BENIN
BÉNIN : Patrice Talon candidat pour un second mandat
Le président sortant Patrice Talon est officiellement candidat à l’élection présidentielle. Il s’est déclaré candidat à un second mandat vendredi 15 janvier à Adjohoun dans la région de l’Ouémé, situé à 63 km de Cotonou, la capitale. C’était à l’occasion de la dernière étape de sa tournée nationale à travers le pays.
“Je serai candidat au nom de la bonne gouvernance. Je voudrais défendre trois choses : la démocratie, nos libertés et la bonne gouvernance” a déclaré le président Patrice Talon Adjohoun, la dernière étape de sa tournée présidentielle. 77 communes ont été parcourues, un pari réussi par le Président Talon. Cette tournée présidentielle a démarrée depuis le jeudi 12 novembre 2020 par la commune de Savè dans les Collines, la tournée nationale de reddition de comptes entreprise par le Président Patrice Talon s’est achevée ce vendredi 15 janvier 2021 au terme de la séance d’échanges avec les populations d’Adjohoun dans l’Ouémé. Que ce soit par voie de terre, ou sur l’eau , du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, aucune commune n’a été délaissée par le Chef de l’Etat qui tenait à rendre compte à ses concitoyens de l’action de son gouvernement durant ces 5 dernières années. Ainsi, au total, 9801 Km ont été parcourus (par voie de terre), pour rencontrer les populations des 77 communes du Bénin.
Patrice Talon est ainsi candidat à sa propre succession. C’est en 2006 qu’il a été élu, il va terminer ce premier mandat dans moins de trois mois. Il remonte sur le ring électoral pour faire face à ses potentiels adversaires.
Cependant, la course aux candidatures est encore serrée, ce scrutin présidentielle exige des parrainages des élus, ce qui pourrait fragiliser certains candidats qui manquent de soutiens. Pour rappel, cette loi de parrainage a été très contestée par les membres de l’opposition qui y voyaient un moyen étatique pour les empêcher d’être à leur tour sur le ring politique pour la course à la haute magistrature. Il est ainsi perçu comme un verrouillage du processus électoral qui donne tous les atouts au président Patrice Talon.
L’élection présidentielle est prévue le 11 avril 2021.
AFRIQUE
BÉNIN / NIGER – Vers une réouverture progressive de la frontière après des concertations stratégiques
Le Bénin et le Niger franchissent une nouvelle étape dans le processus de réchauffement de leurs relations bilatérales. Réunis à Cotonou, des comités d’experts des deux pays ont entamé des discussions techniques en vue d’une réouverture prochaine de leur frontière commune, fermée dans un contexte de tensions politiques.
Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique enclenchée après la visite officielle du président béninois Romuald Wadagni à Niamey, début juin, marquant une volonté affichée de normalisation entre les deux États.
Les travaux ont été coprésidés par le ministre d’État nigérien en charge de la Sécurité, le général Mohamed Toumba, et le ministre béninois de l’Intégration africaine, Adjadi Bakari. Les échanges, tenus au ministère des Affaires étrangères à Cotonou, se déroulent à huis clos et mobilisent plusieurs groupes de travail spécialisés.
Les discussions portent sur des dossiers sensibles et structurants, notamment les questions de sécurité et de défense, les mécanismes diplomatiques, les cadres juridiques ainsi que les enjeux économiques liés aux échanges transfrontaliers.
Si la perspective d’une réouverture de la frontière se précise, elle reste conditionnée à la signature préalable d’accords bilatéraux, en particulier dans les domaines sécuritaire, douanier et commercial. Ces préalables sont jugés essentiels pour garantir une reprise maîtrisée des flux de personnes et de marchandises.
AFRIQUE
BÉNIN – Le président Romuald Wadagni lance une offensive diplomatique en terrain sensible
À peine investi, le nouveau président béninois Romuald Wadagni multiplie les initiatives pour repositionner son pays au cœur du jeu diplomatique ouest-africain. Sa rencontre avec le président nigérian Bola Tinubu à Lagos s’inscrit dans une séquence stratégique plus large visant à décrisper les relations dans une région marquée par de profondes fractures politiques.
Présentée comme une visite privée par la présidence nigériane, cette entrevue intervient dans un contexte où les équilibres régionaux sont fragilisés. Entre transitions militaires, recompositions d’alliances et tensions diplomatiques persistantes, l’Afrique de l’Ouest traverse une phase d’incertitude.
Pour Cotonou, l’enjeu est clair : restaurer le dialogue avec ses voisins, en particulier ceux dirigés par des régimes issus de coups d’État. Les relations entre le Bénin, le Niger et le Burkina Faso se sont nettement dégradées ces derniers mois, notamment sur fond de divergences politiques et sécuritaires.
Dans cette dynamique, la tournée annoncée de Romuald Wadagni au Niger et au Burkina Faso apparaît comme une tentative directe de réengagement. Elle traduit une volonté de dépasser les crispations et de rouvrir des canaux de communication devenus fragiles.
Ce repositionnement diplomatique n’est pas inédit. Lors de son investiture, le président béninois avait déjà envoyé un signal en direction des pays de l’Alliance des États du Sahel, en les conviant officiellement à la cérémonie. Une main tendue qui, selon plusieurs observateurs, visait à poser les bases d’un dialogue renouvelé.
Derrière ces initiatives, se dessine une stratégie plus globale : éviter l’isolement diplomatique et préserver les intérêts économiques et sécuritaires du Bénin dans une sous-région en mutation. Car au-delà des divergences politiques, les interdépendances restent fortes, notamment en matière de commerce et de lutte contre les menaces transfrontalières.
Reste à savoir si cette offensive diplomatique portera ses fruits. Dans un environnement marqué par la défiance et les repositionnements stratégiques, la capacité du Bénin à jouer un rôle de médiateur ou de pont entre blocs opposés sera scrutée de près.
AFRIQUE
BENIN – Après Patrice Talon, le pari risqué de Romuald Wadagni entre sécurité et diplomatie
L’accession au pouvoir de Romuald Wadagni marque une transition politique importante au Bénin, dans un contexte régional tendu mais en recomposition.
Désigné successeur de Patrice Talon, dont il fut l’un des piliers économiques en tant que ministre des Finances, Wadagni s’inscrit clairement dans une logique de continuité des réformes engagées depuis une décennie. Toutefois, son discours inaugural laisse apparaître une inflexion notable : une volonté de privilégier une approche plus pragmatique et moins conflictuelle dans la gestion des relations régionales.
Cette orientation s’est traduite symboliquement par la présence du Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, lors de la cérémonie. Un signal politique fort, dans un contexte marqué ces derniers mois par des tensions entre les pays d’Afrique de l’Ouest, notamment avec les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), à la suite des coups d’État militaires.
Sur le plan diplomatique, le nouveau président béninois a clairement posé les bases de sa doctrine : renforcer la coopération régionale, privilégier le dialogue et contribuer à la stabilité sous-régionale. Une ligne qui vise notamment à réchauffer les relations avec des voisins comme le Niger et le Burkina Faso, aujourd’hui dirigés par des régimes militaires et confrontés à une insécurité persistante.
Car au-delà des enjeux diplomatiques, Romuald Wadagni hérite aussi de défis internes majeurs. Le nord du pays reste exposé à des incursions de groupes armés liés au jihadisme sahélien, tandis que les inégalités socio-économiques continuent de creuser un fossé important malgré une croissance soutenue ces dernières années.
À 49 ans, il devra donc arbitrer entre continuité économique, adaptation sécuritaire et repositionnement géopolitique. Son mandat s’ouvre ainsi sur une équation complexe : maintenir la dynamique de développement tout en apaisant les tensions régionales et en répondant aux attentes sociales croissantes.
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