CULTURE
« Dans ce pays, on a toujours matière à écrire. » – Sénégal Njaay – Senegal-njaay.com
Le déclic s’est fait à l’âge de neuf ans. Dès que j’ai bouclé l’écriture de mon premier roman à seize ans, j’ai été prise par le virus de l’écriture, parce que pour moi, je le dis tout le temps, j’écris parce que j’ai des choses à dire. A partir de là, le déclic s’est fait. J’ai beaucoup de choses à dire.
Dans ce pays, on a toujours matière à écrire. Il y a beaucoup de problèmes sociaux, économiques, religieux qui se posent dans notre vie de tous les jours. Nous les écrivains, notre rôle c’est de mettre le doigt là où ça fait mal, de poser les problèmes, d’essayer de proposer des pistes de solutions. On n’est pas forcés d’être écoutés. Un jour on le sera, je pense. C’est ce qui a motivé toutes les choses que j’ai écrites.
Dans La Balade du Sabador, je pose tout le problème de notre hybridité religieuse. J’avais envie de mettre sur scène une histoire qui parlerait de djinn, une histoire d’amour impossible entre un djinn et un être humain, et ces histoires-là.
Waly Nguilane parle de l’histoire maritime et fluviale du Sénégal… Au Sénégal, on a trop tendance à penser que notre histoire ne débute que maintenant. On parle beaucoup de l’esclavage, de la décolonisation, très peu de l’histoire coloniale qui a duré quand même un siècle. En fait, celle-ci a été très spéciale, très riche. J’avais envie de revenir sur cette histoire-là. Tout le Sénégal d’aujourd’hui s’explique par elle.
Je m’intéresse beaucoup à la culture sérère. Dans la culture traditionnelle sérère, matrilinéaire, la femme est toute puissante. Surtout, celle qu’on appelle les femmes guélawars. Parce que, je donne un exemple, la femme guélawar avait le droit d’avoir des enfants en dehors de sa classe et ces enfants s’ennoblissaient par la noblesse de leur mère. Et dans la culture sérère traditionnelle, on appose à tous les noms le nom de la mère. Parce que la culture sérère dit que seule la mère peut jurer que telle personne est son enfant. Mais aucun homme ne peut le faire. Donc, moi je m’intéresse beaucoup à cette culture. Alors que quand on arrive à d’autres cultures, ce sont de cultures patrilinéaires et ces cultures-là mettent la femme au second plan. Mais, la femme que ces cultures mettent au second plan, c’est la femme épouse, pas la femme mère. Parce que la mère… l’homme considère sa mère comme une personne sacrée.
Dans Bayo, par exemple, c’est toute l’histoire politique, économique, sociale du Sénégal entre 1940 et 2006 avec tout ce qu’on vit aujourd’hui. J’ai donné Bayo à un éditeur en 2004, en faisant une extrapolation, une prospective par rapport au futur ; et je me rends compte que tout ce que je craignais, tout ce que j’anticipais se passe réellement à l’heure actuelle, parce que tous les germes ont été posés depuis longtemps, bien avant qu’on ne le pense.
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SÉNÉGAL – Amadeus lance le suspense autour de « Yalla du juum »
La scène urbaine sénégalaise s’inscrit dans une dynamique de promotion digitale avec le retour annoncé de Amadeus. L’artiste amorce le lancement de son nouveau projet en dévoilant un teaser visuel, première étape d’une stratégie de communication calibrée.
Selon des informations relayées par Kawtef, le chanteur a récemment mis en ligne un extrait de son prochain clip intitulé Yalla du juum. Une courte séquence pensée pour capter l’attention et susciter l’intérêt avant la sortie officielle.
Sur le plan artistique, les premières images dévoilent une réalisation soignée, avec une direction visuelle qui mise sur une atmosphère à la fois immersive et énigmatique. Ce choix esthétique semble accompagner une orientation musicale centrée sur l’émotion et la transmission de messages, sans en dévoiler entièrement le contenu. Cette approche progressive, désormais courante dans l’industrie musicale, vise à créer une attente autour du projet et à mobiliser la communauté de l’artiste sur les plateformes numériques.Désormais, l’attention se concentre sur l’annonce de la date de sortie complète du clip, un moment clé qui devrait confirmer les ambitions artistiques d’Amadeus et mesurer l’impact de cette campagne de teasing.
CULTURE
SÉNÉGAL – Adji Diarra Niang : une voix engagée du tassou et ambassadrice de la culture sénégalaise
Artiste, chanteuse et promotrice culturelle, Adji Diarra Niang s’impose aujourd’hui comme l’une des figures engagées dans la valorisation du tassou, cet art de la parole rythmée profondément enraciné dans la tradition orale sénégalaise. À travers sa musique et ses initiatives culturelles, elle contribue activement à préserver et transmettre cet héritage artistique aux nouvelles générations.
Une artiste au service du tassou
Le tassou occupe une place particulière dans la culture sénégalaise. Entre poésie, chant et performance orale, il constitue un mode d’expression puissant qui accompagne les cérémonies, les rassemblements populaires et les moments forts de la vie sociale. Par sa voix et son talent, Adji Diarra Niang participe à faire vivre cet art ancestral tout en lui donnant une dimension contemporaine. Son travail artistique s’inscrit dans une démarche de transmission, de sensibilisation et de promotion du patrimoine culturel sénégalais.
Fondatrice du festival FESTASS
Au-delà de la scène, l’artiste s’illustre également par son engagement dans la promotion culturelle. Elle est la fondatrice et directrice du FESTASS, un festival consacré au tassou et plus largement aux arts de la parole. Ce rendez-vous culturel a pour ambition de : valoriser le tassou et les expressions artistiques traditionnelles; Offrir une plateforme d’expression aux artistes confirmés et émergents ; Favoriser la transmission du patrimoine culturel aux jeunes générations. À travers ce festival, Adji Diarra Niang œuvre pour donner une visibilité nationale et internationale à cet art souvent méconnu.
Une présence remarquée à Paris
Récemment, l’artiste s’est rendue à Paris dans le cadre du Salon International de l’Agriculture, un événement majeur qui rassemble chaque année de nombreux acteurs du monde agricole et culturel. Elle y accompagnait notamment le maire de Kaolack, Serigne Mboup, présent pour promouvoir les initiatives et les richesses de sa ville. Cette participation a été l’occasion de mettre en lumière non seulement les produits et savoir-faire sénégalais, mais aussi la richesse de la culture du pays. Lors de son passage dans l’émission « Invité du Jour », Adji Diarra Niang a tenu à remercier chaleureusement le maire Serigne Mboup, saluant son soutien et son engagement en faveur de la culture et de la promotion des artistes.
Une ambassadrice de la culture sénégalaise
Par son parcours artistique et son engagement culturel, Adji Diarra Niang s’affirme aujourd’hui comme une véritable ambassadrice du tassou. Entre performances artistiques, initiatives culturelles et actions de transmission, elle poursuit un objectif clair : faire rayonner cet art traditionnel au Sénégal et au-delà des frontières. Son travail illustre la vitalité de la culture sénégalaise et rappelle combien les traditions orales restent un pilier essentiel de l’identité et de la mémoire collective.
CULTURE
ÉGYPTE – Or et éternité : quand les pharaons s’invitent au cœur de Londres
Londres accueille une exposition d’envergure consacrée à l’Égypte antique, réunissant 180 pièces majeures issues de collections nationales égyptiennes. Bien au-delà d’un simple événement muséal, cette présentation s’inscrit dans une stratégie assumée de diplomatie culturelle, visant à renforcer l’attractivité touristique du pays tout en valorisant son patrimoine millénaire.
Intitulée « Ramsès et l’or des pharaons », l’exposition met en lumière des artefacts couvrant l’âge d’or des souverains égyptiens, avec un accent particulier sur le règne de Ramsès II. Parmi les pièces emblématiques figure un masque funéraire recouvert de feuilles d’or, façonné selon les traits du roi Amenemope, dont la finesse témoigne du savoir-faire des ateliers royaux de la XXIe dynastie.
Une tournée mondiale à haute valeur stratégique
Avant Londres, la collection a transité par plusieurs grandes métropoles culturelles, notamment Houston, San Francisco, Sydney, Paris, Cologne et Tokyo. Selon les organisateurs, les œuvres ont parcouru près de 50 000 kilomètres, transportées sous haute sécurité, mobilisant dispositifs logistiques complexes et coordination internationale.
Les trésors exposés proviennent du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, qui supervise les principales institutions archéologiques du pays. Ce prêt massif, rarement accordé, marque une volonté d’ouverture et de rayonnement culturel.
Mettre en scène l’éternité
La seconde partie de l’exposition explore la conception égyptienne de l’au-delà. Cercueils richement décorés, masques funéraires et objets rituels illustrent une civilisation structurée autour de la quête d’immortalité. La scénographie insiste sur cette relation singulière à la mort, envisagée non comme une fin, mais comme un passage à transcender.
Ce volet souligne également la dimension artisanale et artistique d’un héritage façonné par des générations d’orfèvres, sculpteurs et scribes, dont les créations continuent de fasciner trois millénaires plus tard.
Un levier pour la conservation patrimoniale
Au-delà de la visibilité internationale, l’exposition répond à un impératif financier : une partie substantielle des recettes est affectée à des projets de conservation en Égypte. Parmi eux figure la restauration complète de la tombe de Ramsès II dans la Vallée des Rois, récemment rouverte au public après d’importants travaux.
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