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SÉNÉGAL – Les habitants de Pikine exigent l’extension des cimetières

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Les habitants de Pikine sont sortis dans la rue pour exiger l’extension des cimetières. Le collectif « Sama Suuf Ma Yokk Sama Armeel » a organisé une grande marche ce dimanche 27 juin 2021 pour demander aux autorités de trouver rapidement une solution à la situation des cimetières situés à Pikine, département de la région de Dakar. Une manifestation qui a réussi le pari de la mobilisation puisque les habitants ont répondu massivement à l’appel, encadré par le commissaire Ba de Pikine et la Brigade des sapeurs-pompiers de Guédiawaye. Selon Daouda Gueye, chargé de la massification du Collectif, ce combat mené par les jeunes principalement semble légitime dans la mesure où les cimetières sont pleins depuis 2014.

Ce sont des habitants de Pikine déterminés qui ont été dans les rues ce dimanche 27 juin 2021. Le collectif « Sama Suuf Ma Yokk Sama Armeel » a appelé à une marche pacifique pour exiger l’extension des cimetières de Pikine. L’état de dégradation et de surpopulation des cimetières a motivé cette manifestation. Par ailleurs, les fossoyeurs qui peinent à trouver de la place, optent pour la superposition des corps à cause de ce manque d’espace. Selon Daouda Gueye, le chargé de la massification du Collectif, les cimetières de Pikine qui s’étendent seulement sur 4 hectares sont incapables de recevoir toutes les dépouilles.

Ces faits inquiétants et désespérants justifient le combat des pikinois locaux et des pikinois de la diaspora dont les membres de la famille sont enterrés dans cet endroit. Ils veulent que les autorités trouvent une solution rapide à ce problème crucial.  « Le cimetière municipal de Pikine est plein. Depuis 2014, imams, chefs de quartier et populations ont élevé la voix, pour alerter et demander son extension. Aujourd’hui, le cimetière est plein, de fait, et se transforme progressivement en fosse commune avec la superposition des corps. Cette situation engendre parfois des tensions entre les populations. Ces tensions vont crescendo et sont grosses de risques », a-t-il précisé.

Ledit collectif, de concert avec le Collectif pour la préservation de la forêt classée de Mbao, a estimé qu’il reste derrière le cimetière 12,7 hectares, Titre Foncier DP-50. Toutefois,  selon toujours le collectif, des opportunistes, en collision avec des politiciens, sont en train de mettre en place des stratégies pour se partager cette assiette foncière. C’est pourquoi, les membres du collectif ont refusé que l’on touche à la forêt classée de Mbao alors qu’il y a suffisamment d’espaces derrière les cimetières. “Le Collectif et les organisations regroupées dans la Plateforme pour le Développement Durable de Mbao tiennent à répéter à Abdou Karim Sall et à Abdoulaye Thimbo qu’il est hors de question que l’on prenne dix hectares de la Forêt classée de Mbao pour un nouveau cimetière, alors que l’actuel cimetière municipal de Pikine, ouvert en 1952 sur 4 hectares, peut être étendu sur les 12,7 hectares (TF – DP/50). La superficie de cette forêt de Mbao est passée en quelques années de plus de 800 hectares à moins de 600 hectares aujourd’hui, à cause des nombreuses agressions. Il n’est pas question qu’on y touche encore », a rappelé Daouda Gueye.

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A noter que cette dernière demeure des morts pikinois, a été ouverte depuis 1952, six ans avant l’accession à l’indépendance du Sénégal, un facteur qui explique la vétusté et l’étroitesse de l’édifice. Entre janvier et juillet 2020, le nombre de personnes inhumées dans le cimetière est plus important que le cumul des années 2018 et 2019. Au mois de juillet 2020 par exemple, le pic a été atteint avec 17 personnes inhumées en une seule journée.

Le Collectif « Sama Suuf Ma Yokk Sama Armeel », composé de jeunes pikinois, d’imams et de notables, a commencé a mené la lutte pour l’extension de cimetières depuis plus de 4 ans. De nombreuses marches pacifiques ont été organisées pour alerter les autorités. Le collectif compte poursuivre le combat jusqu’à l’obtention des 12,7 hectares sis derrière les cimetières. Un combat noble pour dire que les morts méritent également d’avoir également une dernière demeure digne de ce nom pour que leur âme honorée puisse reposer en paix. 

       

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