AMÉRIQUE
CHINE/CANADA : Un T-shirt « raciste » sème la zizanie entre la Chine et le Canada
Le torchon brûle ces derniers jours entre la Chine et le Canada, autour d’un incident diplomatique causé par un T-shirt “raciste”, promu par un diplomate canadien, qui a beaucoup offusqué la Chine. Le puissant pays asiatique, très soucieux de son image, reste en effet intransigeant envers toute tentative, avérée ou non, de l’associer négativement avec les origines du Coronavirus. Par AgenceEcofin
Tout a commencé quand Chad Hensler, a commandé en milieu d’année dernière, des T-shirts portant une image de chauve-souris autour des mots « Wu-Han » (nom de la ville qui serait le point de départ officiel de la pandémie de Covid-19).
La rapide association entre la chauve-souris, censée être un réservoir du virus, et la ville ville chinoise, a causé une vague d’indignation sur les réseaux sociaux chinois, de la part des citoyens et même des fonctionnaires.
Wu-tang to Wuhan
A t-shirt logo revealed
Frail diplomacy#haiku #haikuchallenge (reveal) #micropoetry #amwriting #Wuhan #WuTang https://t.co/AtV2VpAmHA pic.twitter.com/jqTSObEG8E— Shreela Roy (@sredits) February 2, 2021
Ces derniers, rejetant la thèse selon laquelle le fabricant aurait confondu “Wu-Han” et “Wu-Tang” (du nom du célèbre groupe de Hip-Hop américain, « Wu-Tang Clan »), ont demandé au gouvernement canadien de sanctionner le diplomate indexé, et réclamé des excuses publiques, dans les plus brefs délais.
Les médias chinois, accusent notamment Hensler d’avoir délibérément dissimulé ses “mauvaises intentions”, depuis le mois de mai où il avait passé la commande, et de vouloir laisser entendre que le coronavirus provenait d’une chauve-souris de Wuhan, dans ce qui serait une campagne de diffamation menée par l’Occident contre la Chine, sur la question des origines du virus (notons qu’une équipe de l’OMS a laborieusement entamé ce début d’année, une enquête sur les origines du virus à Wuhan, après des réticences multiformes de Beijing).
De son côté, Ottawa a déclaré qu’il s’agissait d’un déplorable « malentendu », arguant que le logo représentait bien le groupe de Hip-Hop, et « [n’était] pas destiné à représenter une chauve-souris » et « qu’il s’agissait de cadeaux personnels pour une équipe de diplomates qui s’était rendue à Wuhan dans les premiers jours de la pandémie, pour aider à l’évacuation des citoyens canadiens », comme le rapporte un média local, le Globe and Mail.
Notons que cette prise de bec diplomatique survient à un moment où les relations entre les deux pays se sont dégradées ces derniers mois, avec un certaine froideur canadienne vis-à-vis de la Chine, accusée de n’avoir pas été très transparente aux débuts de la pandémie.
Les tensions sont également présentes, sur fond de bras de fer Orient-Occident, sur le terrain des grandes entreprises technologiques chinoises, avec notamment l’arrestation et la détention par le Canada de Meng Wanzhou, cadre supérieure de Huawei (et fille du fondateur, Ren Zhengfei), dans une affaire où elle risque jusqu’à 30 ans de prison.
Source : AgenceEcofin / Par Ayi Renaud Dossavi
AMÉRIQUE
ÉTATS-UNIS – IRAN – L’escalade militaire relancée après l’échec des négociations
La tension monte d’un cran entre États-Unis et Iran, après l’échec de discussions indirectes tenues ce week-end au Pakistan. Alors que les canaux diplomatiques peinent à produire des avancées, la situation bascule progressivement vers une logique d’escalade militaire.
Sur le terrain, Washington a franchi un seuil significatif en annonçant la mise en place d’un blocus naval visant les infrastructures maritimes iraniennes. Selon le CENTCOM, cette mesure concerne l’ensemble des ports et zones côtières de l’Iran, avec un dispositif centré sur le stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle du commerce mondial d’hydrocarbures.
Le commandement américain précise que ce blocus sera appliqué sans distinction de pavillon, impliquant un contrôle strict de tous les navires entrant ou sortant de la zone. Pour soutenir cette opération, les États-Unis s’appuient sur un important déploiement aéronaval dans la région, incluant bases militaires, bâtiments de guerre et capacités de surveillance avancées.
Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, Donald Trump a averti que tout navire iranien s’approchant du périmètre de blocus serait « immédiatement neutralisé », accentuant encore la pression sur Téhéran.
En réponse, les autorités iraniennes dénoncent une mesure « illégale » assimilée à un acte de piraterie internationale. L’état-major iranien a également brandi la menace de représailles, affirmant que l’ensemble des installations portuaires du golfe Persique et du golfe d’Oman pourrait devenir des cibles si ses intérêts venaient à être directement menacés.
AMÉRIQUE
HAÏTI – Une bousculade meurtrière frappe un site historique
Le drame s’est noué en quelques instants sur les hauteurs du nord d’Haïti. À la Citadelle Laferrière, site emblématique dominant la région de Cap-Haïtien, une bousculade survenue lors de festivités traditionnelles a causé la mort d’au moins 25 personnes, selon un bilan révisé par les autorités.
Samedi, des centaines de visiteurs s’étaient rassemblés dans cette forteresse perchée en altitude, très fréquentée par les touristes et les habitants. Mais la forte affluence a rapidement dégénéré. D’après les autorités locales de Milot, de nombreux participants ont été victimes d’asphyxie, de piétinements et de pertes de connaissance dans un mouvement de foule incontrôlé.
Les services de secours ont évacué en urgence des dizaines de blessés vers les structures hospitalières de la région, tandis que plusieurs personnes restent introuvables. Dimanche encore, certains corps n’avaient pas été retirés du site, témoignant de la brutalité de l’événement. Les premiers éléments de l’enquête pointent une situation de surpeuplement critique, aggravée par des insuffisances dans la gestion des flux de visiteurs. Une combinaison de facteurs qui aurait transformé ce rassemblement festif en tragédie.
La Police nationale haïtienne a ouvert une enquête pour établir les circonstances exactes du drame. Une trentaine de blessés restaient hospitalisés, selon les autorités, qui appellent la population à éviter la propagation de rumeurs et à coopérer avec les enquêteurs. Dans un message officiel, le gouvernement haïtien a présenté ses condoléances aux familles endeuillées. Ce drame relance la question de la sécurité sur les sites touristiques majeurs du pays, en particulier lors d’événements à forte affluence.
AMÉRIQUE
HAÏTI – Au moins 30 morts dans une nouvelle attaque de gang dans l’Artibonite
La violence des gangs continue de ravager Haïti. Selon des organisations de défense des droits humains, au moins 30 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres sont portées disparues à la suite d’une nouvelle attaque perpétrée dans le centre du pays.
Le gang Gran Grif a lancé une offensive contre la ville de Petite-Rivière de l’Artibonite dès dimanche matin, incendiant des habitations et laissant des corps joncher les rues. Une seconde attaque a été signalée lundi, aggravant un bilan déjà lourd. D’après Bertide Horace, porte-parole de la Commission pour le dialogue, la réconciliation et la sensibilisation pour sauver l’Artibonite, le gang maintient son emprise sur le quartier de Jean-Denis, où des barrages routiers ont été érigés. « La zone est complètement déserte. Seuls les gangs ont le contrôle », a-t-elle déclaré, évoquant de graves difficultés de communication sur le terrain.
Son organisation affirme avoir récupéré au moins 30 corps, tout en poursuivant les recherches concernant plusieurs personnes disparues. Toutefois, d’autres sources avancent un bilan bien plus élevé. L’avocat et défenseur des droits humains Antonal Mortimé, codirecteur exécutif de l’organisation Défenseurs Plus, a indiqué que jusqu’à 70 personnes pourraient avoir été tuées, selon des informations recueillies auprès de militants locaux. De leur côté, les autorités haïtiennes évoquent un bilan provisoire plus faible. La Police nationale haïtienne a fait état d’au moins 16 morts et 10 blessés par balle. Elle précise que ses agents, appuyés par des policiers kényans engagés dans une mission soutenue par l’ONU, ont tenté de secourir des civils dans la zone de Jean-Denis. Leur progression a toutefois été entravée par des obstacles érigés par les gangs, notamment de larges tranchées creusées pour bloquer l’accès.
Les écarts entre les bilans s’expliquent par les conditions extrêmement difficiles sur le terrain, marquées par des communications limitées et l’impossibilité pour les autorités d’accéder pleinement aux zones contrôlées par les groupes armés. Aujourd’hui, les gangs dominent près de 90 % de la capitale, Port-au-Prince, et étendent leur influence dans plusieurs régions du pays. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a récemment qualifié cette situation de « sans précédent », indiquant que plus de 5 500 personnes ont été tuées entre mars 2025 et janvier. Déjà impliqué dans des violences majeures, le gang Gran Grif avait mené, il y a près d’un an, une attaque similaire à Petite-Rivière de l’Artibonite, contraignant des dizaines d’habitants à fuir en traversant le plus long fleuve du pays. Le groupe est également accusé d’être à l’origine du massacre d’octobre 2024 à Pont-Sondé, où plus de 70 personnes avaient été tuées, l’un des épisodes les plus meurtriers de l’histoire récente d’Haïti.
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