AFRIQUE DE L’OUEST
SÉNÉGAL – Le capitaine Oumar Touré sort de son silence après sa radiation
Le capitaine Oumar Touré a lancé un message émouvant aux sénégalais via son compte Facebook le mercredi 7 juillet 2021. Principal enquêteur dans l’affaire opposant le député Ousmane Sonko à une masseuse du nom de Adji Sarr, l’officier de police judiciaire a été radié des cadres de la Gendarmerie nationale par le chef de l’Etat Macky Sall le jeudi 18 juin 2021. Tout en remerciant les sénégalais pour le soutien moral qu’ils lui ont apporté, le capitaine Oumar Touré a pris la décision de sa radiation avec philosophie sans manquer de rappeler le sens de la dignité et de la vertu quelle que soit la fonction occupée. Ze-africanews vous livre l’intégralité du message de l’enquêteur âgé juste de 32 ans.
“Mes très chers compatriotes,
Aujourd’hui mercredi 07 juillet 2021 j’ai reçu notification de ma radiation des contrôles de la gendarmerie nationale sénégalaise, consécutive au décret n°2021 – 830 du 17 juin 2021, portant ma radiation des cadres de la gendarmerie nationale sénégalaise.
J’ai été incorporé dans la gendarmerie nationale le 03 décembre 2012 et nommé au grade de sous-lieutenant (premier grade d’un officier d’active) par le décret 2015-301 du 09 mars 2015, après quoi, j’ai accompli huit (08) années, six (06) mois et quatorze (14) jours de service actif au sein de la gendarmerie sénégalaise.
Mon serment de gendarme fut « je jure d’obéir à mes chefs en tout ce qui concerne le service auquel je suis appelé et, dans l’exercice de mes fonctions, de ne faire usage de la force qui m’est confié que pour le maintien de l’ordre et l’exécution des lois et règlements» article 03 du décret 74-683 du 09 juillet 1974. Dans le cadre du service auquel j’ai été appelé, j’ai toujours essayé de faire de ce serment un crédo et une devise, dans mes relations avec mes collègues et avec les citoyens de notre pays.
Je m’en vais surement mais le temps passé ensemble a tissé entre vous (gendarmes) et moi des liens forts et sincères, que l’épreuve du temps aussi rude soit -elle ne peut défaire. Au-delà des relations fraternelles, l’objectivité m’impose, si demain on m’interpellait sur le meilleur service public de la République du Sénégal, de répondre sans hésiter que c’est la gendarmerie nationale. La gendarmerie n’est et ne sera jamais à l’image d’un seul homme quel que soit sa personnalité, son comportement ou sa position hiérarchique mais la somme de sacrifice et le reflet d’hommes et de femmes qui sont les remparts de la cité partout et chaque jour.
Ce fut un grand honneur d’avoir pu servir mon pays en tant que gendarme et surtout un privilège d’avoir côtoyé les hommes de valeur qui composent cette arme. J’ai appris et compris avec vous que l’honneur et la Patrie sont une réalité, un vécu et non de simples mots gravés sur un insigne, que l’on prononce pour les besoins d’une cérémonie ou pour un discours parfois aux antipodes des aspirations et de la réalité de la troupe. Merci pour tout.
Je profite de l’occasion pour adresser mes sincères remerciements et ma gratitude au peuple sénégalais et à toutes ces personnes qui, à travers les réseaux sociaux dans le monde entier, m’ont apporté leur soutien et continuent de le faire aujourd’hui encore. Je sais que vous croyez en la vérité et à la justice, raison pour laquelle je ne me suis jamais senti seul durant toute cette épreuve. Je vous invite humblement à garder cette lancée et à aimer davantage votre patrie car elle (la patrie) est le repère et la fierté de chacun d’entre nous. L’amour de la patrie n’est pas une chanson mais un comportement à adopter. Ce comportement commence par nos relations de chaque jour, de respect, de discipline, de l’acceptation de l’autre et de la tolérance entre concitoyens que nous sommes.
Dans ce monde d’aujourd’hui où tout semble être fait, pour plaire aux autres, pour paraître bien, je vous recommande respectueusement d’avoir le courage d’affronter le jugement des autres en faisant ce qui vous semble bien pour votre patrie et non ce qui semble bien pour les autres. L’ancien Directeur du FBI, James COMEY dans son ouvrage mensonges et vérités reprend Ralph Waldo Emerson qui disait « il est aisé dans le monde de vivre selon l’opinion du monde ; il est aisé dans la solitude de vivre selon sa propre opinion ; mais le grand homme est celui qui, au beau milieu de la foule, conserve avec une parfaite douceur l’indépendance de la solitude ». Nous sommes tous ce grand homme, si nous le voulons vraiment.
Je remercie ma famille, mes parents et mon épouse en particulier, qui n’ont jamais douté de moi et m’ont permis de trouver la force de croire en mes idéaux.
Je remercie mes camarades et proches civils et militaires, qui depuis le premier jour n’ont cessé de m’apporter un soutien indéfectible.
Aujourd’hui je ne fais plus partie des forces armées actives sénégalaises, par conséquent, je me consacre à ma famille et à mes activités personnelles en attendant l’ouverture de nouvelles perspectives.
Toujours se rappeler que nos grades, titres et fonctions éphémères sont certes importants car ils nous permettent d’exister dans la société. Mais ne jamais oublier que nous sommes avant tout des êtres humains. Et si un titre, une fonction ou un grade prend le dessus sur votre être alors vous perdez le contrôle de ce qu’est le vrai sens de la vie de l’être humain.
Dieu garde le Sénégal
Je vous remercie”
Monsieur Oumar Touré, étudiant en Sciences Juridiques et Politiques.
AFRIQUE
GUINÉE – Fin de l’exportation d’or brut, cap sur la transformation locale
La Guinée engage un tournant stratégique dans la gestion de ses ressources minières. Les autorités ont décidé d’interdire l’exportation d’or brut, une mesure destinée à favoriser le raffinage local et à maximiser les retombées économiques de cette filière clé.
Cette orientation a été annoncée par le président Mamadi Doumbouya, qui entend ainsi renforcer la souveraineté économique du pays. L’objectif est clair : transformer sur place une plus grande part de la production aurifère afin de créer de la valeur ajoutée, stimuler l’emploi et structurer une véritable industrie nationale autour de l’or.
Dans cette dynamique, les compagnies minières opérant en Guinée sont désormais tenues de se conformer à cette nouvelle réglementation. Le non-respect de cette interdiction pourrait entraîner des sanctions lourdes, allant jusqu’au retrait des permis d’exploitation.
Classée parmi les principaux producteurs du continent, la Guinée a exporté plus de 22 tonnes d’or au cours du premier trimestre de l’année. Jusqu’à présent, une part importante de cette production quittait le pays sous forme brute, limitant les bénéfices économiques directs pour l’État.
Pour accompagner cette réforme, une raffinerie d’or est en cours de finalisation à Conakry. Cette infrastructure stratégique devrait permettre de traiter localement la production nationale avant son exportation vers les marchés internationaux.
À travers cette décision, la Guinée s’inscrit dans une tendance continentale de plus en plus affirmée : celle de la transformation locale des ressources naturelles. Plusieurs pays africains adoptent des politiques similaires pour réduire leur dépendance à l’exportation de matières premières non transformées et renforcer leur position dans les chaînes de valeur mondiales.
AFRIQUE
BÉNIN / NIGER – Vers une réouverture progressive de la frontière après des concertations stratégiques
Le Bénin et le Niger franchissent une nouvelle étape dans le processus de réchauffement de leurs relations bilatérales. Réunis à Cotonou, des comités d’experts des deux pays ont entamé des discussions techniques en vue d’une réouverture prochaine de leur frontière commune, fermée dans un contexte de tensions politiques.
Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique enclenchée après la visite officielle du président béninois Romuald Wadagni à Niamey, début juin, marquant une volonté affichée de normalisation entre les deux États.
Les travaux ont été coprésidés par le ministre d’État nigérien en charge de la Sécurité, le général Mohamed Toumba, et le ministre béninois de l’Intégration africaine, Adjadi Bakari. Les échanges, tenus au ministère des Affaires étrangères à Cotonou, se déroulent à huis clos et mobilisent plusieurs groupes de travail spécialisés.
Les discussions portent sur des dossiers sensibles et structurants, notamment les questions de sécurité et de défense, les mécanismes diplomatiques, les cadres juridiques ainsi que les enjeux économiques liés aux échanges transfrontaliers.
Si la perspective d’une réouverture de la frontière se précise, elle reste conditionnée à la signature préalable d’accords bilatéraux, en particulier dans les domaines sécuritaire, douanier et commercial. Ces préalables sont jugés essentiels pour garantir une reprise maîtrisée des flux de personnes et de marchandises.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Ousmane Sonko : « Les élections locales se tiendront à date, il n’y a aucune raison valable de les reporter »
Trois semaines après son départ de la Primature et son accession à la présidence de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko est revenu sur plusieurs sujets majeurs de l’actualité politique sénégalaise lors d’un entretien accordé à France 24 et Radio France Internationale. Entre ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, l’avenir de Pastef, la dette publique, les élections locales et une éventuelle candidature en 2029, le leader des Patriotes a livré des réponses sans détour.
« Il n’y a pas de déchirure du Sénégal »
Interrogé sur les divergences qui l’opposent désormais au président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a tenu à relativiser les tensions. « Le Sénégal est plus grand que les divergences politiques que nous pouvons avoir. Il peut y avoir des divergences politiques ou pragmatiques, mais pas de déchirure du pays », a-t-il affirmé. L’ancien Premier ministre estime que cette séparation institutionnelle appartient désormais à l’histoire politique du Sénégal et affirme vouloir concentrer ses efforts sur ses nouvelles fonctions à la tête de l’Assemblée nationale.
Le respect des engagements au cœur du différend
Sans employer le terme de « trahison », Ousmane Sonko a toutefois dénoncé ce qu’il considère comme un éloignement des engagements pris devant les Sénégalais durant les dix années d’opposition. Selon lui, plusieurs promesses fondamentales du projet politique porté par Pastef ne sont plus respectées. Concernant une éventuelle exclusion de Bassirou Diomaye Faye du parti, Sonko renvoie la question aux instances compétentes de Pastef : « Le parti appréciera le moment venu. Le parti, ce n’est pas Ousmane Sonko. »
Une mise en garde sur une éventuelle censure du gouvernement
Bien qu’il affirme ne pas vouloir entraver l’action du nouvel exécutif, le président de l’Assemblée nationale rappelle que la majorité parlementaire dispose des moyens constitutionnels nécessaires pour agir. « Il n’y a pas de chèque en blanc. Si des cas nécessitent une censure, nous n’hésiterons pas à utiliser cette prérogative constitutionnelle », prévient-il. Toutefois, il insiste sur la nécessité de laisser le nouveau gouvernement prendre ses marques dans un contexte économique particulièrement difficile.
Sonko ferme la porte à tout report des élections locales
Sur la question des élections territoriales prévues en janvier 2027, Ousmane Sonko se montre catégorique. « Les élections ne peuvent pas être reportées. Il n’y a aucune raison valable pour qu’elles soient reportées. Elles doivent se tenir à date », déclare-t-il. Selon lui, les dispositions légales encadrant l’organisation du scrutin doivent être respectées et le président de la République devra prendre les décrets nécessaires dans les délais prévus.
Dette publique : « Une restructuration sauvage serait inacceptable »
L’ancien chef du gouvernement est également revenu sur la situation financière du Sénégal et les discussions attendues avec le Fonds monétaire international (FMI). Il rappelle avoir toujours refusé une restructuration brutale de la dette lorsqu’il était Premier ministre. « Si une solution devait être prise qui ne va pas dans le sens de l’intérêt du Sénégal et qui sacrifie nos options de changement structurel, nous ne l’accepterons pas », avertit-il. Ousmane Sonko estime également qu’une partie de la dette sénégalaise pourrait être considérée comme « odieuse » et plaide pour l’ouverture d’un débat sur son éventuelle annulation partielle.
Homosexualité : « Nous ne reviendrons pas sur cette loi »
Questionné sur le durcissement de la législation relative à l’homosexualité, Sonko assume pleinement la position des autorités sénégalaises. « Le Sénégal est un pays souverain. Il n’a pas à se justifier des lois qu’il prend devant l’Occident », affirme-t-il. Le président de l’Assemblée nationale exclut toute remise en cause de la loi récemment adoptée et va même plus loin : « S’il y a nécessité de la renforcer, nous la renforcerons. »
Une candidature en 2029 ? Sonko entretient le suspense
Alors que de nombreux militants évoquent déjà la présidentielle de 2029, Ousmane Sonko refuse de se prononcer. « Il est très prématuré de parler des candidatures », déclare-t-il. Le leader de Pastef rappelle que son parti dispose de mécanismes internes pour désigner son candidat et préfère se concentrer, pour l’instant, sur ses responsabilités institutionnelles.
« Le Sénégal va battre la France »
Enfin, interrogé sur le match d’ouverture de la Coupe du monde 2026 entre le Sénégal et la France, Ousmane Sonko n’a pas caché son optimisme. « Je pense que le Sénégal va gagner », lance-t-il avec assurance. Au-delà du résultat sportif, il y voit également un symbole fort des relations entre l’Afrique et l’Europe. « Quel que soit le vainqueur, c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique », conclut-il, en référence aux nombreux joueurs d’origine africaine présents dans l’équipe de France.
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