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POLITIQUE

MALI: Élections législatives contestées

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Au Mali, c’est contestation sur contestation, la population, mais également le corps de l’opposition sont encore descendus dans les rues pour protester contre ce scrutin législatif qui s’est déroulé dans la plus grande confusion. Une élection qui s’est passée dans une période où le pays est touché par la crise sanitaire mondiale liée au coronavirus, mais également par la disparition de Soumaïla Cissé, le chef de l’opposition malienne qui a été kidnappé lors de ses tournées de campagnes électorales dans le nord du pays.

La Cour constitutionnelle a pourtant validé ce scrutin tant décrié en publiant le 30 avril 2020, les résultats définitifs du second tour du scrutin législatif du 19 avril 2020. Pourtant tous les éléments étaient réunis pour que ce rendez-vous électoral soit repoussé en vain.

Pour dénoncer ce que les manifestants appellent aujourd’hui « un tripatouillage électoral », les rues de trois grandes villes du pays sont prises d’assaut depuis plusieurs jours. Elles sont noires de monde de Kayes à Sikasso, de Kati à Bougouni, de Sévaré à Bamako, la capitale, ils ont bravé le couvre-feu pour manifester leur colère mais également pour exprimer leur désaccord face aux résultats de ces élections législatives inédites. Les manifestants ont perturbé la circulation, bloquer les artères puis brûler des pneus.

Le parti au pouvoir a raflé la mise des voix exprimées au détriment de l’opposition qui pointe les chiffres des résultats contradictoires publiés par la Cour constitutionnelle et son annexe. Ce ne sont pas seulement les résultats qui sont indexés par l’opposition mais également la Cour constitutionnelle, les manifestants exigent la révision sans concession d’une disposition constitutionnelle qui comprend de l’article 94. Selon eux, la Cour a avantagé le principal parti au pouvoir au détriment de l’opposition. Ainsi, la Coalition pour l’observation citoyenne des élections au Mali (Cocem) demande de lever le voile et éclairer l’opinion publique sur le résultat de ces élections, sans grande satisfaction.

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AFRIQUE

SÉNÉGAL – Le PM Ousmane Sonko théorise la « souveraineté démographique » à Dakar

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Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a posé les bases d’une lecture stratégique de la démographie africaine, lors d’un échange avec le géopolitologue Pascal Boniface au Musée des Civilisations noires. Au cœur des discussions : la souveraineté et la place de la jeunesse dans la trajectoire du continent.

Dans une intervention structurée, le chef du gouvernement a défendu l’idée d’une « souveraineté démographique », qu’il érige en levier de puissance. Refusant toute politique imposée de limitation des naissances, il a dénoncé une lecture extérieure qu’il juge inadaptée aux réalités africaines. Pour Ousmane Sonko, la jeunesse constitue un atout stratégique majeur. Il estime que le continent, appelé à rester le plus jeune au monde d’ici 2050, doit transformer cette dynamique en véritable dividende démographique. À défaut, ce potentiel pourrait se muer en facteur d’instabilité.

S’appuyant sur des comparaisons internationales, il a relativisé l’idée d’une surpopulation africaine, rappelant l’étendue du continent et sa densité encore faible par rapport à d’autres régions. Dans cette logique, il a évoqué des exemples asiatiques, notamment le Japon, confronté à un vieillissement accéléré et à un recul démographique. Au-delà du diagnostic, le discours s’inscrit dans une perspective politique plus large : structurer la jeunesse comme une ressource productive, au service du développement et de l’indépendance. Une orientation qui place la question démographique au centre des politiques publiques et des enjeux de souveraineté du continent africain.

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AFRIQUE DU NORD

SAHARA-OCCIDENTAL – Le Polisario affiche sa force pour les 50 ans de la RASD

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Le Front Polisario a marqué le 50e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique par un défilé militaire organisé dans un camp de réfugiés près de Tindouf. Une célébration à forte portée symbolique, dans un contexte de conflit toujours non résolu autour du Sahara occidental.

Proclamée le 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique reste aujourd’hui largement absente de son territoire, contrôlé en grande partie par le Maroc. Cette situation contraint le mouvement indépendantiste à organiser ses commémorations en Algérie, principal soutien politique et logistique du Polisario. Lors de cette cérémonie, le leader du mouvement, Brahim Ghali, a réaffirmé la ligne du Polisario, dénonçant une « occupation illégale » et rejetant toute solution imposée. Il a insisté sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, qu’il considère comme la seule issue vers une paix durable.

Dans les camps, l’espoir reste intact malgré l’exil prolongé. Certains réfugiés ont exprimé leur souhait de voir les prochaines célébrations se tenir directement sur le territoire revendiqué, notamment dans les régions de Sakia El Hamra et Oued Ed-Dahab, symboles du Sahara occidental. Mais sur le terrain, le rapport de force demeure figé. Environ 80 % du territoire est sous contrôle marocain, tandis que le Front Polisario s’appuie sur le soutien constant de Algérie. Entre démonstrations militaires, rivalités régionales et blocage diplomatique, la question sahraouie reste l’un des conflits les plus persistants du continent africain.

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AFRIQUE

GAMBIE – Un procureur spécial pour juger l’ère Jammeh

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La Gambie franchit un cap décisif dans la mise en œuvre de sa justice transitionnelle avec la nomination d’un procureur spécial chargé de poursuivre les crimes commis sous l’ancien régime de Yahya Jammeh.

Les autorités ont porté leur choix sur Martin Hackett, un expert reconnu des dossiers liés aux crimes de guerre, au génocide et au terrorisme, ayant notamment collaboré avec les Nations unies. Sa prise de fonction est attendue avant la fin du mois, dans un contexte de pression croissante pour accélérer les poursuites.

Cette désignation intervient après plusieurs critiques visant la lenteur du processus, alors même que les conclusions de la Commission vérité, réconciliation et réparations, publiées en 2021, recommandaient des actions judiciaires contre l’ancien chef de l’État et des dizaines de ses collaborateurs. Au cœur de cette dynamique, près de 70 suspects identifiés par la commission pourraient être poursuivis. Le mandat du procureur prévoit la possibilité de recourir à une juridiction spéciale, en cours de mise en place, afin de juger les crimes les plus graves, notamment les exécutions extrajudiciaires, les actes de torture et les disparitions forcées.

Le dispositif judiciaire s’est progressivement structuré. En 2024, le Parlement gambien a adopté une loi instituant un bureau du procureur spécial ainsi qu’un cadre juridictionnel dédié. Parallèlement, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a soutenu la création d’un tribunal hybride, bien que son financement reste à concrétiser. Pour les défenseurs des droits humains, cette nomination marque une avancée significative. Elle pourrait permettre de transformer les recommandations en actions concrètes et de répondre aux attentes des victimes, longtemps confrontées à l’impunité.

Depuis sa défaite électorale face à Adama Barrow en 2016, Yahya Jammeh vit en exil en Guinée équatoriale. Sa possible comparution devant une juridiction, nationale ou internationale, reste l’un des enjeux majeurs de ce processus. Avec cette nomination, la Gambie tente de franchir une étape déterminante : passer du travail de mémoire à l’exercice effectif de la justice.

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