CENTRAFRIQUE
CENTRAFRIQUE : Début des campagnes présidentielle et législatives
Les campagnes présidentielle et législative sont officiellement lancées en Centrafrique le samedi 12 décembre 2020. Dans un pays fortement ravagé par la guerre civile pendant plus de sept ans, cette élection sera sous haute surveillance avec la présence dans la pays de 11.500 casques bleus envoyés par l’ONU pour assurer la sécurité et le bon déroulement du vote. Le président sortant, Faustin Archange Touadéra, semble bien placé pour briguer un second mandat.
Les observateurs et les politologues sont convaincus que le président sortant, Faustin Archange Touadéra, restera à la tête du pays au terme des élections présidentielles et législatives dont le premier tour est prévu le dimanche 27 décembre 2020. Parmi les 16 autres candidats en lice pour la magistrature suprême, figurent deux anciens premiers ministres : Anicet-Georges Dologuélé et Martin Ziguélé.
Le samedi 12 décembre 2020, le président sortant Faustin Archange Touadéra, très confiant, a lancé sa campagne sur un terrain de football du nord de la capitale devant des milliers de partisans vêtus de bleu et de blanc, les couleurs du parti Mouvement Coeurs Unis (MCU). Ils scandaient sans cesse « Premier Tour K.O« , le slogan de sa campagne.
Cet espoir d’être reconduit à la tête du pays est alimenté par un facteur clé : l’invalidation de la candidature de son seul vrai rival, l’ex-président François Bozizé, poursuivi dans son pays pour « assassinats » et « tortures ». L’ONU lui reproche également d’avoir soutenu depuis son exil la contre insurrection de milices dites « anti-balaka ». D’ailleurs, la chute de cet ancien président en 2013 a plongé le pays dans une instabilité constante qui a occasionné des milliers de morts et plusieurs réfugiés.
Depuis 2013 donc, des affrontements d’une violence indescriptible ont opposé des groupes armés à dominante musulmane appelée la Séléka, tombeurs du président François Bozizé et les milices anti-balaka, majoritairement chrétiennes et animistes. Par ailleurs, l’ONU a accusé en 2015 les deux camps de crimes de guerre et contre l’Humanité.
Toutefois, un accord de paix a été trouvé depuis le mois de février 2019 entre les 14 groupes armés et le gouvernement. Cependant les milices ex-Séléka, ex-anti-balaka se permettent de le violer parfois en s’en prenant aux civils.
Le jour du scrutin présidentiel, 1,8 millions d’électeurs seront donc appelés aux urnes pour élire un président et 140 députés. Le second tour devrait se tenir le 14 février 2021.
AFRIQUE
CENTRE AFRIQUE – Grève à l’ANE, le processus électoral à l’arrêt
En République centrafricaine, le processus électoral connaît un coup d’arrêt inattendu. La publication des résultats du second tour des élections a été suspendue, conséquence directe d’un mouvement de grève au sein de l’Autorité nationale des élections (ANE).
À l’origine du blocage : les agents en charge du traitement des données, qui refusent de poursuivre leur travail tant que deux mois d’arriérés de salaires ne leur auront pas été versés. Une situation qui paralyse l’institution à un moment crucial, alors que les résultats étaient attendus depuis le début de la semaine.
Ces élections, organisées dans un contexte de sécurité encore fragile, devaient consolider le retour progressif à une vie politique normale après les violences qui ont marqué le pays dans les années 2010. Près de 70 circonscriptions restent en suspens, laissant candidats et électeurs dans l’attente.
Parmi les figures concernées, Anicet-Georges Dologuélé, opposant de premier plan au président Faustin-Archange Touadéra, voit sa situation se complexifier davantage. Contestant les résultats de la présidentielle de décembre, qu’il qualifie de frauduleux, l’ancien Premier ministre se retrouve aujourd’hui au cœur d’un nouvel épisode de tension.
Selon ses avocats, il a été empêché de quitter Bangui alors qu’il devait se rendre à Addis-Abeba à l’invitation de l’Union africaine. Son passeport diplomatique aurait été confisqué sans décision judiciaire formelle, alimentant les critiques sur le respect des libertés individuelles.
Ce double blocage — institutionnel et politique — intervient dans un contexte socio-économique difficile. Les retards de paiement dans la fonction publique sont récurrents dans ce pays parmi les plus pauvres au monde, alimentant régulièrement des mouvements sociaux dans plusieurs secteurs.
Alors que le parti au pouvoir, le Mouvement des cœurs unis (MCU), a déjà consolidé sa position lors du premier tour, l’issue du second reste suspendue à la résolution de la crise au sein de l’ANE. Une situation qui fragilise davantage un processus électoral déjà contesté et accentue les incertitudes sur la stabilité politique du pays.
A LA UNE
CENTRAFRIQUE – La Cour pénale spéciale débute officiellement son second mandat
Créée en 2018 afin d’enquêter, instruire et juger les violations graves des droits humains et du droit international humanitaire commis sur le territoire de la République Centrafricaine depuis le 1er janvier 2003, cette cour hybride fait aujourd’hui l’objet de controverse. À l’aube de son second mandat, les victimes pensent que la CPS n’a pas pleinement rempli son rôle. Pourtant, la juridiction dresse un bilan satisfaisant en dépit de quelques difficultés.
La Cour pénale spéciale a été créée dans un contexte où l’impunité bat son plein en République centrafricaine. Cette cour hybride avait suscité de grands espoirs parmi les victimes qui avaient soif de la justice après des décennies crises. Cinq ans après sa création, Étienne Oumbam, l’une des victimes président de l’association des victimes unies de Centrafrique dresse un bilan mitigé.
« La CPS a certes tenu un procès soldé par la condamnation de trois de nos bourreaux, mais c’est insignifiant pour un mandat de cinq ans. Presque tous nos bourreaux sont dans la nature, certains sont là, ils ne sont même pas inquiétés. Les victimes ne sont pas encore convaincues du travail de cette cour ».
La CPS de son côté note un bilan satisfaisant avec 43 arrestations, un procès et 24 dossiers en instruction. Pour les cinq prochaines années, Gervais Opportini Bodangaï présente les perspectives. « En première position, c’est l’ouverture d’un deuxième procès. Cette ouverture de procès va se dérouler avant la fin de l’année 2023. Et je note encore qu’il y a plus de 40 mandats d’arrêt qui sont en cours d’exécution concernant des crimes graves commis sur le territoire de la République centrafricain. »
Pour ce second mandat, la CPS souhaite recruter d’autres magistrats et des conseillers juridiques pour renforcer son équipe. En terme de contribution, elle a reçu mardi dernier un financement de près de 3 milliards fcfa de la part des Etats-Unis.
AFRIQUE CENTRALE
CENTRAFRIQUE : Les rebelles encerclent la capitale, la situation est “apocalyptique”
La situation à Bangui, la capitale de la République centrafricaine (RCA), est « apocalyptique ». Selon l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé, les forces rebelles ont encerclé la ville. Elles contrôlent maintenant les deux tiers du pays.
La violence couve en Centrafrique où les rebelles gagnent du terrain. En effet, deux tiers du pays est entre leurs mains. C’est l’ex-Premier ministre Martin Ziguélé qui sonne l’alerte affirmant que les combats sont quotidiens dans tout le pays et qu’il ne peut pas quitter Bangui sans une escorte armée. Selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies (ONU), plus de 200 000 personnes ont fui leurs foyers depuis que le conflit a éclaté le mois dernier.
Les forces gouvernementales soutenues par les troupes de l’ONU, russes et rwandaises défendent actuellement la ville qui est en état d’urgence depuis début janvier. Au moins 12 000 soldats de la paix sont déjà sur le terrain en RCA.
Pour Martin Ziguélé, la préoccupation majeure consiste pour le moment à sécuriser la principale voie d’approvisionnement entre Bangui et l’est du Cameroun. « Je ne peux pas quitter Bangui sans une escorte militaire lourdement armée », a-t-il déclaré qualifiant la situation d’« Apocalyptique ». Un porte-parole du HCR, à Genève, a déclaré que les attaques des rebelles avaient entravé l’accès humanitaire à Bangui et que de nombreuses personnes sont maintenant confrontées à des « conditions désastreuses ».
Les forces rebelles qui entourent actuellement Bangui contestent la validité de la réélection du président Faustin Archange Touadéra en décembre.
Lors de sa première adresse à la Nation après sa réélection officielle, le Président Touadéra avait appelé à la réconciliation nationale et tendu la main à l’opposition démocratique. En revanche, il avait fermement condamné l’offensive rebelle déclenchée huit jours avant la Présidentielle. « Les auteurs, coauteurs et complices présumés de ces crimes imprescriptibles commis contre le peuple centrafricain seront recherchés, arrêtés et traduits devant les juridictions compétentes », avait-il déclaré.
Il a accusé l’ancien Président François Bozizé, dont la candidature à la Présidentielle avait été invalidée par la Cour constitutionnelle, d’être derrière les rebelles, d’avoir réuni les moyens et mis le feu au pays.
Depuis qu’ils ont juré de « marcher sur Bangui », les rebelles menaient jusqu’ici des attaques sporadiques mais parfois violentes, généralement loin de la capitale, même si deux attaques simultanées d’environ 200 assaillants ont été repoussées le 13 janvier à Bangui.
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