CULTURE
SÉNÉGAL : Myrène, l’étoile montante de la musique sénégalaise au Canada
Myrène est une chanteuse d’origine sénégalaise, auteur-compositeur, plutôt éclectique, très passionnée par la musique urbaine Hip Hop et R&B, elles est aussi influencée par la musique afro, et la musique pop. Elle évolue depuis plusieurs années au Canada où elle s’est vraiment investi dans la musique pour en faire une future carrière internationale. Meilleure Révélation, KMA 2017, meilleure chanson afro urbaine, KMA 2019, elle vient de sortir une nouvelle chanson « Mon chéri est-ce-que tu as mangé« .
Ze-Africanews.com : Qui est Myrène, votre parcours ?
Myrène : Je suis une chanteuse d’origine sénégalaise, auteur-compositeur, plutôt éclectique, très passionnée par la musique urbaine (Hip Hop / R&B), mais aussi influencée par la musique afro, et la musique pop. J’évolue depuis plusieurs années au Canada, cela ne fait qu’un peu plus d’un an que je fais de la musique “très sérieusement” en m’investissant totalement dans ma carrière. Mais malgré cela j’ai pas mal d’expérience dans le milieu, j’ai commencé la musique assez tôt durant mon adolescence à Paris. En effet je suis née et ai évolué en France avant d’arriver à Montréal. J’ai fait mes premiers pas dans un groupe féminin Nu Soul R&B nommé Diva, avant de sortir mon premier album solo ‘Fable Urbaine’. S’en est suivie une très longue pause… Raison pour laquelle cet album je ne l’ai pas vraiment défendu. Comme je vous ai dit je suis radicalement plus présente et active maintenant comparé à mes débuts, où je gérais mes études, puis mon autre carrière professionnelle qui m’amenait à constamment voyager à l’étranger. Faire une belle carrière dans la musique nécessite beaucoup de compromis, de sacrifices, et cette décision, je ne l’ai prise que récemment. Ce qui explique pourquoi ma présence aujourd’hui n’est incomparable à mes débuts, et pourquoi je n’ai été révélée que relativement récemment au plus grand nombre.
Ze-Africanews.com : Comment êtes-vous arrivée dans la musique ?
Myrène : Mes débuts sont assez simples. J’étais à l’école, je suis tombée sur une affiche disant qu’une chorale recherchais des choristes. J’ai appelé le numéro sur cette affiche, et j’ai intégré cette chorale de Gospel à Montesson. Il s’avère que la chorale était gérée par une équipe qui en parallèle, produisait des chanteuses. L’équipe de gestion m’a en quelques sortes ‘repérée’ et demandé si cela m’intéressait de faire partie d’un groupe féminin Nu Soul R&B, ‘Diva’. Bien entendu c’était un rêve d’enfant, alors je n’ai pas hésité une seconde. Ils m’ont mis à l’essai, Dieu merci cela s’est bien passé. J’ai tout de suite enchaîné les concerts, les répétitions avec les filles. Avec le recul, je réalise que j’ai eu la chance de commencer très jeune, dans des conditions favorables que beaucoup d’artistes n’ont pas la chance d’avoir. Le groupe était extrêmement bien encadré, nous avions une tourneuse (ce qui explique la trentaine de concerts que nous avions fait juste la première année), un professeur de chant attitré, Gilles Gaubert, qui est un Ténor dans le milieu de la musique classique, des compositeurs, on avait une très belle salle de répétition, de très belles conditions de répétition, et vraiment on m’a mentalement et professionnellement bien préparée à tout ce que je fais, et tout ce que je vis aujourd’hui, dans le sens ou notre formation a été plutôt dure et sévère. On nous a tout de suite fait comprendre que notre physique ne comptait pas si le talent n’était pas là. Nos répétitions n’étaient pas une mince affaire, à y repenser, même avec l’expérience que j’ai acquise, si aujourd’hui on me disait de revivre ça, je prendrais certainement mes jambes à mon coup (rires). Mais c’est sans regret, j’ai eu l’adolescence et le début de vie d’adultes que beaucoup de jeunes filles rêvent d’avoir, sans avoir à rentrer dans la folie des castings et des auditions. Et je pense que, même si l’éthique du travail dans la musique, et le fait de devoir gérer les études en parallèle rythmait notre quotidien, on a vraiment passé des moments magiques, et j’ai probablement passé certaines de mes plus belles années avec les filles du groupe et notre management.
Ze-Africanews.com : Mon chéri est-ce que tu as mangé” est votre nouvelle chanson ? Expliquez-nous ?
Myrène : Comme vous l’entendrez il s’agit d’un petit clin d’œil aux relations maritales, sur un ton plaisant, du point de point de vue d’une femme africaine, d’origine sénégalaise, élevée dans cette culture. C’est une façon d’honorer la beauté de notre art de vivre, notre culture… Mais c’est aussi, parce que les gens me découvrent à travers ma musique, une façon de faire comprendre au public que, la femme émancipée que je suis, et un tas d’autres femmes comme moi, évoluant en Occident ou ailleurs, ne voient absolument pas de lutte de pouvoir entre l’homme et la femme dans les foyers. Aimons-nous… Sans prise de tête. Sans jeu de rôle. Je veux aussi fièrement faire comprendre à la société que, on peut être une femme émancipée, encourageant le droit des femmes, et rester dans la modernité, tout en restant attachée à certains modèles traditionnels. Dans mon monde il n’y a aucune contradiction dans cela, au contraire. C’est de la complémentarité.

Myrène
Ze-Africanews.com : Le clip de cette chanson a été tourné à Dakar ? Pourquoi ce choix géographique pour cette chanson ?
Myrène : Si vous écoutez la chanson, vous constaterez que je chante du point de vue d’une africaine, d’une sénégalaise puisque je parle de tieb, de yassa, de mbalax, et d’autres références de nos pays cousins comme le fufu, le placali… Le rythme de la chanson est vraiment afro. Il n’y avait pas meilleur endroit que le Sénégal pour visuellement donner plus de vie à cette œuvre sonore. Après, bien que ce soit l’endroit idéal, pour être honnête avec vous, tourner au Sénégal n’était un choix conscient au départ, même si l’envie était plus que là, et pour être encore plus transparente avec vous, le clip de cette chanson avait déjà été tourné au Canada quelques mois avant. Un concours de circonstance a fait que le clip a pu se refaire dans des conditions plus authentiques, plus favorables, plus en phase avec la chanson, malgré un planning très chargé, pendant que j’étais en tournée au Sénégal. Le producteur et réalisateur du clip, Daty Niang, et ma sœur, Maria, ont rendu tout cela possible. Sans eux, même avec la meilleure volonté du monde de tourner mon clip au Sénégal, je n’aurais vraiment pas pu le faire, en tout cas pas pour cette chanson. Et vous auriez certainement eu droit à une autre version du clip qui aujourd’hui je le sais, n’était juste pas censée sortir. La preuve, quelques jours après sa sortie, il s’agit du clip qui a le plus marché dans ma carrière à ce jour.
L’interview intégrale ici :
Ze-Africanews.com : Vous mélanger l’afrobeats à vos racines sénégalaises et vous parlez des relations maritales, pourquoi ce choix ?
Myrène : J’exprime dans mon art qui je suis. Donc mes origines, sénégalaises, africaines, se retrouvent forcément dans ma musique…. Tout comme mes influences occidentales, afro-américaines, s’y retrouvent aussi. Il n’y a pas vraiment d’intention calculée. Écouter ma musique, peu importe le style dans lequel je m’exprime, c’est vraiment écouter qui je suis, ce qui me passionne, ce qui m’amuse, ce qui m’attriste, ce qui me préoccupe, mes racines, mes joies, mes peines… Dans mon single « Est-ce que tu as mangé », j’aborde les relations maritales, car l’équilibre entre l’homme et la femme, c’est socialement très important. J’ai vécu dans un environnement ou la bienfaisance d’une société commençait par des foyers stables, des familles stables, même lorsqu’elles étaient recomposées. Sociologiquement parlant, j’y crois toujours, je pense que des foyer heureux et stables favorisent l’équilibre des enfants, des futurs adultes qu’ils seront. Cette santé mentale, c’est assez crucial pour notre chère société. Jusqu’à preuve du contraire, ce sont des adultes équilibrés qui bâtissent une société saine, sans trop d’excès, sans trop de vices, sans trop de dommages collatéraux dans leurs intéractions avec les autres, dans leurs actions. Quand vous voyez à quel point la trajectoire de vie de certains a déviée parfois pour toujours, à cause de la relation chaotique de leurs parents, on comprend l’importance de l’harmonie entre l’homme et la femme. Je ne dis pas qu’il n’est pas possible de venir d’un modèle de famille moins idéal sans devenir équilibré. Je dis juste que, la famille, l’équilibre du couple, favorise l’équilibre pour tous les partis impliqués, et c’est très bénéfique pour la société. De plus, je pense que l’on sait tous que l’amour que l’on reçoit dans nos relations influencent énormément nos comportements au quotidien. Il nous amène à nous surpasser dans tout, ou à être démotivé dans tout. Les relations chaotiques provoquent trop de traumatismes de nos jours, sur les enfants, les futurs adultes qu’ils seront, sur l’homme et la femme du couple même, et tout cela influence nos intéractions en société de façon souvent négative… Alors, je chante le contraire de cette réalité pour nous donner plus de force. On est d’accord qu’il faut plus que du tieb, du yassa, ou des bananes plantains pour avoir une relation stable (rires)… Mais c’est une bonne façon d’introduire le sujet dans la bonne humeur.
Ma victoire deux années avant, en tant que meilleure révélation, m’a après mûre réflexion poussée à me relancer dans ma passion.
Ze-Africanews.com : Que pensez-vous de la place de femmes dans la société sénégalaise ?
Myrène : À ce sujet, j’ai une pensée particulière pour les femmes des villages. Une chose qui m’a marquée dès mon plus jeune âge. Ma mère est d’un village de Casamance. Étant enfant, je lui posais toujours des questions sur son enfance, son adolescence, sa façon de vivre au pays. Elle me racontait objectivement, sans parti pris, comment les femmes de la famille devaient souvent se lever avant les hommes pour aller faire les travaux des champs, aller puiser l’eau, et revenir au village, s’occuper de la famille, et au moment de manger, d’abord servir les hommes, en leur réservant parfois les meilleures portions des plats, pas par obligation, mais parce que c’était en elles de le faire, avant de se servir ce qu’il restait. C’était sa façon à elle de me faire prendre conscience du fait que nous avions beaucoup de chance de ne pas passer par le même chemin, de pouvoir expérimenter une insouciance que toutes les jeunes demoiselles n’ont pas la chance de vivre, et qu’il fallait donc honorer cette chance en saisissant toutes les opportunités pour réussir dans la vie, en passant d’abord par l’excellence dans le parcours scolaire puisqu’on avait presque que cela à faire. À l’époque, je voyais au-delà de son message, cela m’interpellait vraiment, et aujourd’hui, ça n’a pas changé. Je pense que cela vous résume à peu près ce qui me touche dans la place de la femme sénégalaise. Je sais que, aujourd’hui, cela n’a pas changé. Pas seulement au Sénégal, mais dans beaucoup de villages en Afrique. Certains verront cela comme une normalité, d’autres salueront leur résilience, mais moi je pense surtout qu’elles ont besoin d’aide, facilitant ce quotidien qui n’est franchement pas facile. L’idée n’est pas d’aller contre un modèle traditionnel avec lequel elles sont souvent à l’aise, mais de facilité leur quotidien. J’espère vraiment que l’accomplissement de mes objectifs me permettra de leur tendre la main à ma façon, à hauteur de ce que je peux faire. Ce sont des héroïnes. Une autre chose qui me touche, ce sont toutes ces femmes, artistes, ou actrices culturelles assumées, que je vois dans le milieu du rap galsen. Vous savez être dans un pays africain, être impliquée dans un milieu très masculin, en tant que femme, avoir du talent, et en plus de cela, être acceptée, reconnue, et respectée dans ce milieu… Alors qu’en général je vous assure que partout ailleurs ça me semble vraiment plus compliqué, le milieu Hip Hop est partout ailleurs très misogyne. Donc pour moi c’est vraiment positif ça en dit aussi beaucoup sur le respect et l’acceptation au Sénégal. Maintenant je ne dis pas que pour les femmes c’est facile, en tant que femme dans le milieu artistique on a toujours souvent plus de difficultés que les hommes pour diverses raisons. Mais dans le Hip Hop galsen comparé aux autres milieux Hip Hop, je note un respect de la femme, et un épanouissement des femmes artistes impliquées, qui est franchement plaisant, et spécial. En tant que femme mon rêve serait de voir l’une d’entre elles percer à la même hauteur que nos rappeurs qui sont au top, je serais mais tellement fière et heureuse. Donc tous mes encouragements à vous mes soeurs, on vous attend au sommet. Après on a des progrès à faire dans certaines pratiques, qui sont parfois plus ethniques que sénégalaises, car il faut dire que la condition des femmes au Sénégal peut varier, et être plus délicate, en fonction de l’ethnie de laquelle elle vient. Je note que des femmes de certaines ethnies parfois sont franchement sujettes à, ce que de mon point de vue, je trouve très compliqué à accepter. Alors que des femmes d’autres ethnies ont vraiment aucun problème niveau droits. Pour être honnête avec vous, je suis manjaque, et étant plus jeune, j’ai souvent pensé aux moindres pressions culturelles que j’avais comparé à mes sœurs pulaars par exemple, tout en pensant à d’autres sœurs sénégalaises qui avaient selon moi moins de pression familiale que nous sur d’autres sujets, car dans leur ethnie, les traditions étaient différentes. C’est une question complexe qu’on ne peut pas traiter en faisant des généralités.
Ze-Africanews.com : Vous avez été la « Best Artist Revelation, KMA 2017 », c’était à quelle occasion et comment vous avez reçu cette distinction ?
Myrène : Ma nomination était une réelle surprise, je ne m’y attendais vraiment pas. Alors ma victoire, n’en parlons même pas. Moi qui comme je vous l’ai dit, était en lutte perpétuelle entre le fait de continuer la musique, ou de me consacrer à mon autre vie, je ne peux même pas vous dire à quel point cette récompense m’a rassurée et a déterminé la trajectoire de mon actualité et de ma progression aujourd’hui. C’était aussi un vrai tournant dans ma carrière puisque c’était la première fois depuis le début de ma carrière que l’on me mettait sur la carte de l’Afrique en tant qu’artiste. Avant cela j’étais vraiment invisible en tant qu’artiste dans la communauté. C’est ce qui m’a vraiment révélée au public africain, voire au public tout court, pas seulement au Canada, mais ailleurs aussi. C’est aussi ce qui m’a fait comprendre que si, en n’étant pas hyper active dans le milieu, on pouvait me remarquer au point de me nominer, si je pouvais mobiliser autant de votes du public, et remporter cette récompense, c’est que j’étais peut être faite pour ça. Aujourd’hui, 3 ans après, vu mon parcours, j’en ai la certitude.
Ze-Africanews.com : Deux ans plus tard, vous avez été également la « Best Afro Urban Song, KMA 2019 » ? Expliquez-nous ?
Myrène : Ma victoire deux années avant, en tant que meilleure révélation, m’a après mûre réflexion poussée à me relancer dans ma passion. Elle m’a surtout redonné l’envie, la flamme, la motivation dont j’avais besoin pour toucher le public. Donc fin 2018 j’ai repris les enregistrements, et réenregistrer une version différente d’un titre déjà enregistré quelques mois plus tôt. Ce titre, c’est REIGN, un morceau aux influences trap. J’avais de gros doutes car en l’écrivant j’ai naturellement mélangé toutes les langues qui me représentent, le français, l’anglais, le manjaque, un peu de wolof. C’est un sacré mix (rires) et c’est une première, je ne savais vraiment pas comment ça allait être perçu. Et boom, à ma grande surprise, non seulement les blogs de rap sénégalais ont commencé à parler de moi, ce qui était pour moi un choc car, ne chantant pas en wolof, je n’aurais jamais pensé que les sénégalais ou les médias sénégalais prêteraient attention à ma musique. Je les remercie vraiment car ce sont eux qui ont ouvert la porte de la musique au Sénégal pour moi, et c’est ainsi que peu à peu les gens ont Sénégal ont commencé à s’intéresser à moi. Mais en plus de cela, ce titre m’a valu une belle deuxième victoire aux Kilimandjaro Music Awards, victoire qui m’a permis de faire une très belle tournée promotionnelle au Sénégal en Décembre 2019 avec plusieurs dates de spectacles, plusieurs shows de Wally Seck, un showcase, un festival, à Mbour, Thiès, Toubab Dialaw, Dakar, en Gambie, mais aussi plusieurs plateaux télés, qui m’ont encore plus révélée au public sénégalais. Bref cette récompense a été une belle reconnaissance qui a vraiment boosté ma carrière quelques mois après son ‘relancement’. Cela m’a aussi prouvée à quel point les Sénégalais me soutenaient car ils ont voté en masse pour moi, particulièrement au Sénégal, mais ailleurs aussi bien entendu. Je suis vraiment fière de pouvoir toucher les gens de chez moi, avec mes différences, tout en touchant les gens de l’extérieur aussi, dans d’autres pays d’Afrique, en Europe, et au Canada.

Myrène
Ze-Africanews.com : Vous prévoyez votre retour sur scène le 11 octobre 2020 au stade de l’indépendance de Bakau en Gambie ? Expliquez-nous ?
Myrène : J’ai tellement hâte. C’est tellement un honneur pour moi de participer à un tel grand spectacle, qui aura lieu sur mon continent, l’Afrique, et qui plus est, organisé par l’un de nos plus grands promoteurs au Canada, Deejay Chi Entertainment. Ce sera mon premier gros show après plusieurs mois d’absence, c’est une date clé pour nous.
Ze-Africanews.com : Vous allez assurée la première partie du célèbre artiste nigérian Kizz Daniel, quel est votre sentiment ?
Myrène : On le sait les Nigérians sont au top du game en ce moment, Kizz Daniel est dans le top des artistes de la nouvelle génération. Alors le fait qu’une ‘petite’ chanteuse sénégalaise soit invitée à cette occasion, alors que ce show ne se passe ni dans son pays de résidence, ni dans son pays d’origine, c’est juste un autre level, comme on dit ici au Canada « j’suis juste comme… wow… ». J’ai vraiment l’ambition de porter le drapeau du Sénégal le plus haut possible, pas pour ne toucher que le Sénégal, mais pour avoir un impact à la maison, et partout ailleurs. On doit énormément travailler pour ça, je dis on car je ne suis pas toute seule, je suis la somme de l’équipe qui travaille avec moi et m’aide dans ma carrière. Et ce sont des gros signes comme celui-ci qui me font dire que « hmm… c’est vraiment possible, ça va le faire, on y arrivera». Je ne vous cache pas que faire des shows dans d’énormes stades comme j’ai fait en Décembre au Sénégal dépasse déjà tous mes rêves. Ce que le public sénégalais m’a donné comme énergie alors qu’ils me découvraient quand j’étais sur scène, c’est de la force pour tout le restant de ma carrière sérieusement, de la puissance mais illimitée que mon âme a absorbée pour toujours, et je redemande à vivre ça. Mais pour en revenir à la question, le 11 Octobre 2020 en Gambie, au concert de Kizz Daniel, alors là, je sais que mon chorégraphe Tiken et moi-même, on est prêts à faire de cette expérience un show inoubliable. Je travaille avec l’un des meilleurs du milieu niveau mise en scène. Donc j’ai la paix, mon esprit est tranquille, j’attends juste la reprise des répétitions et le jour J sans avoir mais aucun doute car on va assurer. Si une artiste sénégalaise est présente au concert d’un grand artiste nigérian, au top du music game, c’est pour marquer les esprits et représenter comme il se doit. C’est non négociable, pour moi, pour ma team, et c’est clair comme de l’eau de roche.
Ze-Africanews.com : Comment va se passez votre tournée en Europe ? Vous serez dans quelles villes précisément ?
Myrène : Pour l’instant c’est compliqué à dire on a repris nos discussions, mais tout dépend de l’aval des autorités gouvernementales pour la reprise des rassemblements publics, concerts, etc. J’annoncerai mon programme quand les doutes se seront dissipés. Mais je ferai un passage obligé en Septembre en France pour tourner un nouveau clip avant de repartir en Afrique.
CULTURE
SÉNÉGAL – Adji Diarra Niang : une voix engagée du tassou et ambassadrice de la culture sénégalaise
Artiste, chanteuse et promotrice culturelle, Adji Diarra Niang s’impose aujourd’hui comme l’une des figures engagées dans la valorisation du tassou, cet art de la parole rythmée profondément enraciné dans la tradition orale sénégalaise. À travers sa musique et ses initiatives culturelles, elle contribue activement à préserver et transmettre cet héritage artistique aux nouvelles générations.
Une artiste au service du tassou
Le tassou occupe une place particulière dans la culture sénégalaise. Entre poésie, chant et performance orale, il constitue un mode d’expression puissant qui accompagne les cérémonies, les rassemblements populaires et les moments forts de la vie sociale. Par sa voix et son talent, Adji Diarra Niang participe à faire vivre cet art ancestral tout en lui donnant une dimension contemporaine. Son travail artistique s’inscrit dans une démarche de transmission, de sensibilisation et de promotion du patrimoine culturel sénégalais.
Fondatrice du festival FESTASS
Au-delà de la scène, l’artiste s’illustre également par son engagement dans la promotion culturelle. Elle est la fondatrice et directrice du FESTASS, un festival consacré au tassou et plus largement aux arts de la parole. Ce rendez-vous culturel a pour ambition de : valoriser le tassou et les expressions artistiques traditionnelles; Offrir une plateforme d’expression aux artistes confirmés et émergents ; Favoriser la transmission du patrimoine culturel aux jeunes générations. À travers ce festival, Adji Diarra Niang œuvre pour donner une visibilité nationale et internationale à cet art souvent méconnu.
Une présence remarquée à Paris
Récemment, l’artiste s’est rendue à Paris dans le cadre du Salon International de l’Agriculture, un événement majeur qui rassemble chaque année de nombreux acteurs du monde agricole et culturel. Elle y accompagnait notamment le maire de Kaolack, Serigne Mboup, présent pour promouvoir les initiatives et les richesses de sa ville. Cette participation a été l’occasion de mettre en lumière non seulement les produits et savoir-faire sénégalais, mais aussi la richesse de la culture du pays. Lors de son passage dans l’émission « Invité du Jour », Adji Diarra Niang a tenu à remercier chaleureusement le maire Serigne Mboup, saluant son soutien et son engagement en faveur de la culture et de la promotion des artistes.
Une ambassadrice de la culture sénégalaise
Par son parcours artistique et son engagement culturel, Adji Diarra Niang s’affirme aujourd’hui comme une véritable ambassadrice du tassou. Entre performances artistiques, initiatives culturelles et actions de transmission, elle poursuit un objectif clair : faire rayonner cet art traditionnel au Sénégal et au-delà des frontières. Son travail illustre la vitalité de la culture sénégalaise et rappelle combien les traditions orales restent un pilier essentiel de l’identité et de la mémoire collective.
CULTURE
ÉGYPTE – Or et éternité : quand les pharaons s’invitent au cœur de Londres
Londres accueille une exposition d’envergure consacrée à l’Égypte antique, réunissant 180 pièces majeures issues de collections nationales égyptiennes. Bien au-delà d’un simple événement muséal, cette présentation s’inscrit dans une stratégie assumée de diplomatie culturelle, visant à renforcer l’attractivité touristique du pays tout en valorisant son patrimoine millénaire.
Intitulée « Ramsès et l’or des pharaons », l’exposition met en lumière des artefacts couvrant l’âge d’or des souverains égyptiens, avec un accent particulier sur le règne de Ramsès II. Parmi les pièces emblématiques figure un masque funéraire recouvert de feuilles d’or, façonné selon les traits du roi Amenemope, dont la finesse témoigne du savoir-faire des ateliers royaux de la XXIe dynastie.
Une tournée mondiale à haute valeur stratégique
Avant Londres, la collection a transité par plusieurs grandes métropoles culturelles, notamment Houston, San Francisco, Sydney, Paris, Cologne et Tokyo. Selon les organisateurs, les œuvres ont parcouru près de 50 000 kilomètres, transportées sous haute sécurité, mobilisant dispositifs logistiques complexes et coordination internationale.
Les trésors exposés proviennent du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, qui supervise les principales institutions archéologiques du pays. Ce prêt massif, rarement accordé, marque une volonté d’ouverture et de rayonnement culturel.
Mettre en scène l’éternité
La seconde partie de l’exposition explore la conception égyptienne de l’au-delà. Cercueils richement décorés, masques funéraires et objets rituels illustrent une civilisation structurée autour de la quête d’immortalité. La scénographie insiste sur cette relation singulière à la mort, envisagée non comme une fin, mais comme un passage à transcender.
Ce volet souligne également la dimension artisanale et artistique d’un héritage façonné par des générations d’orfèvres, sculpteurs et scribes, dont les créations continuent de fasciner trois millénaires plus tard.
Un levier pour la conservation patrimoniale
Au-delà de la visibilité internationale, l’exposition répond à un impératif financier : une partie substantielle des recettes est affectée à des projets de conservation en Égypte. Parmi eux figure la restauration complète de la tombe de Ramsès II dans la Vallée des Rois, récemment rouverte au public après d’importants travaux.
CULTURE
NIGÉRIA /RD CONGO – 1880 -1910 : comment la fragmentation a facilité la conquête coloniale en Afrique par NATOU PEDRO SAKOMBO
OSONS L’INTROSPECTION : ON NOUS À DIVISÉS, OPPOSÉS, FAIT SIGNER puis DOMINÉS: mais reconnaissons que c’est une stratégie froide et efficace que l’Afrique a parfois permis que ses détracteurs utilisent contre elle (PARTIE 2 de mon analyse sur le sujet).
Pour s’autoflageller? Non… pour enfin AVANCER.
Ce soir je vous offre cette analyse basée sur l’observation de sept régions d’Afrique où, entre 1880 et 1910, cette fameuse stratégie a été appliquée AU MÊME MOMENT. Un hasard… ? Simple coïncidence ?
(je vous invite à la compléter par d’autres exemples qui vous viendraient à l’esprit)
Mais avant cela, je nous pose cette question : pourquoi aurions-nous honte de ces épisodes de notre histoire où, en effet, nous avons été vaincus… ?

Affrontons la vérité et surtout cessons de dire « ça n’arrive pas qu’à nous ». Car quand bien même la technique du « diviser pour mieux régner » serait vielle comme le monde, ce qui devrait nous permettre d’entendre enfin la sonnette d’alarme, c’est une discipline trop souvent négligée et que l’on appelle
HISTOIRE (un vrai rétroviseur qui sauve! )
Oui apprenons du passé pour mieux appréhender le futur, surtout si le présent ne nous convient pas…
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CAS 1
🇨🇩 / 🇦🇴 Royaume Kongo : un royaume divisé devient vulnérable
Le Royaume Kongo était autrefois une grande puissance d’Afrique centrale. Mais au fil des siècles, il sera affaibli par des crises dynastiques, des guerres civiles et la fragmentation de ses provinces.
Au XIXe siècle, après déjà plusieurs siècles de divisions, cette perte d’unité politique va rendre le royaume vulnérable aux pressions extérieures. Les puissances européennes vont alors profiter de ce morcellement : elles négocient avec certaines autorités locales, imposent des traités, puis prennent progressivement le contrôle du territoire.
Stratégie : profiter d’un royaume déjà fragmenté et négocier séparément avec chaque zone.
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CAS 2
🇬🇭 Empire Ashanti (Ghana) : affaiblir l’empire en jouant sur les régions vassales
L’Empire ashanti, puissant et centralisé, est un obstacle majeur pour les Britanniques. Mais Londres exploite les tensions entre l’Ashanti et certaines populations côtières ou alliées des Britanniques, notamment autour de la Gold Coast.
Les Anglais s’appuient sur des alliés locaux, avancent par étapes, puis lancent des campagnes répétées jusqu’à la prise de Kumasi. Même après la chute politique, la résistance continue, symbolisée par Yaa Asantewaa, reine-mère qui mène la guerre en 1900.
Stratégie : soutien à des ennemis de l’empire + guerres successives pour épuiser le centre.
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CAS 3 :
🇳🇬 Pays yoruba (Nigeria) : guerres internes et prise britannique
Dans les territoires yoruba, la fin du XIXe siècle est marquée par de violentes rivalités entre cités puissantes (Ibadan, Ijebu, Egba, etc.). Ces divisions internes, parfois issues de l’effondrement ancien de l’empire d’Oyo, affaiblissent l’unité politique. Les Britanniques profitent de cette instabilité : ils proposent protection et traités à certains, puis imposent progressivement leur autorité sur l’ensemble. Chaque cité négocie séparément, ce qui empêche une résistance commune.
Stratégie : exploiter les guerres entre cités + accords séparés + absorption progressive.
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CAS 4:
🇸🇳 Sénégal / Cayor : isoler Lat Dior
Au Sénégal, la France avance depuis Saint-Louis et cherche à contrôler les routes commerciales et l’intérieur des terres. Le grand résistant Lat Dior Ngoné Latyr Diop, Damel du Cayor, incarne une opposition farouche. Mais l’administration coloniale affaiblit son pouvoir en soutenant certains chefs contre lui, en créant des rivalités politiques, et en imposant des alliances forcées. L’enjeu majeur est le contrôle stratégique du territoire, notamment avec la construction du chemin de fer. Lat Dior finit par tomber en 1886, après une lutte acharnée.
Stratégie : affaiblir le chef central en soutenant des rivaux + contrôler l’économie et les infrastructures.
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CAS 5 :
🇧🇯Dahomey (Bénin) : isoler Béhanzin avant de frapper
Le royaume du Dahomey, dirigé par le roi Béhanzin, est l’un des États les plus organisés et militarisés d’Afrique de l’Ouest. Mais la France avance progressivement en signant des traités et en s’installant sur la côte, notamment autour de Cotonou et Porto-Novo. Le pouvoir colonial joue sur les rivalités politiques et les alliances locales pour isoler le Dahomey, puis lance une conquête directe (1892–1894). Malgré une résistance héroïque (avec notamment les minoh, célèbres guerrières appelées “Amazones”), Béhanzin est vaincu et déporté.
Stratégie : alliances périphériques + isolement du royaume central.
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CAS 6
🇸🇩 Soudan : après la mort du Mahdi, la division affaiblit l’État
Le Soudan connaît une période majeure avec l’État mahdiste, fondé par Muhammad Ahmad al-Mahdi, qui chasse temporairement l’influence égypto-britannique. Mais après sa mort, des rivalités internes apparaissent et l’unité politique se fragilise sous son successeur, le Khalifa Abdallahi. Les Britanniques et les Égyptiens profitent de cette fragilité et reprennent le contrôle du pays après la bataille d’Omdurman (1898).
Stratégie : attendre l’affaiblissement interne puis frapper au moment de désorganisation.
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CAS 7
🇿🇦 Afrique du Sud : affaiblir les royaumes par la fragmentation
L’Afrique du Sud précoloniale comptait des royaumes et confédérations puissants, notamment le royaume zoulou, qui s’imposa fortement au XIXe siècle sous Shaka puis ses successeurs. Mais les guerres successives, les rivalités régionales et les tensions internes affaiblissent progressivement l’unité politique.
À la fin du XIXe siècle, après la défaite du roi Cetshwayo lors de la guerre anglo-zouloue (1879), les Britanniques accélèrent le processus : le royaume zoulou est volontairement divisé en plusieurs chefferies rivales, ce qui rend toute résistance collective difficile. Dans ce contexte, l’autorité coloniale avance plus facilement en imposant alliances, administrations et contrôle territorial.
Stratégie : vaincre un royaume central, puis le fragmenter en autorités concurrentes afin de gouverner séparément.

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Ma conclusion : Un empire uni peut résister longtemps.Un continent divisé devient une proie.
Et c’est peut-être l’une des plus grandes leçons de notre histoire pour l’Afrique d’aujourd’hui.
Natou Pedro Sakombi 🪶
Bibliographie proposée :
Joseph Ki-Zerbo – Histoire de l’Afrique noire : d’hier à demain
Adu Boahen (Ghana) – African Perspectives on Colonialism
Amadou Hampâté Bâ (Aspects de la civilisation africaine).
J.F. Ade Ajayi & Michael Crowder (dir.), History of West Africa
Robin Law, The Oyo Empire, c.1600–1836 (pour les dynamiques yoruba et l’instabilité préalable)
John K. Thornton, The Kingdom of Kongo: Civil War and Transition, 1641–1718 (utile pour comprendre la fragmentation politique).
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AFRIQUE2 mois .GUINÉE ÉQUATORIALE – Ciudad de la Paz devient officiellement la nouvelle capitale
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TÉLÉPHONIE2 semaines .GUINÉE – L’entourage du président Mamady Doumbouya brise le silence sur son état de santé
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SOCIÉTÉ2 mois .ÉTATS-UNIS – À Lagos, IShowSpeed franchit les 50 millions d’abonnés et confirme son impact mondial
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PEOPLE1 mois .CÔTE D’IVOIRE – Mariage de Sindika et Liliane Maroune : quand l’amour réunit talent, élégance et émotion
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