POLITIQUE
CÔTE D’IVOIRE : Une plainte contre Guillaume Soro en France
Une plainte a été déposée à Paris en France contre Guillaume Kigbafori Soro jeudi 7 mai 2020. Dans la dite plainte, il est accusé notamment de « torture », « assassinat » et « crime de guerre » pour des faits commis en 2004 et 2011 lorsqu’il était le chef des Forces nouvelles.
Dans cette plainte, l’ancien premier ministre est présenté comme le commanditaire de l’enlèvement suivi de torture et de l’assassinat d’Ibrahima Coulibaly, un ex-chef rebelle ivoirien, le 27 avril 2011. Les plaignants demandent également des poursuites pour les morts perpétrés lors des massacres commis à Bouaké et Korogo du 20 au 21 juin 2004 près de deux semaines après la chute de l’ancien président Laurent Gbagbo, lors de combats entre factions rebelles pro-soro et pro-IB, le « général autoproclamé » de son vrai nom Ibrahima Coulibaly. Ce dernier fut le rival de Guillaume Soro à la tête de la rébellion. Des accusations que conteste Guillaume Soro à travers ses avocats.
Guillaume Kigbafori Soro a déclaré sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2020. Il a été condamné par la justice ivoirienne pour corruption à 20 ans de prison ferme fin avril 2020 pour «recel de détournement de deniers publics » et « blanchiment de capitaux », en cause, l’achat de sa résidence d’Abidjan en 2007. Il doit payer une amende de 4,5 milliards FCFA, sa résidence va être confisquée par l’état ivoirien, tout cela soldé par la privation de ses droits civiques et le devoir de verser 2 milliards FCFA de dommages et intérêt à l’Etat de Côte d’Ivoire. Encore, plus dure pour l’homme politique, il est également sous le coup d’un mandat d’arrêt lancé par les autorités ivoiriennes.
L’ancien Président de l’Assemblée nationale a été longtemps allié du président Alassane Ouatarra qu’il avait aidé à accéder au pouvoir durant le crise post-électorale de 2010 et 2011 au détriment de Laurent Gbagbo, le président déchu. L’ancien chef rebel est en exil en France depuis décembre 2019.
Cette nouvelle plainte pourrait encore fragiliser sa position et ses ambitions politiques, mais pour le moment, la candidature de Guillaume Soro est toujours maintenue.
AFRIQUE
SÉNÉGAL – Le PM Ousmane Sonko théorise la « souveraineté démographique » à Dakar
Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a posé les bases d’une lecture stratégique de la démographie africaine, lors d’un échange avec le géopolitologue Pascal Boniface au Musée des Civilisations noires. Au cœur des discussions : la souveraineté et la place de la jeunesse dans la trajectoire du continent.
Dans une intervention structurée, le chef du gouvernement a défendu l’idée d’une « souveraineté démographique », qu’il érige en levier de puissance. Refusant toute politique imposée de limitation des naissances, il a dénoncé une lecture extérieure qu’il juge inadaptée aux réalités africaines. Pour Ousmane Sonko, la jeunesse constitue un atout stratégique majeur. Il estime que le continent, appelé à rester le plus jeune au monde d’ici 2050, doit transformer cette dynamique en véritable dividende démographique. À défaut, ce potentiel pourrait se muer en facteur d’instabilité.
S’appuyant sur des comparaisons internationales, il a relativisé l’idée d’une surpopulation africaine, rappelant l’étendue du continent et sa densité encore faible par rapport à d’autres régions. Dans cette logique, il a évoqué des exemples asiatiques, notamment le Japon, confronté à un vieillissement accéléré et à un recul démographique. Au-delà du diagnostic, le discours s’inscrit dans une perspective politique plus large : structurer la jeunesse comme une ressource productive, au service du développement et de l’indépendance. Une orientation qui place la question démographique au centre des politiques publiques et des enjeux de souveraineté du continent africain.
AFRIQUE DU NORD
SAHARA-OCCIDENTAL – Le Polisario affiche sa force pour les 50 ans de la RASD
Le Front Polisario a marqué le 50e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique par un défilé militaire organisé dans un camp de réfugiés près de Tindouf. Une célébration à forte portée symbolique, dans un contexte de conflit toujours non résolu autour du Sahara occidental.
Proclamée le 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique reste aujourd’hui largement absente de son territoire, contrôlé en grande partie par le Maroc. Cette situation contraint le mouvement indépendantiste à organiser ses commémorations en Algérie, principal soutien politique et logistique du Polisario. Lors de cette cérémonie, le leader du mouvement, Brahim Ghali, a réaffirmé la ligne du Polisario, dénonçant une « occupation illégale » et rejetant toute solution imposée. Il a insisté sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, qu’il considère comme la seule issue vers une paix durable.
Dans les camps, l’espoir reste intact malgré l’exil prolongé. Certains réfugiés ont exprimé leur souhait de voir les prochaines célébrations se tenir directement sur le territoire revendiqué, notamment dans les régions de Sakia El Hamra et Oued Ed-Dahab, symboles du Sahara occidental. Mais sur le terrain, le rapport de force demeure figé. Environ 80 % du territoire est sous contrôle marocain, tandis que le Front Polisario s’appuie sur le soutien constant de Algérie. Entre démonstrations militaires, rivalités régionales et blocage diplomatique, la question sahraouie reste l’un des conflits les plus persistants du continent africain.
AFRIQUE
GAMBIE – Un procureur spécial pour juger l’ère Jammeh
La Gambie franchit un cap décisif dans la mise en œuvre de sa justice transitionnelle avec la nomination d’un procureur spécial chargé de poursuivre les crimes commis sous l’ancien régime de Yahya Jammeh.
Les autorités ont porté leur choix sur Martin Hackett, un expert reconnu des dossiers liés aux crimes de guerre, au génocide et au terrorisme, ayant notamment collaboré avec les Nations unies. Sa prise de fonction est attendue avant la fin du mois, dans un contexte de pression croissante pour accélérer les poursuites.
Cette désignation intervient après plusieurs critiques visant la lenteur du processus, alors même que les conclusions de la Commission vérité, réconciliation et réparations, publiées en 2021, recommandaient des actions judiciaires contre l’ancien chef de l’État et des dizaines de ses collaborateurs. Au cœur de cette dynamique, près de 70 suspects identifiés par la commission pourraient être poursuivis. Le mandat du procureur prévoit la possibilité de recourir à une juridiction spéciale, en cours de mise en place, afin de juger les crimes les plus graves, notamment les exécutions extrajudiciaires, les actes de torture et les disparitions forcées.
Le dispositif judiciaire s’est progressivement structuré. En 2024, le Parlement gambien a adopté une loi instituant un bureau du procureur spécial ainsi qu’un cadre juridictionnel dédié. Parallèlement, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a soutenu la création d’un tribunal hybride, bien que son financement reste à concrétiser. Pour les défenseurs des droits humains, cette nomination marque une avancée significative. Elle pourrait permettre de transformer les recommandations en actions concrètes et de répondre aux attentes des victimes, longtemps confrontées à l’impunité.
Depuis sa défaite électorale face à Adama Barrow en 2016, Yahya Jammeh vit en exil en Guinée équatoriale. Sa possible comparution devant une juridiction, nationale ou internationale, reste l’un des enjeux majeurs de ce processus. Avec cette nomination, la Gambie tente de franchir une étape déterminante : passer du travail de mémoire à l’exercice effectif de la justice.
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