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CULTURE

GUINÉE – Saifond, le visage à l’afro-pastorale

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À 28 ans, Saifond fait les beaux jours de la scène musicale guinéenne. Son style, à mi-chemin entre l’afrobeat et les sonorités locales, a séduit un large public. Après son premier album “Sabou No Weli”, Saifond – de son vrai nom Saifoulaye Baldé – a imposé une identité musicale singulière : l’afro-pastorale. Un don, presque surnaturel, qui lui permet de tisser des rythmes reliant l’afrobeat au hip-hop tout en rendant hommage aux traditions de son Fouta natal.

Né le 17 juin 1997 à Labé, en Guinée, Saifond grandit dans l’effervescence des quartiers populaires. Comme beaucoup de jeunes de son âge, il danse, rappe et rêve de percer. Ses débuts se font au sein du groupe de rap Révolution 24, dans la commune de Dixinn, avant qu’il ne décide de tracer sa route en solo. En 2017, il sort son premier morceau, “Djiwo Atchou Mi hidhè” (“Fille, laisse-moi t’aimer”), qui fixe déjà sa trajectoire : chanter l’amour. S’ensuivent des singles, des collaborations – avec Habib Fatako, Jizzle, Jobizz ou encore Jeeba –, mais aussi la création de son label indépendant Mintigui Prod avec une poignée d’amis animés du même rêve. En 2019, son clip “Naturel” marque un tournant décisif : Saifond assume alors pleinement l’afro-pastorale.

Très vite, il s’impose comme une figure montante. Les récompenses s’accumulent : triple nomination aux Victoires de la musique guinéenne en 2020, sacré Artiste révélation de l’année. La pandémie freine ses projets de concerts, mais l’élan reprend aussitôt : Stade Iba Mar Diop de Dakar, Bissau, la Gambie, puis l’Europe – Paris, Bruxelles, Rome, Londres. Contrairement aux préjugés, sa musique franchit les frontières, même lorsqu’il chante en poular. Sa fanbase dépasse largement la communauté peule et s’élargit à une jeunesse africaine avide de nouvelles sonorités.

Son premier album “Sabou No Weli” paraît en 2021 et confirme l’étoffe d’un artiste majeur. Les distinctions continuent de pleuvoir : plusieurs fois couronné Meilleur artiste masculin aux Victoires guinéennes (2023 et 2024), lauréat du prix du Meilleur clip aux Septimius Awards aux Pays-Bas. En mai 2023, son retour à Labé prend des allures de consécration, porté par un répertoire déjà riche – Fodari, Ghari Djinna, Kho Guigol, Labé. Ses chansons traduisent les dilemmes d’une génération partagée entre enracinement et ouverture, entre traditions familiales et rêves d’ailleurs.

Avec son timbre clair, sa mélancolie douce et ses refrains entêtants, Saifond incarne aujourd’hui une jeunesse africaine qui réinvente la musique sans la trahir. Ses morceaux, bouillonnants d’énergie afropop, explorent l’amour et cherchent à apaiser les blessures. À l’heure où l’afrobeat tend à s’uniformiser, lui s’attache à faire entendre la voix de Labé, la mémoire des bergers et des griots, et les aspirations d’une génération qui refuse de choisir entre modernité et tradition.

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CULTURE

SÉNÉGAL – Amadeus lance le suspense autour de « Yalla du juum »

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La scène urbaine sénégalaise s’inscrit dans une dynamique de promotion digitale avec le retour annoncé de Amadeus. L’artiste amorce le lancement de son nouveau projet en dévoilant un teaser visuel, première étape d’une stratégie de communication calibrée.

Selon des informations relayées par Kawtef, le chanteur a récemment mis en ligne un extrait de son prochain clip intitulé Yalla du juum. Une courte séquence pensée pour capter l’attention et susciter l’intérêt avant la sortie officielle.

Sur le plan artistique, les premières images dévoilent une réalisation soignée, avec une direction visuelle qui mise sur une atmosphère à la fois immersive et énigmatique. Ce choix esthétique semble accompagner une orientation musicale centrée sur l’émotion et la transmission de messages, sans en dévoiler entièrement le contenu. Cette approche progressive, désormais courante dans l’industrie musicale, vise à créer une attente autour du projet et à mobiliser la communauté de l’artiste sur les plateformes numériques.Désormais, l’attention se concentre sur l’annonce de la date de sortie complète du clip, un moment clé qui devrait confirmer les ambitions artistiques d’Amadeus et mesurer l’impact de cette campagne de teasing.

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CULTURE

SÉNÉGAL – Adji Diarra Niang : une voix engagée du tassou et ambassadrice de la culture sénégalaise

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Artiste, chanteuse et promotrice culturelle, Adji Diarra Niang s’impose aujourd’hui comme l’une des figures engagées dans la valorisation du tassou, cet art de la parole rythmée profondément enraciné dans la tradition orale sénégalaise. À travers sa musique et ses initiatives culturelles, elle contribue activement à préserver et transmettre cet héritage artistique aux nouvelles générations.

Une artiste au service du tassou
Le tassou occupe une place particulière dans la culture sénégalaise. Entre poésie, chant et performance orale, il constitue un mode d’expression puissant qui accompagne les cérémonies, les rassemblements populaires et les moments forts de la vie sociale. Par sa voix et son talent, Adji Diarra Niang participe à faire vivre cet art ancestral tout en lui donnant une dimension contemporaine. Son travail artistique s’inscrit dans une démarche de transmission, de sensibilisation et de promotion du patrimoine culturel sénégalais.

Fondatrice du festival FESTASS
Au-delà de la scène, l’artiste s’illustre également par son engagement dans la promotion culturelle. Elle est la fondatrice et directrice du FESTASS, un festival consacré au tassou et plus largement aux arts de la parole. Ce rendez-vous culturel a pour ambition de : valoriser le tassou et les expressions artistiques traditionnelles; Offrir une plateforme d’expression aux artistes confirmés et émergents ; Favoriser la transmission du patrimoine culturel aux jeunes générations. À travers ce festival, Adji Diarra Niang œuvre pour donner une visibilité nationale et internationale à cet art souvent méconnu.

Une présence remarquée à Paris
Récemment, l’artiste s’est rendue à Paris dans le cadre du Salon International de l’Agriculture, un événement majeur qui rassemble chaque année de nombreux acteurs du monde agricole et culturel. Elle y accompagnait notamment le maire de Kaolack, Serigne Mboup, présent pour promouvoir les initiatives et les richesses de sa ville. Cette participation a été l’occasion de mettre en lumière non seulement les produits et savoir-faire sénégalais, mais aussi la richesse de la culture du pays. Lors de son passage dans l’émission « Invité du Jour », Adji Diarra Niang a tenu à remercier chaleureusement le maire Serigne Mboup, saluant son soutien et son engagement en faveur de la culture et de la promotion des artistes.

Une ambassadrice de la culture sénégalaise
Par son parcours artistique et son engagement culturel, Adji Diarra Niang s’affirme aujourd’hui comme une véritable ambassadrice du tassou. Entre performances artistiques, initiatives culturelles et actions de transmission, elle poursuit un objectif clair : faire rayonner cet art traditionnel au Sénégal et au-delà des frontières. Son travail illustre la vitalité de la culture sénégalaise et rappelle combien les traditions orales restent un pilier essentiel de l’identité et de la mémoire collective.

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CULTURE

ÉGYPTE – Or et éternité : quand les pharaons s’invitent au cœur de Londres

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Londres accueille une exposition d’envergure consacrée à l’Égypte antique, réunissant 180 pièces majeures issues de collections nationales égyptiennes. Bien au-delà d’un simple événement muséal, cette présentation s’inscrit dans une stratégie assumée de diplomatie culturelle, visant à renforcer l’attractivité touristique du pays tout en valorisant son patrimoine millénaire.

Intitulée « Ramsès et l’or des pharaons », l’exposition met en lumière des artefacts couvrant l’âge d’or des souverains égyptiens, avec un accent particulier sur le règne de Ramsès II. Parmi les pièces emblématiques figure un masque funéraire recouvert de feuilles d’or, façonné selon les traits du roi Amenemope, dont la finesse témoigne du savoir-faire des ateliers royaux de la XXIe dynastie.

Une tournée mondiale à haute valeur stratégique

Avant Londres, la collection a transité par plusieurs grandes métropoles culturelles, notamment Houston, San Francisco, Sydney, Paris, Cologne et Tokyo. Selon les organisateurs, les œuvres ont parcouru près de 50 000 kilomètres, transportées sous haute sécurité, mobilisant dispositifs logistiques complexes et coordination internationale.

Les trésors exposés proviennent du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, qui supervise les principales institutions archéologiques du pays. Ce prêt massif, rarement accordé, marque une volonté d’ouverture et de rayonnement culturel.

Mettre en scène l’éternité

La seconde partie de l’exposition explore la conception égyptienne de l’au-delà. Cercueils richement décorés, masques funéraires et objets rituels illustrent une civilisation structurée autour de la quête d’immortalité. La scénographie insiste sur cette relation singulière à la mort, envisagée non comme une fin, mais comme un passage à transcender.

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Ce volet souligne également la dimension artisanale et artistique d’un héritage façonné par des générations d’orfèvres, sculpteurs et scribes, dont les créations continuent de fasciner trois millénaires plus tard.

Un levier pour la conservation patrimoniale

Au-delà de la visibilité internationale, l’exposition répond à un impératif financier : une partie substantielle des recettes est affectée à des projets de conservation en Égypte. Parmi eux figure la restauration complète de la tombe de Ramsès II dans la Vallée des Rois, récemment rouverte au public après d’importants travaux.

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