AFRIQUE
CÔTE D’IVOIRE – Liberté provisoire pour un ancien ministre
Après près de trois semaines passées derrière les barreaux, Joël N’Guessan a retrouvé la liberté ce lundi 7 juillet 2025. L’ancien ministre des Droits de l’Homme et ex-porte-parole du parti au pouvoir en Côte d’Ivoire avait été arrêté le 18 juin pour avoir critiqué publiquement certaines décisions de justice, notamment l’exclusion de plusieurs candidats d’opposition à la présidentielle prévue en octobre.
Ce sont ses propos tenus lors d’une interview au média en ligne lemondeactuel.com qui lui avaient valu sa mise en détention. Il y exprimait sa conviction que cette mise à l’écart d’acteurs politiques ouvrirait la voie à une nouvelle crise nationale. Une phrase, surtout, avait fait l’effet d’une onde de choc : « Si demain, il y a des troubles dans le pays, les premiers responsables, ce sont les magistrats. » Relayée en boucle dans les médias et sur les réseaux sociaux, cette sortie a été considérée comme une atteinte grave à l’intégrité de la justice ivoirienne.
Face à la polémique, Joël N’Guessan a choisi l’apaisement. Dans un communiqué publié samedi, il a présenté ses excuses aux magistrats, reconnaissant que ses propos avaient pu heurter et qu’il ne mesurait pas l’impact qu’ils pouvaient avoir sur l’image de l’institution judiciaire. « Je tiens donc à présenter mes sincères excuses », a-t-il écrit, dans un ton plus conciliant que celui de l’interview initiale.
Ce mea culpa a sans doute pesé dans la décision de justice rendue ce lundi : la juridiction d’instruction du Plateau lui a accordé une liberté provisoire. Son avocat, Me Ange Rodrigue Dadjé, a confirmé qu’il a quitté le pôle pénitentiaire d’Abidjan dans la journée pour regagner son domicile.
Pour autant, la procédure n’est pas close. Joël N’Guessan reste sous la menace d’un procès. En Côte d’Ivoire, « jeter le discrédit sur les institutions » peut valoir jusqu’à cinq ans de prison selon le Code pénal.
AFRIQUE
ALGÉRIE – Annaba se prépare à une visite historique du pape Léon XIV
À Annaba, dans le nord-est de l’Algérie, les préparatifs s’intensifient à la basilique Saint-Augustin d’Annaba, dédiée au célèbre théologien et philosophe chrétien Augustin d’Hippone.
La ville se prépare à accueillir le pape Léon XIV, une visite inédite qui suscite une forte mobilisation au sein de la communauté catholique. Les thèmes de la paix, de la réconciliation, de l’unité et de l’espérance seront au cœur de ce déplacement apostolique.
Il s’agira d’une première historique : aucun pape ne s’est encore rendu en Algérie, où l’islam est religion d’État et où les chrétiens constituent une minorité. Dans ce contexte, une visite à la Grande Mosquée d’Alger est également prévue. Le souverain pontife y prononcera un discours devant les autorités, les représentants de la société civile et le corps diplomatique, au centre de conférences de l’institution.
En se rendant à Annaba, autrefois appelée Hippone, le pape Léon XIV marchera symboliquement sur les traces de Augustin d’Hippone, figure majeure du christianisme. Après son passage en Algérie du 13 au 15 avril, le pape poursuivra sa tournée africaine avec des étapes au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. Une tournée précoce dans son pontificat, qui illustre, selon plusieurs analystes, l’importance croissante du continent africain au sein de l’Église catholique.
AFRIQUE
ÉGYPTE – Libération d’une figure du mouvement « 6 avril »
L’Égypte a libéré lundi Sherif al-Rouby, figure emblématique du mouvement « 6 avril », aux côtés de deux autres militants. Cette décision, annoncée par un membre de la commission présidentielle chargée des grâces, est perçue par certains observateurs comme un signal d’ouverture en matière de droits et de libertés.
Membre fondateur et ancien porte-parole du mouvement, Sherif al-Rouby a passé une grande partie de la dernière décennie en détention. Arrêté en 2016 pour diffusion de fausses informations et accusations de terrorisme, il avait été brièvement libéré en 2022 avant d’être de nouveau placé en détention provisoire quelques mois plus tard.
Selon l’Egyptian Initiative for Personal Rights, il aurait également souffert de « négligence médicale » durant son incarcération. Les autorités ont aussi remis en liberté El-Sayed Moshagheb, ancien chef du groupe de supporters « Ultras White Knights » du club Zamalek, ainsi que Nermin Hussein, arrêtée en 2020 après des critiques en ligne sur la gestion de la pandémie de COVID-19.
Fondé en 2008 pour soutenir des mouvements de grève, le mouvement « 6 avril » a joué un rôle déterminant dans les manifestations ayant conduit à la chute du président Hosni Moubarak en 2011. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi, de nombreux membres de ce mouvement ont été arrêtés dans le cadre d’une vaste répression de l’opposition. Le pays est régulièrement critiqué par des organisations internationales, notamment Human Rights Watch, pour son bilan en matière de droits humains et la détention de nombreux prisonniers politiques.
AFRIQUE
CAMEROUN – Une réforme constitutionnelle qui fait débat
Le Cameroun s’est doté d’une nouvelle disposition constitutionnelle permettant au président de la République de nommer un vice-président, marquant un tournant institutionnel majeur.
Samedi, les députés et sénateurs réunis en congrès ont adopté ce projet de loi, porté par le parti au pouvoir et déjà validé en commission. Le texte a été approuvé à une large majorité, actant ainsi une évolution significative du système politique du pays après plusieurs décennies de stabilité constitutionnelle.
Cette réforme n’a toutefois pas fait l’unanimité. La veille du vote, l’opposant Maurice Kamto a vivement critiqué cette révision lors d’une déclaration publique. Le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a dénoncé un « coup d’État constitutionnel » et annoncé le lancement prochain d’une pétition nationale afin de mobiliser l’opinion publique.
Du côté du pouvoir, cette réforme est présentée comme une modernisation des institutions. Mais selon l’opposition, elle ouvre la voie à une désignation directe d’un successeur par le président Paul Biya, âgé de 93 ans, renforçant ainsi son contrôle sur la transition politique à venir.
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