POLITIQUE
MALI: Élections législatives contestées
Au Mali, c’est contestation sur contestation, la population, mais également le corps de l’opposition sont encore descendus dans les rues pour protester contre ce scrutin législatif qui s’est déroulé dans la plus grande confusion. Une élection qui s’est passée dans une période où le pays est touché par la crise sanitaire mondiale liée au coronavirus, mais également par la disparition de Soumaïla Cissé, le chef de l’opposition malienne qui a été kidnappé lors de ses tournées de campagnes électorales dans le nord du pays.
La Cour constitutionnelle a pourtant validé ce scrutin tant décrié en publiant le 30 avril 2020, les résultats définitifs du second tour du scrutin législatif du 19 avril 2020. Pourtant tous les éléments étaient réunis pour que ce rendez-vous électoral soit repoussé en vain.
Pour dénoncer ce que les manifestants appellent aujourd’hui « un tripatouillage électoral », les rues de trois grandes villes du pays sont prises d’assaut depuis plusieurs jours. Elles sont noires de monde de Kayes à Sikasso, de Kati à Bougouni, de Sévaré à Bamako, la capitale, ils ont bravé le couvre-feu pour manifester leur colère mais également pour exprimer leur désaccord face aux résultats de ces élections législatives inédites. Les manifestants ont perturbé la circulation, bloquer les artères puis brûler des pneus.
Le parti au pouvoir a raflé la mise des voix exprimées au détriment de l’opposition qui pointe les chiffres des résultats contradictoires publiés par la Cour constitutionnelle et son annexe. Ce ne sont pas seulement les résultats qui sont indexés par l’opposition mais également la Cour constitutionnelle, les manifestants exigent la révision sans concession d’une disposition constitutionnelle qui comprend de l’article 94. Selon eux, la Cour a avantagé le principal parti au pouvoir au détriment de l’opposition. Ainsi, la Coalition pour l’observation citoyenne des élections au Mali (Cocem) demande de lever le voile et éclairer l’opinion publique sur le résultat de ces élections, sans grande satisfaction.
AFRIQUE DE L’OUEST
CAP-VERT – José Maria Neves officialise sa candidature pour un deuxième mandat
Le président José Maria Neves a officiellement annoncé sa candidature à un deuxième mandat à la tête du Cap-Vert. Âgé de 66 ans, le chef de l’État a confirmé lundi son intention de participer à l’élection présidentielle prévue le 15 novembre 2026, dans un scrutin où plusieurs autres personnalités ont déjà fait connaître leurs ambitions.
Élu président en 2021, après avoir dirigé le gouvernement pendant quinze ans, de 2001 à 2016, José Maria Neves entend mettre son expérience politique au service d’un nouveau mandat de cinq ans. Lors de l’annonce de sa candidature, il a déclaré vouloir poursuivre les actions engagées et contribuer à la construction d’un Cap-Vert « victorieux et prospère ».
Le président sortant souhaite également bénéficier du soutien du Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV), formation qu’il a dirigée au cours de sa carrière. La commission politique nationale du parti a depuis décidé de soutenir sa candidature, mais cette position doit encore être formellement soumise au Conseil national conformément aux statuts de la formation.
La présidentielle du 15 novembre s’annonce avec plusieurs candidatures. La Commission nationale des élections a confirmé la date du scrutin et prévoit, en cas d’absence de majorité requise au premier tour, un éventuel second tour le 29 novembre.
Pour José Maria Neves, cette nouvelle candidature intervient après un premier mandat marqué par plusieurs dossiers économiques et sociaux. Le chômage des jeunes demeure notamment l’un des défis auxquels l’archipel doit faire face, dans un contexte où les attentes sociales restent importantes.
La candidature du chef de l’État intervient également dans un système politique où la fonction présidentielle est distincte de celle du gouvernement. Élu au suffrage universel, le président exerce son mandat pour cinq ans, tandis que le gouvernement est issu de la majorité parlementaire.
Avec environ 520 000 habitants, le Cap-Vert est un archipel d’Afrique de l’Ouest situé dans l’océan Atlantique. Le pays se prépare désormais à une nouvelle échéance présidentielle, avec plusieurs candidats déclarés ou annoncés et un scrutin qui doit déterminer le prochain chef de l’État pour les cinq années à venir.
AFRIQUE
RD CONGO – Lubumbashi : La police interdit la marche de l’opposition, la C64 maintient son appel
La tension monte à Lubumbashi à la veille d’une marche annoncée par la coalition d’opposition C64. Les autorités ont décidé de ne pas autoriser la manifestation prévue ce mardi 15 septembre et la police a annoncé la mobilisation des forces de sécurité pour veiller à l’application de cette décision.
Le général Blaise Kilimbalimba, commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC) dans le Haut-Katanga, a lancé lundi un appel au calme lors d’une parade mixte réunissant policiers et militaires au stade Kibasa Maliba, dans la commune de la Kenya. En présence notamment de représentants de la société civile, il a demandé aux habitants de poursuivre normalement leurs activités et mis en garde contre tout comportement susceptible de perturber l’ordre public.
Selon le responsable provincial de la police, les forces de sécurité ont été mobilisées afin d’accompagner les autorités politico-administratives dans la mise en œuvre de la décision de différer la marche. La parade a également servi à rappeler les consignes destinées à prévenir d’éventuels débordements dans plusieurs secteurs de la ville.
La décision d’interdire la manifestation avait été prise vendredi 11 septembre par la maire intérimaire de Lubumbashi, Joyce Tunda. L’autorité municipale avait alors rappelé que les manifestations publiques étaient interdites dans l’ensemble de la ville, invoquant la préservation de l’ordre public et de la tranquillité sociale.
La C64 conteste toutefois cette interdiction. La coalition d’opposition estime que la décision des autorités porte atteinte aux dispositions constitutionnelles relatives à la liberté de réunion pacifique. Elle affirme avoir informé officiellement la mairie dès le 7 septembre de son intention d’organiser une marche.
Les organisateurs présentent cette mobilisation comme une initiative destinée à réaffirmer leur attachement au respect de la Constitution, à l’État de droit et à l’ordre constitutionnel. Malgré l’interdiction annoncée par les autorités urbaines, la coalition maintient donc son projet de manifestation pour ce mardi à Lubumbashi.
La situation contraste avec celle observée à Kinshasa, où une manifestation de l’opposition a été autorisée par le gouvernement provincial. Cette autorisation reste toutefois assortie de modifications concernant l’itinéraire et le point d’arrivée de la marche.
À Lubumbashi, les forces de sécurité se préparent ainsi à faire respecter l’interdiction tandis que la C64 maintient son appel à la mobilisation, faisant de cette journée un nouveau test autour de la liberté de manifestation et de la gestion de l’ordre public en République démocratique du Congo.
AFRIQUE
NIGERIA – Présidentielle 2027 : les déplacés veulent transformer leur colère en voix électorale
À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, les populations déplacées par les conflits entendent transformer leur situation en enjeu électoral. Installées depuis plusieurs années dans des camps de fortune autour d’Abuja, des milliers de familles disent attendre des futurs dirigeants des réponses concrètes face à l’insécurité, à la pauvreté et à leurs conditions de vie précaires.
Dans ces camps, certaines familles vivent depuis plus d’une décennie loin de leurs régions d’origine. Beaucoup ont fui les violences liées notamment à l’insurrection de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. Aujourd’hui, elles occupent des abris rudimentaires faits de tôles, de bois et de bâches, avec l’espoir de pouvoir un jour retrouver leurs terres.
Pour Zainab Bukar, déplacée de 50 ans originaire de l’État de Borno, l’élection représente une occasion de faire entendre les attentes de ces populations. Elle espère notamment une amélioration de la sécurité et des conditions de vie, après des années marquées par les déplacements forcés et l’incertitude.
Le phénomène concerne une part importante de la population. Selon l’ONU, près de 3,7 millions de Nigérians sont actuellement déplacés à l’intérieur du pays. À l’approche du scrutin, cette population pourrait donc constituer un enjeu politique, alors que le pays reste confronté à l’insécurité, à la hausse du coût de la vie et aux difficultés économiques.
Dingiyefa Angalapu, analyste au Centre pour la démocratie et le développement en Afrique de l’Ouest, souligne l’importance de permettre aux déplacés de participer au processus électoral et d’exprimer leurs préoccupations par les urnes.
Dans les camps, le sentiment d’abandon reste toutefois très présent. Certaines familles disent avoir bénéficié de peu de soutien des pouvoirs publics depuis leur arrivée, tandis que le retour dans leurs localités d’origine demeure impossible en raison de la persistance des violences. La proximité avec la capitale fédérale contraste ainsi fortement avec la précarité dans laquelle vivent ces populations.
À cette situation s’ajoute la pression économique qui pèse sur les ménages. La suppression de la subvention sur les carburants décidée en 2023 par le président Bola Tinubu a entraîné une forte hausse des prix, accentuant les difficultés quotidiennes pour de nombreux Nigérians.
Sur le front sécuritaire, les opérations menées contre les groupes armés n’ont pas empêché la poursuite des attaques et des enlèvements dans différentes régions du pays. Pour les déplacés, la sécurité demeure ainsi l’une des principales conditions à remplir avant d’envisager un retour dans leurs communautés d’origine.
À l’approche de la présidentielle, les positions divergent néanmoins dans les camps. Certains déplacés envisagent de sanctionner le pouvoir à travers leur vote, tandis que d’autres continuent de soutenir le président sortant. Face à eux, l’opposition tente de capitaliser sur le mécontentement, malgré ses propres divisions.
Après des années passées loin de leurs foyers, les déplacés veulent désormais que leur situation soit davantage prise en compte dans le débat politique. Pour ces millions de Nigérians, le scrutin de 2027 représente aussi l’occasion de rappeler aux candidats les conséquences humaines des conflits et l’urgence de trouver des solutions durables à leur déplacement.
-
FOOTBALL3 mois .CONGO – Mission CAN 2027 pour Claude Le Roy, le retour d’un vieux stratège
-
AFRIQUE3 mois .BÉNIN / NIGER – Vers une réouverture progressive de la frontière après des concertations stratégiques
-
TÉLÉPHONIE3 mois .CÔTE D’IVOIRE – Les journalistes dénoncent pressions et autocensure grandissante
-
AFRIQUE3 mois .RD CONGO – Les médecins déclenchent une grève en pleine alerte Ebola
-
AFRIQUE3 mois .AFRIQUE DU SUD – Climat de peur à Johannesburg : Des Nigérians fuient après des attaques ciblées
-
AFRIQUE3 mois .SOMALIE – Refoulé des États-Unis, Omar Artan accueilli en héros
-
AFRIQUE3 mois .KENYA – La justice valide la destitution du vice-président Rigathi Gachagua
-
AFRIQUE2 mois .CAMEROUN – L’absence prolongée de Paul Biya alimente interrogations et tensions politiques


