MADAGASCAR
MADAGASCAR : Une vitrine présidentielle de reboisement à Analamanga Park
La ministre malgache de l’Environnement et du Développement durable, Baomiavotse Vahinala Raharinirina et le gouverneur de la région d’Analamanga, Hery Rasoamaromaka, ont signé un partenariat le lundi 21 décembre 2020. Cette convention marque le coup d’envoi de la mise en place d’une vitrine présidentielle de reboisement à Analamanga Park, dans la commune d’Ambalavao dans le district d’Atsimondrano.
Dans le cadre de la mission du ministère de l’environnement malgache, le projet de reforestation constitue un des socles pour préserver le bien-être environnemental. Ainsi, ledit ministère compte planter des espèces à croissance rapide et des arbres fruitiers pour raviver le sol et protéger davantage l’environnement. Dans le communiqué qui annonce ce projet de vitrine présidentielle de reboisement, le ministère de l’environnement précise que : « À travers ce projet, 5,5 hectares de surface seront recouverts de Paulownia, une espèce à croissance rapide qui protège le sol et dont la capacité de séquestration de carbone est 10 fois plus élevée que les autres espèces. Le Paulownia peut également être exploité dans la fabrication de meubles et de produits artisanaux. »
Dans sa politique environnementale, le chef de l’Etat malgache, Andry Rajoelina, a prévu 40.000 hectares de surface à reboiser. Un chiffre fortement revu à la hausse par le ministère de l’environnement qui envisage d’exploiter 75. 000 hectares chaque année.
La mise en place de ce projet à Analamanga nécessitera 2750 jeunes plants de Paulownia. Un laboratoire de recherche ainsi qu’un showroom seront dédiés aux arbres à croissance à Ambatofotsy.
La région d’Analamanga est l’une des 22 régions de madagascar. Située dans la province de d’Antananarivo, elle dispose de 1, 7 millions de superficie mais seuls 9% sont couverts de forêts avec une surface exploitable de 165.000 hectares. Cependant, tous ces projets d’envergures qui concernent la préservation de l’environnement, impliquent une maîtrise des « feux de broussailles qui affectent 4 000 à 5 000 hectares par an à Analamanga« , indique le ministre de l’environnement, Baomiavotse Vahinala Raharinirina.
AFRIQUE
MADAGASCAR – Gen Z : ceux qui ont renversé Rajoelina critiquent désormais le nouveau pouvoir
Un an après avoir contribué à faire tomber Andry Rajoelina, une partie de la jeunesse malgache mobilisée sous la bannière de la « Gen Z » affiche désormais une profonde déception. Ceux qui avaient investi la rue pour réclamer un changement politique estiment que les nouvelles autorités reproduisent certaines pratiques qu’elles dénonçaient sous l’ancien pouvoir.
La mobilisation avait pris une tournure décisive lorsque des militaires du Capsat avaient rejoint les manifestants, accélérant le départ d’Andry Rajoelina. Pour les figures du mouvement, cette séquence avait alors symbolisé l’espoir d’un véritable tournant pour Madagascar. Un an plus tard, le bilan dressé par plusieurs militants est beaucoup plus critique.
Herizo Andriamanantena, l’un des visages de la contestation, reconnaît quelques évolutions depuis le changement de pouvoir, mais estime qu’elles restent limitées. La situation s’est notamment tendue en avril, lorsque plusieurs militants ont été arrêtés après avoir appelé à manifester pour dénoncer la lenteur du processus de « refondation ».
Parmi eux, Herizo Andriamanantena affirme avoir passé treize jours en garde à vue. Il décrit une expérience particulièrement difficile, marquée par sa détention dans une cellule avec de nombreux détenus de droit commun. Pour ce militant, le contraste entre son engagement citoyen et le traitement réservé par les autorités a renforcé son sentiment de désillusion.
Nomena Ratsihorimanana affirme également avoir subi des violences lors de son arrestation. Selon son témoignage, les forces de l’ordre l’auraient malmené et menacé. Après cinq jours de détention, il a finalement été libéré.
Pour leur avocat, Me Maromanana Aliarivelo, le recours aux accusations liées à la sûreté de l’État reste un moyen de pression utilisé depuis longtemps contre les voix contestataires à Madagascar. Il considère que cette pratique contribue à restreindre l’expression des opposants et des militants.
Du côté des membres de la « Gen Z », le sentiment de déception est également exprimé ouvertement. Felana Andriatahina, militante engagée dans l’éco-construction, parle d’une forme de trahison. Selon elle, ceux qui occupent aujourd’hui les responsabilités politiques doivent leur arrivée au pouvoir, au moins en partie, à la mobilisation populaire qui avait contribué à provoquer la chute de l’ancien régime.
Le mouvement n’est toutefois pas épargné par les divisions internes. La politologue Ketakandriana Rafitoson souligne les nombreuses divergences apparues au sein de cette mouvance, au point de rendre difficile l’identification d’une ligne commune et d’un leadership clairement établi.
À l’approche du premier anniversaire de la mobilisation, certains militants souhaitent désormais dépasser la logique de contestation autour d’une personnalité. Herizo Andriamanantena appelle ainsi à une réflexion plus large sur l’avenir politique du pays et à l’émergence de projets fondés sur des idées et des orientations politiques plutôt que sur le soutien à un seul dirigeant.
AFRIQUE
MADAGASCAR – Escroquerie en ligne : 50 Chinois condamnés transférés vers leur pays
Cinquante ressortissants chinois condamnés à des peines allant de deux à dix ans de prison pour leur implication dans un réseau d’escroquerie en ligne ont été transférés vers la Chine. Leur départ de Madagascar a été organisé lundi depuis la prison d’Avaradrano, dans le cadre d’une opération de coopération judiciaire entre les deux pays.
Les personnes concernées avaient été condamnées par la justice malgache pour des faits liés à un réseau de fraude en ligne opérant sur le territoire de la Grande Île. Après leur condamnation, leur transfert vers la Chine doit leur permettre d’y poursuivre l’exécution de leurs peines.
L’opération a mobilisé plusieurs acteurs, notamment des responsables chinois, le ministère malgache de la Justice ainsi qu’Interpol. Elle illustre le renforcement de la coopération internationale face aux réseaux criminels exploitant les technologies numériques pour mener leurs activités au-delà des frontières.
Le transfert des détenus s’appuie sur les dispositifs de coopération prévus par la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, connue sous le nom de Convention de Palerme. Madagascar a adhéré à cet instrument international en 2005, permettant notamment de renforcer les mécanismes de collaboration entre États dans la lutte contre les réseaux criminels transnationaux.
Les autorités chinoises ont, de leur côté, affiché leur volonté d’appliquer une politique particulièrement ferme à l’encontre des ressortissants impliqués dans des opérations de fraude en ligne. Pékin mène depuis plusieurs années une campagne visant à démanteler les réseaux spécialisés dans les escroqueries numériques et à poursuivre leurs membres, y compris lorsque leurs activités sont conduites depuis l’étranger.
Le transfert des 50 condamnés marque ainsi une nouvelle étape dans la coopération entre Madagascar et la Chine en matière de lutte contre la criminalité organisée et les fraudes numériques.
AFRIQUE
MADAGASCAR – Un référendum en 2027 avant la présidentielle
À Madagascar, la transition politique entre dans une phase décisive avec l’annonce du calendrier électoral par la commission électorale nationale indépendante. L’institution prévoit l’organisation d’un référendum constitutionnel en juin 2027, suivi d’une élection présidentielle en octobre de la même année.
Ce calendrier s’inscrit dans le processus de transition engagé après la chute de Andry Rajoelina en octobre dernier, à la suite d’une mutinerie militaire appuyée par une mobilisation du mouvement GenZ.
Depuis, le pouvoir est exercé par le colonel Michael Randrianirina, à la tête d’un gouvernement de Refondation chargé de conduire une transition de 24 mois, reconnue par la communauté internationale.
Dans ce contexte, la commission électorale s’est fixé un délai d’environ onze mois pour reconstituer entièrement le fichier électoral, après avoir supprimé l’ensemble des bases de données existantes — une décision lourde de conséquences pour la crédibilité du futur processus électoral.
Cette annonce intervient également après le renouvellement du bureau permanent de la Commission électorale nationale indépendante de Madagascar, signe d’une volonté affichée de relancer sur de nouvelles bases l’organisation des scrutins à venir.
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