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SÉNÉGAL – Visite officielle : Le Pr Bassirou Diomaye Faye à l’Élysée, vers une nouvelle ère diplomatique entre Dakar et Paris (par Maodo Ba Doba)

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La visite officielle du Président Bassirou Diomaye Faye à l’Élysée entamée aujourd’hui nous permet de penser une probable nouvelle doctrine diplomatique française vis-à-vis du Sénégal. Le Président sénégalais salue l’accueil du Président français Emmanuel Macron et réaffirme la volonté de renforcer la coopération bilatérale à travers cette déclaration: « Ce petit-déjeuner nous a permis d’échanger sur la revue du portefeuille de nos programmes de coopération et de réaffirmer notre volonté commune de renforcer la relation bilatérale dans des domaines tels que l’investissement, le commerce, la défense et la sécurité ».

Les axes de cette coopération semblent donc porter sur l’investissement, le commerce, la défense et la sécurité, l’éducation et la culture ainsi que le développement et l’aide humanitaire. Dès lors, après des siècles de domination coloniale et néocoloniale, la France cherche à maintenir son influence stratégique et à conserver le Sénégal comme pivot géopolitique en Afrique de l’Ouest, face à la concurrence de la Chine, de la Turquie et la Russie voire des BRICS surtout après les fructueuses visites officielles d’ Ousmane SONKO. Le Président Macron déroule ainsi le tapis rouge au seul acteur géopolitique de la région ouest-africaine avec des institutions politiques, économiques et militaires solides pour rester dans une logique de diplomatie compétitive en s’appuyant sur le Sénégal.

Toutefois, les militaires français ont officiellement quitté le Sénégal fin juillet 2025, mettant fin à une présence militaire permanente de plus de deux siècles suite à une demande du Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Il s’agit moins d’un retrait que d’un réalignement stratégique dont la France doit désormais assurer une présence basée sur son attractivité culturelle, éducative et économique. Cela veut dire que le soft power doit l’emporter sur le hard power. La politique de hard power, dont les termes sont vulgarisés par de grands politologues, géopolitologues ou historiens militaires contemporains tels que Raymond Aron, Emmanuel Todd ou Zbigniew Brzezinski, est un pouvoir basé sur la force, la contrainte ou les incitations matérielles. En résumé, c’est la politique de la « carotte ou du bâton », basée sur une obéissance par la force en collaboration avec des marionnettes africaines. La France a toujours pratiqué cette politique dans ses anciennes colonies, à l’instar des États-Unis dans certains pays du monde. Tels semblent être l’exemple de la guerre en Irak en 2003, l’assassinat de Thomas Sankara en 1987 au BurkinaFaso, la crise ivoirienne pour installer Alassane Ouattara en 2010-2011, les sanctions économiques contre l’Iran ou le Venezuela.

Cependant, le peuple sénégalais souverain opte pour une politique de rupture vis-à-vis de ces pratiques hégémonique occidentales. C’est dans ce contexte que le peuple sénégalais a élu le Président Bassirou Diomaye Faye pour mettre fin à la politique néocoloniale en place depuis 1960. L’aspiration à une indépendance complète, porteuse de progrès significatifs, est la motivation principale de l’élection d’un gouvernement souverainiste avec le projet de rupture de Pastef. A cela s’ajoute une reconfiguration du contexte géopolitique des grands ensembles africains. Donc, la France doit s’adapter dans la mesure où la politique du hard power ne fonctionne plus dans ses anciennes colonies qui ont la détermination d’affirmer leur souveraineté nationale comme au Mali, Burkina Faso, Niger, Centrafrique, le Tchad, voire le Sénégal.

Par conséquent, la visite du Président Faye pourrait faire basculer progressivement la diplomatie française au Sénégal vers le soft power, une politique étrangère basée sur la séduction pour convaincre ou influencer sans recours à la contrainte ou à des sanctions économiques ou militaires. Cela se manifeste par l’attractivité des instituts français, élargissement des domaines des ambassades et consulats (les attachés militaires pour l’espionnage et le traitement des renseignements) sur l’ensemble du territoire sénégalais, les universités et école françaises ou l’installation de grandes entreprises françaises pour un contrôle économique du Sénégal. À cela s’ajoute une présence française de plus en plus visible auprès des lutteurs comme Modou Lo, roi des arènes, démontrant une volonté d’avoir une visibilité sur la scène politique sénégalaise pour défendre ses intérêts stratégiques et vitaux dans le pays et la sous-région. Cela illustre bien la nouvelle diplomatie du soft power français au Sénégal.

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Maodo Ba Doba

Historien militaire contemporain,

Professeur en Études stratégiques de défense et politiques de sécurité.

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SÉNÉGAL – Centenaire de l’ ancien président Abdoulaye Wade : un appel à la reconnaissance nationale par IMAM CHEIKH Ahmed Tidiane Diop

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Le vendredi 29 mai 2026, Abdoulaye Wade atteindra l’âge symbolique de cent ans. Ancien Président de la République (2000-2012) et secrétaire général national du Parti démocratique sénégalais (PDS), il incarne un siècle d’engagement au service du Sénégal, marqué par un parcours exceptionnel d’homme politique, d’universitaire et d’avocat, profondément inscrit dans l’histoire de la conquête démocratique du pays.

Pourtant, à l’approche de cette date historique, un constat s’impose : l’absence d’initiatives significatives visant à célébrer cette figure majeure de notre patrimoine politique et institutionnel. Dès lors, les interrogations se multiplient. Où est sa famille biologique ? Où sont celles et ceux qui se réclament du libéralisme, au Sénégal comme dans la diaspora ? Où sont les universitaires, dont il est l’un des représentants les plus éminents ? Où est la famille judiciaire, en particulier ses pairs du barreau ?

Qu’en est-il également de tous ceux qui ont bénéficié de sa confiance à travers les responsabilités qu’il a confiées : anciens Premiers ministres, ministres d’État, directeurs généraux, conseillers, chefs militaires, ambassadeurs, gouverneurs, préfets ou encore élus locaux ? Où sont les anciens présidents d’institutions, les parlementaires, les maires et les cadres politiques issus de son courant ? La question s’étend aussi à ceux qui ont profité de ses largesses, qu’elles aient été financières ou foncières. Et que dire de ceux qui ont trahi cette confiance en détournant des ressources destinées à des militants ou à des causes collectives ? Face à ce silence, un appel est lancé à l’ensemble des composantes de la nation : sortir de l’indifférence et s’organiser pour célébrer ce centenaire, ne serait-ce que par des prières à travers tout le territoire national, le 29 mai 2026.

Les universitaires sont invités à honorer le professeur et intellectuel de renom. La famille judiciaire est appelée à rendre hommage à l’avocat émérite. Les médias, quant à eux, sont encouragés à produire et diffuser des contenus — reportages, documentaires, archives — retraçant la vie et l’œuvre de cet homme dont le parcours a marqué le Sénégal, l’Afrique et au-delà. Un appel solennel est également adressé aux plus hautes autorités de l’État : Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko et Elhadj Malick Ndiaye, afin qu’un hommage national soit rendu, à la hauteur de l’homme et de son héritage. Les ministères en charge de la culture, de l’éducation et de l’enseignement supérieur sont également interpellés pour initier des actions concrètes : activités pédagogiques dans les écoles et universités, valorisation de sa biographie auprès des jeunes générations, voire attribution de son nom à une institution éducative.

Les partis politiques, toutes sensibilités confondues, sont appelés à immortaliser le nom de celui qui fut le précurseur de la démocratie sénégalaise, le père du « Sopi » et l’artisan de la première alternance politique en 2000. Car l’enjeu dépasse la personne : il s’agit de la mémoire collective et de la reconnaissance nationale. Attendre la disparition d’un homme pour lui rendre hommage en réduit la portée. La reconnaissance la plus sincère est celle qui s’exprime de son vivant.La République, dans toutes ses composantes, se doit ainsi d’honorer une figure d’exception, multidimensionnelle, de stature internationale, dont la générosité et l’engagement ont marqué durablement l’histoire du Sénégal.

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Imam Cheikh Ahmed Tidiane Diop
Ancien maire de Pikine Nord (1996-2001)
Ancien adjoint au maire de la ville de Pikine (2002-2009)
Pikine Tally Boumag, quartier Darou Khoudoss

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SÉNÉGAL – NON merci et bon ndogou…(par Fatou Cissé Goudiaby)

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t si vous posiez d’abord les actes concrets qui montrent que vous n’avez jamais quitté votre famille politique, Pastef ?

Monsieur le frère de parti, je ne souhaite pas d’une troisième rencontre politique pour en ressortir en disant « Alhamdoulilah » ou en étant obligée de confirmer mon ancrage dans Pastef, alors même que le sentiment dominant est que ce frère de combat d’hier est tout sauf avec nous à bord du navire politique.

Un ndogu est un moment de convivialité. Lorsqu’on s’invite, c’est que cette pause chaleureuse appelle un instant de partage et de complicité.

Monsieur le Président et militant Bassirou Diomaye Faye, votre invitation n’étant pas institutionnelle — ce qui m’obligerait à y prendre part dans le cadre de mes fonctions de parlementaire — mais plutôt politique, il me plairait d’y participer à la condition que vous ayez d’abord posé les actes qui me permettent d’affirmer que vous êtes toujours ce frère de parti dont vous vous réclamez.

Vous ne pouvez pas me convier : sous prétexte que je vous serve de tribune pour des plaintes telles que : « Sonko me critique publiquement, il fait des sorties sans me prévenir, il ne s’aligne pas avec moi sur certaines décisions » ;

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ou pour me dire que cette coalition qui a participé à votre élection, vous ne pouvez pas vous en séparer ou que vous souhaitez plus tard la fusionner avec Pastef.

Je rappelle que cette coalition, née autour de Pastef Les Patriotes pour porter la candidature choisie par son leader Ousmane Sonko, n’a plus lieu d’exister depuis la prestation de serment du Président élu. Pastef n’a pas besoin d’elle pour exister politiquement.

Ou encore me rappeler ce que vous avez fait dans le parti, comme chacun d’entre nous, à des degrés de responsabilité différents.

Cet inconfort politique ne saurait durer. Ce qui est attendu de vous est clair. Ce n’est pas une rencontre, quel que soit le temps de parole accordé aux hôtes, avec des réponses triées et une version des faits éditée, qui réglera le problème.

De deux choses l’une : soit vous avez suffisamment entendu ce qu’attend votre parti politique et vous l’adoptez : demeurer militant de Pastef et balayer tout ce qui cherche à nuire au parti et à son leader ;

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soit vous assumez être un opposant à Pastef. Dans ce cas, nous nous retrouverons sur le terrain politique, tout en poursuivant le mandat qui nous lie jusqu’en 2029, si Dieu le veut.

Nous, militants de Pastef : avons un seul leader, guide de la révolution : PROS ;

avons une seule option : mener à terme le projet qui nous a valu la confiance des Sénégalais les 24 mars et 17 novembre 2024.

Toute autre activité ne fait que nous éloigner de notre sacerdoce.

Bien patriotiquement,
Fatou Cissé Goudiaby
Militante et députée du Groupe parlementaire Pastef Les Patriotes
Garde-fou du gardien de la révolution

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AFRIQUE

SÉNÉGAL – Diomaye–Sonko : le rêve, la foi et le poids du pouvoir(Par Thione Seck)

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Le tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko continue de susciter fascination et questionnement. Né dans la lutte, forgé dans la fidélité et nourri par l’espérance, ce duo incarne pour de nombreux Sénégalais la promesse d’un renouveau politique et moral. Mais à l’heure où le pouvoir dévoile ses exigences et ses contraintes, une interrogation persiste : le rêve peut-il survivre à l’épreuve du réel ? Dans une contribution publiée sur sa page Facebook, Thione Seck revient sur cette alliance singulière, symbole d’un espoir collectif et d’une fraternité politique rare au sommet de l’État.

Je me souviens quand le PM SONKO disais dans la campagne présidentielle de Mars 2024 : Bassirou diomaye SONKO et Ousmane Faye . Oooh que ça m’avait plu.

Pour moi, le duo Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, c’est d’abord une histoire de confiance, de fraternité et d’espoir partagé. Deux hommes liés par la même douleur, la même couleur (PASTEF), la même foi et le même rêve pour notre pays. Leur complicité a donné au peuple sénégalais le sentiment qu’un nouveau départ était possible, qu’enfin le pouvoir pouvait rimer avec honnêteté et courage. Mais entre le feu de l’idéalisme et le poids des responsabilités, la ligne est fine.

Diomaye, aujourd’hui président, doit composer avec la réalité du monde : les pressions économiques, les équilibres diplomatiques, les attentes immenses.

Sonko, lui, reste cette voix libre, celle du combat et de la fidélité aux principes de départ.

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Si leurs chemins venaient à diverger, ce ne serait pas forcément par trahison, mais peut-être par usure du pouvoir, par la difficulté de faire cohabiter le rêve et la réalité.

Une telle rupture ne serait pas seulement politique, elle toucherait profondément le cœur du pays.

Beaucoup de jeunes se sentiraient blessés, déçus, peut-être même trahis, eux qui avaient cru à une alliance sincère et désintéressée. Certains se tourneraient vers la colère, d’autres vers le silence.

Partout dans le pays, la ferveur pourrait se transformer en amertume et on chercherait à comprendre comment tout cela a pu s’effriter.

Le Sénégal est un pays de foi et de dignité : il pardonne, mais il n’oublie pas.

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Si ce tandem venait à se briser, ce serait plus qu’un échec politique ce serait une blessure morale, celle d’un peuple qui avait cru, pour une fois, que la loyauté et la sincérité pouvaient triompher du pouvoir.

Rendez le Sénégal beau waay !

Dieu vous a confié un pays tellement magnifique que même si vous le vouliez, vous n’avez pas le choix de construire ensemble et dans la sincérité.

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