Monsieur Le Président Alassane Dramane Ouattara, doyen des Présidents par l’âge et la sagesse, nouvellement réélu et Monsieur le Président Bassirou Diomaye Faye, benjamin des Chefs d’Etat de la sous-région, l’échec de la mission de réintégration des pays de l’AES dans la CEDEAO ne saurait justifier d’attendre la chute de Bamako pour ensuite agir et investir dans des programmes d’armement pour renforcer individuellement nos frontières.


Il est urgent d’engager des concertations entre les pays de l’AES, la CEDEAO et aussi la Mauritanie pour activer la force d’attente qui était destinée à combattre le terrorisme avant la scission de la CEDEAO et éviter une posture attentiste.


Quant au Sénégal, avec plus de cinq cents (500) kilomètres de frontière, il est tellement proche du Mali qu’ils sont les deux seuls pays au monde à avoir la même devise : un peuple, un but, une foi sans oublier que le nom Mali vient de la Fédération qui regroupa le Sénégal et le Soudan français. Le Sénégal pour ces raisons en plus des aspects sécuritaires et économiques que j’ai expliqués devrait en urgence se pencher sur la situation du pays.
Cette chronique de la chute annoncée de Bamako est un problème de sécurité collective pour toute la sous-région confirmant la sagesse de l’expression « Quand la Case du voisin brule, arrose la tienne ».
Aly Ngouille Ndiaye
Ancien ministre de l’intérieur du Sénégal
Septembre 2017-Octobre 2020

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AFRIQUE

AFRIQUE DU SUD – Plainte à la CPI pour des attaques contre les migrants

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Deux ressortissants ghanéens ont saisi, le 15 juillet, la Cour pénale internationale (CPI) afin de demander l’ouverture d’une enquête sur les violences visant les étrangers en Afrique du Sud, selon des informations rapportées par Reuters.

Dans leur requête, les plaignants dénoncent un « schéma d’attaques généralisées et systématiques » contre les migrants, estimant que ces actes pourraient relever de crimes contre l’humanité.

Depuis plusieurs années, des ressortissants étrangers sont régulièrement victimes de violences xénophobes dans le pays. Agressions physiques, homicides, pillages de commerces et destructions de logements figurent parmi les exactions signalées.

Face à cette situation, des dizaines de milliers de migrants ont été contraints de quitter l’Afrique du Sud pour regagner leur pays d’origine. Selon plusieurs sources, plus de 150 000 personnes auraient déjà pris cette décision, entraînant par ailleurs des pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs de l’économie sud-africaine.

Les autorités sud-africaines sont accusées par certains observateurs de passivité face à ces violences, souvent attribuées à des groupes informels. De son côté, un responsable du ministère sud-africain des Affaires étrangères a qualifié la démarche des plaignants d’« opportuniste ».

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AFRIQUE

BURKINA FASO – Ibrahim Traoré dément toute rivalité au sommet de l’État

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Au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a tenu à dissiper les rumeurs de tensions internes au sommet de l’État. Lors d’une intervention à Ouahigouya le 16 juillet, le chef de la junte a affirmé sans ambiguïté qu’il restait l’unique décisionnaire du pays.

« Il n’y a pas deux capitaines dans un bateau », a-t-il déclaré, en réponse aux spéculations alimentées par l’absence prolongée de plusieurs figures influentes du régime.

Au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2022, le jeune officier de 38 ans dirige le pays dans un contexte marqué par une insécurité persistante liée aux attaques djihadistes. Le Burkina Faso s’est par ailleurs rapproché du Mali et du Niger, eux aussi gouvernés par des régimes militaires.

Ces dernières semaines, la disparition de la scène publique de certains hauts responsables, considérés comme proches collaborateurs du chef de l’État, a suscité interrogations et rumeurs. Parmi eux, le commandant Oumarou Yabré, figure clé de l’appareil sécuritaire et patron des services de renseignement, n’a plus été aperçu depuis fin mai.

Des sources sécuritaires indiquent qu’il ne fréquenterait plus son bureau et que son dispositif de sécurité aurait été réduit. Plusieurs de ses proches auraient également été interpellés ou enlevés, dans un climat de tension accrue.

D’autres personnalités liées à son entourage ont récemment perdu leurs fonctions, notamment au sein d’entreprises publiques et de l’administration. Par ailleurs, l’absence du capitaine Kiswendsida Azaria Farouk Sorgho, considéré comme une figure importante du régime, alimente également les spéculations. Sa dernière apparition remonte à la mi-mai.

Face à ces interrogations, Ibrahim Traoré a réaffirmé sa ligne de fermeté, assurant qu’aucune rivalité interne ne saurait remettre en cause son autorité. Il a également mis en garde contre toute forme de déviation au sein de son entourage, promettant des sanctions sans concession.

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AFRIQUE

KENYA – Les avocats boycottent les tribunaux pour dénoncer la corruption

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Au Kenya, les avocats ont lancé mercredi un boycott national des audiences judiciaires pour protester contre la corruption persistante au sein du système judiciaire et les lenteurs dans le traitement des dossiers.

Selon les statistiques officielles, une affaire met en moyenne deux ans avant d’être jugée, un délai jugé excessif par les professionnels du droit. Ces derniers pointent du doigt des pratiques corruptives ainsi que des défaillances structurelles qui entravent le bon fonctionnement de la justice.

Le président du Barreau du Kenya (Law Society of Kenya, LSK), Charles Kanjama, a confirmé l’ampleur de la mobilisation, affirmant que de nombreux avocats à travers le pays ont répondu à cet appel à la grève.

Le mouvement pourrait s’intensifier dès jeudi, avec des actions ciblant certains juges et magistrats accusés d’entraver des enquêtes anticorruption et des procédures disciplinaires. Parmi les personnalités citées figure la présidente de la Cour suprême, Martha Koome.

Plusieurs avocats dénoncent un système judiciaire réfractaire aux réformes. « Nous en avons assez d’une justice corrompue qui refuse de changer », a déclaré l’avocat Ahmednasir Abdullahi.

Dans ce contexte, la question de la corruption judiciaire pourrait s’imposer comme un enjeu central lors des prochaines élections, notamment si des contentieux politiques venaient à être tranchés devant les tribunaux.

Par ailleurs, la Commission kényane d’éthique et de lutte contre la corruption a annoncé l’arrestation d’un magistrat soupçonné d’avoir exigé un pot-de-vin de 170 000 shillings kényans (environ 1 300 dollars) pour influencer une décision judiciaire.

Le rapport 2023-2024 sur l’état du système judiciaire fait état de 1 115 plaintes déposées contre des membres de la magistrature, dont 141 visant des juges, pour des faits allant de manquements éthiques à des abus de pouvoir.

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